‹ Mémoire sur la langue de JoinvilleChapitre 11 sur 55 · On trouve dou sien dans le Credo (p · texte numérisé non relu

On trouve dou sien dans le Credo (p

mien (X 9) ; 2^" dans la charte de 1298, les mots ait iiostre, au lour (W 105 et 112), signifiant à nos frais, à leurs frais ^.

Pour le régime pluriel, on trouve mes, ses, nos, et lor, lour ou leur, comme adjectifs possessifs : à quoi il faut ajouter par analogie tes et vos. Les seuls pronoms possessifs que j'aie notés, au régime pluriel, sont les miens (U 23), et ans lour {X 41). J'estime qu'il y faut ajouter d'abord tiens, siens, puis nostres et vostres, sans exclure pourtant nos et vos qui auraient pu servir dans les chartes, aussi bien que dans les autres textes du temps, et comme adjectifs, et comme pronoms. Seulement, j'avertis que je n'ai pas eu occasion de remarquer que dans l'Histoire ni dans les chartes, nos et vos aient rempli l'office de pronoms possessifs au pluriel masculin, tandis que j'ai noté aus nostres à la page 128 de l'Histoire.

Pour les possessifs féminins, il n'y a pas de différence entre le sujet et le régime. J'en donne ici la liste, en suppléant entre crochets les formes qui manquent ou que j'ai omis de noter dans les chartes. Au singulier ma, [ta], sa, nostre, vostre, lour (plus souvent que leur) ; au pluriel [mes, tes, ses], noz, [voz], lour, lor (plus souvent que leur). Les pronoms possessifs proprement dits étaient : au singulier, moie (L 60), [teue], seue (W 141), nostre, [vostre, lour]; au pluriel, [moies, teues], seues (W 105), nostres, vostres^, lour.

Dans les chartes comme dans l'Histoire, Y a de ma et de sa s'élide devant un mot commençant par une voyelle : on écrivait donc s'arpie (D 6), m'arme (U 18 et X 11), pour son âme, mon âme; de même dans l'Histoire on trouve m' escharpe (p. 82), s'arhalestre (p. 78), etc. Le pronom possessif ^a moie, que j'ai noté dans la charte d'octobre 1266 (L 60), se présente assez souvent dans l'Histoire, ou isolé, comme dans la charte, du substantif qu'il représente (« la coulpe n'iert pas moie, mes » vostre^ »); ou joint à un sul3stantif, mais précédé des articles

1. Dans la réalité, ce sont des mots neutres, dont je reparlerai plus tard; mais à n'en considérer que la forme, on peut les assimiler à des masculins.

2. enverra toutà l'heure, par un passage du Credo, que pour le féminin surtout il ne faut pas exclure les formes nos et vos de la liste des pronoms employés par Join ville.

la ou une (« la moie^ place... une moie meson^ »). C'est sous cette dernière forme que se présentent les pronoms seiie et nostre dans la charte de 1298, la seue chose, les seues choses, la nostre chose (W 105, 141 et 204). On trouve de même dans l'Histoire la seue bataille (p. 204) ; ailleurs : « cui terre venoit » après la seue » (p. 316), et plus loin : « Je requis au roy qu'il » feist savoir la vérité se la terre estoit seue ou moie""^ » (p. 454). Le Credo fournit quelques autres indications. Au singulier féminin la moie et la soe (p. 516), la soie cote (p. 524), nostre délivrance (p. 522), la nostre loi (p. 530), lor loi (p. 522); au pluriel 7ios mères (p. 508), leur joies (p. 530). Mais il faut noter surtout (p. 514) les nos chars, c'est-à-dire l'emploi de l'article devant nos, ce qui ne permet guère de douter que les nos ne fût pour Joinville, sinon au masculin, du moins au féminin, un équivalent du pronom les nôtres, tel que nous l'employons aujourd'hui.

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