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LES CANAUX ABSORBANTS

Les canaux absorbants. — On ne peut se faire une idée de Ja distribution des canaux absorbants qu’en superposant les décalques de coupes en séries se succédant les unes aux autres. C’est par ce procédé qu'ont été dressés les dessins d'ensemble qui constituent les figures 133, 152 et 153 relatifs à une jeune Comatule à 27 pinnules dont les figures 128, 129, 130, 131, 132, 139, 140, 147, 142, 146, 147, 149 représentent des coupes réelles. En suivant cés coupes depuis la région buccale jusqu'au calice, on trouve d’abord le sac périæsophagien pyriforme (fig. 129, #4), compris

(4) Voir pour les première et deuxième parties, la 2 série de ce Recueil, t. IX, p. 53 (1886-1887) et pour le commencement de la troisième, la 3° série, t. 1, p. 169 (4889). Les renvois aux figures

se rapportent aux planches I à XX du t. IX et I-IT du présent volume.

NOUVELLES ARCHIVES DU MUSÉUM, 3° série. — IL. de

entre l’æsophage et le rectum et se prolongeant vers la gauche en canaux étroits; en arrière ou en dehors de ce sac, on aperçoit une branche du stolon génital, accompagnée de formations membraneuses, auxquelles sont associés des canaux longitudinaux non représentés dans la figure 129, mais que nous trouvons en #s dans la figure 130, et qui sont remplacés dans la figure 131 par des canaux dont la cavité vient en quelque sorte perforer la membrane péritonéale avec laquelle leurs paroïs sont en continuité absolue, de sorte que les substances qui ont filtré entre la paroi du tube digestif et la membrane péritonéale passent à pleine ouverture dans ces canaux, comme le montre en 2 la figure 151.

De chaque côté des coupes du rectum 7 on aperçoit en outre la coupe d’un large canal. Le canal de droite #7 arrivé au point où le rectum s’unit à l'intestin, passe au-dessus de cet organe et va s'unir à d’autres canaux en continuité avec les premiers canaux du plexus labial et qui courent en dedans de la partie gauche de l'intestin entre cet organe et l'extrémité inférieure de l’œsophage, pour aller s'associer aux canaux du plexus oénital (fig. 133). Le nombre des canaux absorbants augmente du reste beaucoup du côté droit le long de la courbure interne du tube digestif; nous les avons figurés aussi exactement et aussi complètement que le permet sur notre jeune animal la méthode des coupes; il n’y a évidemment pas un grand intérêt, leurs connexions étant connues, à les décrire en détail. Du côté gauche également le long de la courbure interne se trouve un gros canal & (fig. 132 et 133) auquel aboutissent les canaux de cette région et qui est rempli par un fin coagulum. Ce canal passe entre le tube digestif proprement dit et le lobe qui donne naissance aux cæcums hépatiques /. Il existe aussi de ce côté un canal absorbant circulaire le long de la courbure externe du tube digestif, ce canal est continué par ceux qui sont indiqués sous la dénomination ?g dans les figures 152 et 153 et qui, avec le canal rectal externe qui n’a cessé de demeurer accolé au bord libre postérieur du tube digestif, finissent par s'unir aux canaux de la courbure interne et aux canaux génitaux dans un confluent situé à la base du stolon génital, immédiatement au-dessus de l'anneau basilaire AB. Nous avions d'abord cru reconnaitre, d’après l'examen des coupes horizontales, que ce confluent et l'anneau basilaire ne

