‹ Mémoire sur la folie sympathiqueChapitre 7 sur 33 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

J’appellerai folie sympathique celle qui est déterminée par l’influence d’un état organique quelconque ou d’un trouble fonctionnel, de sorte qu’il y ait parallélisme entre les deux sièges avec réaction réciproque.

Ce sera là le type vrai de l’affection cérébrale sympathique ou consensuelle, comme l’appellent les somatistes allemands, mais les phénomènes ne s’enchaînent pas toujours avec cette rigueur; il arrive fréquemment que la modification imprimée aux centres nerveux domine l’organisme et ne subisse plus l’influence de la cause pathologique dont elle était d’abord le retentissement.

En venant soutenir que des lésions viscérales, très-différentes par leur nature et leur siège , peuvent se compliquer de névrose intellectuelle, je ne prétends pas dire avec Dufour (1) que le siège de la maladie est dans le ventre, et que l’altération du cerveau n’est en quelque sorte que les derniers effets du mal, la terminaison.

Après les travaux de Th. Willis, de Vieussens, de Morgagni, de Haller, de Meekel , de Lieutaud, de Greding, de Gall , de Parchappe, de Ferrus, de Calmeil, de Foville, de Georgel, etc., il serait insensé de vouloir placer le siège de la folie ailleurs que dans le cerveau , et, si tant de bons esprits ont erré à cet égard , cela tient assurément à une confusion de mots. On a confondu le siège de la cause avec le siège de la maladie elle-même ; on a rapporté au siège de la maladie primitive tous les phénomènes observés, sans avoir égard à la lésion secondaire, mais non moins réelle de l’organe sympathique-

(1) Dufour, Essai sur les operations de l’entendement humain et sur les maladies qui le dérangent-, Amsterdam et Paris, 1770.

ment affecté. Celte manière de raisonner est évidemment vicieuse- Que l’estomac soit lésé dans ses fonctions sous l’influence d’une maladie cérébrale, dira-t-on que le cerveau est le siège d’une gastralgie? Assurément non; le cerveau ne digère pas plus que l’estomac ne pense. Pourquoi vouloir alors localiser la folie dans l’estomac, les intestins ou l’utérus.

Mais si* à ce point de vue, je n’hésite pas à me ranger avec Georget à l’opinion exclusivement encéphalique, je ne puis admettre avec lui que les névroses cérébrales ne puissent être sympathiques d’une affection viscérale. Georget me paraissant avoir résumé toutes les objections faites à l’existence de la folie par consensus, c’est en reprenant un à un tous ses arguments, que je m'efforcerai de faire prévaloir l’opinion contraire.

II n’est pas vrai de dire que, dans la folie, les troubles fonctionnels autres que les symptômes cérébraux soient constamment secondaires. Le désordre moral éclate quelquefois au bout de quelques heures, de quelques jours; d’autres fois, graduellement et avec

lenteur.

C’est ce qui sera établi dans quelques observations qui vont suivre : Whytt, qui était hypochondriaque lui-même, a décrit avec soin les sensations extraordinaires qu’il ressentait aussitôt qu’il avait l’estomac dérangé et que ses entrailles n’étaient pas dans leur état

naturel.

On a vu, chez quelques femmes, la conception déterminer presque immédiatement un délire de quelques semaines.

De ce que les symptômes cérébraux peuvent exister seuls , est-on en droit de conclure avec Georget qu’ils ne peuvent être consécutifs à ceux de quelques autres organes?

J’ai dit plus haut que les sympathies étaient essentiellement variables dans leurs manifestations, qu’elles ne constituaient pas des phénomènes nécessaires , qu’elles pouvaient se développer comme ne pas survenir, la maladie restant la même.

Georget admet volontiers des sympathies s’exerçant du cerveau aux

différents organes, pourquoi nier la réaetion de ces mêmes organes sur le cerveau? Il y a éveil des sympathies toutes les fois qu’un organe, remplissant des fonctions importantes, devient le siège d’une maladie ; dans l’économie, tout est lié, tout s’enchaîne pour former un tout régulier. Le cerveau, qui tient sous sa dépendance tous les tissus, tous les organes, toutes les fonctions, est, par cela même, plus que tout autre organe exposé à une foule de réactions’ pathologiques.

