LES CAPITAINERIES GARDE-COTES
L'état que donne Voysin des capitaineries garde-côtes de la généralité * peut être heureusement complété à l'aide des renseignements recueillis en 1687-88 par un ingénieur de la marine envoyé en inspection, M. de Montmort-.
M. de Montmort, dans son inspection, était chargé entre autres choses de « visilter les parroisses sujettes a la garde des costes, voir sy les capitaines font leur devoir, les lieux ou il peut manquer des officiers, et les gentilshommes voisins, demeurans actuellement sur les lieux, les plus capables pour remplir les places vaccantcs, informer des abus ^ ». Il eut quelque peine à se renseigner, car il ne trouva, dit-il, « aucuns rolles en forme dans les grelfes des amirautés desdits hommes [soumis à la garde des côtes], ny desdites paroisses »; quand il intei'rogeait les habitants des villages, iis lui répondaient uniformément qu'ils ne savaient rien, n'avaient pas de rôles, ignoraient qui était astreint à la garde et qui en était exempt : chacun en somme faisait le possible pour se soustraire à la lourde chax'ge de la garde.
Ces difûcultés étaient certainement rencontrées par tous les agents de l'autorité qui faisaient de pareilles enquêtes, et il ne faut pas trop s'étonner que leurs rapports soient imparfaits, et ne concordent pas entre eux ^, Mais les soins apportés par M. de Montmort à bien faire son inspection, et les cartes qu'il fit dresser en même temps, donnent une valeur particulière à son rapport.
Le tableau ci-joint donne d'après ce rapport l'état de chaque capitainerie. La comparaison avec celui de notre mémoire permet de constater que les capitaineries, tout en ayant des noms différents, n'ont pas changé de limites sur la côte de 1665 à 1688, à l'exception d'une seule, celle de Villerville (ou de Honfleur), qui, en 1665, va jusqu'à la Touques, et, en 1688, ne va plus que jusqu'à Villerville. (La capitainerie voisine de Saint-Pierre-d'Azy, située en Basse-Normandie, a dû bénéficier de cette réduction d'étendue); en