II. Ligature de la langue par la région sous-mentale
A. Ligature sous-nèentale »nm incision de ta langue. (Ps’océtlé tl'lrnoll ■ (J)
Le 6 juin 1858, M. Arnolt, chirurgien de l’hôpital de Middlesex, ayant affaire à une tumeur qui occupait toht le côté droit de la langue depuis sa base jusqu’à 5 centimètres de sa pointe , exécuta l’opération de la manière suivante :
La malade étant assise, la tête légèrement renversée, on lit sous le menton et sur la ligne médiane une incision d’un pouce et demi de longueur, et l’on pratiqua avec le manche du bistouri un passage pour le doigt de l’opérateur entre les deux muscles génio-hyoïdiens. On passa ensuite un ténaculum à travers la pointe de la langue, qui fut tirée en dehors et maintenue dans cette position pendant la durée de l’opération. Une forté aiguillé fixée dans un manche fut passée par la plaie du cou à travers la base de la langue, dans l’intérieur du pharynx, un peu à gauche de la ligne médiane. Cette aiguille portait une ligature double, qui fut ramenée en dehors au moyen d’un crochet mousse, et l’aiguille fut ensuite retirée. L’une de ces ligatures fut ramenée en avant jusqu’au niveau de la limite antérieure de la tumeur; puis, à l’aide d’une aiguille courbe, portée de haut en bas à travers la partie libre de la langue. Le bout de l’autre ligature fut alors passé dans le chas de la même aiguille, et celle-ci chargée des deux ligatures fut portée dans le sillon maxillo-lingual , immédiatement derrière la dernière dent molaire du côté droit, où elle fut enfoncée d’abord directement en bas, puis ramenée en dedans pour sortir par l’incision du cou. Les quatre bouts des deux ligatures pendaient ainsi hors de la plaie ; une des anses se trouvait alors disposée de manière à entourer la moitié droite de la langue, au delà de la tumeur, tandis que l’autre était placée horizontalement à la face dorsale. Une troisième ligature fut ensuite passée à travers la partie antérieure de la
(1) Arch., 1840, mai, 103.
langue, dans le même trou que la seconde, et ses deux chefs ramenés en dehors pour compléter l’isolement de la partie malade. A chacune de ses anses fut ensuite adapté un serre-nœud pour terminer l’opération.
H. hiyature sons-tnenltile combinée arec Vincision antéro-jioxlérieure.
( Procédé t!e 91. Cloquel. )
Dans un cas on la tumeur occupait une des moitiés latérales de la langue et s’étendait presque jusqu’à l’épiglotte, M. Cloquet imagina, en 1827 (1), de pénétrer par la région sus-hyoïdienne pour passer à travers la base de la langue une double ligature, dont l’une servit à circonscrire la tumeur en arrière, et l’autre à compléter sur la ligne médiane et en avant l’isolement de la tumeur, préalablement fait en grande partie avec le bistouri.
Le malade étant assis et ayant la tête légèrement renversée en arrière, une plaie d’un pouce d’étendue environ, et parallèle à l’axe du corps, fut d’abord pratiquée sous le menton, immédiatement audessus de l’os hyoïde , puis une double ligature en ruban fut conduite par cette ouverture dans la bouche, en traversant la base de la langue au moyen d’une aiguille courbe à manche, dont le chas était près de la pointe. Alors M. Cloquet divisa la langue en deux parties égales, d’avant en arrière, et après avoir placé l’un des fils entre la base de ces deux lambeaux, il le renversa en dehors et en arrière du côté malade, où le même instrument, dirigé cette fois plus en dehors, vint la saisir ainsi que l’autre ligature pour les ramener à l’extérieur par l’ouverture sus-hyoïdienne; enfin, les chefs accouplés de chacune de ces ligatures furent introduits dans autant de serre-nœuds pour terminer l’opération.
(1) Arch. gén. de méd., t. XIV, p.. 511.