Dans le Nouveau Code des Tailles, éd. 1761, t. I, p
INTRODUCTION, XI
des Archives des Affaires étrangères, que Clément n'a pas connue, se termine par la mention : « Faict à Paris, le jour de , mdc soixante-quatre * ». Nous avons là une indication positive, que rien ne nous permet de contester. Elle est corroborée par d'autres indices : une lettre de Colbert à Séguier, du 17 mars 1664, que je citerai plus bas, fait une allusion très claire à la grande instruction; n'est-il pas plus naturel de penser qu'à cette date l'instruction était toute récente? Pourquoi Colbert serait-il revenu sur un écrit vieux de plus de six mois? En outre, les lettres des intendants qui nous sont parvenues ne font aucune allusion à leur enquête avant le milieu de l'année 1664 : la première en date est celle de Croissy, expédiée de Poitiers le 2 août*; puis vient une autre de Machault, répondant à une lettre de Colbert du 8 aoùt%* c'est seulement le 4 septembre 1664 que De Fortia parle de son mémoire sur l'Auvergne*, qui sera terminé en mai 1665 ^ Les autres intendants ne parlent de leur travail que dans le cours de l'année 1665. Serait-il admissible que tous ces fonctionnaires, auxquels on ne donnait qu'un délai de « cinq ou six mois » pour tout achever, eussent attendu si longtemps, s'ils avaient reçu la circulaire dès septembre 1663? On est donc en droit de supposer que l'instruction est de peu antérieure au 17 mars 1664.
En ce qui concerne particulièrement la généralité de Rouen, il est probable que l'instruction fut remise à Voysin de la Noiraye au moment de sa nomination à cette généralité, en mai 1664®; son prédécesseur Jean Bochart de Saron-Champigny ne semble pas l'avoir reçue : il n'en parle pas dans ses lettres, et ne commença pas le travail.
On ne saisit pas toujours bien le caractère de cette grande enquête. La dernière phrase de la circulaire
1. Arch. des A£F. Etr., Mém. et docum., France, vol. 1753, fol. 22.