‹ Mémoire sur la Généralité de RouenChapitre 24 sur 228 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

suffisent pas toujours à fonder un jugement; souvent je me suis borné à fournir les éléments d’une recherche plus approfondie; l'étendue de la besogne et mon incompétence sur certains points sont causes de ces imperfections. Néanmoins, mes vérifications ont porté sur un assez grand nombre de points pour établir que, dans la grande majorité des cas, Voysin a puisé à bonne source et nous donne quantité de renseignements exacts, que lon chercherait en vain dans les autres documents de cette époque.

Le mémoire n’est pas aussi complet que le demandait Colbert. La conduite du parlement pendant la minorité du Roi, signalée dans l'instruction comme « la plus importante affaire qu'il y ayt à examiner dans la province », la conduite et l'attitude présentes des juges de tous ordres, sont complètement passées sous silence; il n'y a rien sur les domaines du roi, à l’exception des forêts; rien sur les droits de douane, si importants pour le commerce, rien sur les aides, si onéreuses en Normandie, rien sur les octrois ni sur les finances des villes, rien sur le commerce, les manufactures, les routes, les haras'. Dans les chapitres traités, des points ont été beaucoup plus développés que d’autres, des lacunes subsistent, dont on ne voit pas la raison. Mais même avec ces imperfections, le mémoire supporte avantageusement la comparaison avec les autres mémoires du même temps. Il est bien supérieur à celui que donna La Bourdonnaye en 1698-99?; il faut descendre jusqu'à l’année 1724 pour avoir une description administrative

1. Les autres mémoires rédigés dans les mêmes conditions contiennent tous des lacunes analogues. Ils ne sont donc pas comparables entre eux. Cet inconvénient est dû à la portée trop générale du questionnaire, et à la liberté qu’il laissait aux intendants de traiter les points qu’ils jugeraient les plus importants. La circulaire manquait de la précision et de la rigueur indispensables dans la matière.

2. Il est vrai que le mémoire de La Bourdonnaye est un des plus mauvais dela collection. Cf, ce qu’en dit Boulainvilliers : « Son auteur n’est point entré dans le détail ni des familles, ni des terres, ni des charges...; il paroït avoir absolument ignoré l’ancienne histoire du pays. Il a évité de faire connoître en particulier les différentes impositions qui y sont établies, se contentant de parler en général de la misère des peuples. Il est difficile de dire par quelle raison il a fait un travail si peu conforme à celui des autres intendants, et qui semble répondre si mal aux intentions du Prince pour qui il l’a entrepris : la paresse et la négligence en ont peut-être été les seules causes » (L'Etat de la France, éd. 1737, in-12, t. IV, p. 1).

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