‹ Mémoire sur la langue phénicienneChapitre 8 sur 12 · TA · texte numérisé non relu

TA

furent placées, et iis en infèrent que le passage de Joseph n’est qu’un plagiat déguisé. Les partisans de l’historien juif répondent que ce n’est nullement sa manière. Il tire, il est vrai, autant qu’il le peut, parti de ce que les auteurs profanes ont écrit sur l’objet qui l’intéresse; mais c’est toujours en les citant et en rapportant ordinairement leurs propres termes. Il peut n’en avoir quelquefois pas bien pris le sens; mais il paraît toujours en avoir rapporté exactement les textes. S’il eût eu en vue ce que Manéthon disait de ces colonnes, il en eût, selon toutes les apparences, parlé comme il fait d’Hérodote et de Strabon; après avoir rapporté ce que dit cet auteur des colonnes qu’il attribue au premier Thoth, il eût observé que ce n’était pas cet Egiptien, mais les enfans de Seth qui les avaient érigées. Loin d’avoir mis Manéthon à contribution lorsqu’il composait le premier livre de ses Antiquités juives, il semble au contraire avoir ignoré que cet historien eût parlé des colonnes érigées par la crainte d’un déluge, ou ne pas s’en souvenir. Car il paraît trop attentif à extraire des auteurs profanes tout ce qui peut de près ou de loin justifier ce qu’il rapporte, ou illustrer sa nation, pour n’avoir pas rapporté ce passage de Manéthon s’il le connaissait ou s’il s’en souvenait.

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