DIX-NEUVIÈME OBSERVATION
Surdité complète^ suite d’une fièvre d 3 .ie putr 9 e typhoïde.
Dümouein, boulanger à l’hopilal de Mâcon, fut affecté, en 1812, d’une fièvre putride qui régnait dans l’hôpital ; le sixième jour de l’invasion de la maladie, cet homme perdit connais.
sance ; son ventre se tuméfia considérablement, et ne cessa d’être douloureux qu’après l’établissement d’une suppuration qui se fit dans les deux oreilles : Dumoulin, revenu à lui , s’aperçut qu’il était entièrement sourd ; ce fut en vain qu’on établit un séton à la nuque et des vési- ^toires aux bras5 l’audition ne revint pas, et la suppuration des conduits auditifs continua d’avoir lieu jusqu’après l’emploi des moyens que je prescrivis Ayant été consulté par écrit sur la fin de l’année 1820 , j’ordonnai un traitement qui supprima cet écoulement sans accident, et qui donna à cet homme la faculté de s’entendre parler pendant deux jours ; cette circonstance m’attira de sa part une confiance sH|^s bornes, et lui fit concevoir l’espérance de recouvrer l’ouïe par l’opération de la perforation du tympan. Je me rendis à ses désirs, et je fis l’opération dans le mois de juin dernier; il n’en résulta aucun bien-être ; je trouvai les trompes d’Eusta<[{ie non oblitérées, et les membranes du tympan à-peu-près dans le même état que celles de Dreher.
Le lendemain de l’opération, en faisant des injections dans les oreilles, il sortit de l’eau par la bouche et par le nez : Dumoulin n’en fut pas ?tonné ; car il me dit que cela lui était déjà arrivé pendant très-long-temps,à l’époque que ses oreilles suppuraient, et que le médecin qui le
traitait avait rapporté que l’oreille droite n’avait point de tympan : cependant j’en avab rencontré un J je l’ai vu, et je l’avais perforé j il était entier, mais dans un état maladif : ainsi, comme je l’ai dit plus haut, une(%iflammation lente, prolongée, peut donc organiser une membrane du tympan plus ou moins parfaite. Celte circonstance nous indique les moyens que nous devons employer pour empêcher ou favoriser l’oblitération d’une ouverture faite à la membrane du tympan par les moyens que l’art suggère, ou produite par un accident. Cette remarque me paraît être d’un grand intérêt ^ur ceux qui se livrent aux maladies de l’organe de l’ouïe.