IV. VALERIANELLA, PL III, :t-io
Tournefort a le premier sëparé les Valërianées à fruit triloculaire sous le nom de f^alerianella. Adanson a divisé ce genre de Tournefort en deux, savoir : i"". son Poljrprenmm , qui n'est pas celui de Linné, et qui correspond à notre genre Falerianella, et r^^. son Fedia, qui répond à notre PcUrinia. Gaertner, Vabl et Reichenbach ont repris ce nom de Fedia f et l'ont appliqué collectivement à toutes les Valérianées triloculaires. Necker a désigné les P^alerianella sous le nom de Odontocarpaj qui serait bon, s'il n'était superflu. Mœnch a séparé, parmi celles-ci, celles à 3 étamines, qu'il a nommées F^alerianella , et celles à 3 étamines, auxquelles il a appliqué le nom insignifiant de Fedia. Je me suis rangé à la nomenclature de Mœnch, comme à celle qui innovait le moins. MIM. de Jussieu, Dufresne, Link, Lindley, etc., l'ont aussi admise. On objectera contre le nom de A^a/erùi/te/Za qu'il est un diminutif; maiscemotif me parait insufiisantpour le rejeter : i®. il a la sanction de l'ancienneté et de l'usage; a"", il exprime bien le port de ces plantes, qui sont beaucoup plus petites et plus grêles que les vraies Valérianes; S"*, si Ton doit permettre des di-*^ minutiÊ, c'est bien lorsqu'ils s'appliquent à des genres voisins comme celui-ci et comme BelUs et Bellium, Portulaca et Portulaccuia , qui sont admis de tous les botanistes. Ceux sur lesquels on concevrait mieux que les amateurs de changemens de noms dussent s'exercer, seraient ceux qui s'appliquent à des genres très disparates, tels que Pjrrola dérivé de Pjrusy Linaria dérivé de Linum^ etc. Je crois qu^on doit éviter d'en créer de semblables, mais qu'il vaut mieux conserver ceux qui sont connus plutôt que de les changer sous de si légers prétextes.
Le genre des Mâches ou des Valérianelles est composé de toutes les e^ces que Linné réunissait comme simples variétés sous le nom' de P^a^ leriana locusta; l'observation a démontré que c'était de véritables espèces; et s'il existe quelques doutes à cet égard, ce n'est plus que pour un petit nombre d'entre elles. MM. Dufresne et Steven ont bien étudié ces espèces^ et ont beaucoup contribué à en édaircir l'histoire. Dès-lors, M. Reichenbach s'en est occupé, et a publié dans ses Plantée criticœ des descriptions et des figures soignées d'un grand nombre d'espèces. Guidé par ces écrits^
VA.LÉRIANÉES. ii
je nie suis étudié à grouper les Mâches de manière à faire comprendre leurs analogies et leurs difTérences réelles , et je crois y élre assez bien par- Tenu. Je divise donc les a^ espèces connues en /i sections très claires à la seule vue de la coupe transversale du fruit.
i". Les Locustes, qui ont la loge ferlile épanouie sur le dos en une espèce de bosse eu de gibbosilé celluleuse. (Voyez PL III, ftg. 2 et 5.) Elles se sODS-diviscnt selon que les deux loges stériles sont à la maturité réunies en une'seuleparroblitération de la cloison (/ig. 2), ou qu'elles restent divisées par une cloison persistante (Jig- 5); c'est à la première de ces sous-divisions qu'appartient entre autres la vraie f. olUoria {fig- 2) , et à la deuxième, la r. turgida (Jig. 5 ).
3°. Les Psilocœles , où la loge fertile n'est point bombée, ni celluleuse sur le dos, et où les deux loges stériles sont réduites à de simples tubes grêles et beaucoup plus étroits que la loge fertile. ( V03 ez PI. IJI, Jig. 4- ) Elle se sous-divise selon que les dents du calice sont recourbées en dehors comme dans la F^. uncinala (PI. III, Jig. 4)> ou dressées comme dans la /^. eriocarpa (Pi. III, Jig 5).
5". 1^8 Piatjcceles , où la loge fertile est semblable à la pre'ccdente section, mais où les 3 loges stériles sont larges, arrondies, égales au moins à la loge fertile. Je les sous-divise scion que les dénis du calice sont dressées comme dans la F", atiricida (PI. III, Jig. 6), ou croclius au sommet comme dans la f. hamata {PI. III,Jig. 7), ou infléchies sur l'orifice du tube renflé en vessie comme dans la f^. vesicaria (PI. III, Jig. 8).
4°. Enfin, les Selenocœles ont la loge fertile comme les deux sections précédentes, et les deux loges stériles fortement comprimées, et disposées de manière à former par leur réunion une sorte de croissant ou de carène creuse; elles ont aussi les lobes du calice, tantôt crochus (fal. platyloba, PL III, fig. 9), et tantôt dressés {f^. carinata. PL III, fig. 10).
Ces formes sont tellement prononcées que, dès qu'on a pris quelque habitude de les observer, on les distingue même à l'extérieur du fruit. Jl est remarquable de voir que des plantes qu'on avait si long-temps coofon* dues comme des variétés difiêrent réellement entre elles par des caractères plus prononces que ceux de beaucoup de genres.