‹ Mémoire sur la langue phénicienneChapitre 11 sur 12 · Passage de Suidas sur les découvertes de Sèth · texte numérisé non relu

Passage de Suidas sur les découvertes de Sèth

On lit dans Suidas un passage où cet écrivain raconté à peu près la même chose que Joseph sur les découvertes de Seth. Il s’exprime ainsi ( s») ; Setli est le nom d’un fils d’Adam sur « lequel on a « dit (3) : les enfans de Dieu s’approchèrent des « filles des hommes, c’est-à-dire des fillesdeCaïn. Oar « les hommes de ce siècle appelaient Seth Dieu (ôeoç), « parce qu’il avait inventé les lettres hébraïques et « les noms des étoiles ï ils admiraient de plus l’ex- « trême ferveur de sa piété; ce fut aussi par cette « raison qu’il fut le premier appelé du nom de Dieu, « delà même manièreqiiele Seigneur dit à Moïse (4) : « — Voil.à qtië je’t’ài établi le Dieu de Pharaon. De « même, en parlant des hommes distingués par leur « vertu et par leiir esprit, c’est-à-dire en parlant des « juges, il a dit : — Tu ne mépriseras pas les dieux et « tu ne maudiras pas les princes de ton peuple (5). « C’est donc avec rai.son que les fils de Seth, d’Hénos

(h) Josep/n 0/?era, litlit. irHavcrcamp.

^ 3 ) Art. ZrS, lil , 3o5. ^ ^

(3) Genèse VI , 4*

(4) Exode , VII , I . ^ '

^5) Voyez sur tout ce passage de .Suiilas 'l’hè'idorct sur la Geiièüe, quœsl. XLF'il. S. Paul, cpîlrc à Tirnotlie'e VI, a, dit qu’il ne faut pas nicprisor ses maîtres; et i) dit encore ilaiis le.s Actes des Apôtres XXIII, 5 : Vous ne maudire/, point le clief de voire ^>cujtlc.

« cl cl’Eoocli sont appelés par Siinma<|uc, tils (le Dieu n et lils (les dieux. Ce sont eux (jui vaincus par leurs '( passions s’approchèrent des hiles de Caïn. C’est de U ci;t incx-sCueux mélange que naquirent les géans. Ils « étaient rolmstes et d’uni; taille iHev(»e, parce qu’ils « di^endaieut du juste Seth; mais ils étaient mé- « ciians et scxHcrats, parce qu’ils v(>naient de Caïn, « qui était injuste et impie. »

Ou voit par ce |>assage, (|ue Suidas est d’accord avec Joseph sur les découvertes de Seth, et sur ses inscriptions. C’est donc avec justice qu’Alting (i) a cité ces deux écrivains pour prouv(S' qu’il y avait des nwnutnens antédâluvions.

Le récit de Joseph est conhrmé par Manéthon, cité par Ëusèbe et le Sincelle (a), qui dit que le se- (;oud Thoth, roi d’Hgiptc, suruomnré Trisinégistc, traduisit ou plutôt transcrivit en lettres comrnniies ce que le premier Thot avait autrefois fait graver en caractères hiérogliphiquessur des colonnes qu’il avait fait placer dans la Siriade. On a djt ([ue Joseph n’avait fait que puiser Ce fait dans Manéthon; mais il pouvait avoir tiré d’une autre source révénement qu’il rapporte. M. Valois, dans ses notes sur Ammien Marcellin (3 , dont j’ai rappoi té le passage ( n° 7 de ce Mémoire.), eonjeeture qu’au lieu de Sjriadicê ghê qu’on lit dans Manéthon, il faut lire Sjringicé , de même que dans .Ammien Marcellin. Ce dernier histo-

( 1 ) Page i5. art. iMonumenta unU-titluvianii- (a) *Kr lufmùtn*

(3) Livre XXII . clia|>. i5.

rien assure que tes Anciens prévoyant un déluge futur, et craignant que la connaissance des cérémonies ne vint à se perdre, creusèrent des liens souterrains nommés Sjringas avec beaucoup de travail, en différens endroits, et gravèrent sur les rochers de ces cavernes, diverses figures d’animaux , qu’ils nommèrent lettres hiérogliphiques. Pausanias(i), dit qu’il y avait des sjrringes ou creux souterrains à Thèbes d’Égipte, de l’autre côté du Nil, assez près de cette statue de Memnon , qui rendait un son harmonieux au lever du soleil.

