XI.VI
et vaincue, se composait des comparses dirigés par quelques meneurs qu’on voit toujours apparaître aux jours néfastes pour préparer les ruines ou consommer les désastres. Assistaient à cette représentation d’une pièce trop souvent jouée chez nous, et qui n’a même plus l’intérêt de la nouveauté, cinq à six mille curieux, indifférents d’ailleurs, et qui continuaient leur promenade après avoir écouté pendant quelques minutes des discours banaux accompagnés de gestes théâtrals et regardé des gamins s’occupant avec ardeur à dénicher des aigles. Les cafés, les cabarets surtout, pleins. Au milieu de cette indifférence curieuse, ou voyait circuler des groupes de personnages qui, malgré leurs cris et leurs gestes indignés, ne parvenaient pas à réchauffer la foule. Chacun rentrait chez soi, à la nuit, comme après une fête populaire. Des Prussiens qui étaient à Châlous déjà, pas un mot..., on les avait oubliés...
Loin de moi la pensée d’accuser aucun de ceux qui, uprès cet effondrement d'un gouvernement appuyé trois mois auparavant sur (i 500 000 suffrages, en face d’une mise eu scène ridicule et mal montée, ont accepté de diriger le pays. Ce serait faire injure au caractère des membres principaux du gouvernement de la défense nationale que de supposer un instant, chez eux, en ces circonstances , des sentiments d’ambition , d’amour du pouvoir. Tous étaient trop clairvoyants pour ne pas comprendre que ce pouvoir serait, pour ceux qui le pren-