‹ Mémoire sur la langue de JoinvilleChapitre 38 sur 55 · Et réciproquement servitutes au lieu de servitudes · texte numérisé non relu

Et réciproquement servitutes au lieu de servitudes

où il semble difficile d'attribuer au g le son du j. Il devait, au contraire, avoir ce son dans dimenge et dimmange^ , comme dans ge où par exception il remplace \ej. On le trouve combiné avec r^ pour tenir lieu de 1'^ dans seigsante, qui s'écrivait aussi ses santé. Je suppose que dans des mots tels que recogneu, awnogne, semeigne, pregnoit, le g restait muet comme il lest aujourd'hui dans signet, puisqu'on trouve ailleurs reconu, aumône, etc. Cependant, je dois faire observer que \n prenait peut-être l'articulation des lettres gn quand on l'employait dans des mots où ces deux lettres était ordinairement réunies. Je croirais, par exemple que Champenne (E quater 1, L his'^ et sinor (E quater 3), se prononçaient de même que quand on écrivait selon l'usage ordinaire Champaigne et signor^.

La lettre h devait être muette lorsqu'elle pouvait s'ajouter ou se supprimer au commencement de certains mots, tels que eritage, héritage, avoit, havoit, oir, hoir. Le j pouvait se substituer au g dans forjes et aux lettres ge dans bourjois, Jorge, oblijons. Le k remplace une seule fois les lettres qu dans la conjonction ke. La lettre l paraît au lieu de r dans la dernière syllabe àepriolez et de Cliinstofle. Elle pouvait avoir le son mouillé sans être redoublée dans file, qui pourtant s'écrivait plutôt fille; elle pouvait se redoubler sans prendre le son mouillé dans ville qui s'écrivait aussi vile. La lettre m se rencontre devant des gutturales [anicomhrement , cimquante), et la lettre n devant des labiales (decenbre, en2wschement)\ elle s'assimile à Y m qui la suit dans nommuebles (W 48) et ne s'y assimile pas dans homnage (B 5)) et sonmes (H 166). Les lettres qu se rencontrent au lieu du c dur dans auquons (E quater 22), et par une permutation analogue au lieu de connossant ou escomeniés, on pouvait écrire quenossant (E quater 3), esquemeniés (E bis 24).

La lettre r devait être muette à la fin de l'adverbe deseur, desseur ou desur quand le mot suivant commençait par une consonne; car dans ce cas il s'écrivait le plus souvent dessus, desus ou desuz. Mais la finale étymologique de desuper devait se prononcer dans l'adverbe français quand le mot suivant commençait par une voyelle : c'est ce que prouve l'orthographe

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