‹ Mémoire sur la structure et la texture des artèresChapitre 8 sur 13 · partie moyenne · texte numérisé non relu

partie moyenne

— de cette artère à l'ombilic 0,903 0,465

— à 6 centimètres en dehors de l'ombilic. 0,G55

— à la partie moyenne du cordon , 0,202 0,207

— au tiers inférieur du cordon 0,107 0,2(l(i

— à l'extrérailé placentaire 0,103 0,202

— à la partie placentaire 0,100 0,107

Le cordon et les vaisseaux ombilicaux inlermédinires ù deux systèmes circulatoires, à deux moteurs éloignés el dilTérciUs, le cœur de la mère et celui du fœtus, devaient, à priori, offrir des particularités intéressantes. Aussi, avons nous dirigé nos recherches dans ce sens, jDOur justifier, si cela était possible, notre pressentiment. Les résultats obtenus n'ont fait que conlirmer potre hypothèse, à savoir que : les vaisseaux du cordon devaient être des organes moteurs du fluide sanguin.

Les trois tuniques existent dans les artères; mais elles présentent des différences notables suivant qu'on les examine en des points divers du cordon ou de leur portion intra-abdoininale.

De la tunique moyenne. — Dans la portion exira-abdominale, la tunique moyenne est de toutes, la plus importante, la plus épaisse et la plus compliquée. Aussi, ferons-nous son histoire d'abord.

Si l'on jette un coup d'œil sur le tableau précédent, on rennarquo que l'épaisseur de cette tuni(|ue va en diminuant, de

- hix -

l'ombilic vers le placenla, cl qu'il en est de même pour la veine. Si bien qu'on trouve vers le placenla des artères qui ont leur tunique moyenne de la même épaisseur que la tunique moyenne de la veine, dans un point donné de leur trajet; mais il faut remarquer aussi qu'à mesure qu'a lieu cette décroissance, il y a en même temps augmentation du diamètre des vaisseaux dans le même rapi>orf, de telle façon que la structure et la texture restant les mêmes, et la tunique moyenne gagnant en surface ce qu'elle perd en épaisseur, la masse contractile reste la même.

De l'ombilic vers l'iliaque primitive, l'épaisseur de cette tonique varie en sens inverse. Le tableau précédent montre encore qu'elle va en augmentant, de l'iliaque primitive vers l'ombilic, de lelle façon qu'il existe un point de ces canaux où l'épaisseur de celle tunique est maximum, tandis que, de chaque côlé, elle va en décroissant graduellement jusqu'au point où elle cesse. Où existe ce point? 11 serait diiïîcile de le fixer d'une manière précise ; mais, d'après les moyennes obtenues sur nos coupes, il serait situé sur le cordon, à 5 ou 6 centimètres de l'ombilic. Toutes ces différences coïncident avec des changements dans la texture générah".

La structure varie peu ; ce sont comme éléments fondanienlanx : dos fibres cellules, une matière amorphe, homogène et Iransparenle, qui forme la base de tout ce système, et dans laquelle les fibres musculaires sont implantées comme des grains d'avoine que l'on enfoncerait dans une masse homogène et élastique. Comme élément accessoire, on doit signaler des fibres élastiques plus ou moins épaisses.

La texture présente beaucoup plus de variations, et nous la suivrons du placenta à l'iliaque interne, en commençant par le j)oint où "cette tunique est la plus épaisse: nous pouvons melire sous les yeux du lecteur le dessin d'une coupe transversale Hiile à ce niveau (fig. 1 , pl. 1). On constate alors du côlé externe de celle tunique, de gros faisceaux ayant de 0""",02 à 0'""',03 de diamètre et laissant voir la section transversale de huit h. dix fibres musculaires, d'une direction sinon longitiulinale, du moins oblique. On peut constaler ce fait au centre de la tunique o; dans la

figure 2, faite d'après une coupe lougiludinale du corduii à peu près au même point; dans la figure li, qui représente une coupe horizontale de la veine; enfin sur la figure 5, faite d'après une coupe au niveau même de l'ombilic.

Ce fait paraîtrait donc général, il n'en est rien. Plus on s'éloigne de ce point de départ, vers les deux extrémités, plus rares deviennent les faisceaux longitudinaux; et je n'ai jamais pu en conslater un seul vers l'iliaque interne.

