‹ Mémoire sur la famille des MélastomacéesChapitre 23 sur 56 · yne des grandes étamines · texte numérisé non relu

yne des grandes étamines

4. Un morceati de la partie supérieure de la feuille ^ vu à la loupe;

5. La fleur ouverte pour montrer le pistil , le calice et les étamines.

3l, LASIANDRA DC. prod. 5. p. 127.

Le Lasiandra est peut*étre le plus naturel et le plus remarquable des genres que j'ai été dans lé ca^ d'établir dans la famille des Mélastbmacées. n se compose de ^5 espèces originaires des parties les plus chaudes du Cou** tinent américain. Parmi les espèces anciennement connues , on doit ytw^ porter les Rhexia ochjrpetala de la Flore du Pérou y unijtora de Raddi (et non de Vahl )y Fontanesii et Lemg^orffiana de Bonpland , et le Melastoma argentea de Desrousseaux, que Bonpland a rejHroduit sous le nom de Rkexia holosericea. Les :io autres espèces sont entièrement nouvelles, et 1 3 d'entre elles sont dues au voyage de M. Martius. L'une de celles-ci était son Rhexia lasiandra, mon spécifique qui signifie étamihes velues, et dont je me suis commodëment servi pour nom générique, puisqu'il exprime très bien le caractère principal de ce beau genre.

M. Don parait avoir réuni les espèces de Lasiandra, qu'il connaissait, avec ses Pleroma; mais elles en diffèrent , i*. par l'ovaire libre et non adhérent; 2"*. par le fruit charnu ; S"", par les filets des étamines velus et non glabres. Quelques étamines qui pointent des glandes sur les filets pourraient être confondues avec les Macairea; mais elles en diffèrent par la forme des graines, la présence de deux grandes bradtées autoifr de la fleur et l'ovaire surmonté de poils soyeux.

Le tube de leur calice est ovoïde, terminé par 5 lobes étroits et allongés; les pétales sontobovés, obtus, quelquefois émarginés. Les 10 étamines sont remarquables par leurs filets garnis de poils ; les anthères ^ont allongées, terminées par un bec court à 1 pore et soutenues par un connedif dont la base est renflée en 2 petites oreillettes. Le style est souvent poilu comme les étamines; la capsule est à 5 loges; les graines sont un peu courbées, à ombilic basilaire presque orbiculaire.

Les Lasiandra sbnt tous des arbrisseaux dont les jeunes rameaux sont garnis de soies appliquées <]ui les rendent rudes au toucher; leurs feuilles sont portées sur un court pétiole ou sesailes, à 5 ou 5 nervures, très entières sur les bords, ovales ou lancéolées, et remarquables par la disposition de leurs poils ; du côté inférieur les nervures sont garnies de soies ou de

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poils, et rintervalle des nervures est uniformément velu; du côté supérieur les nervures ne portent point de poils ^ et tous ceux qui naissent dans leurs in terralles sont plus ou moins appliqués sur le disque et se dirigent obliquement vei^ le milieu de l'intervalle et vers la sommité de la feuillfe, de manière informer des espèces de dessins réguliers convergens au milieu de chaque intervalle. Cette. dispositiott^est surtout très remarquable dans les espèces où les poils ne sont pas trop serrés ; mais elle se retrouve jdttBs toutes les espèces , et donne ainsi un moyen très facile de reconnaître •Jes Lasiandra, car cette disposition est rare ou obscure hors de ce genre.

Les fleurs du Lasiandra sont, comme je l'ai dit, rouges ou purpurines, disposées en grappe ou en panicule au sommet des rameaux ; chaque fleur est miinie vers sa base de deux bractées opposées , concaves , ordinairement assez grandes pour envelopper complètement le bouton; ces bractées tombent plus ou moins promptement , de manière que la fleur épanouie parait ordinairement nue. Cette disposition se retrouve dans le genre Di^ plochita, très distinct du Lasiandra par ses graines droites , son ovaire adhérent, ses filamehs glabres, etc.

I^es nombreuses espèces de Lasiandra se divisent assez commodément en deux sections, selon qu'elles ont le calice hérissé de soies roides ou couvert de poils soyeux et appliqués 9ur la surface qui les porte.

