‹ Mémoire sur la perforation de la membrane du tympanChapitre 10 sur 28 · SEPTIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME OBSERVATION

Surdité complète suite d’une fièvre dite putride.

Thomas (Nicolas), âgé de vingt-trois ans, bien constitué, mais ayant encore des manières enfantines, et désirant peu de jouir de l’ouïe, me fut présenté par sa mère le 20 novembre 1820-

Ce jeune homme avait été attaqué d’une maladie grave à l’âge de neuf ans, qui l’avait rendu complètement sourd} il entendait à peine les bruits les plus violens} cependant il avait conservé la parole en partie} mais sa prononciation était rude et désagréable...

L’opération faite sur uneoreiUe, il entendit de suite les battemens d’une montre et le son de la flûte : deux injections d’eau tiède lui rendirent encore l’ouïe plus fine} car dès le lendemain U. comprit la parole, et répéta les mots qu’on lui prononça par-derrière. Toutes ces épreuves ne parurent pas l’égayer, qnoiqu’il vit éclater la joie de sa mère. Il marqua beaucoup de répugnance à se laisser injecter i’creille} quand il vit que

nous nous disposions à lui perforer la seconde, il commença par s’y refuser, et les prières de sa mère ne purent le déterminer. Je le menaçai alors d’employer la forcej il céda, mais aussitôt que je voulus introduire l’instrument, il fit de grands mouvemens qui me laissèrent à peine le temps de pratiquer une simple perforation au tympan. Il pleura comme un enfant, s’échappa j et sa mère ne le revit que dans son village, à quatre lieues de Saint-Mihiel. Celle seconde oreille ne fut sensible aux sons que l’espace ide de quatre à cinq jours, tandis que la première opérée reste toujours la même.

Voici ce que sa mère m’écrit sept mois après l’opération.

ce Mon fils entend toujours d’une oreille en lui parlant haut. J’ai beau le prier pour qu’il se laisse opérer de la seconde oreille, il ne veut pas y consentir J il ne veut pas même se rendre chez vous.

Signé Marie AUREL, femme Thomas.

Ville-Issey, 32 join i8ai.

Ce jeune homme était sourd par oblitération des trompes d’Eustache; après l’opération, l’eau des injections faites dans le conduit auditif ne

passa pas du tout dans la bouche. Il en fut de même de l’air fortement chassé des poumons , la bouche et le nez étant fermés.

Il est certain qu’un traitement de quelques jours aurait rendu l’ouïe parfaitement bonne à cet infortuné : il pourrait encore aujourd’hui jouir du même bienfait, parce que l’oreille n’est atteinte d’aucune inflammation j mais il répond qu’il entend assez, et qu’il craint les douleurs.

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