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faisaient qu'un; mais l'examen des coupes verticales ne confirme pas celle apparence. Le système des canaux absorbants demeure done distinct, « celte région du moins, de l'appareil d'irrigation, dont l'anneau basilaire et les cavités dorsales des bras qui y aboutissent font essentiellement partie. Il est intimiment lié, au contraire, au plexus génital et au plexus labial, ainsi que l’ont constaté de précédents auteurs, et que nous avons eu fréquemment l'occasion de le confirmer à notre tour dans ce travail. On peut done dire que les canaux absorbants de l'intestin, le plexus génital, le plexus labial, ne forment qu'un seul et même système de canaux, sur le trajet desquels se trouve disposé l'organe spongieux. Nous avons indiqué quelles raisons il y avait de se demander si cet appareil ne communiquerait pas avec l'extérieur par quelques-uns des entonnoirs vibratiles péribuccaux conduisant dans les canaux du plexus labial au moment où ils se détachent de la membrane péritonéale autour de l’æœsophage; c'est peut-être pourquoi les canaux du plexus labial et du plexus génital ne contiennent quelquefois qu'un très faible coagulum comparé avec celui qui remplit les canaux absorbants profonds; les apparances qui militent en faveur de cette communication ne se montrent pas si souvent, ni d’une façon si nette que nous puissions être affirmaltif sur ce point. Chez la Comatule adulte le système des canaux absorbants n'a aucune communication ni avee les tubes hydrophores ni avec le système des canaux ambulacraires. C’est seulement dans le système de cavités comprises entre le sac périæsophagien et les diverses parties du plexus labial et de l'organe spongieux, que les tubes hydrophores viennent puiser le liquide qu'ils injectent dans le système des canaux ambulacraires. + En revanche, il est possible, mais malgré tous nos soins nous ne saurions l’affirmer aussi catégoriquement que l'ont fait nos prédécesseurs, que quelques lobes du stolon génital se transforment en canaux qui s'anostomosent avec ceux du plexus génito-labial, de manière que les rachis génitaux, eux-mêmes canaliformes, semblent finalement se grefler sur ce ple xus; dont ils étaient primitivement indépendants; je n'ai Jamais pu, chez les Comatules adultes, les distinguer avec une certitude absolue au milieu des canaux compliqués auxquels ils viennent se mêler au voisinage de l'æsophage. On trouve cependant dans un grand nombre de coupes des canaux à

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parois plus épaisses que les autres, qui ont tout l’aspect de sections des rachis génitaux; mais ce caractère n’est pas suffisant pour les faire reconnaître et il devient ici nécessaire de parler de la structure des parois des canaux absorbants et des organes avee qui ils sont en rapport. Les plus délicats des canaux du plexus génito-labial lorsqu'ils sont complètement développés, ont leur paroi formée de deux minces membranes étroitement accolées et présentant, l’externe des noyaux ovales saillants vers l'extérieur, l'interne des noyaux semblables mais saillants vers la cavité du canal. La cavité de ces canaux n’est pas complètement libre. Elle est traversée par places, chez beaucoup d’entre eux, par des éléments fusiformes munis de deux prolongements opposés ou de plusieurs prolongements divergents venant s'attacher à la paroi. Ces éléments peuvent avoir toutes les orientations possibles, et il en est qui sont simplement accolés aux parois des canaux. Dans la partie du plexus qui se transforme graduellement en organe spongieux, ils se multiplient beaucoup (fig. 136, pl. XVI), se disposent en plusieurs couches sur la paroi de l'organe qui s’épaissit ainsi sensiblement, et finissent même par en obstruer totalement la cavité sur un grand nombre de points. Il n’ont, du reste, les uns avec les autres qu’une très faible adhérence; il est fort possible qu'ils soient aptes à se déplacer et que l'organe spongieux soit simplement le lieu principal de leur formation; il serait alors comparable de tous points à l’organe plastidogène des Étoiles ae mer. Il y a plus, dans l’organe spongieux, les deux membranes fondamentales que l’on observe dans les canaux proprement dits cessent d’être distinctes, leurs éléments se confondant avee les éléments accessoires ; ceux mêmes de la membrane externe peuvent produire des prolongements filiformes, et arriver à se détacher de l'organe, comme on le voit dans la figure 136. La structure des vastes troncs collecteurs des canaux absorbants ne diffère pas sensiblement de celle des canaux du plexus. Là aussi la paroi est formée de deux minces membranes accolées; mais la cavité du canal n’est pas en général traversée par des éléments multipolaires, les éléments sont simplement accolés à la paroi interne du trone, de sorte que la cavité de celui-ci ne contient sur des coupes que le coagulum, finement granuleux qui représente une sorte de chyle. Il y a du reste, à cet égard, une grande variété de dispositions.

On trouve dans un certain nombre de coupes des canaux qui présentent une autre disposition des éléments de leur paroi. La figure 144% de la planche XVIT représente l’une de ces coupes de canal, dans laquelle la membrane externe est très mince, la membrane interne est épaisse au contraire et formée d’une seule couche de gros éléments, et la cavité du canal contient des éléments sphériques qui semblent s'être détachés de sa paroi; ailleurs les deux membranes sont également épaisses ; l’analogie de structure entre les parois de tels canaux et celles des rachis génitaux (pl. XVI, fig. 143, r g), d'une part, celle des parois du stolon génital de l'animal adulte (pl. XX, fig. 199), de l’autre, est évidente. Il est certain que les coupes où l’on observe cette structure sont parfois celles de parties du stolon, mais leur position n’est pas toujours telle que cette conclusion puisse être admise

avec certitude pour toutes les coupes de canaux à parois épaisses.

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