AU TRAITÉ DE LA DÉFENSE DES PLACES FORTES
Les premières fortifications furent probablement de simples murailles , ou des terrasses revêtues , sans formes déterminées et sans flanquement. La nécessité d’empôcher l’ennemi d’approcher du pied de ces murailles ou de ces terrasses , pour les saper sans qu’on pût le voir d’en haut , fit successivement imaginer les mâchicoulis , les tours , les lignes angulaires ou à redans , et enfin la ligne bastionnée.
Mais l’énorme quantité d’artillerie employée dans la suite à l’attaque des places , et surtout l’invention du ricochet , rendirent à peu près inutiles ces remparts droits , deraière lesquels étaient rangés les défenseurs , et il fallut songer à de nouveaux moyens de conservation.
Alors on s’occupa d’améliorer le tracé ; on couvrit le corps de place par un grand nombre de dehors j on inventa l’art du défilement -, on mit à profit les accidcns du terrain , pour se dérober aux plongées de l’ennemi , pour prendre des revers sur les avenues de la place 5 on construisit des retranchemens , des blindages, des casemates; on mit en usage les contre-mines, les lignes de contre - approche , etc. ; mais toujours sans succès re-
1 SUB LA FüRTinCATK»' PRIMITIVE.
inarqiiahles : et i’attaque coiisepva inr la .défense la supériorité quelle s’était acquise.
S’il est quelques moyens de rétablir l’espèce d’équilibre qui existait autrefois entre l’attaque et la défense , il me semble que ce dqit être en ccyi.yert,issaut le système général de cette défense en une .série dHittâilnes partielles , en combinant les retours offensifs avec l’emploi des armes à feu , de manière à prendre toujours l’ennemi sur le temps; tellement que là où il est peu nombreux , on tombe sur lui à l’improviste par détacliemens , et que là mi sà sûreté l'oblige de se rassembler en grand nombre , on fasse pleuvoir snr lui une grêle de projectiles.
C’est ce principe que j’ai essayé de développer dans ^iiou Traité de la Défense des Places fortes, ouvrage très imparfait sans doute; mais qui peut mettre sur la voie pour parvenir à des résultats plus importans. >
Mais à ce sujet , une nouvelle réflexion se présente naturellement ; c’est de savoir si la fortification bastionnée ou angulaire en général est bien on effet la plus propre à favoriser cette combinaison , et si , en prenant pour base de la défense ceUe alternative, dontjéViens de parler, aes cOUJW (ItTïmin avec l’emploi des armes à feu, il ne serait pas plus avantageux d’en revenir, pour le fond , à tes anciens remprls circulaires , on qui n’avaient aucunes formas déterminées. Telle est la question que je me suis proposé d’ediminer ici.
Je diviserai ce que j’ai à dire sur cet objet en deux jiaragvaphes ; dans le premier je traiterai de la fortification primitive en général ; dans le second j’appliquerai les mêmes principes aux améliorations possibles du système bastionné.
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SCn IA FORTIFICATIOÎI PBIMITIVK.
P.UUGJIA^HE PREMIER. • ^
De lu Fortification primitive en généf ul. i y
Le fléau de toutes nos furtilicatious modernes est le ricochet. Or le moyen le plus eflicace pour l’éviter sur des remparts découverts parait être de donner à la magistrale de ces remparts toute autre forme que la ligne dioite; -c’est-à-dire toute autre loi me que celle qui lui est assignée par des systèmes hastiouiiés ou angulaires quelconques. Le seul changemeut des lignes droites en lignes courbes remédierait donc déjà en grande partie au plus grave des inconvéniens coniins. Mais la chose est-elle praticable, Mn# donner lieu à d’autres incouvéuiens plus graves encore? Voila ce qu il s’agit de savoirs Or il m’a paru que uou-seulemeut ce cbangemeut était très possible , mais que, loin d’être nuisible, il devait au contraire procurer une foule d’autres avantages, tels que ceux de la simplicité, de l’économie , et surtout de la graude lacililéqui en résulte déplier la fortiflcation à tous les accidens d un site im*gulicr.
Pour li.xer les idées, je supposerai d’abord que*l’esj)ace à fortilier soit absolument circulaire , et que la ligne magisUale ou
cordon du mur d’escarpe du corps de place , soit une circonlerence exacte.
Derrière çp mur d’escarpe circulaire j’établis uu rempai t en terre, composé d'un chemin des rondes , d’un parapet, et d'un terre-plein (lour l’artillerie. . ‘‘
Ce corps de place est entouré d’un fossé, puis de deux couvre-faces concentriqües , en avant l’un de l’autre, formant •ximme deux ceintures jiai faitement circulaires , ayant chacune son mur descarpe, son chemiu des rondes et son fossé. Le tout est enveloppé par un glacis ordinaire , au-delà duquel est un .
\ SÜB LA fortification PRIMITIVE.
avant-fossé , que termine un mur <le contrescarpe , toujours de forme circulaire et concentrique au corps de place.
D’après ce léger aperçu du nouveau système , je vais entrer dans tous les développemens nécessaires , au moyen dn jirofil pris sur l’un quelconque des rayons de l’enceinte circulaire ; oe profil étant , par hypothèse , le même pour tons.
Soit AB ( planche 1 , fig. i) une ligne horizontale , que je »upi>ose représenter le terrain naturel. A i a pieds ou 4 mètres (*) an-dessons , je trace une seconde ligne horizontale , pour représenter le fond des fossés.
De ce fond des fossés s’élève le mur d’escarpe ab du corjjs de place , auquel je donne 24 pieds de hauteur , 6 pieds d épaisseur , et que je suppose être vertical des deux côtés , c’est-à-dire sans talus ni retraites. Cette hauteur de 34 pieds est suffisante ici pour empêcher les surprises , parce qu’en avant du corps de place il y a deux autres enceintes revêtues , celles des deux couvro-làces , qu’il faudrait d’abord escalader.
Du sommet a du mur d’escarpe , je mène une droite horizontale oC , à laquelle je donne 10 toises ou 20 mètres de longueur : le point C rep CBseulU la ci été du p r e mie r couvre-face. De ce point C j’abaisse une verticale Cm sur la ligne horizontale qui représente le fond des fossés -, puis , de ce point m , je porte en avant , sur cette même horizontale , 18 fois la hauteur On , c’est-à-dire 7a toises ou i 44 mètres; ce qui détermine le point F. Je mène la ligne CF , que je nomme ligne de plongée. Cfltte ligne de plongée aura par couséqueut 24 pieds de pente sur i 44 mètres
(•) D«n> œ Mémoire, comme dans le TraiU dt ta Dffnu* dn Placnforin, j*»i fait usage indifTéremment des mesures anciennes et des mesures nourolles , parce ijue j'ai eu souTcnt à y parler des fortifications existantes qui ont été tracées sur les ancirnnes mesures. Au surplus, comme il ne ifagit pas ici d’une précision mathématique , je supposerai , en nombres ronds , que la toise est équiralente i deux métrés. Les dessins sont cotés en métrés seulement.
de longueur > ou 4 pouces par toise , qui est la pente ordinaire des glacis.
A 37 mètres en avant, dans le sens horizontal, je marque le point D , qui représentera la crête du second couvre-face •, et à 37 autres mètres en avant de cette crête, je marque sur la même ligne de plongée le point E , qui représentera la crête du glacis.
