‹ Mémoire sur la langue de JoinvilleChapitre 17 sur 55 · NOMS DE LIEUX · texte numérisé non relu

NOMS DE LIEUX

Les noms de lieux dans les chartes ne se présentent qu'au régime, et par conséquent ils ne doivent avoir 1'^ finale que dans deux cas, quand ils sont invariables ou quand ils sont au pluriel. Sans vouloir énumérer ici tous les exemples, je dirai que Blesois et Ornoys devaient être invariables comme bourjois et mois, ou bien encore Dongieiiœ et Dongeœ comme religieux et religiex. D'autres noms devaient prendre 1'^ parce qu'ils étaient au régime pluriel à cause du nom latin d'où ils dérivent, comme Arras, Chaalons, Langres. Il en est d'ailleurs qui sont précédés d'un article au pluriel comme Barbarans, Esseinges, Fronteœet Trembloiz (1 50), qui paraît dans la même charte au singulier sous la forme Trerabloi (I 56). Quant à la double forme Dolevanz (I 28) et Dolevant (1 85), elle peut s'expliquer comme les formes Loranz et Lorant, dont je parlais tout à l'heure. En tout cas, quelques fautes commises par les copistes ne pourraient autoriser à supposer qu'il y eût pour les noms de

lieux une autre règle que pour les substantifs ordinaires. Cette hypothèse est d'autant moins probable que les noms de lieux ne sont souvent que des substantifs pris accidentellement dans un sens particulier par les habitants du voisinage, pour désigner une localité qui leur est connue. Il est même difficile parfois, sinon impossible, de reconnaître quand ces mots cessent d'être des noms communs pour devenir des noms propres.

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