Xajoute ici la figure de l'une des espèces pour faire bien comprendre les caractères du genre , et la description de quelques autres pour compléter ce que j'en ai dit dans le Prodtvmus.

i\ LASIANDRA MORICANDIANA DC. prod. 5. p. 128.

.^^ Cette plante est originaire du Brésil, et m'a été communiquée par lif • Moricand. Elle a été désignée par M. Seringe dans son Mémoire inédit, sons le nom de Rhexia mjncandiana^ que j'ai conservé pour la détermination spécifique.

. Ses rameaux sont ligneux, cylindriques, couverts, daiia leur jeunesse , de poils courts et appliqués, qui les rendent pubescens, presque velus; les feuilles sont opposées , portées sur un pétiole velu long de 5 lignes ; leur Umbe est oblong, aminci aux deux extrémités, pointu an sommet, entier sur les bords ^ marqué de 3 nervures naissant de la base, outr« a btérales plus petites confondues avec les bords* Ces feuilles ont la sorfece»

inférieure couverte, surtout sur les nervui^, de poils soyeux et couchés; la supérieure y qui est d'un vert plus foncé, offre de petits poils épars couchés, dirigés obliquement entre les nervures , vers le bout de la feuille.

Les- fleurs sont solitaires, terminales, entourées % lettr jeanesse ^ar 2 bractées oblongues couverlOB de poils joyeux; le calice a ia/tobe hémisphérique terminé par 5 lobes courts, étroits «t-ëcartés ; il est tout couvert de soies roides, hérissées, crochues et un peu dirigées vers le haut par le sommet* Les pétales sont d'une couleur purpurine, de forme obovée très obtuse, longs de i pouce :ékiviron sur 7 à 9 lignes de largeur; les filets des étamines sont garnis d'un petit nombre de poils épars, les uns lymphatiques, d'autres glanduleux; les anthères sont linéaires, un peu arquées, ouvertes par i pore terminal , munies d'un connectif qui se prolonge au point de son articulation en une base obtuse un peu mammelonnée; l'ovaire est libre , oouroimé de soies,

2^ LASIANDRA GAUDICHAUDIANA DC. prod. 3. p. 128.

Cette espèce croit aussi au Brésil; j'en ai reçu des échantillons de M. Moricand, et j'en ai vu d'autres recueillis par M. Gaudichaud. Ses jeunes rameaux sont tétragones, couverts de soies courtes, éparses et cou* chées : ils devieiment ensuite cylindriques et glabres; les feuilles sont opposées, portées sur un pétiole long de 4 lignes et couvert des mêmes soies que les jeunes rameaux; leur limbe est ovale -lancéolé, obtus à la base , pointu au sommet*, entier sur les bords, à 5 nervures, dont 2 latérales plus faibles se confondent avec les bords, pubescentes en dessous, couvertes en dessus de soies couchées, disposées avec régularité entre \m^ nervures. -^^^

Les fleurs sont le plus souvent ternées au sommet de chaque petit rameau , et leur réunion forme un thyrse lâche. Chacune est mitnie, dans sa jeunesse , de a bractées opposées , lancéolées , aiguës , de moitié plus courtes que le calice, couvertes de soies courtes un peu couchées, légère-ment membraneuses sur les bords. Le calice a le tube oblong, couvert de soies roides et ascendantes; il se divise en 5 lobes lancéolés, aigus, membraneux et glabres sur les bords, munis de soies sur leur partie moyenne; les pétales sont grands, obovés, obtus, étalés; les filets d'étamines gnmis

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de poils non glanduleux^ les anthères semblables à l'espèce précédentei le style comprimé 9 glabre.

3«. LASIANDRA THEREMINIANA DC. prod. 3. p. lîg.

Cette espèce est originaire du Brésil ^ etm'cD a. été enToyée en i8rg, avec quelqaea autres plantes intéressantes, par M. Guillaume Theremin , consul de Prusse à Rio de Janeiro. Elle appartient à la division des Lasîan^ dra à calice s<^ux; son premier aspect a quelque analogie avec le Chteto* gastra muricata dont elle dîfiere par les caractères génériques, et en. outre par sa fleur plus grande et ses feuilles plus longuement pétiolées.

