‹ Mémoire sur la fièvre typhoïdeChapitre 13 sur 19 · QUATRIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME OBSERVATION

Sommaire,

Affections morales, tristes symptômes saburraux très prononcés, aménorrhée, application de sangsues et faiblesse , saignée et augmentation de la débilité , développement des symptômes typhoïdes, vomitif et purgatifs, convalescence sept jours après, toniques et guérison.

Madame *^^, âgée d'une trentaine d'années, forte, bien constituée , ayant la peau blanche , les cheveux d'un blond tirant sur le rouge , le système sanguin très développé, mal réglée, après des chagrins domestiques et la perte totale de sa fortune qui était assez considérable, se trouva obligée d'aller réclamer des secours alimentaires auprès de ses parents dans l'aisance.

Profondément humiliée de se trouver réduite à cette déplorable situation , elle tomba dans la mélancolie , sortit de la province où elle était pour venir chercher un emploi à Paris.

Comme son éducation avait été soignée et qu'elle s'^entendait parfaitement à tejiir des écritures , elle ne tarda pas à se placer; elle entra chez madame P....,

fameuse lingère , qui me la recommanda d'une manière toute particulière.

Au commencement d'avril i856, elle vint me voir, me fit connaître ses chagrins , qui , d'ailleurs , étaient exprimés sur sa physionomie. Elle se sentait, disaitelle, étouffée par le sang, surtout depuis un mois que son flux menstruel était en retard. D'ailleurs elle éprouvait beaucoup de chaleur et de lourdeur à la tête , de la disposition au sommeil , des vertiges , des tintements d'oreilles, des bouffées de chaleur faciales, des lassitudes et de l'engourdissement dans les jambes. Tous les soirs, elle ressentait de la fièvre, de l'agitation, de rinsomnie, après un frisson léger qui partait des pieds, s'étendait sur tout le corps et procurait un peu de tremblement. Sa langue était couverte d'un enduit blanc, sa bouche mauvaise, pâteuse, le dégoût pour les matières animales était insurmontable , la soif modérée ; mais le désir de boire frais se faisait surtout sentir. Son pouls était peu fréquent, plutôt concentré que développé , la chaleur de la peau assez vive ; on en conservait la sensation lorsqu'on avait cessé de toucher la malade. Le ventre était un peu tendu , douloureux vers l'épigastre et la fosse iliaque droite ; cependant il n'existait pas de dévoiement , les selles étaient seulement plus abondantes qu'à l'ordinaire, plus molles. S'il fallait s'en rapporter à la malade, ses urines étaient rouges, bourbeuses , brûlantes et peu abondantes. La respiration paraissait libre, quoique très suspirieuse, on entendait seulement à gauche, au dessous de l'angle inférieur de l'omoplate, un léger râle sibilant.

Quoique cet ensemble de phénomènes me laissât

entrevoir le développement prochain d'une fièvre typhoïde^ je conseillai néanmoins l'application de douze sangsues à la vulve. Les piqûres coulèrent abondamment sans rétablir les menstrues , ni amener d'autre résultat que de la faiblesse et des vertiges plus prononcés. Cependant la malade me supplia de lui faire une saignée, parce que, disait-elie, c'était la seule chose qui pût la soulager; je lui tirai, pour la satisfaire et contre mon gré, trois palettes de sang qui donna un assez gros coagulum sans couenne inflammatoire, et une sérosité verdâtre très remarquable.

A l'aspect d'un semblable liquide, je vis que mes soupçons étaient fondés , et je fus confirmé dans mon premier jugement , en voyant la prostration extrême de la malade, et en constatant l'existence de plusieurs taches lenticulaires sur les parois abdominales, taches qui disparaissaient sous la pression digitale.

Le soir, réponses brusques, céphalalgie intense, délire, rêvasseries, agitation, urines pulvérulentes, tête brûlante, respiration précipitée, toux légère, pouls à cent huit pulsations, diarrhée, douleur augmentée dans la fosse iliaque droite, langue sèche, rouge sur la pointe et les bords, dents couvertes d'un enduit roussâtre visqueux, lèvres couvertes d'une espèce de poussière grise, soif. .

J'ordonnai , pour le lendemain 8 avril , 24 grains d'ipécacuanha avec i grain de tartre stibié, deux pots de limonade, des cataplasmes sinapisés à la plante des pieds.