Une seule fois j'ai cru en voir dans une artère, vers le placenta; mais ils sont le plus nombreux possible vers l'ombilic. A mesure qu'on avance vers la tunique interne, ils devienneni plus rares; mais tout à.fait au-dessous de cette membrane, on trouve souvent des fibres longitudinales, comme on le voit fig. 2 et 4. Elles s'insinuent à travers la masse des fibres circulaires. Dans les veines^ les fibres longitudinales y sont en plus grande quantité.

Tous les faisceaux ne sont pas d'une égale puissance. Trèsvolumineux du côté externe, ils vont en diminuant de diamètre à mesure qu'on se rapproche de la tunique interne. Ainsi, s'il existe des gros faisceaux au dehors, on n'en trouve déjà plus à la partie moyenne. Là, les fibres sont élagées en séries linéaires, régulières (fig. 2, 3), et la section indique bien leur direction transversale. Gros et petits faisceaux sont séparés par des cloisons élastiques, assez épaisses pour les gros faisceaux, minces pour les petits où elles mesurent à peine 0""",001.

Les fibres musculaires ne sont pas immédiatement accolées aux cloisons; elles en sont distantes de 0""",001 environ, et la matière amorphe que j'appellerai volontiers la gangue artérielle, les en sépare. Elle est représentée, sur les figures, par l'espace qui sépare les fibres musculaires elles cloisons. Mais disons-le encore en finissant, l'élément fondamental est ici la fibre musculaire.

Les limites de cette tunique sont généralement assez nettes. Cependant on trouve souvent dans le cordon des fibres musculaires en dehors, mais je n'ai constaté ce fait qu'au niveau de l'ombilic pour les artères (fig. 5), pour les veines dans la parlie moyenne du cordon.

— AÔ -

Ouoi (jii'il en soil de ces aberrations, la limite est établie par (les fibres élastiques et (|uelijues fibres lamincuscs, à l'élat de corps lusiformes (jui circonscrivent, entourent les faisceaux externes et les séparent de la tunique externe. En dedans, la séparation est établie par la présence d'une couche amorphe, striée (fig. 1, 2), qui est la tunique interne.

Cette tunique, nous l'avons déjà dit, présente des variations nombreuses vers le placenta, et il est très-difficile de constater si elle est distincte de la tunique interne, landis (jU'elle se détache très-bien de la tuniqUe extern?. Les fibres musculaires sdni plus condensées, les cloisons sont excessivement minces, la matière amorphe est réduite à des [)roportions insignifiantes.

Il existe dos modifications intermédiaires entre ces dernières limites; mais des modifications plus considérables se présentent à tiicsurc (|u'on se rapproche de l'iliaque interne. Au niveau de l'ombilic, on constate des fibres musculaires éparpillées en assoK grand nombre en dehors de la tunique moyenrio. Aussi, les vaisseaux n'ont pas une égale épaisseur sur toute leur circonférence. Les cloisons sont déjà plus apparentes, les fibres musculaires un peu moins épaisses que précédemment. Plus bas, au niveau des ombilicales inlra-abdominales, les cloisons surtout présentent un épaississement considérable. On voit alors les lames flexueuses, jaunes, élastiques, aussi brillantes que celles de l'aorlc, mais d'une épaisseur moindre, qui circonscrivent les fibres musculaires, ainsi que la matière amorphe qui reparaît ici etî plus grande proportion (fig. 6). La limite interné devient plus ncllc, mais l'externe l'est moins, et les cloisons communiquent par des anastomoses latérales avec les fibres élastiques de la tunique externe. De telle façon qu'il y a entre ces deux luni^ qucs une texture intermédiaire qui les unit l'une à l'autre. Vers la partie inférieure, la texture est la même que celle de l'iliaque primitive, dont la fij^ure 7 représente une coupe. On constate, en effet, une texture définitive; les cloisons sont bien nettes, peu flexueuseâ; leufs anastomoses sont très-visibles, d'épaisseur égale partout, et circonscrivant des espaces plus larges et plus longs. Les fibres musculaires sont moins ahondantts, moins

volumineuses; elles iio comblenl pas l'intervalle enlior tics cloisons, le reste étant occupé, à égale partie à peu près, par la matière amorphe.

