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choléra dans les hé[ntaiix , j’avais signalé une pério<le d’incnhatioii du choléra nécessairement liée an développement de celte maladii» , ()ériode non aperçue et non décrite jusqu'alors par les luilcurs qui avaient observé les épidémies du choléra ;
î* Que celte période d'incnhalion signalée par moi pour la pre miére fols le s avril l»3î , décrite sous la dénomination de cholérine, et appréciée sous tous les rap|wls dans la Caiïtie MénicALF. du 13 du mémo mois, était présentée comme un fait ln‘s imi>ortanl et dont la connaissance conduirait é prévenir une maladie presque inévitablement mortelle quand on l’abandonnait à elle-même ;
3 ’ Que je n’ai cessé d'appeler l’attention des médecins sur ce fait nonvean ;
■T Qu’à plusieurs reprises, des médecins , haut placés dans l’estime publique, comme observateurs exacts et médecins consciencieux, tIM. fiuéneau de Miissy, Itally, Andral et Dcvillers, ont, depuis la publication de mes premières observations (I), n'connii tri’^explicitement , dans lenrs eommiinications académiques , l’existence de la période d’incubation du choléra , et la hante imiwtancc scientifique et pratique de ce fait, sans toutefois s’enquérir de l'ob servatenr qui l’avmt constaté et publié le premier.
§ II. DES CABACrÈllES ET DES ImrLItEaTES AOnM» DE LA CaOLLKISE.
La forme la plus fréquente , la plus saillanteella plusapercovable de la cholérine , c’est une diarrhée plus ou moins abondante. Neuf fois sur dis , elle s’est manifestée par a’ symptôme. Ce résultat , comme je l’ai dit , m’a été fourni par l'observation de six cents malades em irou. Sur ciuq cent trente-huit casdecholéra qui ont causé la mort, Jl. Devillers a noté quatre nuit trente sujets qui avaient éprouvé précédemment des diarrhées (2). Cette observation mérite
(I) Uei pitmiers ârticles sur le choléra et sur l'custence de U rholènne période d'iocubation do dioléra>niorbus ont été rrprodoiu per presque tous loi journaux politiques de lVj>oquc : Toir Afont/rur , /<• TVwpa» lif iVira'onai, It* De^U, /r » fa Quotiffi>nnf et fe .Vout'tfliiu» ,
des 13, 14 et 15 avril 1333.
(3) Caxcttc nioiCAtx. n* Ju It» mai, paire 230*
toute ronliaiK'u, pui«qu elle n’uvait pa^ étù destinée à étavor lu mieuiie. La diarrliée est doue le fait le plus saillant , le symptôme le plus constant et le plus cnractéristiijue de la cholérine : mais elle n'en est pas la forme tout entière . elle n’en constitue qu'un symptôme, accompagné , précédé ou suivi d'autres symptômes. La diarrhée a été plus spécialement notée parce qu'elle est le plus apcrccvahle, et parce qu’elle a une liaison plus marquée avec les symptômes du choléra conrirmé. lorsqu'elle n’existe pas encore, ou lorsqu’elle ne se montre pas avant l’invasion du choléra , elle est remplacée par de la perle d’appétit, un sentiment de malaise après avoir mangé, des borborygmes pendant la digestion et surtout pendant la nuit. Il n’y a pas encore de coliques , mais il y a un sentiment d'inquiétude , de torpeur et de tension intestinale qui annonce ordinairement un dérangement plus considérable. Tons ces symptômes appartiennent é l'appareil digestif; il s’en montre d’autres qui dépendent des fonctions de l’innervation. L'intelligence est moins excitée , moins vive ; en même temps que les facultés intellectuelles perdent de leur énergie , les forces musculairess’affaisseot, le visage se décolore, devient quelquefois verdâtre , et les traits s’altèrent. A un degré plus marqué le trouble des fonctions est plus manifeste. Des envies de vomir, des borborygmes accompagnés de coliques, des sueurs spontanées, des lassitudes plus grandes, di*s vertiges, des défaillances subites, eufio du dévoiement et des vomissemens se manifestent. l>es selles sont varialrlescn nombre et en qiiantilé, elles sont plus fréquentes généralement après les repas. Le dévoiement semble quelquefois soulager, et son elfet est d'autant plus trompeur qu’il coïncide avec uii retour de l'appétit. J’ai noté cette circonstance plusieurs fois ; elle est fort importante à prendre en considération , en ce que Ira midadcs s’exposent fréquemment aux funestes consèqitcnees d'une almieiitatioii iulempestive. Quelquefois cet ensemble de symptômes est passager et tend A se dissiper de Inimènie; d’autres fois il persiste pendant plusieurs jours , fait des progrès sensibles , et se convertit en choléra vérilablo , si Pou abaudoaiie la maladie û elle-nièmc. lo fait caractéristique et princi|>al do la cholérine est donc la diarrhée simple, st’rcnse, avec
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les apparcnees du lliu de ventre le plus ordinaire, précédée 011 accompagnée des sympléincs d'un Ironblc général de l’iniiervalion , lesipiels dans iin très-petit nombre de cas , peuvent eiixméines exister sans dianliéc. Toiilelois il n’y a encore ni crampes , ni suppression des urines, ni voniissemens répétés, nieommencement de cyanose; très-rarement même la matière des évaciiations offre l’aspect blanchâtre d’ean de riz du choléra eoufimié. Kn un mot, les symptômes appartenant à la |iériode d'invasion du choléra ne se sont pas encore montrés, et les symptômes concourant à former la période d'ioeubation sont les seids qui exisleld.
