L'APPAREIL DIGESTIF
Appareil digestif. — L'appareil digestif de l’Anfedon rosacea à été trop souvent décrit dans sa configuration générale pour qu'il soit nécessaire d’insister longuement sur les dispositions qu'il présente. On peut le diviser en quatre parties : 1’l’œsophage; 2° l'estomac; 3° l'intestin; 4° le rectum.
L'œsophage est un tube légèrement conique qui descend obliquement de haut en bas, d'avant en arrière et de droite à gauche jusqu'à l'estomac.
Les figures 128, 129, 130,131, 132, 133, 139, 140, 141, 142, 146, 147, 148, des planches XV, XVI, XVI et XVIIT, figures représentant des coupes horizontales suecessives au travers du disque d’une jeune Comatule n'ayant pas moins de vingt-sept pinnules; toutes ces figures sont orientées de manière qué le rectum soit tourné vers le bas de la planche; en les combinant, on reconnait sans peine que l'estomac forme une sorte de sac qui s'étend jusqu'au fond du calice (2), et produit sur ses côtés des diverticulums ascendants dont le nombre et la complication augmentent avec l’âge de l'animal.
De la partie postérieure de ce sac nait l'intestin qui se dirige à gauche
(1)Le passage entre crochets a éfé ajouté au texte primitif du mémoire en octobre 1889; les faits qu'il relate ont été vus antérieurement à la publication du mémoire de Hamann (Jenaische Zeitschrift, tome XXII, 1889) qu'ils confirment en partie, sans que nos résultats soient cependant
tout à fait identiques aux siens.
(2) Nouvelles Archives du Muséum, 2° série, L. IX, pl. VI, fig. 22, @.
et en dehors (1), passe entre l'estomac et la paroi du corps, fait de gauche à droite (dans le sens des aiguilles d’une montre) un tour complet et, revenu à son point de départ, se redresse verticalement pour constituer le rectum. Les parois de l'intestin sont fort sinueuses : elles se plissent d'une façon fort compliquée (2) ; elles émettent elles aussi des diverticules variés. Le plus important (3) situé à gauche et en avant se divise en plusieurs ‘ameaux courts, terminés en cul-de-sae, ayant un aspect particulier; on peut le considérer comme un diverticulum hépatique. Des Protozoaires parasites (du genre Prorocentrum) sont souvent engagés dans sa cavité. L'épithélium des parois de l’œsophage rappelle celui de la gouttière ambulacraire. Il est constitué par des éléments très allongés, légèrement fusiformes, contenant un noyau elliptique. Sur les coupes, cet épithélium parait limité du côté de la cavité œsophagienne par une membrane striée perpendiculairement à sa surface et portant les cils vibratiles. Cette apparence est due, sans aucun doute, à ce que les éléments sont eux-mêmes terminés par ce qu'on appelle un plateau cilié. L’estomac et l'intestin ont, chez la Comatule adulte comme chez les jeunes, une structure extrêmement simple. Leurs parois sont formées d'une seule couche de cellules columnaires, à noyau indistinet dans les préparations à l’éosine, mais bien apparent dans les coupes colorées au carmin et au bleu de méthylène (W. A. W., 3° série, t. IE, pl. IT, fig. 179), surmontées d’un mince plateau strié que traversent de nombreux cils vibratiles. Parmi ces cellules sont disséminés d’autres éléments que l’éosine ne colore pas et qui gardent dans les préparations faites à l’aide de cette substance une teinte jaune caractéristique. Ces éléments sont élargis du côté de la surface interne de l'intestin; ils s'amincissent et se terminent en pointe du côté opposé, bien avant d’avoir atteint la surface extérieure de l'intestin. Il est probable, mais je n'ai pu m'en assurer sur mes préparations, que cette pointe se prolonge en un filament qui se perd au milieu des cellules voisines. Cette couche cellulaire est recouverte de la membrane péritonéale dont il sera question plus loin, et dont les canaux absorbants qu'on désigne habituellement sous le nom de vaisseaux (4) Nous supposons l'observateur placé dans l'axe de l'animal, les pieds sur la plaque centrodorsale et laissant derrière lui le rectum de la Comatule.
(2; Planche XIL, fig. 112, e. :
(3) Planche XII, fig. 412, e’; pl. XVL, fig. 132 et 133, f.
semblent n'être que de longs diverticules tubulaires, anastomosés entre eux, de manière à former le plexus génito-labial. Entre cette membrane et l’épithélium stomaco-intestinal, il n'existe aucune trace de muscles ni de tissu différencié quelconque.
En nous occupant du sac viscéral, nous verrons qu'autour de la portion du rectum engagée dans le tube anal, saillant à l'extérieur, sa structure se complique, au contraire, de très nettes formations musculaires, qui expliquent les mouvements importants pour la nutrition dont ce tube est susceptible.