Je donne 3 toises ou 6 mètres d’épaisseur au teri-e - plein de chacun des deux couvre-faces , et je suppose leurs talus intérieurs et extérieurs à terres roulantes. Quant au talus intérieur du glacis, je donne à sa base le double de sa hauteur , aün’qii’on puisse J monter très facilement.
Par cette construction la crête du glacis se trouve élevée de 3 pieds au-dessus du terrain naturel, et par conséquent de i 5 pieds ou 5 mètres au-dessus du fond du fossé. Ainsi la base du son talus est de 10 mètres.
En avant de chacun des deux couvre-faces , dans le fond des fossés qui les séparent entre eux et du glacis , sont des murs de 3 pieds d’épaisseur et 13 pieds de hauteur , éloignés chacun de 3 mètres du pied du talus des terres qui sont en avant. Derrière chacun de ces murs est un chemin des rondes qui le sépare du couvre-face qui est derrière, et auquel ce mur sert d’escar|je. Le terre-plein de ce chemin des rondes est de 6 pieds au - dessous du sommet de ce miu' , afin que l’homme qui s’j trouve soit entièrement couvert jiar ce même mur, qui est crénelé; le long de son parement intérieur on place une quantité de dez de jiierre ou de bois de 18 pouces de hauteur , pour exhausser le soldat lorsqu’il veut tirer ou jeter des grenades par-dessus ce mur.
A l’extrémijp de la ligne de plongée , c’est-à-dire au point où elle rencontre celle qui représente le fond des fossés , je laisse sur le prolongement de cette dernière un espace de quelques toises , qui se règle d’après le liesoin qu’on a de terres pour les
G SÜB I.A FOHTIFICATIO.N PRIMITIVE.
ruiubiaU. Cet espace lorra»i..un avant-fossé conlina, et lient lieu «lune grande place d’armes , faisant tout le tour de la forteresse en dehors du glacis. Enfin , cette place d’armes est cous erte, du coté de la campagne, par un mur vertical de 3 pieds d’éjiaisseur, élevé depuis le fond «lu fossé jusqu’au terrain naturel. Ce mur, «jui , par «M)nsé<|ueat , aura la pieds de hauteur , est ce que j apjHjlleral mur de contrescarpe.
Derrière le revêtement du corps de place, que je suppose crénelé et de 6 pieds d’épaisseur , est le rempart en terré , composé d’un chemin des rondes, d'un jiarapet, et d'un terre-pleii^ jiour rartillerie. Le chemin des rondes a la mètres de largeur , et son terre-^lein est de la pie«ls au-dessous du sommet du levf'tement; la crête du parapet en terre, qui est derrière, est élevée de a'f pie<ls au-dessus du terrain naturel , on 3G pieds auliessu» du fond du fossé \ la largeur de son terre - plein est de 3 toises OH 6 'mètres , et son talus, extérieur est à terres rou- Au l>ied de ce talus , «lans le chemin des rondes , règne ut» oontre-mur de 9 pieds de hauteur et 3 pieds d'épaisseur , pourJpTèter les projectiles qui pourraient tomber sur le talus., et pour les empêc he r dn raw l a r dan s la rbo uaM» des rondes^ L« terre-plein pour l’artillerie «»t supposé «le i5 ou i6 mètres de largeur , ut de 8 ou 9 pieds au-«lessous de la crête du parapet; derrière ce terre-plein sont supposés sou talus et ses ramiies. On comiminique du pied de ces talus intérieurs au fond du fossé du corps de place par des p)ternes.
Comme le canon placé sur ce terre-plein est peu ou point exposé au ricochet, à cause de sa forme circulaire , les pièces en batterie ne jieuvent guère être atteintes autrement que par la bombe. Une fois «jue ces pièces sont établies,. elles Résout sujettes à aucun iliiplaceinenl , à moins que, par hasard, quelques-unes d’entre elles ne viennent à être démontées , et «}U il ne faille en amener d’autres à leur place-.’
SDK LA F0KTIFICAT10^ PlUMITlVt. . n
Ijb clicmia des rondes forme une hatlerie hnsst' qui fait tout le tour, et dans laquelle on établit une rangée continnede mortiers et de pierriers. On communique de plain pied de^l’intérieur’ de la place à cette batterie basse par des passages souterrains pratiqués sous le rempart en terre; ce qui rend facile l’approvisionnement de cette batterie continue. Les créneaux percés dans le revêtement qui couvre le chemin des rondes servent pour les fusiliers et grenadiers , lorsqu’on susjwnd l’action des mortiers et pierriers. Ce revêtement n’étant , par la construction , éloigné que de 20 mètres de la crête du premier couvre-face , il est évident qu’on peut défendre ce couvre-face , depuis le chemin des rond(!s, par des grenades jetées à la main ; le second couvre-face est défendu de la même manière depuis le chemin des rondes du premier ; et eulin , la crête dn glacis est encore défendue de même depuis le chemin des rondes du second couvre-face , avec des grenades lancées à la main, et qui vont tomber jusque dans le couronnement dn glacis.
On lait au premier couvre-face une banquette de a mètres seulement de largeur, pour y mettre des fusiliers, tant que la batterie des pierriers qui sont dans le chemin des ronde» du corps de place , n’est pas encore mise Ri jeu : le peu de largeur de cette banquette et sa forme circulaire la dérobent à l’action du ricochet ; et comme elle est commandée de 24 pieds par la batterie de canons du corps de place , le feu de cette artillerie çt celui de la mousqueterie du premier couvr^face peuvent avoir lieu simultanément.
On communique d’une coupure à l’autre par des passages pratiqués sous les couvre-faces , voûtés à l’épreuve , et fermés ]>ar de doubles portes à l’entrée et à la sortie. L'objet de ces passages souterrains est , i” de faciliter etas.surer la libre circulation d(» défenseurs; 2® de servir d’abris pour ceux qui sont destinés aux cOups de main et petites sorties; 3 ® de s’opposer aux entre-
Sun LA FOUTIFICATION PHTMITIVE.
prises du mineur qui chercherait à faire sauter le convre-face. Il est Rssentiel de remarquer, à cet égard, que la seule fonction du contre-muieur est d’aller sous terre au-devant de l’ennemi, pour l’empêcher d’établir scs fourneaux ; mais qu’il doit bien se garder d’en faire lui -même en cet endroit, puisque ce serait détruire les garanties prochaines de son corps de place : il a tout l’avantage sur l’ennemi en ne construisant point de fourneaux , puisque son travail en est d’autant moindre , et qu'il n’a proprement qu’une simple surveillance à exercer.
Jjti talus intérieur du glacis , n'étant point revêtu , mais au contraire à pente très douce, sert aux défenseurs à faire dis sorties brusques par-dessus la crête , quand ils veulent et où ils veulent , en franchissant cette crête tout à coup , soit pour attaquer en flanc les tranchées faites sur le glacis , soit pour harceler de front tes têtes de sape: c’est un débouché continu qui occupe tout le circuit de la place. La retraite est protégée par le mur crénelé formant l’escarpe du couvre-face qui est derrière, et qui lient lieu d’une palissade que le canon ne saurait rompre. Les soldats , rangés derrière ce mur, ne masquent point le feu de l’artillerie du rempart , non plus qne celui 3ê mousqueterie du premier couvre-face ; et celui qu’ils fout de leurs créneahx , joint aux grenades qu’ils jettent, pardessus le mur, dans les têtes de sape de l’ennemi , empêche que celui-ci ne puisse couronner le glacis pied à pied. Si c'est de vive force qu’il veuille opérer le couronnement, il faudra que ce soit sous le feu direct du canon de la place , sous celui de la mousqueterie rangée sur la banquette du premier couvre-face, et sous celui des grenades qui loi seront jetées à la main du chemin des rondes du second couvreface, tous ces feux pouvant avoir lieu simultanément.