La malade vomit abondamment des mucosités et de la bile; à partir de ce moment, la céphalalgie et le délire cessèrent, la langue parut moins sèche, l'enduit

des dents disparut. Le soir, le pouls n'était qu à quatrevingt-seize pulsations, la diarrhée était plus abondante. La nuit, il y eut deux heures de bon sommeil mêlé de quelques rêvasseries, la soif fut moins ardente que les nuits précédentes.

Le g avril, en abordant la malade, elle me dit qu'elle se sentait beaucoup mieux ; le ventre est toujours sensible, dans la fosse iliaque surtout.

(Eau de Sedlitz, une bouteille à 8 gros de sel, même boisson.)

Quinze selles dans la journée, diminution très sensible de la fièvre , pouls à quatre-vingt-dix , chaleur de la peau modérée, insensibilité presque complète du ventre, disparition du météorisme, narines à peu prés nettoyées , aspect plus gai de la malade -, bords de la langue moins rouges , lèvres moins sèches. La nuit , sommeil profond de cinq heures, point de rêvasseries, sentiment de bien-être au réveil , toujours râle sonore et légère toux.

Le lo avril, eau de Sedlitz , limonade, diète. Huit selles bilieuses, urines abondantes, désir de prendre des aliments, respiration moins précipitée, diminution du râle sonore, léger râle muqueux à droite et en bas^ narines et dents propres, pouls à quatre-vingts pulsations. La nuit, sommeil de six heures, légère sueur sur la figure, le cou et la partie supérieure de la poitrine.

Le 1 1 avril, la malade va si bien que je crus pouvoir me dispenser de lui donner un évacuant; mais, le soir, je trouvai son pouls à quatre-vingt-seize, la chaleur de la peau assez viv«.

Le 12 avril, eau de Sedlitz, une bouteille. Six selles

dont une très copieuse , sentiment de bien-être toute la journée^ appétit. Je permets une tasse de bouillon de poulet. Le soir, pouls à quatre-vingts, sommeil de quatre heures dans la nuit, sueur du cou, de la face et de la poitrine.

Le lendemain, t3 avril, ces parties offrent de nombreux sudamina, la malade se sent parfaitement, sa physionomie présente un air de satisfaction que je n'avais pas encof'e observé , la poitrine n'est plus râlante, la toux a disparu. ( Deux légers potages à la semoule et au bouillon de poulet, eau de Seltz vineuse.) Le soir, le mieux se soutient, sommeil profond la nuit.

Le i4 avril , repos pour les médicaments, tout va bien.

Le i5 avril, potion purgative ordinaire, six selles abondantes , la journée se passe très bien. La malade mange deux bons potages avec du bouillon de bœuf, des pommes cuites et un peu de pain. Le soir, son pouls n'ofYrait pas plus de cinquante pulsations. La nuit excellente, sommeil très prolongé. La convalescence est entière. (Vin de quinquina, 4 onces; infusion d'angélique.)

Le 20 avril , la malade part pour la campagne , et revient au bout de vingt jours très bien portante.

Reflexions,

La personne qui fait le sujet de cette observation était manifestement dans les conditions les plus favorables à la saignée , puisqu'elle était dans la force de l'âge, d'un tempéramment éminement sanguin, privée de ses règles et offrant tous les caractères d'une

déviation vicieuse du sang vers l'encéphale. Nous avons vu néanmoins que les deux saignées qui lui furent pratiquées déterminèrent une profonde faiblesse, et que, loin d'obvier à l'apparition des symptômes typhoïdes, elles semblèrent au contraire en hâter le développement.

D'après M. le docteur Bouillaud, j'aurais dû, malgré la débilité survenue à la suite de ces évacuations sanguines, en pratiquer coup sur coup plusieurs autres qui , s'il faut en croire les assertions de ce professeur, auraient arrêté et non précipité la manifestation de l'affection typhoïde. Peut-être même auraientelles agi en sens inverse des premières, c'est à dire qu'elles auraient accru les forces vitales.

Mais, comme ce que je voyais de mal me faisait raisonnablement penser qu'en suivant la même direction je tomberais encore dans le pire , je crus qu'il était plus sage de changer de thérapeutique, de suivre de cette manière les conseils des plus grands pathologistes, de recourir enfin aux moyens dont ma longue expérience m'a prouvé l'immense utilité.

