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DEUXIEME PARTIE

PAR'Î'ÏE PHYSIOLOGIQUE ET TfflÉBAFESJTIQUE.

§ I. — BIBLIOGRAPHIE AU POINT DE VUE MÉDICAL. A, — Historique.

Fuschius, professeur de médecine à l'Université deTubingen, en 1535, est le premier qui ait donné à celte plante le nom de digitale, et en ait exposé les véritables caractères (1). Gaspard Baubin, vers 1596, la désigne: digitaiis purpurea folio aspero.

' Au dire de Murray (2), Van Helmont a préconisé la racine de digitale dans les scrofules , et Boerliaave recommandait ses applications extérieures dans la même affection .

Mentionnée dans la pharmacopée de Londres, en 1721, la digitale cesse d'y être indiquée à l'époque où ûlurray publiait son Apparatiis, quoique plus usitée en Angleterre que partout ailleurs. Elle est signalée à la même époque dans les pharmacopées de Paris et de Wurtemberg.

Haller (3) dit en parlant de la digitale : Nobis ignota, mihi suspecta digitaiis : lego tamen nuperum testimonium de iisu decocti pr opter scrofulas^ in desperato pêne casUf diu sumpti, quoad cutis per squammas deflueret .

Fourcroy {h) cite, d'après le même auteur, le cas d'un homme atteint d'ulcères scrofuleux dans différentes parlies du corps, et surtout sur une jambe (qu'on parjait

(1) De historta stirphim Comment ar ii , deuxième penjplaiL traduit en français par Ch. de l'Ecl'jse.

(2) Apparntus vicdicamiimm, de 1776 ù 179/i.^

(3) Historia slirpium indigenarum Ildvetiœ, n° 330, ilQS, (/») Encycloijcdic mélhodique {Mcdechie), U V, p. 456.

MÉMOIRE SUR LA DIGITALINE. —Il" PART., § I. 1S9

d'amputer), qui guérit en prenant à l'intérieur le suc de digitale dans de la bière, et appliquant sur les ulcères les feuilles qui avaient fourni le suc.

J.-J. Merz (1) signale également son emploi dans les scrofules (2).

Les expériences de Salerne (3) (sur les dindons), dont uneestrapportéeparChaumeton(Zt), l'avaient porté à croire que la graisse accumulée dans le tissu cellulaire (polysarcie), pourrait être' résorbée comme les liquides épanchés, sous l'influence de la digitale.

Rangée par F. Home parmi les purgatifs drastiques, la digitale, au dire de Lobel (5), aurait été employée comme remède populaire, en Angleterre, pour combattre la fièvre par son action purgative. « Sommerseti Angliœ rustica » turba hiijus decocti febricitanfAbus purgatio7ies et inter- » dum svperpurgalioms et vomitioncs humidioribus alvo » molitur. »

Ferrein (6) dit que la digitale purge par haut et par bas, et qu'elle est estimée pour guérir l'apoplexie invétérée ; mais il fait observer qu'on ne doit la prescrire qu'aux gens robustes. Il en conseille deux poignées avec quatre onces de polypode en décoction dans une pinte de bière, à prendre deux fois la semaine. Pilée et appliquée sur les tumeurs scrofuleuses, ajoute-t-il, elle les guérit, ainsi que l'onguent fait avec son suc ; elle est vulnéraire et fort employée en Italie pour la cure des plaies.

Il faut, en effet, qu'à une certaine époque la digitale ait

(i) Disserialîo inauguralis meclica de digitali: lena, 1790.

(2) Nous devons ajouter loulefois que M* Guersent dit n'avoir jamais retiré d'avantage de l'administration de la poudre et de la teinture de digitale longtemps continuée sur plusieurs scrofuleus. (Dict. de méd., en 30 vol., t. X, p. 275.)

(3) Recueil de l'Académie des sciences, p. 17A8.

(4) Dictionnaire des sciences médicales, t. IX, art. Digitale.

(5) Bidault de Villiers , Essai sur les propriétés médicinales de la digitale pourprée, 3»édit. ; Paris, 1812, p. ào.

(6) FERBEm, Matière média , t- III, 1770, p. 67*

lAO ARCHIVES DE PHYSIOLOGIE, ETC.

joui, dans ce pays, d'une grande réputation de guérir les plaies, puisque, au dire de Geoffroy (1), elle avait donné'; lieu à ce proverbe : « Aî^alda che tutte piaglie salda (2).