Il en faut dire autant du mur crénelé qui est dans l’autre cou{)ure. Chacun de ces murs peut être considéré tout-à-la-fois , à l’égard du couvre-face qui est derrière, comme un revêtement
su» LA FORTIFICATION PRISUTIVE. Q
d’escarpe , auquel il faut nécessairement faire brèche avant de l>ouvoir donner l’assaut ou faire son logement à la sape; et , jiar rapport au couvre-face on au glacis qui est en avant , ce même mur produit l’effet d’une (lalissade que l’ennemi ne peut briser par le ricochet , et qui l’empéche d’y établir son logement.
Pour apprécier les effets de ce genre de défense, il faut se rappeler ce que dit M. de Cormontaingne au sujet du couronne^ ment du glacis dans le système ordinaire. « S’il arrive , dit ce » savant ingénieur, qu’il soit resté quelqu’un dans l'angle du <1 chemin couvert , où il y a un petit espace que les cavaliers ne » sauraient découvrir , et que les grenadœ lancées de ce point,
» incommodent si fort les sapeurs, qu’ils ne puissent cheminer ,
.( il faudra, sans hésiter, faire sortir un sergent avec six ou huit » grenadiers, c[ui , se portant subitement sur le haut du chemin couvert de cet angle, feront feu à bout touchant sur ceux » qui l’occuiieut , viendront regagner ensuite le boyau au plus » vite , et répéteront cette manœuvre si l’ennemi s’obstine. «
* Ce que dit ici M. de Cormontaingne pour les seuls angles . saillans des glacis ordinaires , a lieu dans le nouveau .système pour tous les points du circuit de la place. 11 n’en est aucun sur tout le jiourtour du couronnement où l’assiégé ne puisse jeter à la main autant de grenades qu’il le veut de derrière le mur crénelé qui règne dans le fond du fossé ; mais il y a cette différence , que , dans le nouveau système , il ne servirait de rien à l’assiégeant de faire sortir de la tranchée des grenadiers pour faire feu sur les défenseurs , attendu que ceux-ci sont couverts par le mur, et que ce mur étant crénelé , ce seraient les grenadiers assiégeans eux-mémes qui recevraient les coups de fusil.
K' lndé[>endaininent de ces grenades que l'assiégé lance de ce chemin des rondes dans le couronnement du glacis , et de la mousi{ueterie «jui jiart de ses créneaux , il peut se jiorter luiniéme tout à* coup du haut de oe glacis, par son talus inté- • 2
SDH LA rOHTlFICÂTtUN PHIMITIVE.
le
rieur, qui est à peate très douce , faire feu sur l«»s travailleurs qui sont dans la tète de sape, ou leur jeter des grenades , et, faire sa retraite aussitôt après sous la protection de ses créneaux.
M. de Vaulwin pose en principe, avec grande raison , qn’on ne doit Jamais attaquer le chemin couveil de vive force que quand il n’est pas poftsible de s’en emparer pied à pied , perce que l’attaque de vive force est une opération des plus critiques et des plus meurtrières pour l’assiégeant. D’un autre côté,* il déclare qu’on est cependant obligé d'en venir à cette extrémité lorsqu’on n’a pas pu parvenir à rompre la palissade par le ricochet , on à plonger dans le terre-plein par des cavaliers de tranchée, parce qn’aiors l’assiégé, demeurant maître de son chemin couvert , ne cesserait de harceler de là les tètes de sape , qui se trouveraient toirjoBrs à sa proximité , et ne leur permettrait pas d’avancer. Or tel est le cas dans le nouveau système, parce que l 'escarpe de ohaeun des couvr&*iàoe3 remplit , à l’égard de l’ouvrage qui est en avant , l'effet d’une palissade que le ricochet ne sauiait rompre. L’assiégeant est donc obligé d’attaquer de vive* loTM',. [K>ur chasser l’assiégé, par un comluit corps à oorps^ mais comme le premier 'nfepenr pas plus cdnper ou détruire à la main ce mur tenant lieu de palissade que le rompre avec le canon , il s’ensuit qu’U ne saurait joindre son ennemi , ni par cOnséi}uent le chasser de vive force de son chemin des rondes , qui lui tient lieu do ebomin couvert , et que , par conséquent , il 'ne |>cut enlever la crête du glacis, non plus que celles des deux couvre-faces qui viennent ensuite, et qui sont défendues de même, ni pied à pied, ni de vive force.
Avant d’arriver au couronnement de ce glacis , il est clair qu’il faut avoir fait uu premier couronnement au haut de la contrescarpe. Or, si l’on a pratiqué dans le mur de cette contrescarpe, en la construisant, des enfoncemens ou petites galeries sonterraines de 6 ou 8 toises de^ longueur 4 de plaib-pied avec le
SUB LA FOBTIFICATIOW PRIMITIVE. Il
fond du fossë , et fermées à leurs entrées par des portes à l’épreure du mousquet , les défenseurs pourront s’y mettre à il’abri , et en partir à volonté pour inquiéter 1 ennemi dans ce couronnement , soit par la guerre souterraine , soit [>ar des sorties.
Pour exécuter ces sorties, je pratiquerais dans nia icoutrcfrr carpe, et dans le sens dcsxaytœs, des coupures de 3 toises de largeur chacune et de 13 toises de longueur en rampe, poui^uiout^ de l’avant-fossé ou grande place d’armes au terrain de la campagne environnante , et faire, à l’impmviste'j’des excursions ftu' les derrières et sur les flancs des travaux do 1 ennemi. Cas coupures , comme on le voit , sont toutes dans 1 enlilade des canons de la place^ on pourrait les espacer lune de lautne deiiviron loo mètres, et placer entre elles, a égalés distances » hs» enfonccmensou petites galeHes dont nous avons parlé ci-dessus.
Ces débouchés seraient lèrmés par des barrières , d«Sj,cUevaux de frise ourles sauts de kmp, sur lesquels on jetterait > au besoin^ de petits ponts volans en madriers.
Tant que l’onnemi sera encore loin dans la campa§ne, ou *e contentera de tirer du rempart à ricochet sur ses zigzags , et de plein fouet sur ses batteiies ; lorsqu'il sera arrivé au h»ut de la contrescarpe , pour y faire son logement et construire à ses batteries , il s’y trouvera , sur tout le pourtour , en prise au fou direct de l’artillerie du corps de place, à la mousquelcrie du * premier couvre-face, et à toute la rangée de pierriers qpe 1 assiège aura pu établir dans Je chemin des rondes du second couvre- • fece , le plus voisin du glacis, sans que les défenseurs, ainsi distribués , soient exposés à tirer les uns .sur les autres.
I^rsqu’ensuite l’ennemi ouvrira la contrescarpe pour opérer sa descente de fossé, comme celle-ci est découverte jusqu’au pied , tant des rempar ts du front attaqué que de ses parties pollatérales, le déliouchésera battu directement et décbajcpg, par un immense dévoloj>pe«Bent d’artillerie et de piousqueterie , sans
SÜB LA. FOBTIFICATIOS PBIMITIVE.
que pour cela l’action des feux verticaux du chemin des rondes du second couvre-face soit interrompue.