On voit que ces syringes n’ont aucun rapport aux colonnes de Seïrath dont parle Joseph, et ce que j’ai dit prouve évidemment que l’écriture a été connue avant le déluge. Il peut donc exister des monumens écrits antédiluviens. Il paraît que les caractères de ces monumens sont phéniciens.

I O. Nouvelles observations sur la langue phénicienne.

Il faudrait voir l’ouvrage de Pérez Bayer pour connaître le tems auquel ont été frappées les trente et une médailles qu’il a examinées. Lui-même d’ailleurs, ne les donne que pour hébraico -samaritaines , et non pour phéniciennes. Il ne prétend parler de l’alfabet phénicien que dans la dissertation publiée précédemment (n° 5 de ce Mémoire.); mais on ne peut guère en juger par l’extrait que j’en ai donné. Elle se rapporte cependant davantage à une inscription

(i) Livre 1 , p. 78.

bien anterieure à toutes les médailles dont il parle dans son second ouvrage.

L’inscription phénicienne découverte par don Joseph Galéa ayant précédé l’invention des points , qui n’eut lieu qu’au cinquième siècle de notre ère (n° 4 de ce Mémoire.), donne une grande latitude pour son interprétation à ceux qui voudront l’expliquer par la langue hébraïque. On peut discuter la valeur des lettres, puisque l’alfabet n’est pas le même que l’alfabet hébreu, et ensuite, la valeur des mots que le nombre des points ajoutés arbitrairement aux lettres rendra fort différente. Il n’est donc pas surprenant que les Savans ne se pressent pas d’émettre une opinion sur le sens, et même sur l’authenticité de cette inscription. Au premier abord, l’ordre des colonnes qui la composent, en boustrophédon vertical, qui est sans exemple, peut la rendre suspecte : mais c’est précisément un des argumens par lesquels M. Grongnet, qui m’a envoyé cette inscription de Malte, croit pouvoir prouver la haute antiquité de son monument. On doit inviter les Savans à s’en occuper. Le grand nombre des inscriptions phéniciennes déjà trouvées à Malte, doit les y engager, et l’inscription latine jointe à celle-ci la distingue de toutes les autres. Elle est en effet très-remarquable. Je crois devoir placer ici quelques détails sur sa découverte.

Après l’impression des œuvres de Tacite, pour laquelle j’avais composé une chronologie romaine établie sur des principes nouveaux, je reçus la nouvelle d’une découverte importante, qui venait d’être faite

à Malle. Celui qui me la fit connaître est M. l’architecte-ingénieur George Grongnet, que j’avais connu à Rome où il avait dessiné, en ï 8 i 3 , les gravures jointes à un discours dans lequel je rendais compte de mon opinion sur les murs cidopéens (i). Chai gti p»ar rAcadcmie d’archéologie dont j’étais membre, d’examiner cette question , je prouvai que ces murs étaient véritablement phéniciens, que le nom de saturniens leur appartient en Italie, et qu’on peut les appeler cidopéens en ce sens, que les murs et les cidopes sont contemporains; et qu’il faut remonter au-delà des époques historiques, pour trouver les uns et les autres dans un état florissant.

C’est ce que confirme la découverte faite à Malte au mois de mai 1826. En creusant un puits dans sa maison de campagne, située dans l’endroit le plus élevé de l’île, don Joseph Galéa, prêtre maltais, que j’avais aussi connu à Rome, a découvert une pierre gravée en caractères pliéiiicicns, qui démontrent eu quelque sorte que cette île appartenait à l’ancienne Atlantide, submergée dès le teins du fameux déluge d’Ogigès (2). Cette pierre a été transportée à Paris, chez moi, où elle est encore , et j’en ai fait lithographier l’inscriptioïi avec la plus gramle exactitude. Outre les caractères phéniciens dont' M. l’ingénieur m’a envoyé une explication, on lit au côté droit de

(1 ) Discours sur les murs saturniens ou cyclopéens. Home, i 8 i 3 .

(2) J’en ai donne la preuve dans le ncuvi»*nie volume do mc.s Mémoires pour servir à THistoire ancienne du Globe, tome IX, page 2^0. Ce volume porte le litre paiticulier de: Histoire et théorie du dehi^e d'O^i^ès. Paris

(•ette pierre, cVst-à-dire sur son épaisseur latérale de sei>;e centimètres, en caractères romains antiques, qui sont du teins de la seconde guerie punique, ce qui suit :

T.Sempron. cos.hoc.magki. Axui-astis.f.t. sodb-

MF.KSÆ. AtULANTIOIS. RELIQCIOM. VEU IT. KlDEMy. SER- VARl. COERAVU. AN. IIR. DXXXVI. OLTMP. CXL.

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