Ainsi les anciens observateurs n'avaient guère vu dans 5 la digitale que les propriétés éméto-cathartiques , et sa i première application semble avoir été faite au traitement t des scrofules et des plaies.

Nathan Drake dit que les propriétés diurétiques de cette ; plante n'ont pas été connues avant 1770.

En 1775, le docteur Withering fait paraître la première monographie sur la digitale pourprée, sous ce titre : An

account ofthe fox glove and some of its médical use luith practical remarks on dropsy; Birmingham.

Il administrait le suc de la plante à la dose d'une cuillerée dans un quart de litre de bière, et dit avoir vu le ; pouls descendre à 30 pulsations; il signale la diurèse; parmi les effets de la digitale. Plus tard, il fut conduit à i l'administrer en poudre et à plus petites doses (d'un à trois i grains deux fois par jour); il en suspendait l'usage aussitôt qu'il voyait survenir quelque accident.

Witliering signale, comme indiquant l'emploi de la digitale, dans l'hydropisie générale, la pâleur, la mollesse et le refroidissement de la peau, avec pouls fréquent, dépressible et intermittent. La diathèse inflammatoire, la fièvre hectique, l'irritation gastro-intestinale, les vomissements, la diarrhée, la dureté , la plénitude et la tension du pouls contre-indiqueraient, au contraire, son emploi. Il énumère assez complètement les phénomènes toxiques résultant de doses trop élevées.

W. Hamilton confirme les assertions de Witliering, relativement aux indications et contre-indications de la digitale pourprée.

(1) Geokfhoï j Irailc de matière médicale, 17/i3, t. VI, p. 202.

(2) Les noms italiens de la tligilalc sout : Aralda, Guantelli, DigitcHa. DoBVAULT, officine.

La cinquième édition du dispensaire d'Edimbourg, 1786, rapporte que l'infusion de digitale pourprée a produit, dans un cas d'ascite, une évacuation des eaux, si prompte et si considérable, qu'on fut obligé de recourir à la cora- .pression au moyen d'un bandage.

Charles (1) et Érasme' Darwin (2), Warrin (3) et Quin (U) ont publié des observations d'hydropisie traitée par la digitale pourprée.

Er. Darwin conseillait sa teinture à petites doses, souvent répétées, pour combattre l'obésité ; Warrin et Quin se sont surtout attachés à constater ses propriétés hydragogues.

D.-J. Ferriar (5) administrait la digitale dans les llydropisies, et remarque que la vigueur et la fermeté du pouls augmentaient à mesure que l'eau épanchée était résorbée.

Gullen (6) a classé la digitale parmi les diurétiques ; il est un des premiers praticiens qui aient constaté dans cette plante la faculté de ralentir les mouvements du cœur.

Beddoes (7), après avoir constaté l'efficacité de la digitale dans les affections tuberculeuses du poumon, ajoute qu'il espère qu'on pourra désormais guérir cette maladie d'une manière aussi régulière qu'on guérit les fièvres intermittentes par le quinquina. Il se montre porté à croire

(1) Cil. Dabwi-N , On the -purulent malier, Voy. Bidault dsViliieks, p. 10 et i2.

['2j Erasme Darwix , Zoonomiu or the laivs of organic life, troisième partie ; — ici. , Botanic garden ; — ici Médical transactions, vol. III. Voy. BiDACLT DE ViLLiEns, p. 12, 1/i, 19, 33, 35, 38, 85.

(3) De la digitale dans l'hydropisie. Voy. Bid. de Vill., p. 12.

(i) Quii\, On dropsy of the Brain. Voy. Bid. de Vat., p. 12.

(5) Ferriau, Essai on the médical properties of digitalis purp, Manchester, 1779. Voy. Bid. de Vill., p. 10, 21, 81.

(6) CuLLEN , Gitaliou de M. Bolillald, Dict. de méd. cl ckir. prat., t. VI, p. 30;!.

(7j Beddoes , On consomption, digitalis and scrofuhi, 1801; — id., On the power and agcncg ofdigit. Voy, Bid, de Vill. , p. 7, 8, 3G, àl, !û, Si, 88.

que la digitale augmente toujours la force de la circulation, lorsqu'on la donne de manière à ne pas entraîner les nausées ; il s'en est assuré, d'une manière approximative, au moyen du spliygmomètre.

Fowler (1), Nathan Drake (2), Mosmann deBradford (3), Barr, de Birmingham [U] et Mac-Lean (5) prétendent également avoir obtenu les effets les plus heureux de l'emploi de la digitale dans la phtliisie pulmonaire et l'hémoptysie.