Après la descente de fosse , et jKuidant que l’ennemi s’avancera sur le glacis , on établira une nouvelle rangée de pierrfers dans le chemin des rondes du premier couvre-face , et l’on retirera ceux du .second. Ainsi , le même nombre de pierriers sera toujours en action , sauf les points vis-à-vis desquels il se trouvera des hommes dans le chemin des rondes du second couvre-face ^ sur quoi il sera toujours facile de s’entendre, à cause de la pro.ximité des deux endroits.
En supposant que l’assiégeant soit parvenu à .s’emparer de la crête du glacis et du couvre-face le plus avance, il faudra nécessairement qu’il se tienne en force dans la coupure qui les sépare pour ne pas être attaqué à l’improviSte dans cette inême coupure sur ses deux ûancs : alors l’a.ssiégé quitte la banquette de son premier couvre-face, qu’il avait occuj)ée justpi’alors ,.et il établit sa ligne de mousqueteric dans le chemin des rondes du corps de place, d’où il tire par les créneaux dès que l’ennemi commence à paraiti'e au haut de ce couvre-face; ce qui n’empèche pas le feu simnltané du canon du ••éWliart. l're phls jHeA' défenseurs étant ainsi retirés du couvre-face , lancent leurs grenades à la maiu , depuis le chemin des rondes du corps de place, sur ce même couvre-face, qui n’en est éloigné que de lo à la toises. Enfin , on met eu jeu la nouvelle rangée de pierriers qu’on a dû établir dans ce chemin des rondes, en observant de faire retirer les •soldats qui sont en avant dans ce même chemin des rondes chaque fois qu’on se dispose à mettre le feu aux pierriers qui sont derrière.
Ces pierriers , qui s’approvisionnent facilemenfde la place ]»*• les passages pratiqués de plain-jiied .sous la mas.se de terre du rempart, inonderont de projectiles tout le terrain qui est en avant , où l’ennemi comme o'n vient de le dire * est obligé
SUR LA FOBTIFICATJUJI PRIMITIVL. l3
de se tenir en force , pour ne pas être sans cesse liarcelé sur ses deux flancs.
Tels doivent être les procédés de la défeuse jusqu’à ce que lu brèche soit faite au corps de place. Que cette brèche soit enfin ouverte, soit avec le canon, placé je ne suis où , soit par la guerre .souterraine , je ne sais comment , au moins sera - ce toujours dans un mur d'escarpe dont le |>arapet est isolé par le chenun des rondes. Ainsi ce parapet ne tombera point dans le fossé , et l’as.siégé le conservera jusqu’à la fin. Par conséquent , en supposant qu'il soit décidé à soutenir l'assaut, il ne cessera de pouvoir faire i:ouler des grenades grosses et petites le long de cette brèche, qui restera haute et escaq>ée^ et si l'assiégeant ne parvient [>oint à donner à cette brèche une grande largeur , il ne pourra éviter d’étre pris , pendant l’assaut , sur ses deux flancs par le chemin des rondes, en même temps que ses derrièi^ serout. menacé.s d'élre attaqués de même par les coupures du glacis et par la grande place d’armes , qui règne au bas de la contrescarpe , tout autour de la place.
Quoique ce nouveau système de fortilication ne soit pas fondé sur le principe du flanquement , il est à remarquer qu’il n'est aucun point du théâtre des opérations qui ne soit défendu de très près par une grande quantité de feux , soit d’un genre , soit d’un autre ; ce qu’on ne saurait dire du système bastionné , tel qu’on l’admet aujourd’hui , et |K)ur lequel ce qu’on appelle flan- «[uement n’existe véritablement que de nom (*). 11 est à remarquer surtout que , dans le nouveau système ici proposé , l’ennemi depuis le couronnement du glacis jusqu’à la fin du siège, ne cesse pas un seul instant d’étre sous le jet delà grenade
(*} On uit que les ouvrages du systÈme appelé moderne sont , pour ta plupart, très mal flanqués , ou no le sont point du tout Le corps de place même n’est point exempt de ce défaut , qui est si grave aux ;enx des partisans de ce système.
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à la main, qui , au jugement des plus célèbres ingénieurs , est , de toutes les armes connues , la plus dangereuse et la plus propre à arrêter entièrement la marche de l’ennemi. Ce genre de défense rend comme impossible le procédé méthodique des sajies , prescrit par M. de Vauban , et réduit l’assiégeant à n’attaquer jamais què de vive force ; ce qui doit être , comme je l’ai dit maintes fois , le but constant des efforts de l’assiégé , puisque c’est ainsi qu’il {>c'nt rametier l’étaudes choses à ce qu'il était avant M. de Vauban.
Si l’on demeure bien convaincu de cette vérité , qne le auooès dé la défense consiste ,‘ en effet , essentiellement dans l’art de contraindre l’ennemi à n’attaquer jamais que de vive force, aCn de le tenir continuellement e.tposé à découvert au feu de la mousqucterîé'iff de l’artillerie de la place, on sentira que le vrai riioj^n d’y parvenir est de le harceler tellement dans ses têtes de sape, qu’il lui soit impossible de Cheminer ainsi pied k pied. f)r n eSt snsible que ce qu’il y a de plus eflicace pour harceler ainsi l'ennemi dans ses têtes de sape est , d’une part , lîCttltihiplicité d es petites sorties faites de pr ès à l’improviste , et, de l’autre , le jét fait aTOC profusion de grÔfî33iM jêtw» X Ta main dans Ces mêmes têtes de sapes (*); il faut donc que le logement
De ce qa'on doit toojotars | iTnUtit qne possïMe , oontnmdre rennemî à n’atUqner jomaU quede vive foree » il faut te garder d’en conditre qn’on doive alors lut rciitler de pied lèrme : il faut en cooejure tout le contraire \ car on ne cherche k se faire attaquer de vive force que pour obliger rennemi de sc montrer en masse exposé au feu delà place. Ce aérait doue nihr dîVcfctCtnttnt oemtre le but que d’opposer alors la défense de pied ferme , püisque , pendant la niélée , le feu de la pliioc demeure ■écesuirement suspendu. La r^le uatui’cllemcnt ameuée par 1a réflexion est que , contre les attaques de force , il faut employer principalement le feu direct de l’artillerie et de la œousqueterie j et que , contre les attaques méthodiques ou faites pied à pied , ce sont principalement les feux courbes lancés de prés, comme la grenade à 1a main , et les petites aortics, qu’il faut mettre en usage. Je reviendrm , dans one autre note de ce Mémotra , aur la défense dite de pied ferme , parce que cV:st le point le plus easc^iel de tous t et que les idéoa à ce sujet reparaissent pas étir bîcn-tssises.
SV» FOKTIFICATIOS FWMITIVE.
de L’assiégé soit couslamment au plus près jwssible de celui de l’assiégeaut ; et pour qu’uue fortiticalion soit bonne , il faut qu’elle puisse se }>rêlei' à ce genre de défense ^ c’est-à-dire qu’elle doit être disposée de manière que , dans la défense rapprochée , le cheminement de l’ennemi ne puisse se faire <{ue sous le jet immédiat des grenades à U main , et sans cesse menacé d’une attaque subite. Les coups tirés de loin ne peuvent que ralentir , mais non arrêter entièrement le progrès des sapes •, les grandes sorties sont facilement prévenues et repoussées par l’ennemi. La proximité continuelle du logement de l’assiégé de celui de l’assiégeaot , jieudaut toute la défense rapj)rochée , est donc indispensable pour le succès de cette défense ; et voilà IMJurquoi M. de Vaaban prend toujours tant de soin, lorsqu’il veut porter son attaque sur un point quelconque , de commencer par en écarter l’assiégé , suit par ses ricochets , soit j)ar ses pierriers , soit par ses cavaliers de tranchée ; et qu’il n’attaque enün de vive force que quand il lui est im- {xxssible de faire autrement. C’est donc à remplir cette condition , de se loger toujours au plus près de l’ennemi , à couvert autant que possible de son feu et de ses coups de main , que doivent s’appliquer ceux qui sont chargés de construire les places fortes; et la forl'iiication primitive, qui fait la base du sjistèrae précédent , me parait être ce qu’il y a de plus propre à remplir cette condition.
