‹ Mémoire sur la langue de JoinvilleChapitre 9 sur 55 · PRONOMS ET ADJECTIFS POSSESSIFS · texte numérisé non relu

PRONOMS ET ADJECTIFS POSSESSIFS

Les chartes permettent de constater pour les pronoms possessifs les formes suivantes :

Au singulier pour le sujet masculin, mes et par exception mis (A 10); ses, nostre et lo7^ ou leur, à quoi on peut ajouter par analogie tes et vostre. Je n'ai trouvé qu'une fois nostres avec r^ finale, « li heritaiges seroit nostres (W 58); » cet exemple unique ne suffit pas pour faire croire que cette orthographe fût préférée dans le cas où nostre était , comme ici , véritablement pronom plutôt qu'adjectif possessif.

Mais en dehors de la chancellerie de Joinville on trouve, sans distinction aucune , au sujet singulier, nostres aussi bien que nostre. Au contraire, il faut rejeter comme une faute contraire à toutes les habitudes du temps la finale s que la charte de 1286 ajoute une fois à leur employé comme adjectif possessif ( leurs mesaiges (S 58). Il y a trop d'exemples de lour, lor et leur restant invariables, au sujet et au régime des deux genres et des deux nombres , pour qu'on puisse hésiter à préférer cette orthographe, qui domine dans l'Histoire de même que dans les chartes : l'étymologie latine illorum réglait alors absolument l'orthographe de lour. Quant au sujet 77ies, l'Histoire nous le montre souvent suivi du mot sire ; mais ces exemples , quoique nombreux, ne sont pas concluants, parce que ces deux mots ont fini par se souder et par devenir un simple synonyme de monseigneur. Pour le sujet ses, au contraire, il y a un texte décisif: c'est lorsque Joinville, s'adressant à Louis leHutin, lui dit : « Vous qui estes ses hoirs » (p. 12). Il est vrai que cet exemple est contredit par d'innombrables passages dans lesquels mon, ton et son reparaissent au sujet singulier ; mais je n'hésite point à dire que ce sont des altérations introduites par le copiste , et que l'usage suivi constamment dans les chartes de la chancellerie de Joinville autorise à remplacer au sujet mon , ton , son par mes y tes et ses ^ .

Comme pronom possessif proprement dit, les chartes ne fournissent au sujet singulier masculin que l'exemple de nostres cité

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