Magennis (6) a vanté la digitale dans la consomption pulmonaire, et les résultats qu'il dit avoir obtenus tiennent tellement du prodige, que nous nous dispenserons d'entrer dans aucun détail ; il aurait compté UO cas de guérison sur 72. « Ces proportions, ajoute l'auteur de la Biblio- )) thèque thérapeutique ^ sont tellement favorables, qu'elles » inspirent naturellement de la méfiance ; cependant Ma- » gennis était un homme instruit, et le poste qu'il occu- » pait (médecin de l'hôpital de la marine de Plymouth), » écarte naturellement l'idée d'imposture (7). »

Selon Mosmann, la digitale serait directement sédative et diminuerait l'irritabilité musculaire; son efficacité tiendrait à son action sur le cœur et les artères dont elle diminuerait la vitesse des pulsations sans les affaiblir et sans porter atteinte à la force du système.

(î) Fowler , Letter from Fowlev on ilie cure of consomption. Salisbury, Yoy. Bid. de Vill*, p. 8, 85, 119, 140.

(2) N. Drake , A letter lo doctor Beddo'às on the use of digîtalis in pulm. consomption , 1799. Voy. Bid. de Vill. , p. 8 , 35 , 40, 43, 85 et

(3) Mosmann, Essay on scrofida, gla7iduldr consomption; and obsersei^vations on digitalis. Voy. Bid. deVill., p. 9, 47, 93, lS9.

(4) Barr., Letter ta doctor Beddoës. Voy. Bid. de Vill., p. l4.

(5) Mac-Lean , Médical and physical journal. Voy. Bîd. de Vill., p. 19, 21, 87.

(6) Magennis : The London med. and physical journal, t. LXV, p. 180 à 201. Voy. Bayle, Bibliothèque thêrapeiUique, t. III, p. 292.

(7) Baïlb , Bibliotk, thér., t. III, p. 364.

Kinglake (1) s'exprime ainsi au sujet de l'action de la digitale sur le cœur : « Est-il juste d'inférer que la modi- D fication de la vitesse morbide du mouvement propulsif » du cœur et des artères soit l'effet de la diminution de » force... Le pouls, quoique moins vite et moins fréquent, )) n'est pas pour cela moins fort et moins énergique... A ces « effets sont inséparablement liés l'augmentation de force, » la lenteur des pulsations, ainsi que la transmission d'une » plus grande quantité de sang dans un temps donné. »

Crawfort (2) et Macdonald (3) étudient l'influence delà position horizontale et de la station sur le nombre des pulsations pendant l'administration delà digitale, et notent des différences de 60 à 80, de Ub à 90°. Cette influence de la position horizontale sur le pouls est également signalée par Sanders. Elle a été étudiée aussi par le docteur Boildon (Aj. Enfin, Rasori (5) l'a observée indépendamment de l'action de la digitale; mais nous devons dire qu'un élément d'appréciation nous paraît avoir été omis par ces divers observateurs : à savoir le degré de faiblesse du malade.

W. Heberden (6) considère la digitale comme un des plus puissaîits remèdes que nous ayons pour affaiblir l'action du principe vital (quel qu'il soit).

D. Clutterbuck (7) n'a jamais vu la digitale réduire la fréquence du pouls, sans observer en même temps une

(1) KtxGLAKE , Cases and observations on tlie medic. efficacy of digilalis purpnrea in phllu'si jjulmonali. Londou, 1801. Voy. Bidault DE ViLLiERS: Ouvr. cit., p. 98 et 99.

(2) Letlcr lo doctor Beddocs , 1801. Voj^ Bidault de Villiers , p. 47.

(3) Médical and phijsical journal, 180 J. Bid. de V., p. 47.

(4) Journal, de médecine d'Edimbourg, juillet 1807. (ô) Annales de thérapeutique de Rogxetta, 18/i5.

(6) Commenlar. on history and cure of diseascs. Voy. Bid. de V., p. n/i,

(7) An inquiry on the seat and nature of fever. London, 1807. Voy. Bid. de V., p. 19 et 96.