Ce système n’est , à proprement parler, que la fortiiication primitive elle-même; c’est-à-dire telle quelle pouvait axister avant l’invention du llanquement : ce n’est autre chose qu’un loug glacis , commençant près du corps de place, et iiuissant à l'extrcmité de la ligne de plongée- Dans ce glacis sont faites transversalement plusieurs coupures assex peu éloignées l’une de l’autre pour que chacune d’elles puisse être défendue de celle qui est derrière par des grenades jetées à la main , et pour qu’il
t6 SDB LA FORTIFICATION PRIMITIVE.
en nfeulte autant d’enceintes revêtues, auxquelles il faille foire brèch<! , soit |Mjur les enlever d'assaut , soit pour s’y loger à la sape. Kn un mot , la place entière n’est , à proprement parler , qu’une vaste tour enveloppée d’un glacis, dont tous les points sont susceptibles d’être défendus par- une alternative continuelle de coups de main et de l'emploi des armes à feu , conformément au principe que j’ai posé jiour la défense des places fortes en général. •
On ne manquera |«s de m’objecter que ces coupures dans le glacis .sont autant de parallèles ou places d’armes toutes faites pour l’assiégeant , et que les couvre-faces en terre sont des parapets tout construits. Admettons cela jKmr un instant ; mais ce sera seulement lorsqu’ils seront pris. Or la difficulté est de les prendre, d’empêcher ensuite que l'assiégé ne les reprenne : c’est de s’y garantir des retours offensifs qui , pouvant à chaque instant Se renouveler sur ses deux flancs par ces mêmes coupures, obligent l’assiégeant à demeurer constamment en force sur le théâtre des attaques , où pleuvent les feux verticaux. î.a meilleur place possible pour la défense d’un pays devient aussi une forteresse toule laite ptiu i' l* g imemi - , ' du ri um i e ut quelle est prise. •
•Te ne reviendrai pas sur ce que j’ai dit , dans mon ouvrage , au sujet des feux courbes 3 je crois y avoir répondu d’avance à toutes les objections qui m’ont été faites depuis : il se peut qu’il y en ait quelques-unes de vraies; mais elles ne se rapportent qu'à de simples accessoires, et les principes n’en subsistent pa.s moins.
Des expériences faites sur des projectiles trop petits ne prouvent rien , sinon qu’il faut en employer de plus gros.
Celles qui ont été faites par le général prussien Scharnorst ont confirmé l’opinion que nos prédécesseurs s’étaient formée de l’efficacité des feux courbes, et l’ont augmentée; elles ont appris
Stjv LA fortification prisutive.
que le pierrier, employé d’une manière convenable, porte beaucoup plus loin qu’on no l’avait cru jusqu’alors , et disperse moins ; que les pierres ne s’écrasent point et sont meurtrières ; qu’en un mol, celte arme remplit à elle seule toutes les vues d’action et d’économie qu’on j>eut désirer. Cela suAit à mon objet , qui est uniquement celui de la défense des places ; et le surplus n’æt , à cet égard, qu’une théorie oiseuse (*),
(*) M. le nujor Borl^tein , dans le urant Traité qu’il vient de pnbtter i Berlin , vur l’Artillerie , lait i*oir que mon calcul sur 1 m chances relatives aux leux courbes « s’accorde parfaitement arec le» résoltaU qu’ont fournis les expériences du général Sharohorst , et que je n’en ai évalué tûus le» avantage» qu’au minimum ; c^ctl'à>dire que^ sur itk) coups tirés au hasard en ligne ^rabolique , un an moins doit porter, comme je l’ai supposé , en prenant le terme moyen sur un très grand nombre de coups. Quant k CO qui regarde la grosseur des projectiles , M. le major Borkenstein fait ohierver., avec juste raison , que ce n’est point U le noeud de !a difliculté , parce que si les projectiles de fonces ne sulTiscnt pas , on saura bien en employer de 8 ^ que si ceux de 8 sont encore trop petits , on en emploiera de 16 ; qu’enfin , si ceux d’une lirre ne simt pas encore asses gros» on en emploiera de a, de 3 , etc. ¥oyez son ouvrage écrit co allemand , a vol. in- 4 * , intitulé ^
f^trtuch zu *ifum Uhrgtbàutie der theoriich-practuchtn artilUrit wi^truchûft-, Von cari Friedrich BvrkenaUin, major in kônigUch norwegUchen dientten 3 ritter von Schwerdl^ ^ orden* Berlin i8aa. Gedruchi unJ vwriegt O. üeimer, •
Ceux mêmes qtd se sont te pTus'atfachés k faire la crîtîqne de mon système de défense par les feux verticaux conviennent tous que josqu’ici on a eu le tort de négliger beaucoup trop œ moyen, unanimement recommandé par les plus cclêbrcsengénieurs. Cet aveu me sunit. Je n’ai certainement pas eu la pensée de m’en attribner la découverte , puisque fai moi-mémo invoqné l’autorité de ces maîtres de l’art par la citation que j’ai faite de tout ce qu’ils ont dit de plus fort à ce sujet Mats si ce moyen de défense n’était pas nouveau en théorie , il l’était au moins dans la pratique : je pouvais donc , ainsi que je Fai fait dans mon ouvrage, merètre réservé pour en faire l’application dans quelque occasion importante. Je pourrais faire observer aussi qu’il y a quelque différence entre l’emploi des feux courbes comme moyen simplement auxiliaire , ainsi qu'on i^nkars fait, et l’emploi de pes mêmes feux comme moyen principal (quo^ue noIIeoMl|PSmnsif) , comme je l’ai proposé^ car celle différence change totalement, non-sepleanl le système général de la défense , mais encore celui de Parmement , et edui de la coaitrOD* tion même des places. ^ <
En dernière aiulysc , la seule objection plausible qui m’ait été faite est celle de dirê :
lO SUR LR FORTIFICATION PRIMITIVP.
sous sileBCâ une foule considéretiç^^çeUUvos
de la fortiiicaûon primitive doat]e vieas ,
ils\& que celui d’un meilleur commandement sur la >
celui d’Ûue plus grande sûreté dans les communications , Qnm de la suppression du palissadeunent et des nombreux travaux d’urgenoe qu'exige , dans la système ordinaire , la seule mise en état de siège; eniin, et principalement , lu conservation des dé^ Tenseurs , qui , dans le nouveau système , sont la plupart du temps sous des voûtes à l’épreuve , ou dans des chemins des
Vo» projectiles sont trop petits ; or à cela H aussi udc seule réponse à faire ; Emptovea-en de plus gros , les pierres ne maaqueut pas.
