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crédité tout le Clergé. Mais est-ce que en attaquant les évêques: inopportunistes, M. Louis Veuillot et les autres catholiques ont discrédité tout l’épiscopat ? N'est-ce pas plutôt le contraire qui est arrivé ? Est-ce que l’admirable attitude des Évéques de la majorité n’a pas grandi l’épiscopat ? De même en Canada, la noble soumission du Clergé canadien du diocèse de Montréal à son Evêque, comparée à la conduite du Séminaire, établit un*
* contraste qui rend le clergé très-respectable,
Et puis, est-il même vrai de dire que la Comé:die jette le discrédit sur tout le Séminaire de St. Sulpice ? N'établit-elle pas, au contraire une différence marquée entre les ‘“ swpiciens ” et:les “ curés perpétuels ” ; c’est-à-dire entre ceux des Messieurs du Séminaire de St. Sulpice qui se révoltent et ceux qui gémissent, dans le secret, de la voie dans laquelle le Séminaire marche depuis
trop. longtemps ?
Mgr. l’Archevêque de Québec a écrit au sujet de la Comédie, et cela dans une lettre privée : ‘ On se demande si la médisance et la calomnie sont encore défendues.” D’abord rien ne justifie le mot ‘ calomnie ” sous la plume de Mgr. l’Archevêque ; car Sa Grâce sait bien que ni Elle, ni les Messieurs du Séminaire, ni d’autres ne fourront jamais détruire aucun des faits rapportés dans la Comédie ? Aussi personne ne le tentera.
Nous ne voyons que l’assertion qui regarde M. le Grand Vicaire Cazeau et qui se trouve aux pages 91 et 92 de la Comédie qui puisse être ébranlée; parce que l’auteur ne peut se servir publiquement des normes de ceux qui l’ont informé. Ilne
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peut que prouver que ce qu’il dit de M. le Grand Vicaire Cazeau était passé à l’etat de rumeur publique avant que la Comédie parut.
Chose étrange, M. le Grand Vicaire Cazeau qui prétend que l’assertion de la Comédie Infernale détruit de fond en comble sa réputation, n’a pas osé nier publiquement ce que l’œuvre en question dit de lui. Il se rabat sur un article du Courrier de St. Hyacinthe et il affirme que l’auteur de cet
article est Mgr. de St. Hyacinthe. Mais en outre *
que cet article ne dément rien, il se dit être sorti de la rédaction même du journal!!! Mais lorsque l’auteur répondit à cet article, le journal se réfusa à repreduire sa réponse ! !!
D'ailleurs que M. le Grand Vicaire Cazeau prouve à l’auteur qu’il a tort et l’auteur se rétractera. Puis en supposant que l’auteur de la Comédie eut été mal informé sur le compte de M. Cazeau, ce dernier se trouve-t-il donc si compromis ? En effet de quoi est accusé M. le Grand Vicaire Cazeau ? D’avoir, sans consulter qui de droit, mal interprété une lettre, de son Archevêque. Est-ce donc là un si grand crime ? M. le Grand-Vicaire se croit-il infaillible? Croit-il que s’il est prouvé qu'il se soit trompé un jour, sans malice de sa part, mais par un jeu du démon, qu’il sera pour cela déshonoré ?
Mais revenons aux paroles de Mgr. l’Archevêqueæ Il est faux de dire que la Comédie renferme des calomnies, et il ne l’est pas moins de lui attribuer des médisances. Médire c’est faire connaître le mal ou les fautes cachées. Or tout ce que la Comédie rapporte était connu auparavant par beaucoup de personnes, bien des faits étaient publics. L'auteur se fait fort de prouver qu'il n’a rien dit que ce qui était suffisamment connu
pour devenir public un jour ou l’autre. L'auteur, quand on le voudra, fera un in-octavo des fautes des Sulpiciens et autres qu’il a cachées, malgré qu’il les connût en écrivant son œuvre, parce qu’il a tenu avant tout à ne pas donner prise au reproche d’avoir médit.
Et pourquoi une guerre si violente à la Comédie ? Kst-ce parce qu’elle rapporte les égarements de doctrines de quelques prêtres ? Mais alors que penser des différentes histoires de l’Eglise qui racontent non-seulement les égarements de doctrines, mais les égarements de mœurs des prêtres et des évêques, quelquefois de personnages plus élevés dans la hiérarchie ecclésiastique ? Pour pouvoir écrire aussi l’histoire des scandales qui ont quelquefois désolé l’Eglise, ne faut-il pas avoir recours à des témoignages contemporains de ces scandales ? Un jour l’histoire de l’Église du Canada mentionnera les luttes qu’eut à soutenir l’Evêque de Montréal, non-seulement contre les Sulpiciens, mais contre plusieurs Evêques ; elle rapportera toutes les indignités, toutes les turpitudes de ses adversaires. Eh bien ! où l’histoire se renseignera-t-elle ? Dans les mémoires où l’auteur de la Comédie s’est renseigné, peut-être même dans la Comédie Infernale. Dira-t-on alors aux historiens : ‘“ Est-ce que la médisance est encore permise ?”
Si les historiens de l'Eglise sont justifiables de rapporter les grands scandales du clergé, pourquoi et à quel titre reprocher à la Comédie-Infernale d’avoir écrit la malheureuse histoire du gallicanisme de St. Sulpice de Montréal et d’autres personnages ?
La motion de N. N. $.S$. les Evêques dit que les difficultés dont s'occupe la Comédie sont, pen-
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dantes devant le St. Siége, voulant insinuer par cette petite proposition, comme le dit Mgr. l’Archevêque de Québec dans une lettre privée, que l’auteur s’est permis de dévancer le jugement du St. Siége. La Comédie Infernale n’a pas dévancé le jugement du St. Siége. Elle a'parlé du Décret de 1865, elle a dit que ce décret était fondé sur un accord mutuel entre Monseigneur de Montréal et les Messieurs du Séminaire ; que dès que l’'Evêque de Montréal eut publié ce décret, les Messieurs du Séminaire sy opposèrent, d’abord par l’entremise des Marguilliers de Notre-Dame, ensuite par leurs Supérieurs ; que le Séminaire en appela à Rome ; maïs que cet appel n'étant pas suspensif, le décret n'avait pas cessé d’être obligatoire ; que les Saints Canons, la théologié, les conciles, celui de Trente en particulier, reconnaissaient à tous les évêques.avec le droit,le devoir de diviser les paroisses de sen diocèse comme ils l’entendent pour le bien des âmes. Etait-ce là prévenir le jugement du St. Siége ? Quand, pendant six années, la presse avait discuté sur tous les tons touchant le Décret de 1865, quand La Minerve et le Journal de Québec ne s'étaient point gênés d’insinuer directement que l’'Evêque dé Montréal était dans son tort et que le Séminaire finirait par triompher, pouvait-il être interdit à un catholique, le “ Dr'it Canon ” en mains, de prendre fait et cause pour l'autorité diocésaine ? Si la Comédie Infernale est coupable pour avoir plaidé la cause d’un évêque dont le décret subsistait malgré les appels qui en étaient faits, le Journal de Québec ne l’est-il pas à un dégré supérienr de s'être constitué l’avocat de la cause des Sulpiciens alors que, malgré leur appel, le Décret qui les atteignait était toujours en force ?
Lun.