\llk ARCHIVES DÉ PHYSIOLOGIE, ETC.

action sur le cerveau : « Elle ne ralentit pas seulemenl les » battements des artères, dit-il, elle les rend souvent plus » ou moins irréguliers. Dans tous les cas, ses effets diffèrent » de ceux de l'opium et du vin; elle n'augmente pas la » turgescence de la face et du cerveau, mais produit au » contraire la pâleur et l'enfoncement des yeux. »

Vacca Berlinghieri (1) place la scille et la digitale audessus des plus puissants diurétiques : « sopra tutti i valorosi diuretici. »

D'après Thomas (2), l'usage métliodique et suivi de la digitale a des avantages durables dans l'épilepsie.

Parkinson (3) l'a trouvée également efficace dans cette maladie, et Moll {h) cite des cas de guérison à la suite de son administration.

Les docteurs Corrigan, Crampton, Sharkcy, Neligan, ont vu ou obtenu des guérisons d'épilepsie par la digitale administrée à haute dose (voy. § VIII).

W. Hutcliinson, dont nous reparlerons plus loin (5), constatait à la suite d'expériences sur lui-même, comme effets physiologiques produits par la digitale : pouls fort, dur et serré, devenant plus tard irrégulier et faible ; augmentation des urines ; surexcitation des facultés intellectuelles suivie d'affaiblissement ; débilité musculaire et sensibilité au froid ; insomnie; nausées, dyspepsie, anxiété précordiale, etc.

Sanders, dont nous analyserons à part le mémoire en raison de son importance (6), conclut de ses nombreuses observations que la digitale, au lieu de ralentir les batle-

(i) Coàice di medicina santionata dalV esperîenza , t. II. Veneï.j

(2) The modem practice ofphysic, 1802, Voy. Bid. de V., p. 17.

(3) Pabkinson, Tlieater of fiantes, p. 654.

(4) Moll , Epilepsia digiudi sanata, dissertatîo. Bonn, 1823.

(5) Même paragraphe.

(6) Voy. plus loin, même paragraphe, div. B. — Voy. aussi CuAtMEioif, Dict. des se. méd.,iir\.. Digitale. Cet auleur adopte la doctri'ie de Sanders.

MÉMoir.i; sun la digitaline. — ir paut. , g i. 1^5 ments du cœur et de les affaiblir, a pour eiYel primitif d'en augmenter la fréquence et la force.

« Aucun remède, dit-il (p. 8/i) , ne détermine aussi « promptement des phénomènes inflammatoires suivis » d'une altération particulière de la contractilité du cœur, » et d'une faiblesse même alarmante... » Et page 87 : « La » digitale épuise donc l'irritabilité du cœur plus prompte- » ment que tout autre remède. »

Selon Schwilgué (1), le ralentissement du pouls, détermifié par la digitale, coexiste ordinairement avec un état de résistance de la part de l'artère et avec diminution de la chaleur générale. La sécrétion urinaire est fréquemment augmentée.

La dissertation sur la digitale du docteur Vassal (2) contient un certain nombre d'observations d'hydropisies traitées avec plus ou moins de succès par la poudre de digitale.

L'action diurétique s'est montrée dans le plus grand nombre de cas ; la guérison a été obtenue souvent dans l'hydropisie idiopathique ou primitive non compliquée d'affections organiques. Lorsque l'hydropisie était liée à une maladie organique, la digitale a néanmoins agi comme palliative. Il signale les liydropisies enkystées comme tout à fait rebelles à l'action de la digitale. Il note enfin le ralentissement du pouls dans plusieurs observations.

Comte (3) a noté l'action diurétique de la digitale administrée dans les hydropisies ; mais il l'associait souvent à d'autres médicaments (scille, camphre, etc.).

Chreslien, de Montpellier [k], rapporte un cas d'anasarque avec ascitedans lequel l'impossibilité d'administrer le médicament par la bouche détermina le docteur Mejean, médecin distingué de Montpellier, à proposer la décoction

(1) Schwilgué, Traité de matière médicale, 1805, t. I, p. iOQ.

(2) Vassal, Dissertation sur la digitale.

(3) Joui'nal général de médecine, 1808, t. LXV, p. C9*

(4) Méthode inlralcpli^ue, Paris, 1811. Voy. Bidault de VaLiEUS, p. l/iO.

1^6 AriCUlVES DE PHYblOLOGlE, ETC.

de digitale injectée par l'anus (trois fois dans la journée), , la première dose étant de 2 gros (8 grammes) de digitale î pour k onces (125 grammes) de colature, la deuxième de î 3 gros, et la troisième de U gros pour la racuie quantité de î liquide. A la troisième dose , un flux d'urine énorme î (20 litres) débarrassa complètement le malade. Quelques s mois après, les mêmes accidents s'étant renouvelés, le î même remède fut employé avec le même succès.