Sans me EnTcrà^de vaines discussions sur le mérite comparatif des armes anciennes et des armes nouvelles , il me suffit de savoU qu*une fléclie est metu-trière pour que je lui donne la préférence, même sur les armes h feu, lorsque l’iisage en est plus sûr et plus commode. Ici , par exemple , je croîs qu’on pourrait cmplo^'er avec succès des arcs , des arbalètes ou la fronde, pour remplacer , au besoin, les pierriers dans les cliemins des rondes des convre-faccact du corps de place*. Les mortiers portatifs de Gobëorn pourraient y être d’un excellent usage, de même que le petit mortier h main'que j’ai proposé pour tirer par les créneaux. Si les inoonvéniens auxq[aeU on prétend que celui-ci est sujet M' MHS pas entièrement imaginairea, du moins est-il mille no^ens d*v remédier , soit en diminuant conveïLàEMlIlUnt UT tMugt (h! pumliv, SMi'ViPangfbontantTangle^ clinaiaoUj soit en rarmant d’un fort crochet , pour cm|>éclieif le iccuL Quand mémA la |M>rtéc de oeltc jirqae serait réduite a 3o ou 4o toises seulement , par la diminution de U charge de pou4(C , elle serait encore très précieuse , parce que , lancée ainsi de l’intérieur d’un ouvrage , elle aurait encore assea de force pour franchir lea fossés les plus laj^pt , et aller tomberons lus batteries de brèche et les contre'batteries de rennemi. •
J’ajouterai, par occasion, que, malgré leridicole qu’on a voulu jeter sur l’expédient prop«»sc par M. Hachon de la JomAriëre, de détremper au mo}CD de pompes Ica terres du logement dç l’ennemi, je persiste à croire que ce moyen pourra s’utiliser. Si ,• par exemple ) lorsque r^issiégeant donne l’assaut au bastion, il j avait au bas du rempart , derrière la brècl^ , plusieurs pompes dont les jcU retombassent sur celte brèche, je doul^g^iJ|lqu’il lui fû^possUilc d’y monter, et encore moins d’y établir un logement 11 j a ^M gKomes auxquelles U no faut point proposer d’innovations^ ce n’est cependant que pièdes innovations que les Arts footdes progrès. Les premiers essais en toutes choses sont ordinairement très imparfaits , mais ils renferment quelquefois le germe, d#, vérités utiles* .
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8UB lA POBTIFICATTO?» MtmîTTTï. , *
rondes dërobrfs aux vues de l’ennemi , ou sur des bfthquettdS . qu'on ne peut battre en ricochet , à cause de leur pen de largeur et de leur forme circulaire j tandis que dans le système ànjourd’hui pratiqué, le ricochet en détruit une si grande quantité , sur les remparts rt sur les chemins couverts , sans qu'il en résulte I4 moindre utilitëapour le succès de la défense.
J’ai supposé d’abord, pour plus de simplicité, que l’enceiAte de la place était parfaitement circulaire', mais il est évident qu’on peut loi donner une autre forme courbe quelconque , sens rien changer à éfes propriétés , et , par là , adapter cette (brlihcation à tous les accidens du terrain ; tandis qu'on ne saurait y plier les longs côtés do la ligne bastionnée sans la livrer aux effets désastreux de la plongée et des ricochets. Ce nonvetlu syà* lème est donc inliniment pins maniable et plus dOnveflaWe èt ta fortilication irr<^;nlière ; on peut lui faire suivre les siûUOsrfés d’une enceinte déjà tracée , cenx d’une rivière ^ d’une chaîne de hautcius ou de la mer.
On peut également , saivant ce .système f fortifier des endroits trop resserrés pour la ligne bastionnée , et les rendre SM»* ceptiblea à pea près de K» même défense que les grandes places. Par exemple, le moindre fort carré bastionnë, en Ini donnant pour côté extérieur 3 oo mètres seulement , exigerait an 'emplacement de 90,000 mètres carrés entre les quatre côtés «ttérieVW», et cependant ne procurerait qu’une fortilication étranglée ettvèïr mauvaise à. tous égatrcLs; tandis qrf’une enceinte circulaire do rayon de i*bo mètres , qui n’exigerait qu’un emplacement de 3o,«o« mètres carréo, c’est-à-dire le tiers seulement da fort dont OD vient de parler ^ disposée snivatrt le nonvean système , pourrait faire une excellente place. a
A* premier corrp'd’œil on pourrait croire qne la dépense du nouveau système , ici proposé , doit être plus considérable que dde dn système do M. de Cormontaingne; mais avec un peu
ao • «UR tA FORTIFICATION PRIMITIVE.
d’attention , on reconnaîtra facilement que c’est le contraire , et qu’on peut la rendre encore beaucoup moindre sans altérer es- . sentiellement ses propriétés.
I®. Le mouvement des terres pour les déblais et remblais est ' beaucoup moins dispendieux dans le nouveau système que dans l’autre , parce que les fossés sont moins profonds , et que les excavations s’y font sans épuisement d’eau.
a°. Les murs du nouveau système, étant tous circulaires, exigent beaucoup moins de développement pour renfermer un espace donné , que ceux qui ont une forme angulaire ou bastionnée.
3°. Ces murs étant,détachés des terres exigent moins d’épaisseur , et ceux auxquels j’attribue 6 pieds d’épaisseur , par exemple , peuvent, sans nuire essentiellement à leur solidité , être réduits à 5 et même à l\. De plus, leurs paremens étant verticaux , ces murs ne sont point sujets aux dégradations qui ruinent en peu d’années les murs terrassés ou en talus.
4°. Les murs d’escarpe et de contrescarpe du nouveau sys- ' tème, ainsi que ceux qui sont dans les coupures du glacis, sont beaucoup nlnmin qiia «lÂWGarpe , de
contrescarpe et de gorge de l’ancien. •
5°. On peut , sans inconvénient sensible , supprimer entièrement la contrescarpe du nouveau système , en lui substituant un simple talus en terre ou un glacis à contre-pente ; on peut égaieinent supprimer le contre-mur de 3 mètres de hauteur et de 3 pieds d’épaisseur, établi dans le chemin des rondes du corps de place pour arrêter l^ÿ projectiles qui roulent sur le talus , et y .suppléer par une simple tranchée faite au pied de ce talus. -
L'immense quantité de pierres de taille employées dans le système tfctuel pour revêtir les angles saillans , et pour les souliassemens dans les fossés pleins d’eau , est d’une très grande d»-
SUE LA FOETIFICATION PRIMlTrVE. al
pense , qui ii'a pas lieu clans le nouveau système , où toutes les fondations , d’ailleurs , se font à sec.
7“. Le terrain occupé par 'la fortification , et qu’il faut par ronséquent acheter des particuliers , est beaucoup moins considérable dans le nouveau système cpie dans l’autre.
8°. Le nouveau système dispense du palissadement et d’une immense quantité de barrières , de rampes , de tambours en cbar|>entc , etc. , qui deviennent bientôt inutiles si la place u’eit point assiégée. *
Je tais abstraction des retranchemens et autres ouvrages accessoires , parœ que c’est pour un système œmme pour l’autre.