Georget affirme que, dans la folie, les désordres autres que ceux des fonctions cérébrales ne sont ni constants, ni graves. Je viens de dire qu’on ne pouvait pas inférer de leur défaut de constance la négation de leur réaction possible sur le cerveau. Est-il vrai de dire que ces désordres sont toujours sans gravité ? N’est-ce donc rien qu’une lésion prolongée des fonctions de la nutrition, qu’une névrose idiopathique de l’estomac, qu’une affection organique ou un trouble fonctionnel du cœur et de l’utérus? El ces troubles ne se dissipent pas toujours avec la période d’excitation, on les voit persister des mois, des années. Esquirol cite plusieurs exemples de femmes aliénées dès leurs premières menstruations qui ne se rétablirent qu’au temps critique. La folie causée par la présence de vers dans le tube intestinal n’a cessé souvent qu’au bout de plusieurs mois, et seulement après l’expulsion des vers par les anthelminlhiques. Desnévroses intellectuelles sympathiques d’affections cancéreuses ont persisté jusqu’à l’ablation des tumeurs cancéreuses, et souvent jusqu’à la mort des malades, etc.

S’il était vrai que les désordres nerveux prissent naissance avant les autres troubles fonctionnels, ou bien que tout au moins leur développement fût simultané, il serait peu logique de soutenir la réalité de la folie consensuelle. Mais ne voit-on pas des individus affectés d’une lésion organique quelconque, sans la moindre lésion des facultés intellectuelles, finir cependant par être atteints d’aliénation ? N’observe-t-on pas que, chez ces malades, le désordre intellectuel cesse dans les moments où la lésion organique primitive subit quelque amélioration et reparaît quand les fonctions se troublent de nouveau ?

Quand on voit le désordre mental suivre la marche de l’affection organique, comme l’ombre suit le corps, il faut bien reconnaîlre que la névrose intellectuelle est sympathique de la maladie organique primitive.

Et l’on ne peut pas objecter, avec Georget, que, dans ces cas, le cerveau a été primitivement ébranlé par une forte commotion morale; des faits bien étudiés démontrent qu’il n’en est pas toujours ainsi. Et alors même qu’une cause morale, souvent futile et légère d’ailleurs, aurait précédé l’affection cérébrale, je ne sais s’il n’y a pas lieu souvent de rattacher plutôt la névrose intellectuelle à une influence viscérale puissante qu’à une cause morale de peu de valeur. On est beaucoup trop tenté, comme le faisait observer dernièrement M. Trélat (1), de prendre presque au hasard, dans cet immense océan de déceptions, de chagrius et de tourments de toute sorte où s’agite l’espèce humaine , une cause qui puisse expliquer la perte de la raison.

Je ne prétends pas nier que les auteurs n’aient souvent pris l’effet pour la cause et des symptômes pour l’affection primitive , et qu’on ait trop étendu l’influence des affections organiques, en s’appuyant exclusivement sur les faits d’anatomie pathologique. Les aliénés, il faut en convenir, sont soumis à des influences diverses qui les atteignent comme elles atteindraient d’autres individus; mais l’étude attentive des symptômes observés et de la marche de la maladie permet quelquefois d’affirmer que les altérations trouvées à l’autopsie en ont été la cause réelle.

En vertu de la loi de solidarité que j’ai inscrite en tête de ce travail, le cerveau, devenu le siège d’une modification pathologique, peut influencer les viscères et y déterminer des altérations organiques consécutives. On évitera toute confusion en établissant nettement, par l’observation, les rapports des effets aux causes. Il faut considérer

(1) Trélat, des Causes de la folie (Annales médico-psychologiques , janvier 1856).

les causes occasionnelles des dérangements observés, leur nature, leur mode d’action, l’ordre de succession des symptômes. L’examen de la terminaison des maladies, de la nature et du mode d’action des agents thérapeutiques peuvent servir aussi à éclairer le jugement. Les nécropsies ne fournissent que peu de lumières, et ne peuvent qu’établir la solidarité des organes; c’est surtout par l’observation des symptômes dont elle s’accompagne pendant la vie qu’il faut déterminer le siège d’une maladie. Les faits particuliers que j’ai réunis plus loin prouvent que la cause efficiente de l’aliénation mentale peut être une lésion physique locale, que son action peut s’exercer en dehors de toute cause morale, qu’elle précède quelquefois manifestement l’invasion du délire, en détermine les phases et le caractère. Enfin nous verrons la maladie disparaître avec certains agents thérapeutiques capables d’en combattre directement la cause physique, dans la folie vermineuse, par exemple.