J ’ai cherehé ft détenniner dans les cas on la cholérine avait été suivie du choléra confirmé do combien de jours l’iine avait précédé l’autre. Oe fait est iin|>ortant , il donne la mesure de la sécurité que l'on peut avoir , et de l’empressement qu'il faut mettre à traiter si^rieusemeiit les malades. J’ai noté attentivement dans ce but , cent trente sujets , au eommeneement de l’épidémie, et je n’ai pu obtenir que des renseiguemens peu salisfaisans. Tons avaient en la diarrhée et du dérangement avant d'étre pris dessymptômes graves, mais trést>eu m’ont donné des détails eirconstaneiés sur la date rigoureuse de l’apparition de la cholérine. T ont ce que j’ai pu savoir c’est «pie chez phisienrs, la diarrhée simple, avec on sans colique , avait duré de dix à quinze jours env iron ; chez d’autres elle n’avnil duré que huit , six et même quatre jours , pendaut les<{uels les malades avaient conlimii' leur vie et leur alimentation habituelles (>i>eiidant , chez tous indistinctement , la maUdie avait , pour ainsi dire, grandi, tantôt d’une maniiTC continue, tantôt aveedes rémissionsou intermittences apparentes ; chez les uns plus rapidement, chez les autres moins rapidement. Chez un seul la cholérine ne paraissait pas remonter audelà de vingt quatre heures, (luelques malades étaient de ma connaissance intime, et, malgré mes avertissemens , qu’ils avaient pris peuau sérieux, ils ont succomlié aueholéra véritable, dont ks symptômes graves ne s’étalent manifestés qii’aprèssix à huit jours de cholérine, et d’une manière en quelque façon foudroyante. Cette cireoDstance evplnpie pourquoi b«“aueoiip d'auteurs ont cru que daii.s le plus gniud iionihi e di’s ras, le rholéra avait une invasion brusque
cl foudroyautc, quoique les malades eussent présenté en réalité la période inaperçue des prodi'omes , ou de. la cholérine.
Il résidtc de ce qui précède que la cholérine considérée comme étal précurseur du choléra :
I* A une existence réelle , appréciable par des symptômes propres , qui ont une durée plus ou moins longue ;
•2' tjiie ces symptômes, caractérisant un trouble général de l'économie , consistent dans une série de dérangemens et de malaises, au milieu desquels un distingue plus particuliérement une diarrhée séreuse plus ou moins abondante ;
3' Que CCS symptômes ont une durée qui varie de deux à huit jours , après lesquels les midades sont pris instantanément des symp tômes graves du choléra.
$ III. causks et katuse ne la cmolérike.
La cholérine est-elle véritablement le produit de la cause ou des causes qui engendrent le choléra? Kst-cllc de la même nature que le choléni; en un mot, les symptômes de la cholérine ne sont-ils que des manifestations faibles de la cause cholérique, qui, à un degré d'action plus marquée, produit des symptômes plus graves; et ceuxci ne sont-ils que l'exagération des premiers? Telle est la question qu’il faudrait résoudre pour donner A l’observation des faits précédcDs tonte la valeur que je leur assigne , et pour établir entre la cholérine et le choléra lu liaison et l'afünité du deux degrés d’nne même maladie. La démonstration directe de ce fait, dans l’état actuel de nos eonuoissanees, est impossible. Nous ne savons pas en quoi consiste le choléra; nous ignorons complètement quelle est sa cause, sa nature, par conséquent nous ne pouvons démontrer directement que la cholérine n’est qu’un produit atténué de la cause du choléra ; mais si la preuve directe de ce fait est impossibleà donner, la preuve indirecte ne l’est p.vs. Nous nous trouvons d’ailleurs, à l'égard de cette question , duos la difneulté où nous sommes A l'égard de pn'sque toutes les questions de pathogénie. La nature des causes et leur liaison axec les effets qu’elles engendrent nous sont pres-