‹ Mémoire sur la digitaline et la digitaleChapitre 16 sur 41 · M. BOUILLAUD · texte numérisé non relu

M. BOUILLAUD

Rapport de la commission de V Académie de médecine (1).

1850 et 1851.

Nous n'analyserons pas ici cet important travail maintenant connu du monde savant, et nous nous contenterons de rappeler les principaux faits qui en ressortent.

Le chiffre total des malades auxquels le rapporteur a fait prendre la digitaline s'élève au moins à 150 ou 200.

Or, à l'exception de trois, chez tous il a constaté un ralentissement plus ou moins considérable des battements du cœur et des artères (p. 48 du travail tiré à part).

A titre de spécimen, l'auteur donne les résultats numériques de 15 de ses observations. La moyenne du pouls, avant l'administration, était de 96. La moyenne du ralentissement a été de /il, par conséquent d'environ la moitié du nombre primitif (96).

Les chiffres représentant le minimum de ralentissement ont été de 12, ih et 16 (page 50). (Les doses de digitaline, ordinairement administrées par M. Bouillaud, sont de 2, 3 et h granules) (2, 3 et L\ milligrammes).

Quant à l'action diurétique, le rapporteur ne l'a vue se manifester que chez un des malades soumis à son observation et encore est-il douteux que l'effet dût être attribué à la digitaline (p. 46).

M. Bouillaud qui avait déjà, antérieurement, constaté l'action antipériodique de la digitale (2), a voulu expéri-

(1) BouiLLiUD, Bulletin de l'Académie, t. XV et XVI (1850 et 1851). Commission composée de MM. Rayer, Soubeiran et Bouillaud, rapporteur.

(2) J. BouiLLAi'D, Clinique médicale de l'hôpital de là Charité, t. III, Pi 236-^7.

menterla digitaline SOUS ce rapport, et il a ainsi guéri assez promptement et sans récidive six à huit malades atteints de fièvres intermittentes. Les doses ont été, dans ces cas, de i, 6 et 7 granules par jour (pages 52 et 53).

Mais dans la fièvre continue ou inflammatoire, contre laquelle on avait aussi proposé la digitale, celle-ci ne convient nullement (p. 23).

Le rapport ne se prononce pas sur la question de savoir si Ton doit préférer, dans la pratique, la digitaline à la digitale. Toutefois, on y lit les lignes suivantes:

« Maintenant, même en admettant que la digitale, en dépit des expériences souvent répétées du rapporteur, ne possédât pas un pouvoir fébrifuge, ce qu'il y a de bien certain, c'est qu'elle jouit de la propriété de ralentir, de modérer et de régulariser les battements du cœur, et qu'elle agit ainsi, non pas d'une manière secondaire, consécutive, comme l'avaient prétendu divers expérimentateurs, mais d'une manière primitive et immédiate. Une proposition non moins certaine, d'après les recherches consignées dans le mémoire de BIM. Homolle etQuevenne, et d'après celles de la Commission, c'est que la digitaline est le principe auquel la digitale doit la précieuse et admirable propriété que nous venons de rappeler, comme le quinquina doit à la quinine la propriété, assurément non moins précieuse et non moins admirable, de guérir les fièvres intermittentes. » (P. 54 des exemplaires tirés à part, et t. XVI, p. U26, du Bullcéin de l'Académie. )

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