D’après ces consi^rations , et sans entrer dans le 4 oisé circonstancié de chacun d’eux , il est évident que la dépense du nouveau système est tout au plus moitié de celle du système de, M. de Cormôntaingne. *
On peut renforcer de plusieurs manière^ le système dont on vient de parler. La première , et la plus importante, est un re-. tranchement générai , c’est-Â-dire ijne nouvelle enceinte en dedans de la première , et faisant tout le^our de la place intérieu- . rement : cette nouvelle enceinte est susceptible de divers degrés de force ; on peut se contenter d’en tbire un simple mur de capitulation , pour l’instant où l’ennemi déjà maître du corps de place , serait parvenu à y établir ses batteries de brèche. Dans ce cas , iksuflit d’un bon mur osénelé , isolé du rempart par une rue , et élevé depuis le ébl de la place jusqu’à la hauteur de la crête du même rempart. Si l’on veut augmenter la force de ce retranchement , on adossera à ce mur , en dedans de la place , une suite d’arcades à l’épreuve de la bombe , de 7 ou 8 toises de profondeur , sur lesquelles on établira un terre-plein pour les batteries de canons , soit découvertes, soit blindées , dont le«parapet sera en pierres ou en briques , attendu qu’il ne peut être aperçu de la campagne. Les arcades qui sont au-dessous forment
SCR FORTIFICATION .PHIUITIVE.
aï
uutaot de souterrains pour servir de magasins et même de casernes. ,
Mais le mieux serait , en aÛêt , de construire une caserne défensive qui fil tout le tour de la place, en laissant entre elle et le pied du rempart une large esplanade qui servirait aux exercices de la troupe , ainsi que de parc à l’artillerie et pour les efiists de la lôrtilieation , et où l’ou pourrait réserver un emplace- «
U^nl pour servir de promenade publique. 11 faut toujours de grandes casernes et de vastes souterrains dans une place assiégée, pour qit,’elle soit capable d’une boune défense ) et la disposition indiquée ici me parait la meilleure. Ân surplus, vis-à-vis des parties d« l’enceinte qui sont éloignées des ^dts attaquables, la clôture pourrait être réd*uite , comme on l’a dit plus haut , à un Mmple mur c^nelé.
. Une seconde manière de renforcer l’enceinte de la place serait do pi oluii^r la quene des glacis jusqu’à 6 pieds au moins audessous de l’eau , lorsque le terrain s’y prête , en éloignant d’âutaut la contrescarpe , qui aurait alors beaucoup plus de hauteur, et réguerait aânsi derrièro un fossé plein d’eau. Comme cette
rnnlrpftrai-pi^. nMMiU inn j niiiML '^irlftf lt Wr i TItt V" **i°|mift lo
corps de place , ainsi que le fossé , la descente et le passage de ce fo^é ]>Iein éprouveraient de-gruedes difiicaLtés. L’assiégé se ménarrait ses.oommunicaftions par de petits ponts de bois ou de l«atitefà.chaussées. « *
ijUlte U’oisième nianiènede renforcer 1*6 parties faibles (fel’ea- «einln serait de constmire au haut de la contrescarpe, à qoel<ques toises en a\nnl du bord , ime ehatoe' de fMtios , pour Neti\ir de postes avanoés, et tenir l’ennensii pins long - temps ébngué.dc la plaee. Ces fortins pcorent recevoir toutes sortes de formes, oommeicellesdeDedoutes, de flècWs, de lunettes, suivant! les oirnonstanccs ^ ou y eutare par des passages aouterrains, dont la. portuiesi dans lo mur <k: ooDtreaoarpe , dont'iio fortin doit être
sua LA FORTUICAIION PRiaU'tlVB.
«Mz proche pour en être défen4u [«r des grenades jetées à ta main ; cliacan de ces fortins doit aussi pouvoir se défendre isoiénaent , en jetant des grenades de so» inlérieiDr sur le togetnent de l’ennemi , lorsqu’il vient le cerner.
Par exemple , pour construire im semblable fortin en formé de redoute carrée, dont un des angles regarde la cafopagne , il n’y a qu’à examiner le tracé donné ( ]danclte 1 , fig. a).
A est une portion du mur de la coutrescarpé dams lequel est pratiquée une porte dont le seuil est au niveau de l’avant - fossé qui est derrière , on un peu ao-âessus de l’eau , s'il y en a dam col avant-lossé. Decette j)orte, on commanTtjae de plain-pied par un passage souterrain , vonté à l’épretrve , de 5 à 8 toises senle^ ment , à l'int^ieur de k redoute , |>aT l’nn des afogles ; ce sot>terrain doit se fermer par une double porte à l’entrée et à la sortie. Cette redoute n’est autre chose qu’une petite place d’armes de 10 mètres seulement de lùèe , close par un mur de'6 pierfs d’épaisseur et haut de i8, de manière qu’il domine le tcTraftl environnant de 6 pieds. Au niveau de ce terrain , c’est-à-dire à 6 pieds an-desBouS du sommet de ce mur de la redfotrte , règne intérieurement nne banquette de r» piock <lo largeur, prise *sur l’épaisseur du mur , dowt le haut se trouve ainsi réduit à 4 pieds d’épaisseur , et forme une espèce de parapet j dans lequel sont percés des créneaux de 3 en 3 pieds ; et entre ces créneaux sont des dez de pierre , pour exhausser le soldat lorsqu'il veut tiret ou jeter des grenades par-dessus ce parapet; on monte à cette banquette par des gradins. 11 y a dans la partie inférieure de ce mur un second rang de créneaux pratiqué sons de petites -arcades pour abriter le soldat , et dont le seuil est d’nrt mètre audessus du terre-plein de h redoute.
Cette redoute est entourée de tous côtés par un fossé de 6 mètres, excepté à l’endroit du passage d’entrée , qui est sépâté de CO fossé par un mur crénelé semblable au premiet. Ce fossrf
a4 SUR LA FOBTIFICATKMi PRIMITIVE.
est de plain-pied avec le terre 7 plein de la redoute , et son m#'
extérieur ne s’élève qu’à la hauteur de la contrescarpe.
Au-delà de ce fossé , mais seulement vis-à-vis des deux faces extérieures, est le couvre-face de la redoute, auquel je donne 10 mètres d'épaisseur , dont G pour son parapet, 2 jKntr le talus extérieur de ce parapet, et 2 pour la banquette qui est derrière. La hauteur de la crête de ce couvre-face est la même que celle du mur de la redoute. >
Ce couvre-face est revêtu et entouré d’un fossé qui est de plainpied avec l’autre, et vient se rSunir à lui; il en eslj seulement isolé par un mur crénelé placé dans l’alignement des faces intérieures de la redoute , mais qui ne s’élève qu’à la hauteur de la gorge du cou'vre-face , et se termine en dos d’àne au-dessus.
, On cçmmunique de l’intérieur de la redoute au petit fossé clos qui la séjiare de son couvre-face par une porte de 4 pieds seulement de hauteur et 3 de largeur , afin que l’ennemi , s’il voulait pénétrer dans l'intérieur de la redoute par ce petit fossé , ne j)ùt le faire que difiicilement , en se baissant beaucoup, et en déiilant un jiar un , dans cette redoute , au *milieu des défenseïifS.'On tliinni. piinlf; de largeur à ces portes, pour quelles puissent servir à ramener les blessés ; on monte, du petit fossé clos à la banquette du couvre-face par de petits gradins.
