‹ Mémoire sur la digitaline et la digitaleChapitre 15 sur 41 · M. SANDRAS · texte numérisé non relu

M. SANDRAS

Novembre et décembre 18/i9 (1).

Cet auteur, quenous avons déjà cité pour ses expériences physiologiques sur la digitaline, conjointement avec M. Boucliardat (§ Il bis), et pour un travail sur la digitale, publié en 1833 (§ I, division A), a repris l'étude de la digitaline au point de vue thérapeutique. Voici le résultat des observations qu'il a recueillies dans son service à l'hôpital Beaujon, avec l'aide de M. Real, son interne. La digitaline a surtout été employée dans divers cas d'hypertrophie, de palpitations nerveuses, chlorotiques , etc. M. Sandras n'a eu qu'à se louer de la digitaline dans ces

(1) Sandras, U^don médicale des 29 iiovembi'e et l^^ décembre 18/19 ; Journ. des conn. mcd,, 2=séiie, t. III, p. 137 (1850); elAtin, de ihérap. (le îil. Dovichardut, 1850, p. 115.

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diverses affections. Comme M. Hervieux, il l'a toujours vue produire leralentissement des pulsations. Le maximum d'eifet sur le pouls a eu lieu en général quelques heures après l'administration du médicament. Quant à l'effet diurétique, cet observateur est loin d'être aussi affirmatif, et lorsque cet effet a eu lieu, il se demande si cela n'a pas été dû simplement au rétablissement de l'équilibre physiologique des fonctions.

Les palpitations nerveuses ont toujours cédé sous l'empire de ce médicament, en y associant, comme de raison, l'usage des moyens accessoires appelés à combattre, dans leur essence primitive, les accidents auxquels se liait la perturbation fonctionnelle du cœur. Quant aux affections organiques du centre circulatoire, M. Sandras croit pouvoir affirmer qu'elles ont toutes reçu au moins un notable soulagement par l'usage longtemps et méthodiquement continué delà digitaline ; et, dans quelques cas, l'amélioration a été telle, que les malades se sont regardés bientôt comme guéris.

Certainement l'usage de cet agent thérapeutique ne fait pas disparaître les altérations matérielles des orifices et des valvules, mais en rétablissant plus de calme, plus de lenteur et de régularité dans le système des mouvements du cœur, il a rendu, chez tous les malades, la circulation et la respiration plus faciles, et, par conséquent, a soulagé les souffrances, amendé les symptômes, et prolongé la vie.

En résumé, depuis que M. Sandras emploie la digitaline, il n'a rencontré aucun des inconvénients reprochés à la digitale (variation d'énergie suivant la provenance, l'âge, l'anliée de la récolte, la dessiccation, etc.); elle lui a toujours paru facile à prendre et à supporter, et l'effet a été parfaitement fixe et régulier, selon les doses auxquelles il la prescrivait. 11 a employé les granules conseillés par les auteurs de la découverte.

Les trois observateurs dont nous venons d'analyser succinctement les travaux, ont généralement employé ladigi-

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taline à la dose de 1 à 4 milligrammes par jour. Cependant M. Sandras a préféré s'en tenir, dans presque tous les cas, à 2 milligrammes, aimant mieux produire une action raédicatrice lente, mais plus facile à soutenir longtemps.

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