V. ASTREPHIA
M. Dufresne avait réuni sous ce nom toutes les Valërianées de la Flore du Péi'ou dont le limbe ne forme pas d'aigrette enroulée sur elle-même k la fleuraison. L'observation de plusieurs espèces faite par M. Kunth lui a démontré que ces espèces avaient été décrites à un âge trop jeune par les auteurs de la Flore du Pérou , et qu'elles rentraient réellement dans le genre Valeriana; mais Tune d'elles (la yal. chœrophjrlloides de Smith, nommée plus tard et moins heureusement yaL laciniata, par Ruiz et Pavon) lui parut devoir rentrer dans le genre Fedia de Vahl, c'est-à-dire dans cet assemblage hétérogène qui comprend toutes nos Yalérianées à fruit triloculaire. Mais auquel de nos genres pouvait«elle se rapporter? Le port de la plante , beaucoup plus semblable d'après les figures aux vraies Valérianes qu'aux Mâches, ou à tout autre genre de la section, rendait cette question délicate, et l'absence de toute description détaillée la rendait insoluble sans l'examen de la plante. G>mme celle-ci avait été décrite dans Y Herbier de M. de Jussieu , je me suis adressé à monsieur son fils pour obtenir des renseignemens. D'après les fragmens qu'il a bien voulu m'adresser, j'ai cru reconnaître que cette plante appartient bien, comme M. Kunth Ta établi , aux Yalérianées triloculaires, mais qu'elle ne peut entrer dans aucun des genres actuels : elle a 5 étamines,'ce qui l'éloigné des genres Patrinia, Nardostachjrs et Fedia; elle n'a point d'involucre et a le fruit biloculaire, ce qui la sépare du Triplostegia. Son fruit n'offre point les ailes latérales du PlectriUs. Elle s*approche donc des Valérianelles ; mais elle en diffère , I*. par sa corolle munie, à sa base, d'une bosse latérale ou éperon très court; ^. par son style fendu presque jusqu'à la moitié en 3 stigmates. Ces caractères sont légers , mais ils sont confirmés : i®. par le port, qui est totalement différent; %^. parce que le fruit, même jeune, est à a loges, et que la loge fertile n'a pas le dos celluleux comme dans le petit nombre de Mâches à fruit biloculaire. Je dois avouer que j'ai encore quelques doutes sur la structure de ce fruit, n'en ayant vu qu'un échantillon avant sa
maturité.
Une seconde espèce du même genre est le Faleriana crispa de la Flore du Pérou , que M. Bertero a retrouvée au Chili , et dont il a bien voulu
VALERIANEES. i3
ni'envoj'er des échantillons; le fruil à deux loges (une pleine et l'autre vide) et son limbe calycinal en forme de petite coupe et non en aigrette confirment l'existence du genre que je décris ici.
Une fois que ces deux plantes m'ont paru dignes de former un genre distinct, j'ai cru devoir conserverie nom le plus ancien, celui d'^slrephUi , quoique le caractère en soit changé, et que la plupart des espèces en soient exclues; je l'ai préféré à celui d! flemesotria proposé par Ra6nesque, i". parce que ce botaniste ne l'a étayé d'aucune description ; 2". que le nom A'jistrephia exprime que la plante a le port des Valérianes en manquant de leur principal caractère ; 5". que l'histoire naturelle deviendrait un vrai chaos si l'on changeait les noms de genre quand on change leurs caractères.