Voy. aussi Judas ses frères {Credo, p
plus haut ; mais par cela seul qu'on y rencontre aussi les régimes mien et lour, on peut considérer comme étant en usage au nominatif singulier, miens, tiens, siens, nostre, vostre, lotir, qui pouvaient être, en certaines circonstances, précédés de l'article H,
Au pluriel, pour le sujet masculin, on employait à la chancellerie de Joinville, mi (1 123, etc.), sui (H 31, etc.) et par exception si (F 5); nostre (I 118, etc.) et par exception no (S 11); loîtr ou leur : on peut en déduire par analogie ti ^ et vostre. La présence du sujet mi dans le manuscrit original de l'Histoire est attestée par cette phrase : « Où sont mi preudomme? » (p. 260) L'usage des chartes et l'analogie autorisent à considérer cet exemple comme un reste de l'orthographe primitive , et à remplacer partout au sujet pluriel les formes altérées mes, tes, ses, par mz, ti, sui ou si. C'est la forme si qui se rencontre dans le Credo (p. 514 et 534).
Nostre , qui ne s'emploie aujourd'hui comme adjectif possessif qu'au singulier, servait aussi au pluriel. Ainsi dans la charte de 1298, on trouve au sujet nostre hoir (W 11) là où nous dirions nos hoirs. JoinviUe a dit de même dans l'Histoire (p. 12) vostre frère pour vos frères, et le manuscrit de Lucques a conservé d'autres passages qui prouvent l'emploi dans le texte original des sujets pluriels nostre et vostre. On est donc autorisé à remplacer dans l'Histoire nos eivos, au sujet pluriel, par nostre et vostre. Quant à lour ou leur, les chartes comme l'Histoire en attestent l'emploi; mais la forme lour est de beaucoup la plus fréquente dans les actes. On n'y rencontre pas, au nominatif pluriel, les pronoms possessifs proprement dits mien, tien, sien, nostre, vostre et lour; mais l'analogie autorise à supposer qu'ils étaient en usage.
Les chartes fournissent pour le régime singulier masculin mon, son, et par exception so7n (G 21); nostre, vostre et lour; il faut y ajouter par analogie ton. Pour le pronom possessif proprement dit, on y trouve mien, nostre et lour, ce qui autorise à suppléer tie7i, sien^ et vostre. Je me contente de citer : 1° dans la charte de 1302, dou temps mon père et dou
1. La forme tui serait l'équivalent de sui; mais je n'en connais pas d'exemple.