En examinant cette construction, on voit, i® que l’ennemi ne saurait coujHjr la communication du fortin à la place , puisqu'elle se fait par une galerie souterraine dont l’entrée appartient à l’assiégé ; 2® que le couvre:face de la redoute fournit un feu de luousqueterie rasant sur la camjiagne, et que le j>eu de largeur de sa banquette ne donne point de prise au ricochet; 3 ° que l'ennemi ne peut aborder ce couvre-face d’aucun côté sans venir s’établir, sur le bord de sou fossé , qui est défendu j)ar les grenades que l'assiégé peut jeter à la main , tant de la banquette ^u couvnv-lace que de celle de la redoute elle-même ; 4° q»C si
sur' LA FORTIFTCATION <PhIllIT(VX. 35
l’ennemi veut se loger sur le couvre-face , il s’y trouvera sous le feu de mousqueterie des créneaux de la redoute et sÔusVfeict des grenades lancées à la main, de son intérieur; 5° que ^[band même l’ennemi serait maître du fossé extérieur du couvre-faéB'^ il ne le serait pas pour cela du fossé intérieur , et encore moins de la redoute elle-même ; 6 “ qu’en sup|josant la redoute prise et occupée par l’ennemi , on j>eut l’y accabler par des grenades lancées à la main depuis le haut du mur de CohtFescarpe , auquel, dans' ce cas, on aura eu soin de faire une banquette ;
7 ° que cetlc petite pièce se défend par' elle-même sans le secours d’aucune autre , et indé()endamment de tout flanquement ;
8 ° qu’elle prend des revers sur la contrescarpe , de manière qu’on ne peut couronner celle-ci sans avoir pris tous les fortins qui la'couvrënt sur l’étendue du front d’attaque ; 9 ° qu’enfin ,' en supposant une chaîne continue de ces fortins stirile bord de la contrescarpe , éloignés l’un de l’autre d’environ'' rOO lDèlïW''r' de manière que chacune des coupures faites à la contrescarpe pour les sorties , comme nous l’avons dit plus haut , se trouve placée entre deux de ces fortins , ces sorties seraient cllicacement protégées de droite et de gauclic.
On voit , par ces tfèTliilS , què de s^nSl^lSles fortins peuvent <■ augmenter considérablement la défense de la place ; qu’ils tiennent lieu d’une première enceinte , et donnent le temps nécessaire pour faire intérieurement les dispositions convenables.
J'ai dit ([u’on pouvait donner à ces fortins toutes sortes de formes : les figures' 2 , 3 , 4 ? ®ti' offrent divers exemples , et s’expliquent a.ssez d’elles-mêmes , d’après ce qui vient d’être dit.
. Un autre moyen d’augmenter la force de la place consisterait à établir, sur la pente du glacis , des lignes de contre-approche , pour favoriser les sorties et prendre des revers sur les travaux de l’ennemi. ^
De simples tranchées droites creusées en terre , telles que le
a6 Sun LA FORTIFICATION PRIMITIVE.
sont Jea ligues ordinaires de contre-approche , ne rempliraient point l’ohjet , parce que leur intérieur ne pourrait étie dérobé aux vues de l'ennemi ; il laut ici quelles soient faites en relief et en zigzags; c’esl-à-dire qu’elles soient formées d'une suite de traverses élevées sur la pente du glacis, en l'ecouvrenient l’une de l’autre , de manière rpi’il y ait entre elles un libre passage que roiineini ne jniisse apercevoir, mais dont tous les points soient vus et défendus de la place , problème qui (icut, je crois, se résoudre' comme il suit :
Je trace (pianobc l , lig. 5 ) dans la direction du rayon uue droite AB , de la crête du glacis jusqn’à l’avant - fossé qui la termine au bas; à droite et à gauche de ce rayon je lui mène deux ]>arallèles, qui en soient éloignées de la mètres chacune, lx; vjui /ail un ânlervalle de 24 mètres entre ces deux jKirallèlcs. J’éfeblis énsuito entre elles des traverses en recouvrement , teibs qu’on Jes voit dans la ligure ; ces traverses forment comme une suite de zigzags, dont les angles sont supposés de Go° : lu largeur de chacune de ces travcrs<« est de 4 mètres , et leur hauteur de a ; do sorte que le terre-plein supérieur de ces traverses forme une~' pW T ft { Hiiii llé le A c r glat i s r o i i i m an déc* de 'a niérPCs par le parapet du corjts de place. La ligne serpentante qui {lasse entre elles marque le sentier de communication de la crête du glacis à l’avant-fossé de la grande place d’armes qui i-ègneau liasde la contrescarpe ; toutes les parties de ce sentier sont aperçues du corps de place, en même temps qu’elles sont couvertes des vues du dehors ])ar les traverses elles-mêmes : ces traverses couvrent égalethent, par leur relief, la crête du glacis par où se fout les sorties. Enlin , il est évident que l’assiégé peut non-seulement se sers ir de ces traverses comme parapets pour faire feu sur l’assiégeant, mais encore délwucher partout, à droite et à gauche, entre elles, sur les travaux de l’ennemi, pour l’attaquer do liane et de ri'vers j ou tirer par les intervalles.
-Digilizedby Ô- vji
SDR LA TOBTIFICATIOI» PRlMItlTl.
Je suppose qu'il y ait de semblaMes lignes do corttroiirpproche de 5o en 5o mètres , ce qui occupera iprès dé la moitiil de la'surftroé du glacis; alors l’ennemi ne {wérrq esécutct ' «ob *
côté de cos lignes, sans sevoir continntelhntient hfcMéfcltf'dfc dw»ifé et de gauche. S’il prend' le parti d'étendt^o sOS' frtfnchl^S déé deux côtés, pour s’e« emparer, il en rencontrera' d'éntres 'pltliJ loin; ainsi, quelle' que soit I étendue' qü’il Tteuillé? 'éthbtasiéf', il aura toujonrsHine de ces lignes de contre-approché U'èS'près dé lui sur chacun do ses flancs. On conçôit'-qué cèfc oüS rAgW dbl" vent êti-e faits d'avartco , et qu’il faut les mettie au htl<rtbhé'’déÜ ouvrages {æi tnancns. "■
Enfin , un moyen dont on peut encore se servir pour augmenter la force de ce système, consisterait à plant(!rct entretenir soigneusement, au haut de la contrescarpe, une forte haie'viVe de 8 ou 9 j)ieds de b.aTitenr , avec une berme de quelques mètres en dedans, sur le bord , et qui fera tout le tour de la place.
Cette berme sennra comme d’un premier chemin des rondes |W)ur empêcher les surprises et la réconnais-sancé dé la place ^ caV celui qui est en dedans voit celui qrti est en dehôCsdir loin et sans en être vu. . __ . . . „
Les avantages que procure cette haie vive regardent moins le front d’attaque lui-raème immédiatement , que les portions dë l’enceinte qui en .sont le plus éloignées, parce qu’elle dérobe à là vue de l’ennemi ce qui se passe en cet endroit' sur le glacis ; de sorte qu’on peut , par c.xemple, y faire jwrquer le bétail nécessaire à la consommation de la garnison. On peut aussi y fairé'des manœuvres et des dispositions pour tomber en ordre et en forbe,
• même avec de la cavalerie et de l’artilltrie , sur les derrières du front d’attaque , par la grahde place d’armes ou avartt-fbssé , eù * appuyant l’une des ailes à la contrescarpe, lorsque l’ennemi, après la descente de cet avant -fossé, s’avance en cheminant sur le gUcis. . ' •
. jT,
a8 SüR LA FORTIFICATION PRIMITIVE.
Si l’assiegeant pense qu’il lui soit nécessaire de détruire cette haie , soit en la coupant 9 la main , soit à coups de canon, ce ne sera pas sans une grande |)ertc d’hommes ou une grande consommation de munitions de guerre. Dans tous les cas , elle aura rendu des ser\ ices importans , surtout celui d’empêcher la reconnaissance de la place. L’assiégé coupe lui-même ensuite les portions de cette haie qui {>ourraient lui dérober les manœuvres de l’ennemi ; ce qui ne sera nécessaire qu’après l’achèvement de la seconde parallèle, parce que, jusqu’alors, on voit très bien les cheminemens de la tranchée , depuis le reuipart , par-<lessus la haie.