Dans les veines, on constate des modifications analogues; dans la tunique moyenne, on trouve des faisceaux longitudinaux; à la face interne et à la face externe, les fibres y sont à peu prés en égale abondance. De telle sorte que, d'une épaisseur cgald, les tuniques moyennes artérielles et veineuses, présentent à peu prés le même nombre de fibres. Néanmoins, les fibres-cellules sont plus volumineuses dans les Veines. Gomme dans les artères, les faisceaux vont en diminuant d'épaisseur, les cloisons ne sont guère visibles qu'à la face externe et sur des coupes faites au niveau de l'ombilic.

L'évidence de ces faits est donnée par les figures 3 et /i. La matière amorphe est un peu plus abondante que dans les artères au mCme niveau; aussi, les fibres musculaires sont plus éloignées les unes des autres que dans les arlères correspondantes. Ce fait est surtout évident à la partie externe. On peut préciser avec assez de justesse les limites communes de la tuni(iue externe avec la tunique moyenne, bien que l'on voie des fibres musculaires déborder de cette dernière, comme dans les artères (fig. 2). La limite interne est un peu plus diffuse, car il y a des fibres longitudinales qui ont une direction analogue à celles de la tunique mlerne, ce qui établit une confusion ; le carmin qui rtecolorc pas la tunique interne, permet seul de l'établir.

Comme pour les artères, lu tunique moyenne diminue d'épaisseur de l'ombilic vers le placenta; comme dans les artères encore, les veines se dilatent dans le même sens, mais beaucoup plus. Je n'ai pas suivi la veine ombilicale dans l'abdomen, aussi je n'en parlerai pas.

Delà lunique inlerne. — La tunique interne occupe un raiiy secondaire dans les vaisseaux ombilicaux. Vers la partie placentaire, elle se présente sous l'aspect d'une lamelle transparente, il peine striée en long, de 0'""',001, et ressemblant assez à ces couches de matière amor[)lie qui sont ii la surface des muqueuses, au-dessous des épithéliums. Un épilhélium légèrement

prismatique lu tapisse, A mesure qu'on avance vers l'ombilic, cette tunique se détache plus neltcmefit, ses dimensions augmentent. Elle a, en effet, 0"'"',0l d'épaisseur vers l'ombilic, et son état fibroïde devient plus apparent vers l'iliaque. Elle est moins épaisse sur les veines, dont l'épilhélium est le même. Sur les veines, la délimitation de cette tunique est encore plus ditlicile, à cause de la présence des fibres longitudinales accolées à cette tunique. Néanmoins elle existe toujours, mais plus juince que dans les artères correspondantes, et plus épaisse vers l'ombilic (|ue vers le placenta. Les caractères physiques sont les mômes.

1M la liuiiqm: externe. — Lorsqu'on examine une coupe Iransversale du cordon, on remarque que chaque vaisseau est entouré de faisceaux minces des fibres élastiques incomplètement développées et entremêlées de corps fusiformes. Ils sont disposés en couches concentriques, soit autour de la veine et de rarlère, séparés par une matière amorphe, grisâtre et transparente, d'autant plus abondante qu'on s'éloigne de la tunique moyenne, de telle sorte que les faisceaux sont plus distants en dehors. Ils sont néanmoins en communication les uns avec les autres par des lilels latéraux qui établissent entre eux unesolidarité analomi(iuc, La direction de la majorité de ces fibres est longitudinale connue dans la plupart des artères, aussi les sections transversales donnent des coupes transversales de fibres longitudinales. Quoi qu'il en soit, chaque conduit sanguin a son système de fibres élastiques spécial, de sorte que sur une coupe d'ensemble, on a sous les yeux l'aspect d'une coupe transversale des os longs, dont la lumière des vaisseaux serait le canalicule de llavers,les tuniques musculaires et élastiques, le système de lamelles concentriques; le tout étant englobé par les fibres de la surface du cordon, comme le système des lamelles périphériques des os longs enveloppe le système des canalicules du centre. Cet aspect est surtout bien net vers la partie moyenne et inféi ieure du cordon, mais vers l'ombilic la matière amorphe est déjà moins abondanle; les fibres y sont pour la plupart complètement développées et ferment des faisceaux plus volumineux. Tandis que précédemment.

elles n'avaient guéreque des rapports de contiguïté avec la tunique moyenne, quelques fibres pénètrent déjà dans la tunique musculaire. Dès loi's, la tunique externe va prendre tous les caractères de la tunique externe des artères dans leur complet développement. Sur le milieu de l'ombilicale intra-abdominale (fig. 6) on voit que la tunique externe est principalement formée de fibres longitudinales élastiques, très-abondantes vers la tunique moyenne, et qu'elle envoie de nombreux prolongements élastiques dans la tuniiiue moyenne.