Les résultats prompts et efficaces que j 'ai obtenus prouvent sans équivoque que j'ai eu raison; ils laissent encore présumer que si, ne tenant aucun compte des effets produits par les premières saignées, ne faisant aucune attention à la cause primitive des accidents , ne consultant que les désirs de la œalade, son âge, son tempérament , l'existence de l'aménorrhée et quelques symptômes trompeurs, j'avais persévéré dans ma mauvaise voie, je serais arrivé à des conséquences finales tout à fait inverses. Je ne sais si les praticiens qui liront cette observation partageront ma manière de voir;

mais je me flatte qu'ils ne trouveront pas ma détermination, à regard de celte malade, dépourvue de logique, quoique ma conduite soit directement opposée à celle qu'en pareille circonstance aurait tenue M. le professeur Bouillaud.

Qu'on me permette, à l'occasion de ce fait, de citer une anecdote que me racontait un jour l'excellent M. Lerminier. Nous sortions d'une consultation qui avait eu lieu dans la rue du Sentier; quand nous fûmes sur le boulevart , il me donna affectueusement son bras, et me dit : u Mon ami, je vous félicite de l'im- » pulsion que vous avez eu le courage de donner à la » thérapeutique des fièvres, je vous approuve d'au- » tant plus que je n'ai jamais cessé d'être dans votre » manière de voir,- je me rappelle, ajouta-t-il, qu'étant » apprenti - médecin y il y eut dans ma province une » épidémie très meurtrière de fièvres typhoïdes, qu'on » appelait alors putrides et malignes. Le médecin avec )) lequel je commençais ma carrière ne saignait jamais » ses malades , il les émétisait et leur donnait force » purgatifs. Il n'est pas à ma connaissance qu'il en » perdit, tandis que tous les autres médecins qui af- » faiblissaient les malades par beaucoup de saignées )) avaient une mortalité effrayante : aussi qu'arriva- » t-il? c'est qu'au bout d'un certain temps on ne vou- » lait plus entendre parler d'eux ; mon maître seul » avait la confiance publique et la méritait. Malheu- )) reusement beaucoup de malades le firent appeler )) trop tard pour qu'il pût appliquer son traitement. » Je vous autorise , mon cher collègue , à publier ce » que j'ai l'honneur de vous dire aujourd'hui. »

La fatalité a voulu que nous ayons perdu le bon et

OBSERVATIONS PARTiCULlÈRES. 197

très savant confrère dont je viens de parler, et qni se proposait de confirmer, en pleine Académie, ce qu'il s'était plu à me raconter sur le bouievart. J'ignore s'il a fait part à son ami M. Andral de la même anecdote; mais il serait fort heureux que cela fût, parce que cet honorable professeur pourrait remplir les intentions de son ancien maître.

CINQUIÈME OBSERVATION (i).

Salle Saint- Joseph y n° 2S.

Frédérich (Jules), âgé de quinze ans, apprenti -bijoutier, habite Paris depuis deux ans, il a les cheveux blonds , et son tempérament se rapproche du tempérament lymphatique.

Le 29 juin 1857, il fut pris de céphalalgie , de douleurs au creux de l'estomac, avec soif vive, perte d'appétit, faiblesse considérable et étourdissements ; de la fièvre vint se joindre à ces symptômes, il y eut d'abord de la constipation,* mais au bout de trois ou quatre jours de ces prodromes , il survint du dévoiement qui dure encore. Frédérich a gardé le lit depuis le commencement de sa maladie , le 5o on lui appliqua quatre sangsues derrière chaque oreille pour dissiper la céphalalgie, mais leur application n'apporta aucun soulagement. On lui faisait prendre pour toute nour-

(i) Les six observations qu'on va lire ont été rédigées et recueillies , dans mon service de l'hôpital Necker, par M. Rochoux , mon interne , à qui je me plais d'adresser des renier- ' ciments pour le zèle avec lequel il m'a secondé dans mes recherches.

riture quelques bouillons; enfin, au bout de huit jours de cet état, il fut amené le 5 juillet, en voiture, à l'hôpital Necker, et là nous notâmes les symptômes suivants : stupeur, faiblesse générale, étourdissement, céphalalgie, visage très coloré, peau chaude et sèche, fièvre très forte, langue rouge, sèche, vernissée, douleurs du ventre^ dévoiement, assez bon sommeil, point d'épi staxis.

Ipécacuanha , 24 gr.; émétique, i gr. ; limonade édulcorée.

