VI. — Prisme hexagonal e* situé sur les angles latéraux
DU RHOMBOEDRE PRIMITIF.
Cette face, combinée à la pyramide hexagonale qui se compose
deç faces des 4eux rhomboèdres inverses p et e\ est certainement la forme dominante des cristaux de quartz de presque toutes
les locfldités; je n'ai donc rien à ajouter à ce qui en a été dit par tous les observateurs.
VI bis. — Base du prisme hexagonal a^
J'ai rencontré dans le cours de mes recherches une face excessivement rare, tronquant la pyramide hexagonale suivant un plan perpendiculaire à Taxe principal du rhomboèdre primitif, et ayant par conséquent poiu symbole rhomboédrique a\ et pour symbole hexagonal p. Deux cristaux seulement m'ont offert cette base, inobservée jusqu'à présent : l'un, incolore, vient probablement du Brésil; l'autre, noir, à peine translucide siu* les bords, est d'ufce localité inconnue. Le premier, représenté fig. 66, pi. H, appartient à la collection de l'Ecole des Mines; le second, représenté fig. 67, pi. n, est la propriété de M. Achard. Le cristal de l'École des Mines n'a que sa partie supérieure complète, la partie inférieure étant cassée; la base a} n'est pas assez unie p6ur se prêter & une mesure exacte ; elle porte dans diverses directions des stries plus ou moins régulières, limitées par trois lignes légèrement saillantes , qui , du centre de lliexagone , se dirigent assez exactement vers trois de tes angles alternes, et semblent, par conséquent, indiquer la projection des feces rhombes s; mais ce qui sc^t pour prouver que cette base est bien réellement perpendiculaire à i'axe , ce sont les six bordures étroites comprises chacune entre deux lignes parallèles, qui représentent les intersections avec la base et avec les faces verticales é*, de deux rhomboèdres dont je n'ai pu déterminer les symboles à cause des cannelures qui les recouvrent.
Autant que j'ai pu en juger à travers deux faces non pohes , et dont l'une était simplement noyée dans de la térébenthine, ce cristal, vu dans la lumière blanche polarisée, parait en partie composé de couches alternatives de rotations inverses, dont l'arrangement est difficile à bien saisir.
Le' cristal fig. 67, pi. II, est plus complet que le précédent 1:
d'un côté 9 il offre la base hexagonale terne et granulée, bordée par des portions étroites des six faces de la pyratqide, dont les incidences sont faciles à déterminer; de Tautre côté existe un sommet complet, formé par trois faces p, prédominantes et for-
tement ondulées, et par trois faces e* plus petites, et n^offirant que de légères ondulations. La disposition de ce cristal rappelle donc celle des cristaux pyro-électriques de zinc silicate. •
Outre les bases bien caractérisées dont je viens de donner la description, j'ai encore trouvé sur Tun des sommets d^un petit cristal bipyramidé, à prisme tr^s-court, une face entièrement arrondie, qui, par sa position, ne peut évidemment appartenir qu'à la modiGcation a'; mais, vu son peu de netteté, je n'en parle que poiu* mémoire.
Haûy avait noté dans sa collection , comme cristaux basés perpendiculairement à l'axe, de petits cristaux comprimés en escalier, de Beralston en Devonshire; un examen attentif ds ces cristaux, connus en Angleterre sous le nom de babelnjoartz, m^a montré qu'on ne pouvait pas les considérer comme l'avait ùil Haûy, et que leiu* forme rentrait dans celle des cristaux dont une face s'est développée anormalement aux dépens des autres.
La figure 68, pi. III, représente un cristal isolé de Beralston, dont la position respective des faces a été déterminée au moyen de mesures directes. On sait que les échantillons qui portent ces singuliers cristaux se présentent à l'observateiu* sous deux aspects bien différents : on a en effet, d'un côté, des cristaux prismatiques ordinaires à double sonunet pyramide, groupés confusément en masses géodiques; de l'autre côté, on voit parfaitement la trace de gros cristaux cubiques de fluorine, maintenant disparus, sur lesquels les cristaux prismatiques de quartz ont dû se déposer; c'est de l'empreinte produite par ce contact que sortent, sous forme de gradins polygonaux plus ou moins saillants, les cristaux que Haûy regardait comme basés; et c'est parla face;) de la pyramide inférieure, invisible sur la figure 68, que ces cristaux
SUR LA CRISTALLISATION DU QUARTZ. te
se fondent dans la masse qui s'est appuyée sur la fluorine : cette face est devenue tout i fait prédominante, et elle sert de support aux piles de lames décroissantes sur lesquelles on retrouve les
autres faces p et une face e* de la même pyramide inférieure, trois faces e*, et deux petites faces rhombes, dont une visible sur la figure, et enfin des faces de la pyramide supérieure, dont la seule visible est ime face primitive p, parallèle à celle qui sert de point d^appui : cette face p offre toujours, jusque dans ses plus petites dimensions, la figure d'un hexagone ou d'un heptagone à côtés inégaux et assez irrégulier.
