XIX
L’état puerpéral dispose singulièrement les femmes à l’aliénation mentale, et il n’est pas toujours besoin, comme l’affirmait Georget, d’une cause efficiente secondaire, d’une influence morale, pour déterminer la folie. Quelquefois elle éclate immédiatement après l’accouchement; la 14e observation du 3e livre des Epidémies d’IIippocrate en est un exemple. D’autres fois l’aliénation mentale apparaît au moment de la fièvre de lait ou postérieurement , par suite de la suppression de l’écoulement loehial ; Levret , Zimmermann et Esquirol, en ont cité plusieurs exemples.
Enfin l’allaitement même et surtout le sevrage deviennent 1rs causes efficientes de la folie.
Esquirol a observé que, dans des cas très-rares à la vérité, la raison des accouchées s’égare , alors même que l’écoulement des lochies est régulier ou bien, pendant la lactation, sans que la sécrétion lactée soit diminuée, supprimée ou modifiée dans sa nature. Il affirme que, dans le plus grand nombre des cas, la suppression des lochies ou de la sécrétion lactée a précédé l’explosion du délire.
Une femme devint constamment folle au troisième mois de l’allaitement. Elle eut sept ou huit enfants. A chaque nouvel! ■ grossesse, elle persista à vouloir nourrir elle-même son enfant, et constamment, au troisième mois, le lait se supprima et la manie éelata.
11 serait facile de multiplier ici les citations; je renverrai à l’excellent mémoire d’EsquiroI sur l’aliénation mentale des nouvelles accouchées et des nourrices.
L’observation moderne n’a pas confirmé l’affirmation d’Hippocrate
(1. V, aphor. 40), que les femmes chez lesquelles le sang s’échappe par les mamelles sont menacées de manie.