Colonnes de Thoth ou Hermès
On désignait par le nom d’Hermée des espèces de colonues chargées d’inscriptions, ou destinées à fixer les limites d’un territoire (3). Il était bien naturel de donner à ces monumens le nom de l’inventeur de toutes les sciences, de tous les arts, et spécialement des premiers caractères de l’écriture ( Note B. ) On sait que Sanchoniathôn avait puisé dans les écrits d’Hermès dont le véritable nom est Thoth, les fondemens de son histoire. C’est ce que fit aussi Manéthon , ainsi que nous l’apprend George le Sincelle qui après avoir cité sur le déluge
( 1 ) Nouvelle traduction de rUistorien Joseph. Pari>^ I ,
( 1 ) Genèse , III, a4-
(3) Platon, dialogue d'Hipparque. Voyez, ma note sur la traduction française de cc dialogue.
Ire liisUn'i»s4i^. AltiX-^iulrc l’iülyliistoi’, Abytlèiic et Apollon io> ujpiUe ,: » ,ll nous l'oste ,à citer stir ce « fait Ma»ëllipHile Sébeunyle, qui, au tems dp Ptoî Iftuipc PluUdelphe, était prêtre dans uo temple pror -< fane (les fifsyptiens. Manétlion lui-même avoue avoir « pulsé fc qu’il eu dit daus.ce qu’avait écrit Thotli « ou le premier Hermès, en cara.ctères, sacrés et en » laii^ttc aussi sacrée sur des colonnes placées dans .< la leripsactTeconnuesous le anmdeSériadiqiie( i ).»
1 On voitiqiW' les écrivains profanes, ainsi que le dit Amiuien Mtircellin ( 2 ), ont eu quelque preaseutimeul d’uu déluge, et que pour conserver la mémoire de leurs cérémonies religieuses, ils les firent graver sur d(\s coloiiues- qu’ils élevèrent dans la Siriade. C’est, à queUpio différence près, la même chose que Joseph raconte des eiifaiis de Seth. Cependant on veut (|ue cette crainte d’un déluge qui fit perdre la mémoire des cértMuonies religieuses, cl qui, pour, la conserver, obligea de les graver sur des colonnes, n’ait aucun rapport avec ce ([iie raconte Joseph. Ce fut, selon Manétlion qui nous a transmis ce fait , Thotli , le premier Mercure, qui fit élever ces colonnes, et ce prince est bien antérieur (3) au déluge de Noé. On a conjecturé qu’il était arrivé aux auteurs profanes re-
(l) iieovffti SyncGili Chvonofpnphia. Pnrism> p {■i)Lib XX/I. ÇuoA, ut jerlur^ pevili rituum vetustorum adi>tntar*i diluvium pricscii i metu^nlesnue nts cet'en^nniarum oblitcvaretur memoriu , ptfnitiis operosis digestos fodinis per lata diversa slru.rer^nt f vf excisis pnrietibiis vahu rtun fere^rumi^ne ^fvnera multa icrtpsertitil.
(.■{} (iiUut le tiil posti'rieiir - .sc trompe oVïUcnimenl.
lativcmont à ces <'oloitiies ce que l’on croit leur être arrivé à l’égard de plusieurs évciiciiiens rapporlés dans l’Écriture Sainte. Ils en ont eu, dit-on, quelque connaissance conluse, et l’ont altérée en voidant rapporter l’éiaiction »le ces colonnes à un de leurs rois. Quand Mamithon dit qu’on avait gravé sur des colonnes que la crainte du déluge fesait élever, (|u<dque chose dont on voulait conserver la mémoire, c'est la tradition des Kgiptieus ; lors(|u’il ajoute que ce fut le pi'einier l'iioth qui les fit ériger et qui y ‘fit graver les inistères religieux, on peut croire que l'iiistoricn n’a fait <|ue hazard«‘r une conjecture propre à faire voir l’antiquité prétendue de sa nation. Ce sont des circwistanees qui, aux ieux du père Gillet, peuvent être fausses sans que leur fausseté altère la vérité (i) qu’il reconnaît conséquemment. Mais des repi'oches qui n’ont point été faits à Manétlion par Joseph plus intéressé à les adresser pour défendre l’honneur de sa nation, peuvent-ils être hazardés par des modernes qui n’ont pas même l’avantagt! d’avoir conservé l'ouvrage de Manéthon et qui ne peuvent le bien connaître?
Aussi d’autres modernes ont tiré une conclusion bien différente de ce que Joseph ne se concilie pas avec Manéthon ni sur le nom de ceux qui firent élever les colonnes, ni sur ce qui y était gravé, ni enfin sur le teins auquel cet événement a eu lieu. Par une attaque opposée, ils observent la conformité qui est entre les deux historiens sur le pays où les colonnes
(i) Konvelle traduction , I»