6 juillet. Trois vomissements de matières bilieuses, six selles d'un jaune verdàtre , un peu de gargouillement, tension, météorisme et sensibilité à la pression de tout le ventre; langue rouge, un peu poisseuse, sèche, vernissée au centre et à la pointe , blanche sur les côtés ; soif vive , bouche sèche , fièvre , pouls dur^ vibrant, un peu fréquent (80 puis.), chaleur et sécheresse vives à la peau , dents un peu fuHgineuses , un peu de tremblement de la lèvre inférieure, un peu moins de céphalalgie, toujours des étourdissements , de la prostration , de la stupeur ; état pulvérulent des poils du nez , un peu d'embarras dans la prononciation; un léger épistaxis , point de toux, point d'expectoration, quelques bulles de râle sous-crépitant, en arrière et à droite, un peu de râle sibilant en avant, des deux côtés quelques pétéchies^ plusieurs taches lenticulaires d'un rose pâle.

Eau magnésienne saturée et édulcorée, lavement, limonade.

7 — Trois selles hier, autant cette nuit, toujours d'un jaune verdàtre, gargouillement considérable, surtout à droite; la douleur, le météorisme persistent ,

même état de la langue , soif encore très vive , même fréquence dans le pouls (80), la stupeur, la prostration, les étourdissements paraissent plus forts, expectoration aqueuse , peu abondante ; il n'y a point de tremblement de la lèvre inférieure. Ce matin, un peu de sommeil.

Limonade, eau de Sedlitz 2 verres.

8 — Six selles , stupeur plus considérable, somnolence, un peu plus de fréquence dans le pouls (90), toujours beaucoup de prostration et d'étourdissements; râle sibilant plus abondant, crachats épais, adhérents, bilieux ; les pétéchies ont disparu.

Limonade, eau de Sedlitz 2 verres, lavement.

9 — Six selles d'un jaune d'ocre, peu abondantes, assez bon sommeil, moins de stupeur et de prostration , moins de météorisme du ventre , qui n'est plus sensible à la pression que dans la région épigastrique; la langue s'humecte un peu, elle n'est plus blanche à ses bords ; les lèvres sont toujours desséchées , les dents fuligineuses , les poils du nez pulvérulents ; le malade dit avoir un peu d'appétit , il cause plus facilement, il a moins de soif, moins de fréquence et plus de souplesse du pouls; le râle sibilant est plus rare, l'expectoration est abondante, aqueuse et salivairCjquelques pétéchies, un peu moins de céphalalgie, mais toujours des étourdissements.

Limonade, eau de Sedlitz 2 v., lavement, diète.

10 ^ — A peu près même état que la veille, six selles toujours d'un jaime d'ocre.

Limonade, lavement, diète.

1 1 — Point de purgatif, hier, le malade est moins bien, beaucoup de prostration et de stupeur, pro^

nonciation embarrassée, somnolence, rêvasseries pendant le sommeil, gargouillement et un peu de sensibilité à la pression dans la fosse iliaque gauche, six selles, peu de soif, langue plus humide , sentiment de la faim , même sécheresse de la peau , pouls aussi fréquent, plus dur, expectoration salivaire plus abondante et mêlée à un peu de liquide jaune, peu de sommeil.

Limonade, calomel 8 gr., lavement, diète.

Tiî — Un peu de mieux, moins de stupeur, cinq selles assez abondantes, pouls moins dur, moins fréquent (80) , crachats un peu spumeux, jaunâtres, plus abondants ; beaucoup de sueur hier, depuis six heures du soir jusqu'à sept heures du matin ,• quelques sudamina au cou et à la partie supérieure antérieure de la poitrine, les taches lenticulaires existent toujours, peu de sommeil, un peu de faim.

Limonade, eau magnésienne 2 v., lavement, diète.

i3 — Hier au soir, à quatre heures, le malade n'avait eu qu'une seule selle, il était beaucoup plus mal que le matin, la fièvre était très forte, la stupeur plus profonde; deux verres d'eau de Sedlitz ont alors été administrés, qui ont procuré cinq selles peu abondantes : ce matin Frédérich est mieux, il a assez bien dormi, il a moins de stupeur, moins de prostration , il peut demeurer assis dans son lit , le ventre est toujours météorisé, et un peu douloureux à la pression dans la fosse iliaque gauche; point de gargouillement, langue moins vernissée, moins sèche, peu de soif, la peau est moins chaude , le pouls a la même fréquence (80) , les lèvres sont moins sèches, les dents moins ternes, moins de râle,^expectoration plus abon-

dante et plus difïluente, encore beaucoup d'étourdissements quand le malade se lève, les sudamina existent au cou en plus grande quantité.

