Nai dostachjrs Jatamansi. PI
Outre les caractères commiiiis au genre, cette espèce a, en particulier, les feuilles pubesceDtes, surtout dans leur jeunesse, et la tige très velue. Les feuilles radicales sont presque linéaires, parfaitement entières, longues de 5 à 10 ponces sur 6 à 8 lignes de largeur. Celles de la lige sont oblongues, presque linéaires, longues d'environ 2 pouces sur 4 ligues de largeur. Celles du sommet présentent quelques dentelures ou sinuosités peu nombreuses. Les cimes sont distinctes les unes des autres, au nombre de 3 à 5, et les 2 ou 4 inférieures un peu pédouculées. Chaque fleur est munie, au sommet de son pédicelle, de 2 bractées opposées, linéaires, aiguës, traversées par une seule nervure, et portant i ou 2 dentelures sur les bords.
Le tube du calice, soudé à l'ovaire, est en forme de cône renversé et hérissé de poils mous. Le limbe est divisé, jusqu'à l'origine de l'ovaire, en 5 lobes, qui, à l'époque delà floraison, sont linéaires, étroits, aigus et entiers, mais qui grandissent après la chute de la corolle, et deviennent ovalcs-oblongs , aigus, réticules et bordés vers le sommet de plusieurs dentelures en scie. La corolle est en entonnoir, deux fois plus longue que les lobes du calice, à 5 lobes étalés, arrondis, égaux entre eux. Les étaraines sont au nombre de 4 , attachées au tube de la corolle vers sa base, alternes avec les 4 lobes , le 5" sinus restant vide. Leurs filets sont hérissés de quelques poils; ils portent des anthères ovoïdes attachées par le milieu du dos, divisées en a loges qui s'ouvrent par une fente longitudinale. La longueur des étamines excède celle du tube de la corolle et atteint celle des lobes. Le siyXe est de la longueur des étamines, glabre, filiforme, à peu près entier, et très peu renflé au sommet.
L'ovaire, coupé en Iraveis, présente 3 loges, dont une porte une graine pendante du sommet et les deux autres sont vides. M. Hejland, dessinateur de cet ouvrage, a remarqué que ces trois loges n'atteignent pas jusqu'à la base du fruit; des deux stériles, il y en a une plus longue et l'autre plus courte que la loge fertile, de sorte que la coupe du irm\{ftg8.)
offre Ters le sommet 3 loges, a vers le milieu et i à la base. Je n'ai pas vu la graine à maturité*
Cette plante parait abondante dans les hautes montagnes situées au nord des possessions anglaises de Flnde orientale. La Compagnie des Indes a bien voulu m'en envoyer des échantillons recueillis sous la direction de M. Wallich, dans l'Himalaya et dans le Népaul, près Gossain-Than. Roxbui^h l'indique au Thibet; Jones et Don dans la Bhotanie (Boutan ou Butan); Garciasdu Jardin (a^iETorfo) dit qu'on la trouve dans les provinces de Mandou et de Chitor, les royaumes de Delli , du Bengale et du Decan , non loin du Gange. Elle est connue des habitans du Népaul et du Boutan sous les noms vulgaires de Pampé , Paumpe, et surtout de Jatamangsi ou Jatamansi. Sa racine, très odorante, est recueillie pour l'usage des pharmacies , et transportée soit au Bengale , soit dans l'Orient.
^. Nardostachjrs grandiflora. PI. II.
Cette espèce diffère de la précédente par ses feuilles et sa tige glabres , parce que les feuilles voisines de la racine sont plus larges , plus rétrécies en pétiole , et plus souvent dentées i celles de la tige , ovales ou ovées ; que les cimes partielles sont tontes ramassées en une seule tête; que les bractées sont |Jus larges et ont 5 nervures distinctes ; que le tube du calice est moins velu et un peu plus obové ; les lobes plus larges , plus grands , plus fortement réticulés et plus régulièrement; dentà en scie. Je ne connais ni la corolle , ni les organes génitaux. Cette plante m'a été communiquée, comme la précédente , par l'honorable Compagnie des Indes ; les échantillons ont été recueillis, sous la direction de M. Wallich , dans les montagnes de l'Himalaya et dans le Népaul oriental ou Kamaon. La racine ressemble tellement à la précédente , qu'il est vraisemblable qu'elle a les mêmes propriétés, et est peut-être mélangée avec elle dans le commerce ; mais je n'ai aucun document pi*écis à cet égard.
Ul. DUFRESNIA. PL III , fig. i.
Je :dédie ce nouveau genre à mon ancien élève M. Pierre Dufresoe , docteur en médecine. Il a publié, sou forme de Ihèse doctorale, une
VALERIANEES. g
inoBOgraphie des Valerianecs qui a fait connaitre celte famille avec beaucoup d'exaclitude.
Ce genre est fonde sur une espèce d'Orient trouvée par Olivier et Brugiiière, entre Mos5ul et Bagdad; il appartient aux Valerîanées calycinales, et se rapproche en particulier des Mâches ou Valërianelles par son fruit à 5 loges, dont deux sieriles, mais il s'en distingue précisément comme le Nardoslachys du Patrinia, parce que le limbe de son calice est divisé jusqu'à l'ovaire en 3 partitions foliacées, ovales, réticulées et dentées en scie, tandis que dans les Mâches, le limbe est ou presque avorté ou irrégulièrement denté ou lobé, mais non partagé jusqu'à sa base. De plus, le port du Dufresnia est fort diflërent des Mâches j la lige semble vivacc, et l'échantillon que j'en possède, vu de loin dans l'herbier, rappelle un peu le port des flutchinsia ou des A£ihioTiema.
La plante est presque totalement glabre, longue de 3 à 5 pouces, La tige est grêle, cylindrique, un peu endurcie à sa base. Les feuilles sont oblongues-linéaires, obtuses, rétrécies à la base et enliéres sur les bords, longues d'un pouce sur 3 lignes de largeur, munies d'une nervure longitudinale et de deux latérales , toutes peu sensibles. Lus cimes de fleui"s terminent les petits rameaux et la tige , et forment au sommet de celle-ci une sorte de lliyrse un peu arrondi- Je suis tenté de croire que les fleurs sont monoïques par avortement; la corolle est très petite (Jïg. i ), et parait de couleur rose; elle est divisée en 5 lobes arrondis; dans certaines fleurs ( X'ë- 2), on n'aperçoit point d'étamines, peut-être parce qu'elles sont tombées ; dans d'au Ires, j'ai cru en distinguer trois, mais d'une manière trop peu apparente pour oser les faire dessiner. Chaque fleur a à sa base 1 petites bractées linéaires.
Après la fleuraison, le fruit se présente sous une forme ovoïde, et est indéhiscent; il est couronné par les trois grands lobes du calice que j'ai déjà décrits. Le lube est fortement chargé d'un duvet blanc et cotonneux. 11 est divisé en 3 loges, dont une renferme une graine oblonguependanle, et les deux autres, qui sont vides, sont séparées par une cloison mince et quelquefois à moitié rompue à la maturité absolue. Les lobes du calice sont inégaux entre eux , un grand et deux plus petits, tous plus longs que le tube du calice ou que le fruit proprement (lit.
lo MÉMOIRE VU.