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à peu près aussi nellement en coniradiclion avec les faits que celle-ci. Or, c'est après l'examen d'un seul cas, ainsi pratiqué, que le Rapport ne craint pas d'ajouter la phrase suivante (p. 90), en terminant :
« Ainsi, Messieurs, rien ne reste qui puisse laisser le moindre doute sur la question que vous nous avez chargés d'étudier, et nous pouvons, je crois, vous aflirmer que le résultat de notre enquête a été négatif.
» Si maintenant tous les exemples de chromhidrose répondent à celui qui nous avait été envoyé comme type, on peut dire, à ce qu'il semble, que la réalité de l'existence de cette maladie n'est certainement pas encore bien établie. »
Il est à espérer que les écoles qui fondent toute la médecine sur l'observation des faits, ont établi les doctrines qu'elles nous enseignent sur des notions dans l'acquisition desquelles ont été mieux remplies les conditions les plus élémentaires de l'examen des objets.
Disons donc déjà, sans aller plus loin, qu'après ce qui précède seulement, on comprend très bien les lignes suivantes qui terminent le rapport précédent, et qu'on ne peut qu'applaudir à la rectitude du jugement de celui à qui on les doit :
« M. Hardy exprime d'abord le regret de n'avoir pas fait partie de la Commission, ou du moins de n'avoir pas été averti de manière à assister à ses séances : il est le seul des membres de la Société qui ait eu occasion d'examiner une malade de M. de Méricourt, atteinte de chromhidrose; il aurait pu voir si la coloration des paupières de madame X..., dont il vient d'être parlé, ressemblait aux taches de la jeune fille dont il a rapporté l'observation à la Société, et qu'il considère comme atteinte d'une coloration non simulée.
» Passant au rapport de M. Béhier, il avoue que, devant les expériences nombreuses auxquelles se sont livrés les membres de la Commission, il ne peut être douteux pour lui que madame X... n'ait simulé la maladie au moyen d'une
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substance noire appliquée sur les paupières, et il n'aurait pas demandé la parole s'il n'avait cru trouver dans la dernière phrase du rapport de M. Béhier un doute trop grand sur la réalité des cas de cliromhidrose signalés jusqu'à présent. Il y a eu simulation dans le fait récemment examiné; il y a eu simulation d'autres fois encore ; mais a-t-on bien le droit, devant quelques faits négatifs, de se refuser à reconnaître la légitimité des observations recueillies par plusieurs médecins. En effet, il n'y a pas que M. Le Roy de Méricourt qui ait cité des cas de coloration des paupières; des faits semblables ont été signalés en Irlande, en France dans des localités diverses, par des médecins éclairés qui ont cherché à se mettre en garde contre la fraude possible. Il possède en ce moment entre les mains plusieurs lettres qui offrent la preuve de ce qu'il avance : l'une est de M. Maker, du Haut- Rhin, qui entre dans des détails minutieux sur la femme qui fait le sujet de l'observation qu'il a publiée, et qui dit qu'il n'a jamais su saisir aucun indice de tromperie. // est arrivé, dit-il, plus d'une fois à cette malade de sortir de mon cabinet avec une coloration toute différente de celle qu'elle avait en y entrant; c'est ce que f ai pu constater surtout lorsque j'ai fait prendre son portrait: j'ai eu le temps de V examiner, la séance a duré deux heures. Dans une autre lettre de M. Kirchberg, de Nantes, ce médecin avance également que plus d'une fois, ces taches ayant été enlevées, la matière colorante s'est reproduite sous ses yeux et sans que les mains aient été portées au visage.
» Un fait négatif, un flagrant délit de simulation, ne peut détruire ces observations, dues à des médecins exerçant dans des endroits éloignés les uns des autres, et ayant constaté la même maladie chez des personnes de condition différente, inconnues les unes aux autres. Il serait vraiment bien bizarre que la même idée de s'infliger des taches désagréables au visage vînt ainsi à tant de personnes, d'âge, de conditions et de pays différents. Ce que demande M. Hardy, c'est que la
Sociélé ne se prononce pas ; que devant des faits qu'elle ne connaît qu'imparfaitement, elle n'ait pas l'air d'avoir un parti pris, et de formuler une opinion qu'elle sera probablement obligée de modiOer plus lard.
» Si les considérations morales pouvaient avoir quelque poids dans une discussion scientifique, iM. Hardy voudrait ajouter qu'il craint que la Société ne soit sur le point de commettre, sans le vouloir, une mauvaise action, en déversant le ridicule ou la défaveur sur un médecin honorable et distingué, qui a bien pu être induit en erreur par une ou deux personnes astucieuses, mais qui n'a pu certainement être trompé par une trentaine de malades qu'il a eu occasion d'observer, et qu'il a examinés avec la plus scrupuleuse attention, avec l'aide de tous les médecins attachés à l'École navale de Brest. Tout ce que demande M. Hardy, c'est que la question d'avenir soit réservée; qu'on n'ait pas l'air de se prononcer aujourd'hui d'après un seul fait négatif. Il demande également que, dans le rapport de M. Béhier, on ne désigne pas l'exemple envoyé de Brest comme un type de chromhidrose. Si, en effet, M. Le Roy de Méricourt s'est servi de cette expression, il a eu tort, car lorsque M. Hardy est allé à Brest en 1859, madame X... était déjà atteinte de cette coloration noire des paupières; et cependant M. Le Roy de Méricourt n'avait pas jugé à propos de la lui faire voir, en disant que les caractères de la maladie étaient peu accusés. »
(Rapport cilé. Bulletin de la Sociélé de médecine des hôpitaux. Paris, 1861, in-8», p. 92-95.)