On trouve dans le même ouvrage, l'observation de l'em- • ploi de la digitale fraîche pilée avec le suc gastrique d'un i chevreau (1) en frictions et en applications sur le ventre et i les extrémités, suivi d'une action diurétique marquée.

Bidault de Villiers (2) observe que, sous l'influence de la digitale pourprée, le pouls, en diminuant de fréquence, augmente de force et de souplesse, devient plus plein et plus régulier, si la dose est convenable. Il a remarqué que la digitale donnée à des doses capables d'exciter les nausées et le narcotisme n'agit plus comme diurétique, et que ses elfets sédatifs semblent exclure son action diurétique. Il avait constaté que les effets diurétiques étaient plus prononcés lorsque la digitale était administrée en lavement. Enfin il rapporte d'après Practical essays on médical subjects by a member of t/œ royal collège of physicians of London and Edinburgh, des exemples de scroCules guéries par l'application externe et l'usage interne de la digitale, qui tiennent du prodige. Il est à regretter que la valeur des observations rapportées par l'auteur ne réponde pas mieux à l'importance de ses recherches.

Nous trouvons dans une thèse .soutenue à Bonn (3), en 1826, des préceptes et des considérations qui ont encore de l'opportunité.

(1) Méthode déjà préconisée par Breiia. Voy. Ânatripsûlofjui, dollrina dcUe Frizioni, etc. Pavic, 1800 ; ia ediz., citée par Bid. de Vil., p. 7i.

(2) Bidault de Villieks, Essai sur la digilale ■pourprée.

(3) Disscriatio inauguralis. auctore H. "^Yittfield De vcra di^i'alis indi'.alione. lîonr.œ, 1826.

MÉMOIRE SUR LA. DIGITALINE. —II« PART., § L ikl

- Après avoir étnbli dans les maladies du cœur une division principale entre les troubles dynamiques ou fonctionnels et les alFcclions organiques, l'auteur pose comme contre-indication à l'emploi de la digitale, l'état liypersthénique aussi bien que l'atonie profonde du cœur. « L\ » saignée, dit-il, devra préeéderson administration, s'il ya j) turgescence de la face, dureté et plénitude du pouls, forte w impulsionducœur, vertiges, etc. wEtplusloin: «Lorsque » les forces sont très déprimées, surtout avec répulsion » pour les aliments, la digitale peut être pernicieuse, w

Utile dans la dilatation simple du cœur, la digitale, seloii le docteur Wittfield, ne peut être continuée longtemps avec avantage dans l'hypertrophie excentrique de cet organe.

Dans l'hypertrophie avec ossification des valvules, la digitale réussit souvent à soulager l'horrible anxiété des malades.

Son utilité, nulle dans l'ascile, serait, d'après la thèse que nous analysons, évidente dans Thydropisie dépendant d'affeclions du cœur et dans l'anasarque consécutive à la scarlatine, aux fièvres intermiltentes, au rhumatisme, à l'intempérance. Elle n'a présenté aucun avantage dans rhydi'océphalie.

Enfin la digitale, au dire de Blackal, cité par Witlfield, offrirait des chances favorables lorsque l'urine est coagulable par la chaleur, peu abondante et trouble au moment de l'émission.

Rasori (1) considère la digitale comme le perturbateur exclusif du système sanguin et la classe parmi les controstimulantsles plus propres à combattre, seuls, la diathèse de stimulus. « En effet, dit-il, elle produit l'irrégularité, fi l'intermittence, le tremblotement, l'inégalité et le dés- » ordre du pouls {2). a Les observations rapportées dans

(1) Annnliài scienze eletterc.l. Il, 1811, et Annales de tliérapcu' liquc de RoGNETTA, février et mars 1847, p. /)05 ctliU.

(2) I! ne faut pas oublier que Rasori l'administrait Ji iiaute dose.

son mémoire ne sont remarquables que sous le rapport des dosesélevées, pour ne pas dire plus, auxquelles sont donnés les médicaments. Le ralentissement du pouls est souvent . noté. Dans la troisième observation (ophthalmie), il descend 1 à 65 ; à 36 dans la sixième (pleuropneumonie grave); à UO I dans la septième (pneumonie catarrhale), etc.

La dose de digitale, de 1 à 2 grammes par jour habituel- • lement , a été portée dans quelques cas à Zi , 6 et 8 i grammes.

