II
(^ 3 ) Note du père Gillet sur sa traduction de Joseph. 1 , i 3 S.
Icure kîçon culte tleiix manuscrits, Scfaweigliæiiaefj se servant tic ce passage, a rejeté d’aiprès Musgrave, celle que présentent quelques éditions de Ü’histoire des guerres de Si rie ( i), èiri ‘/psî* toO tov ECiçpa-miv tàv S upiSa yŸîv àp^ovEtv.
Voici le passage entier qui ne laisse aucun doute à ce sujet dans l’Histoire des guerres civiles:» peu de « tems après être entré à Babilone,. il s’embarqua « sur l’Euphrates pour se rendre au canal de Palla- « cotta, qui reçoit les eaux de ce fleuve, et les disu tribuant dans des étangs ou dans des marais, em- « pêche que ces eaux ne se ivpandent dans les plaines « tle la Sirie et ne la. submergent. Il avait, dit-on, « l’intention de retenir les eaux de ce canal par des « digues, et c’était là l’objet de son voyage, » .
Gronovius parle de ce canal dans une dissertation De fossa ex Euphrate. , qu’il a placée à la fin de son édition d’Arrien sur l’expt'-dition d’Alexandre. .Strahon eu parle aussi (x). Le lecteur qui voudra se faire une idée bien juste do cc canal, de sa situation par rapport à Babilooe et h l’Eupbrates, petit consulter la petite carte géograpliiq*ie qui se trouve dans le troisième volume du P'ajage de Néaeque, de Vinceot, traduit par Bill ecocq (3). I.,a Suite aa Voyage de Néarque (4) renferme des détails précis sur ce canal,
(i) Page igg de l’ancienne ddition , et 6 ia , cbap. 56 , de celle de .Schweighieuser. Lipsiai 1 78g.
(a) Livre XVI, p. 74* suivantes. '
( 3 ) Page 120.
( 4 ) Page •x\i et suivantes.
iioiiiiné PaHnv(>ixis , t'1 non P>ilhcotht , qiu> porle l«' grec d’Appicii. Cos details prôiivont (|iio le canal était destiné à conduire les eaux de l’EuphraleH dans ie lac iiDtivmé aujoiird’liui Mesdhkl^Âli ^ ;et -à féconder les terres des campagnes voisines 'de Bahilone. Il faut donc qu’Appien se soit troni|>é ajf sujet de son Paliacotta, ou que son texte Roit' coréompfi , puisqu’il dit que ce canal n’avait été 'Creusé que pour empêcher les eaux de l’F.uphrati’s de se répamlre dans les plaines qui de bordaient. *Ce qui ' fortifie cette conjecture, c’est ce qu’il dit de- rinteniion d’Alexandre, ([Ui voulait faire réparer cC canal , parce que, dans le |)roj»!t qu’il avait de rendre à Babiloue son aiicieulle splendeur, il fallait en meme teins rendi'c au canal dé Pallacopas ses anciennes fondions, qui étaient d’augmenter le produit d(;s terres par le bienfait de l’irrigation f i). Appien n’a donc rien dit, dans ce jiassage, de la terre sériadique.
M. Simon, qui renvoie au pays des chimères ce (jUe rhistdrit'u Joseph raconte des colonnes de Seth, |)i’étend que l’ignorance où l’on est de la terre où Joseph dît qu’elles furent érigées est une preuve que le fait eSt'aussi fabuleux qiic la terre où l’on suppose qu’il est art*ivé, est inconnue. On inférerait' d’un pareil faisotinement que ce que dit l’Ecriturc-Sainte , que les vaisseaux de Salomon lui rapportaient une grande ({iiantité d’or de la terre d’Opbir, n’est qu’une fable ; car, malgré, les grandes recherches que divei's sa vans
^ii di’J.-J (tombes- niMinous sur sa Irad d’Appicn. Paris
iSuH. 1 , 55'| ,
Digiîized by Googie
oat faites peur découvrir où était Opliir, on n’a rien eucore pu établir de certain sur sa position (i).
Le savant ïluet , évêque d’Avranches , prétend avoir fait Voir que les colonnes dont parle Joseph, étaient plutôt des tables astronomiquès, gravées par les anciens Cananéens sur ces colonnes. Il est vrai que l’illustre savant en parle dans l’ouvrage auquel il renvoie ( 2 ) , mais sans aucune preuve. Il y avoue s’être bien tourmenté autrefois pour découvrir ce que c’était que celte Siriade ou Sériadique, et pour y trouver ces colonnes ; mais que M. Vossius avait été plus heureux que lui , et avait montré que Joseph appelle Syriade le lieu qui est appelé Sehirah dans le livre des Juges (3) ; que c’étaient des tables astronomiques, gravées sur ces colonnes par les anciens Cananéens. Ou lit en effet dans cet endroit qu’Aod , après avoir tué Églon, roi de Moab, qui opprimait les Israélites, s’en alla à Sehirah, ou Seïrath, qui était vraisemblablement vers Béthel ou Galgal, près d’un lieu ou il y avait des idoles ou des images, Pesilim ou phesihm, sculpturce. Pertransivil locum idolorum, undè reuersusfueraty venitque in Seïrath. Il y a quelque apparence, dit dom Calmet (4)i que ces gravures ou ces inscriptions qui étaient à Seïrath sont ceUes que Joseph a voulu désigner, lorsqu'il a dit qu’il, y
(1) Note du pereGUlet sur sa traduction de Joseph, J, i38.
( 2 ) Dissertation sur le Paradis terrestre, page 26 , Huetiana , page 386.
( 3 ) lit, 26.
(4) Dictionnaire de la Bible. Généré 1730 . IV. i5i.
avait daus la Syriade des colonnes d’inscriptions qui y étaient dès avant le déluge, et qui avaient été faites par les enfans de Seth. Cette conjecture est proposée et suivie par plusieurs sa vans, comme Yossius, Huet, et M. de Valois (i).
Cependant le père Gillet se récrie sur cette explication. «Certes,» dit-il (a), «c’est moins un bonheur n qu’une chose bien triste de se faire une illusion « aussi sensible, et se flatter d’une découverte aussi « peu vraisemblable que celte dont M. Huet fait hon- « neur à Vossius. i“ On n’a aucune preuve que (^Ae- « silime^ phesilim, signifie colonnes, encore moins U tables astronomiques, a* Quel que soit l’endroit où « se rendit Aod après avoir tué le roi Églon, il était « dans la terre de Canaan , et Joseph n'a jamais ap> « pelé ce pays la terre de Syriade. :»
Le mot phesilim n’est pas rendu en latin par colonne, mais par sculpturce ou par idola. Eu effet, dans la nouvelle méthode hébraïque par Colloinbal (3i), sa racine signifie grave^ taille, et le mot veut dire idole. Il peut donc servir à désigner les inscriptions dont parle Joseph, et le nom de Seirath donné par le livre des Juges ressemble assez à celui de Stpia^a employé par Joseph. Eustathe d’Antioche a lu dans son texte ÎTipià^. C’est surcetteautoritéquese fondent Isaac Vossius (4) et Marsham (5) pour établir l’opi-
(i) Voyez le commentaire du Dom Calinet sur la Genèse , ch. Vf, verset j 3 .
(a) ‘Note sur Joseph. )>. i Jtj.
( 3 ) Paris 1708, p. a 44 *
( 4 ) De LXX Inlerpr. p. 271.
( 5 ) In Canonc ebron. p. 39.
Digiti. “d by Coogle
nion (i) adopttH! par Huet et Dom Caliiiet rpii me paraît la meilleure.