‹ Mémoire sur la folie sympathiqueChapitre 5 sur 33 · DE LA FOLIE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA FOLIE EN GÉNÉRAL

On a confondu sous le nom d’aliénation mentale plusieurs groupes bien distincts de maladies cérébrales apyrétiques, qui ont pour symptômes communs des désordres de l’intelligence et de la volonté. Mais si la réunion des types nombreux de l’aliénation mentale en une même classe est justifiée au point de vue social et sous le rapport de la médecine légale, il importe, en nosologie, de bien séparer les différents groupes. Nous trouvons là en effet des vices de conformation, des arrêts de développement , des modifications organiques profondes, des inflammations franches, de simples névroses, etc. 11 est évident que les déductions applicables à l’un de ces groupes peuvent ne pas convenir à l’autre, et que leur éLiologie, leur marche, leur durée, leur traitejnent doivent différer, à beaucoup d'égards, comme leur nature intime. Le nom de folie devait être ré-

serve aux névroses intellectuelles , à la manie et au délire partiel avec toutes leurs variétés. De mes éludes propres et des recherches auxquelles je me suis livré, il me semble résulter que c’est surtout la folie névrose qui peut être causée et entretenue par des actions sympathiques. On conçoit a priori qu’il doive en être ainsi, et l’observation , d’accord avec le raisonnement, vient confirmer ici les données de l’induction. C’est donc seulement aux névroses intellectuelles que s’appliqueront les considérations que je me propose de développer dans le cours de ce travail. La démence , qui est le résultat d’une modification organique plus profonde du cerveau, ne me paraît pas pouvoir être déterminée sympathiquement; elle peut succéder à une névrose sympathique plus ou moins prolongée. Quant à l’inflammation cérébrale proprement dite, je n’ai pu recueillir de faits bien positifs, ni dans les auteurs, ni dans le service des hommes à la maison de Charenton, où l’on a des occasions si fréquentes d’observer la méningo-péri-encéphalite. Je suis porté à croire que l’inflammation des méninges et de la couche corticale du cerveau ne reconnaît guère pour origine des influences locales éloignées; il faut à cette cruelle affection des causes plus énergiques , des troubles généraux et profonds de l’organisme, l’action répétée d’influences morales destructives , etc.

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