‹ Mémoire sur l'origine égyptienne de l'alphabet phénicienChapitre 3 sur 18 · MÉMOIRE SUR LORIGIMC ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE SUR LORIGIMC ÉGYPTIENNE

cienne, puisqu'il ne parait pas que les Égyptiens aient possédé l'équivalent de celle lettre. Enfin le i,, noun, dont le nom signifie pomu», rappelle l'égyptien noftt, obi/ssits, qui s’écrit par le symbole des eaux ~.

Tel est l’ensemble des rapprochements que je trouve dans les noies de M. Lenorinaut.

Le système que je viens d expliquer peut se résumer ainsi : emprunt fait par la Phénicie à l’Egypte, i° de la méthode alphabétique; 9° de la plupart des figures prototypes des lettres, mais en leur attribuant des valeurs différentes et entièrement indépendantes du rôle que ces signes avaient pu jouer dans l’écriture égyptienne, car la plus grande partie des figures indiquées n’appartiennent pas à l’alphabet hiéroglyphique.

D’autres savants sont revenus, au contraire, dans ces dernières années, à l'idée d’une filiation plus directe et telle à peu près que l'avait conçue Salvolini.

Je dois accorder une mention particulière au système de M. l’abhé Van-Drival, exposé dans une grammaire comparée des langues bibliques. Pour le savant abbé, chaque lettre phénicienne doit provenir d’un signe égyptien, exprimant l’articulation correspondante. Le résultat final de nos recherches nous amènera aux mêmes conclusions, mais par des voies entièrement différentes, et notre tableau de concord ance n’aura aucun rapport avec celui de M. Van- Drival.

Au point de vue graphique, les comparaisons proposées dans sa grammaire sont établies avec un soin extrême, et l’auteur aurait sans doute atteint le but qu’il se proposait si les matériaux convenables eussent été entre ses mains. Malheureusement M. Van-Drival prend pour modèles à comparer les diverses formes alphabétiques de toutes les époques; il ne les rattache pas, comme l'eût exigé l’état de la science, à un seul type ancien. Il emprunte, au contraire, à Salvolini l’idée qui fait provenir toutes ces variantes des signes nombreux qui composaient l'alphabet hiéroglyphique

UE l/ALPHADET PHÉNICIEN. 0

îles bas temps. Il distingue, par exemple, dans les aleph et les alpha, six variétés principales et rapporte leur origine à six hiéroglyphes différents. Au milieu de ces hypothèses, il omet précisément l’ancienne forme phénicienne % , et la véritable identification lui échappe. M. Van-Drival parait d’ailleurs n’avoir connu aucun des travaux récents sur les écritures égyptiennes, car il emploie, comme Salvoliui, une quantité de signes aujourd'hui éliminés de l'alphabet pharaonique. C’est ainsi qu’il prend pour des a simples des signes tels que », dont la lecture est hap; J, qui est la syllabe ié, etc.

D’autres fautes contre la critique ont été également commises dans cette partie de la Grammaire comparée des lan/rues biblique*. M. V an-Drival nomme l’écriture démotique comme son élément de comparaison; heureusement, ce sont réellement des signes hiératiques qu’il emprunte à la grammaire de Champollion, et cette erreur le sauve des conséquences d’un anachronisme. Malgré ces défauts de méthode et l'emploi trop facile des variantes, la recherche de M. V an-Drival avant été faite avec beaucoup de soin, quelques concordances heureuses ont été ajoutées par ce travail à celles qu'avait déterminées Salvoliui. Je trouve sept lettres sémitiques mises en regard de leurs véritables types égyptiens. C’est sans doute un progrès; mais l’esprit n’acquiert, sur ces points, aucune certitude en étudiant les tableaux de M. Van-Drival, parce que les simples variantes de ces mêmes caractères phéniciens sont comparées à d’autres hiéroglyphes.

i" M. V an-Drival rapporte bien une des variétés du dalelh, 4, à la main—, abrégée dans l’écriture hiératique; j’espère prouver la vérité de ce rapport. Mais, dans sou tableau, les autres formes du dalelh et du délia sont tirées par lui de huit hiéroglyphes différents.

a" Les variantes du q, ivaw, proviendraient de dix signes égyptiens. Le céraste» — . que je reconnais pour seul type originel, s’y lrou\e a\ec les autres.

MÉMOIRE SUR LORIG1NE ÉGYPTIENNE d" Le tlirlh, Q , est rapproché avec justesse du l égyptien de l i l'orme s=; mais les éléments comparés sont tous deux exlrèmement modernes, eu sorte que leur ressemblance est presque fortuite.

U° Les variantes du phé, b, sont rapprochées de quatre hiéroglyphes; le que nous croyons le véritable type, est mis en regard de l’hébreu carré b; mais l’ancienne forme phénicienne y n’est même pas dans le tableau, en sorte que les intermediaires sont tout à fuit inexacts.

5" 11 faut en dire autant du p, quoph. La forme latine ()est rapprochée du signe a, mais au milieu de sept autres signes et sans aucune marque de préférence.

Le schin et le Inined sont empruntés au tableau de Salvolini; mais SL Yan-Drival a rejeté le rapprochement du hé, établi par cet auteur avec succès, quoique sans preuves suffisantes. En résumé, M. Van-Drival a fait faire un pas à la question, puisqu’il a ajouté, aux lettres reconnues par Salvolini, des conjectures, dont nous prouverons l'exactitude, sur cinq nouvelles lettres. Mais ces conjectures sont perdues au milieu de fausses appréciations sur les mêmes lettres, étudiées dans leurs autres variantes, et, quant à tout le surplus du tableau, les défauts de méthode que nous avons signalés ont conduit l’auteur de la Grammaire comparée à des résultats complètement inexacts.

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