Georget repousse l’existence de la folie sympathique, et, par une contradiction singulière, il admet que, sous l’influence de causes sympathiques , il peut survenir du désordre intellectuel ; mais alors, dit-il , c’est du délire aigu. Si des modifications de la sensibilité viscérale peuvent engendrer le délire aigu, pourquoi des altérations organiques lentement produites, et de longue durée, ne pourraientelles donner lieu à un délire chronique? Est-il bien logique, d’ailleurs, de séparer du délire la folie proprement dite , d’en faire une maladie différente de toutes les autres affections de l’organisme humain? Comme M. Moreau (de Tours) me paraît l'avoir bien établi dans son mémoire sur la folie au point de vue pathologique et anatomo-pathologique, les troubles fonctionnels du cerveau se confondent tous à leur origine, in rndice conveninnl , suivant l’expression de J. Frank; l’absence de réaction fébrile, l’étal chronique, ne suffisent pas pour établir entre le délire aigu et la folie une distinction absolue. Cependant, pour ne pas trop m’écarter de la classification admise, je n’aurai égard, dans ce travail, qu’à la folie névrose proprement dite, au délire chronique apyrétique.

Je passe à l’étude des différentes causes qui peuvent déterminer la folie sympathique.

Au premier rang des causes de la folie par consensus, il faut certainement placer les lésions des organes de la digestion et des fonctions de nutrition; les exemples se présentent presque journellement au médecin observateur, et nos livres en sont remplis. II n’y a presque aucune maladie ou anomalie des organes situés dans la cavité abdominale, dit Friedreich, qui, d’après les observations qui ont été faites, ne puisse faire éclater une maladie mentale. Rodrigues de Payva (I) a fait de cette proposition le sujet d’une assez bonne dissertation; Eberle a renchéri sur celui-ci dans son Essai sur la pathologie gastrique de la folie.

L’observation journalière nous apprend la relation étroite qui existe entre l’estomac et le cerveau : l’estomac est le point de départ d’irradiations sympathiques continuelles. Nous voyons, dans l’état de santé, les aliments, les boissons, des médicaments, ingérés dans l’estomac, changer la nature et la succession des idées, une digestion pénible produire le rêve, etc. Lorry et Schmidtmann ont soigneusement indiqué l’influence des affections de l’estomac sur le développement du désordre intellectuel. Les phlegmasies chroniques, comme on a dit avec Broussais, les névroses gastriques, comme on dit plus volontiers à notre époque, se propagent sympathiquement à l’encéphale. Les observations d’Esquirol, de Louyer-Villermay , de Barras, de M. Bayle, ne laissent aucun doute à cet égard. On trouvera, dans le recueil d’observations qui terminent ce mémoire, une observation contenue dans la thèse de M. Bayle, et qui

( t) Epicrisis critico-apologctica de ajfcctu alrabdarïo mirachiali, su e de mardis ccrebri et mentis, qui extra cerebrum originam ducent ; Roma, 1751.

m’a paru constituer à elle seule une bonne démonstration : les faits de ce genre foisonnent d’ailleurs dans les auteurs.