Limonade, eau de Sedlitz i v., 2 bouillons.

i4 — Sommeil très court et très agité, accompagné de beaucoup de rêvasseries; buit ou neuf selles, plus de chaleur et de sécheresse à la peau, face très colorée, prostration et stupeur plus intenses, épistaxis, la langue est moins humide, elle est d'une couleur rouge brique; cependant la soif est la même, le ventre est plus tendu, plus météorisé, toujours de la douleur à la pression , dans la fosse iliaque gauche ; gargouillement, pouls plus fort, plus vibrant, plus fréquent (80); étourdissement , respiration bruyante, râle sibilant abondant , un peu de toux , crachats moins diffluents.

Limonade, huile de ricin 2 onces, dans une potion avec l'eau de pourpier 2 onces, et le sirop tartareux i once.

1 5 ■— Selles abondantes et très fréquentes , le malade est beaucoup mieux ce matin , la stupeur a presque complètement disparu , mais il reste encore de la prostration et des étourdissements quand il se lève; moins de chaleur et de sécheresse à la peau, moins de fréquence du pouls (80), langue humectée, sans rougeur, blanche au centre, ventre moins tendu, moins météorisé, toujours un peu douloureux et avec un peu de gargouillement; crachats encore bilieux, un peu d'appétit, beaucoup de sudamina.

Gomme, sirop de capillaire, looch avec kermès 2 gr. , lavement, 2 bouillons , oxymel scillitique , sirop de Tolu, de chaque, i once.

i6 — Point de selles hier jusqu'à quatre heures du soir, un bouillon a été pris le matin ; le soir, il existait une fièvre très forte, un verre d'eau de Sedlitz administré alors procura six selles; ce matin, un peu de rémission, cependant encore beaucoup de fréquence du pouls (loo) , sécheresse et la chaleur encore très grande à la peau , langue un peu rouge , humide , moins de prostration , point de stupeur, encore un peu de gargouillement, de météorisme et de sensibiUté du ventre à la pression ; les sudamina se flétrissent , appétit.

Gomme, sirop de capillaire, looch, lavement,

1 laits.

1 7 — Il y a encore eu, hier au soir, un redoublement de fièvre, mais il a été moins fort que la veille ; Frédérich a bien dormi la nuit, il a été à la selle, ce matin moins de fréquence de pouls qu'hier (8o) , aussi moins de chaleur , moins de soif , de sécheresse et de rougeur de la langue ; un peu de sang dans les crachats venant des fosses nasales.

Gomme, sirop capillaire, bain, looch, i soupes et

2 bouillons, le seizième.

i8 — Cinq ou six selles hier, quoique le malade ait mangé un peu de pain à ses deux repas la veille, il n'a pas eu de redoublement le soir, il a bien dormi, il n'y a plus de stupeur ni de prostration , mais il y a toujours beaucoup de faiblesse , à peine un peu de soif, appétit très vif , langue sans rougeur plus humide , encore un peu de gargouillement , moins de sécheresse et de chaleur de la peau , même fréquence du pouls (8o); crachats plus blancs, très spumeux, encore un peu visqueux.

OBSERVATIONS PARTrcULIÈRES. 203

Pect., gommée, looch, le seizième, bain.

19— Deux selies hier dans la journée, très bon sommeil , un peu plus de forces; le malade est revenu du bain, soutenu par des aides, mais sans se trouver mal , comme la veille ; il a toujours un appétit très vif et digère très bien , point de sécheresse à la peau.

Tisane vineuse, le huitième.

!20 — Peu de changement , tisane vineuse, vin de quinquina, i onces^ le quart.

21 — Une selle hier, bien liée, point de gargouillement; ventre affaissé et indolore, point de redoublement le soir, encore un peu de fréquence du pouls ( 80 ) , quelques bulles de râle plus humide , le malade se sent plus fort , il espère se lever aujourd'hui.

Limonade vineuse, vin de quinquina 2 onces, le quart.

24 — Le malade est à la demi-portion, depuis hier, il marche sans aide, il est resté levé hier toute la journée, une seule selle bien liée, 60 pulsations, sommeil très bon , mêmes prescriptions.

Depuis ce moment, Frédérich n'a éprouvé aucun accident qui soit venu entraver la marche heureuse de sa convalescence , et il est sorti le i ^^ août, très bien portant.

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