Tommasini (1), l'un des plus célèbres propagateurs du i contro-stimulisme , considère la digitale comme douée : d'une puissante action contro-stimulantc, et l'employait! dans les maladies de diathèse sthénique ou inflammatoire. .

M. Sandras (2) considère la digitale comme agissant particulièrement sur les voies digestives, les centres nerveux t et la circulation.

Sur 57 malades, il n'observa de diurèse que dans trois > ou quatre cas, où il y avait anasarque, ou tout au moins s œdème. Assez souvent il a vu survenir à la suite de l'emploi de la digitale, des éblouisseraents, de la céphalalgie, , des étourdissements, etc.

Dans aucun cas, il n'a observé d'effet sudorifique ou i aphrodisiaque. Enfin, il fait cette remarque, que la digitale, comme plusieurs autres médicaments actifs, ne pro- voque pas les mêmes effets, à haute et à faible dose.

Selon M. le professeur Bouillaud, ce qui distingue sur- • tout la digitale des autres plantes usitées en médecine, c'est l -la faculté , en quelque sorte spécifique, de narcotiser le cœur (3).

« De tous les sédatifs auxquels on puisse recourir, dit i ■» ailleurs le même savant, le plus efficace, le plus direct, le ■■■

(1) ToMMisiKi, cité par M. Bouillaud , Dict. dcméd.ct cliir. prnliq. t. VI, p. 305. — Voy. aussi Bibliolh. tlicrap., l. III, p. 99.

(2) Sandkas, Bulletin de thérapeutique, 1833, t. V, p. d65 et 333, Effets physiologiques et thérnpculiqucs de lu digitale.

(3) J. BouiLLAVD, Dict, dcmcdcccidc cliir. prat., t. VIL p. 30^.

MÉMOIRi; SUR LA DIGITALINE. — ir PART. , § L l^iO

» plus spécifquc, c'est incontestablement la digitale, ce » véritable opium du cœur (1). »

M. Bouillaud a aussi employé la digitale dans les cas de fièvres intermittentes. Trente à quarante malades, atteints de ces fièvres, auxquels on a administré la poudre de digitale, ont été très bien guéris (2).

Nous verrons plus loin (§ VI) que le même praticien a traité et guéri également des fièvres intermittentes par la digitaline.

Quant au mémoire de M. le docteur Joret, nous en donnerons, en raison de son importance, un extrait dans la division B de ce paragraphe, en même temps que nous analyserons les travaux deSanders, Hutchinson et Joerg.

Disons, pour compléter ce que nous ont appris nos recherches sur l'emploi de la digitale, que le docteur Currie (3) rapporte l'observation d'effets avantageux obtenus de son administration dans la manie aiguë, et que Mayer [k) assure que le suc exprimé de cette plante, pris à la dose d'un quart de cuillerée, résout les engorgements squirrheux.

Nous terminerons là ces renseignements historiques ; car, si nous voulions citer le nom de tous les auteurs qui ont écrit sur la di-gitale et donner un aperçu de leurs travaux, cette partie bibliographique formerait à elle seule un volume. Cependant nous devons dire , pour rendre hommage à la vérité, que parmi ces auteurs, dont plusieurs ont parlé avec enthousiasme de la digitale, il s'en trouve un très petit nombre qui lui sont'opposés. Aingi, Loltsom d'abord, et plus tard Alibert, ont révoqué en doute ses propriétés diurétiques ou même les ont niées formelle-

(1) J. Bouillaud, Traité de nosographic mcd., 18/iC, t. IV, p. 210, et Traité des maladies du cœur, 2"-' édit., t. II, p. 590.

(2) Le même, Clinique médicale de la Charité, t. III, p. 236, et Traité de 7wsogra]>lneméd., l. III, p. /i71.

(3) Quatrième volume des mémoires de Médical Society of London. [k] De cjjlcaria et virlule medica diglt. pp. in scirrho.

ment ; Laënnec ne croyait pas, ou fort peu, à sa vertu sédative. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet (§ VI) (1).

B. — ïl^sumé des opinions de quelques auteurs sur les principaux efFets de la digitale.

De tous les effets de la digitale, le plus remarquable est celui qu'elle produit sur la circulation ; c'est également celui qui a été l'objet du plus grand nombre d'observations, et sur lequel on s'est le moins en tendu. A ces différents titres, il doit particulièrement attirer notre attention.

On sait que les uns considèrent la digitale comme un sédatif direct, tandis que, suivant [d'autres, elle serait d'abord excitante , et ne produirait la sédation que d'une manière consécutive.

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