Les affections cancéreuses de l’estomac sont une cause de manie ou de lypémanie. J’ai eu l’occasion d’observer, à Charenton, deux cas de ce genre, où l’influence de la lésion organique était incontestable. Mathey a traité, pour un squirrhe du pylore, une femme qui finit par devenir maniaque. Bonet a consigné (dans le Sepulchretum ) l’histoire d’un villageois qui soutenait qu’il portait dans l’estomac une grenouille vivante, et insistait avec tant de persévérance sur les motifs qui pouvaient donner de la vraisemblance à sa croyance, que les médecins même, tout portés qu’ils étaient à le juger atteint de mélancolie, hésitaient par instants à le considérer comme fou. Citant l’époque où il s’était exposé à avaler, en buvant, quelques œufs de grenouilles , il assurait de plus qu’il avait entendu , à diverses reprises, le coassement d’une grenouille dans son estomac; qu’il la sentait nager lorsqu’il avalait une certaine quantité d’eau , qu’elle lui semblait, au contraire, tomber dans l’engourdissement lorsqu’il faisait usage d’un liquide où l’on avait fait infuser de l’ail; qu’un jour il avait rendu, avec ses déjections, une matière en tout semblable à du frai de grenouille; qu’il lui était parfois arrivé, pendant des efforts de vomissements , de la sentir remonter jusqu’à l’isthme du gosier, quelle n’avait pu franchir à cause de son énorme volume ; qu’il l’avait vingt fois pu saisir en appliquant la main sur la région épigastrique. Du reste cet homme ne manquait pas d’appétit, digérait bien, dormait bien, et paraissait, quoique maigre, jouir d’une bonne santé. On fit prendre à ce malade des eaux salines, du mercure doux, de la rhubarbe, des préparations antimoniales; on glissa adroitement une grenouille dans sa garderobe; il resta sous l’impression de sou idée fixe, et finit par succomber dans le marasme en 1673. A l’autopsie, on trouva au pylore une tumeur grosse comme un œuf de poule, sillonnée par des vaisseaux volumineux , et sur le point de s’ulcérer.

Greding (1) a signalé l’influence des vices de conformation et des anomalies de position de l’estomac ; mais ces faits, qui reposent surtout sur l’observation nécroscopique, méritent une nouvelle confirmation.

Je n’ai pas comprisdans la folie sympathique, les aliénations mentales qui succèdent à l’ingestion de certaines substances toxiques ou médicamenteuses, de nature à exercer une action directe sur les centres nerveux. Mais il est des substances qui déterminent des troubles fonctionnels du cerveau, au moment même où elles entrent dans l’estomac, avant que l’absorption ait pu se faire en aucune façon. C’est ce qui résulte de certaines recherches de M. Bernard. Ces substances n’agissent secondairement sur le cerveau qu’en produisant une irritation ou une phlegmasie de l’estomac, qui donne lieu à une irradiation sympathique. Garn (2) parle d’une maladie mentale, causée dans une famille toute entière par une indigestion de fromage. Friborg (3) a vu la folie reconnaître pour cause uninfarctus bilieux. Une femme s’excita jusqu’à la fureur; sa langue était couverte d’un enduit épais, et les selles se faisaient mal. Un purgatif énergique produisit quelques selles de très-mauvaise odeur et la manie disparut (4).

Buzzorini, Abrahamson etFriedreich, considèrentcomme une cause de l’aliénation mentale des femmes en couches l’état des organes muqueux de la cavité abdomiuale et les matières retenues dans les voies digestives.

S vi.

L’influence des altérations intestinales dans la palhogénie de la

(!) Greding, Le ichen ôffu ngen verschiedener psyehish. Kranketi : in seinen vermi schleu Sckriften ; I Thli, p. 289 ; II Thl.

(2; Cas importants de manie mêlés; Wittemberg, 1789.

(3) Journal de méd. chirurg etc. ; Paris, décembre 1790.

( !) Gooch , Nasse Zcilsch, 1823, 2' cahier, p. 477.

folie n’est pas moins bien constatée. Le moindre malaise abdominal nous rend enclins à la tristesse et à l’irascibilité. M. Guislain a vu une personne qui, chaque fois qu’elle était constipée, avait des hallucinations auditives et visuelles.

Esquirol, dans un mémoire publié en 1818, a signalé le déplacement du côlon transverse comme une cause de manie et de mélaucolie. Wichmann, Hesselbach et Greding , avaient déjà signalé le même fait.

