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CHAPITRE SIXIÈME

ItE LA LIGATURE EXTEMPORANÉE DANS LES AFFECTIONS DE LA LANGUE.

Les difficultés graves que l’hémorrhagie apporte dans l'exécution des manœuvres opératoires pratiquées sur la langue avec l'instrument tranchant, le danger qui peut même en résulter pour la vie du malade, quand les moyens hémostatiques ne sont pas appliqués avec toute l’habileté convenable , ont depuis longtemps engagé les chirurgiens à se servir de la ligature pour enlever les tumeurs de cet organe.

Suivant les circonstances diverses de la maladie, cette opération présente de nombreuses variétés. Quelquefois simple et facile quand la tumeur est pédiculée ou superficielle, elle peut constituer une des opérations les plus graves de la chirurgie quand elle a pour objet l’extirpation de la totalité ou de la presque totalité de la langue.

§ 1. Ligature extemporanée dans /’ extirpation des tumeurs pédiculêes ou pédieulables de la langue.

Dans cette catégorie nous ne comprenons pas seulement celles qui font saillie à la surface de la langue, mais encore celles qui, développées dans la partie libre de cet organe, peuvent être cernées facilement par l’anse de la ligature, et même celles qui, par leur position, se prêtent sans trop de difficulté à la formation d’un pédicule artificiel.

L’opération dans ce cas est toujours d’une grande simplicité. Le malade étant assis en face d’une fenêtre, la tête maintenue par un aide, et la bouche largement ouverte, le chirurgien saisit avec une érigne la partie malade afin de la fixer, puis glissant autour de la tumeur l’anse en fil de fer de son serre-nœud de trousse, il en opère la constriction.

Si la tumeur est peu volumineuse, la constriction ne demande presque aucune précaution. Mais si les tissus embrassés sont épais et

vasculaires, s’il s’agit, par exemple, de toute la portion libre de la langue, le chirurgien devra conduire l’opération avec lenteur pour éviter l’effusion du sang.

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