Ses jeunea. rameaux sont grâes, cylindriques, pubescens, à poils courts^ serrés et appliqués ; ses pétioles ont même dans les feuilles les plus voisines des fleurs de 9 à lo lignes de longueur, et sont couverts de poils assez semblables à ceux des rameaux, mais un peu plus longs; le limbe est ovale^ un peu pointu au sommet, très obtus à la base, marqué de 7 nervures, pubescent et un peu blanchâtre en dessous, velu et d*un vert foncé en dessus, où les poils sont disposés entre les nervures de manière à se diriger ^vec quelque régularité vers le bout de la feuille; celle-ci a environ 2 pouces de longueur sur 1 de largeur. Les fleurs naissent solitaires au sommet des rameaux ; elles sont munies, dans leur jeunesse^ de 2 bractées opposées, ovales, lancéolées, membraneuses et glabres sur les bords, couvertes en dehors, sur la partie moyenne, de poils soyeux et couchés, un peu plus longues que le tube du calice; celui-ci est hémisphérique, divisé en 5 lobes oblongs, linéaires, pointus, plus longs que lui, entièrement couverts dctpoils soyeux, luisans et couches. Après la fleuraison les bractées et lés lobes tombent, et le calice reste hémisphérique, tronqué et soyeux; les pétales sont d'un beau pourpre, larges, obovés très obtus, et ont environ I pouce de largeur sur une largeur égal^ les étamines sont beaucoup plus courtes et ont leurs fîlets pubescens à poils non glanduleux; les anthères sont allongées, un peu ondulées en travers, légèrement arquées; leur connectif se prolonge en une bosse obtuse, didyme, couverte de quelques mamelons glandulaires; Tovaire est arrondi, fortement chargé dé soies ; le style comprimé, un peu arqué, glabre et plus court que les fîlets; le fruit est une capsule arrondie, polysperme, à 5 loges

4^ LASIANDRA CANDOLLEANA PL Vil. - prod. 3. p. i ag.

Cette espèce y originaire du Brésil et très voisine du Lasiandra Fànta-' nesiana, a été rapportée par M. le prince de Neuwled et M. Martius; ce dernier a bien voulu la désigner sous le nom spécifique que Tordre de priorité me force à adopter^ et qui me flatte d'autant plus, qu'il est un témoignage de Testirae de l'un des premiers botanistes de notte tem^, et qu'il place mon nom à côté de celui de mon maître et de mon excellent ami M. Desfontaines. Si j'ai choisi cette espèce pour la faire dissiner comme exemple de genre , c'est que j'en possède un ^échantillon en meilleur état que ceux des autres espèces.

Les jeunes rameaux sont tétragones , couverts de poils courts et couchés , et deviennent ensuite peu à peu plus glabres et plus cylindriques. Les feuilles ont un pétiole de 3 lignes qui se confond avec la base rétrécie du limbe; celui-ci est oblong, aminci aux deux extrémités , entier sur les bords , marqué de 5 nervures dont les 2 latérales partent de celle du milieu, un peu au-dessus de la base.'t!!!es feuilles ont 3 pouces de longueur sur I de largeur; elles sont membraneuses, couvertes sur les deux surfaces de poils épais, couchés régulièrement, dirigés vers le sommet de la feuille. Les fleurs forment un thyrse terminal peu fourni ; chaque petit rameau en porte 3, dont Fin termédiaife fleurit la première; les bractées sont oblongues, étroites, couvertes de poils soyeux, et tombent de très bonne heure ; le calice a le tube obové , terminé par 5 lobes oblongs aigus , couverts, ainsi que le tube, de poils blancs, couchés et soyeux ; les pétales sont de couleur pourpre, obovés, obtus, longs de 9 à 10 lignes sur 5 de large ; les filets des étamines sont fortement hérissés de pbîls non glanduleux, qu'on retrouve aussi, quoiqu'en moindre abondance, sur la partie inférieure du style; les anthères sont allongées, biloculaires, terminées par un seul pore; leur connectif porte à son articulation une bosse arrondie qui^ XPe à la loupe, parait composée d*un amas de corps glanduleux; l'ovaire est ovoïde, couronné de soies courtes, surmonté d'u style allongé , crochu , presque filiforme.

JExplicatiùn de la Planche VII.

A. Un rameau de grandeur nattireile.

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