M. Bayle a prouvé, dans sa thèse, que l’entérite et la gastro-entérite pouvaient amener sympathiquement des désordres cérébraux. Il cite, comme un phénomène caractéristique du désordre intellectuel provenant de cette cause, les idées fixes d’empoisonnement, qui conduisent les malades au refus de la nourriture. II semble, ditil, que malgré le désordre survenu dans la faculté de perception , ils sentent la maladie dont sont atteints les organes de la digestion. Les facultés morales participent promptement au trouble général de l’entendement.

Bergman s’est attaché à prouver que la mélancolie et la manie dépendaient souvent d’un rétrécissement du côlon (1), et plusieurs médecins ont signalé depuis cette même iufluence.

J’ai rencontré assez souvent à Charenton , dans mes autopsies , particulièrement chez des mélancoliques qui avaient succombé après un délire assez prolongé, des déplacements et des constrictious du côlon transverse, et des autres parties du gros intestin ; mais je crois qu’il est vrai de dire ici que l’affection du système nerveux a été la cause première de la formation de ces anomalies. Dans les observations d’Esquirol et de Bergman, le rétrécissement et le déplacement du côlon sont accompagnés d’autres altérations de tissu, de lésions organiques du cœur, d’altérations dans les sécrétions, d’adhérences des intestins au péritoine ou des poumons à la plèvre costale, enfin

(l) Journal de Nasse, 3e cahier; 1821.

d’une pléthore générale abdominale et encéphalique. Dans plusieurs des faits rapportés par Esquirol, notamment dans celui qui concerne la tr op fameuse Théroigne de Méricourt, l’aliénation est survenue à la suite de causes morales; il en est de même dans les observations de Bergman. En résumé, rien jusqu’ici ne démontre suffisamment que les altérations indiquées du côlon peuvent agir comme cause prochaine de la folie. C’est à l’observation ultérieure à décider, mais le problème est d’une solution bien difficile, et le médecin qui tranchera celte question aura bien mérité de la science.

Je ne m’arrêterai pas à décrire avec Bergman les signes des altérations du côlon, parmi lesquels il indique surtout la sensibilité de la région du côlon transverse, la mobilité des muscles et des membres, l’attitude penchée du malade , la couleur bleuâtre et l’abaissement de température de la peau.

M. Guislain , sans mettre absolument en doute que les altérations du côlon puissent être primitives, est assez disposé à les considérer comme secondaires : il prouve, par des faits, que la nostalgie, maladie à laquelle on ne peut reconnaître qu’une seule cause toute morale, détermine des inflammations du tissu, tantôt dans l’encéphale seul , tantôt dans le cerveau et ses membres , les poumons et les intestins. L’analogie conduit à admettre que , dans la folie hypochondriaque, dans la mélancolie, des causes toutes morales déterminent souvent des pldegmasies chroniques secondaires dans les viscères abdominaux, après avoir imprimé une modification primitive dans le cerveau. Le célèbre aliéniste de Gand considère les diverses altérations du côlon, observées chez les mélancoliques, comme une inflammation chronique des plans musculeux de l’intestin.

Georget attribue l’obliquité du côlon au relâchement des replis péritonéaux , qui permet au paquet intestinal de se précipiter à la partie inférieure de la cavité abdominale.

Le déplacement du côlon et le rétrécissement de cet intestin n’appartiennent pas essentiellement à la folie. Un chirurgien de

Bethlem, Lawrence, ne l’a jamais rencontré chez les mélancoliques, tandis qu’il l’a constaté chez des personnes qui avaient succombé à des affections étrangères à la folie. Krimer (1) avait établi le même fait. Esquirol rapporte lui-même, d’ailleurs , ne l’avoir trouvé que 33 fois sur 1G8 mélancoliques. Bergman ne fait pas non plus difficulté de convenir que le rétrécissement du côlon existe sans désordre mental. Friedreich, en rapportant ces faits, en tire celte conclusion un peu alambiquée que les anomalies du côlon n’exercent pas par elles-mêmes une influence directe sur l’égarement de l’esprit et l’altération de l’intelligence, mais seulement au moyen d’une réaction sur des organes plus nobles, tels que le foie, la raie et principalement le cœur , qui déterminent à leur tour une excitation irrégulière et une tension du cerveau.

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