On rencontre souvent en Angleterre de gros cristaux de chaux fluatée, recouverts de petits cristaux de quartz très-brillants; lorsqu'on enlève un de ces petits cristaux, on trouve à sa place, dans la fluorine, une empreinte plus ou moins profonde, dont la forme rappelle tout à fait celle de la face libre du babel-quartz. .
La même association de quartz et de fluorine produit du véritable haheUquarlz dans des géodes qu'on trouve près de Saint- Yrieix (Haute-Vienne).
Parmi les gros cristaux du Brésil que j'ai examinés, j'en ai trouvé quelques-uns dont une des faces p portait des excroissances semblables à celles qui «constituent le babel^qaartz de Beralston; comme rien, dans ces crUtaux, n'annonce un contact avec de la fluorine ou d'autres corps étrangers, il est possible qu'on puisse assigner à ce développement anormal, dans la direction d'une seule face, plusieurs causes différentes.
On a souvent noté, dans les collections, comme offrant la base, des cristaux dont les faces du sommet sont plus ou moins complètement remplacées par un seul plan , qui parait quelquefois à l'œil presque perpendiculaire à l'axe. J'ai examiné un grand nombre de ces échantillons, et j'ai trouvé que ce plan, souvent assez régulier, pouvait être considéré comme produit, tantôt par le contact du quartz contre une surface unie, tantôt par une cristallisation dont une cause quelconque aurait' gêné le hbre déve-
loppement; ce qu^il y a de curie.ux, c'est que roblitérattoa i» parait pas s^ètre faite tout à fait au hasard : quelquefois, en effet; la face oblitérée est parallèle à une arête d'intersection de ki pyramide avec le prisme e*, comme on s'en assure facilement à Taide des stries horizontales qui couvrent ce prisme; Tan^e de cette face avec Taxe a été trouvé de i 2 A degrés sur un cristal, et de 102 degrés environ sur un second. cristal; d'autres fois, et cest le cas le plus fréquent, la face n est plus parallèle à aucune d(ÇA arêtes d'intersection de la pyramide et du prisme, mais sa plii4 grande inclinaison sur l'axe est encore comprise généralemeiif entre 107 et 1 o3 degrés. Il ne m'a jamais paru qu'il y eût là une loi assez constante pour être exprimée par des nombres, et je n'ai signalé ces faits que pour bien montrer quils n'ont aucun rapport avec la base des cristaux fig. 66 et 67.
VIL — Prisme hexagonal d^ sur les arêtes LAxiRALEs
DO RHOBIBOÉDRE PRIMITIF.
Ce second prisme, toujours très*subordonné au prisitie é% éisi excessivement rare sur les cristaux de certaines localités, taxïdis que dans certaines autres il $e rencontre assez fréquemmëitKtV parmi ces dernières, il faut mettre en première ligne Carrare '€* le Brésil. Je l'ai aussi trouvé sur un cristal de Traverselle, rtrtr plusieurs cristaux d'Australie, et sur certains cristaux bnitttf d'Espagne, qu'ion sait maintenant transformer par la chaleur en pierres d'une teinte d'un beau jaune d'or, assez estimées dans ik joaillerie.
Quoique le prisme d^ n'offre jamais que des face» étrottes et un peu rugueuses , on parvient quelquefois à mesurer asseï emèr tement son inclinaison sur ^; on l'observe tantôt sur trois arêtes alternes, tantôt sur les six arêtes verticales du prisme e*; la plupart des cristaux de Carrare le portent sur les trois arêtes ahemes au-dessus desc[uelles ne se trouve pas le rhombe 5, de sorte qu'îi arrive souvent que d} est placé entre les deux faces d'un
•ymitriqua k six pans (fig. 69 « pi. ill); d'autres fois d} est sur lestroia arêtes pprtant s, et le prisme symétrique modifie les trois autres arêtes (voy. le cristal du Brésil, fig. 60, et le cristal de Carrare, fig. 70); dans d'autres cas plus rares, d^ existe à la fois sur les trois arêtes qui ne portent pas de prisme symétrique, et sur les. arêtes portant le prisme, dans les intervalles où cette modification est interceptée (fig. 71).
D'après une communication récente que j'ai reçue de M. Miller, M. Rose a également observé le prisme d* sur les six arêtes verticales d'un cristal simple de Sundwich , près Iserlohn en Westphalie.