Ce dernier fait est encore plus évident vers l'extrémité de l'ombilicale qui a la structure de l'iliaque primitive (fig. 7), et où l'on voit la tunique moyenne se fondre avec la tunique externe insensiblement.

Des vasa-vasorum . — Existe-l-il des vaisseaux dans le cordon? Dans le cordon je n'ai rencontré qu'une fois une petite artériole surnuméraire que je n'ai pu suivre jusqu'au placenta. La petitesse de son calibre aurait dû me faire prévoir d'ailleurs qu'elle n'était là que comme organe nourricier. Je n'en ai jamais vu dans la tunique externe, les auteurs n'en ont jamais vu, et M. le professeur Robin est dans ce cas.

Dans la portion intra-abdominale, on trouve des vasa-vasorutn sur tout le trajet et visibles sans injection. La figure 5 en représente deux qui sont dans la tunique externe.

Des nerfs vaso-moteurs. — Je n'ai jamais rencontré de nerfs dans le cordon; mais dans la portion intra-abdominale, j'ai pu constater la présence des nerfs vaso-moteurs dans la tunique externe. Les figures 5 et 6 les représentent à l'état de faisceaux : je ne les ai jamais vus en fibres isolées.

Certains auteurs cependant prétendent en avoir vus. Ainsi on peut lire dans Longet que Shott, Valentin, affirment avoir rencontré des filets nerveux provenant du plexus hépatique, hémorrhoïdal et utérin, et qui accompagnaient les vaisseaux du cordon à quelques centimètres de l'ombilic. Que les auteurs aient vu des filets nerveux longeant les artères, je le crois, mais « qu'ils les aient constatés dans le cordon, je nie le fait, parce « qu'ils ne se sont pas mis dans les conditions nécessaires pour

tilHBEHT. li

certifier de leur existence. Sur une cinquantaine de coupes, nous n'avons pu eu trouver trace, et nous déclarons que le cordon, pour nous, n'a pas de nerfs. D'ailleurs, nous sommes ici de l'avis de notre maître M. Robin, de M. Sappey, et aucun auteur moderne n'en fait mention.

Je ne sais s'il y a des lymphatiques.

En résumé, la structure des vaisseaux ombilicaux ne diffère pas de la structure générale des autres vaisseaux sanguins. Partout nous rencontrons trois tuniques : une interne, fibroïde, élastique ; une moyenne, qui contient des fibres- cellules, des fibres élastiques et de la substance amorphe 5 une externe, formée de fibres élastiques, de fibres lamineuses et de matière amorphe, surtout dans le cordon, qui, par sa constitution, peut être considéré comme une tunique externe commune aux vaisseaux qu'il contient.

Mais leur texture n'est point identique dans toute leur longueur ; leur tunique moyenne, qui a son origine à l'iliaque interne et aux vaisseaux placentaires, présente les caractères de ces derniers organes, et en est complètement différente vers l'ombilic. En ce point, les libres musculaires, plus nombreuses que partout ailleurs, sont groupées en faisceaux transversaux et longitudinaux, surtout veis la limite externe de la tunique; les fibres élastiques ont une importance secondaire, ainsi que la matière amorphe ; de telle façon que, vers ce point, on peut dire que tout converge vers la propriété de contractilité, et que cet acte doit être là plus énergique que partout ailleurs.

Gela est d'autant plus probable, qu'en ce point il existe un antagonisme entre la tunique externe et celle précédemment étudiée. Les fibres élastiques delà tunique externe, comme celles de la tunique moyenne, présentent leur plus grande masse vers l'iliaque interne, diminuent graduellement de nombre et de volume en s'approchant de l'ombilic, et se perdent dans la gélatine de Warthon, tandis que les autres, celles de la tunique moyenne, finissent par disparaître en se rapprochant du placenta.

Quant à la tunique interne elle prend un développement pa-

rallèle à celui des éléments élastiques; mince à son origine, elle devient plus épaisse dans l'iliaque, suivant ainsi une loi générale en vertu de laquelle elle va s'épaississant jusque vers l'aorte, quel que soit le point d'où on parte pour l'étudier.

DES VASA-VASORUM ARTÉRIELS.

En anatomie comme en médecine, il est un ordre de questions dont la solution est subordonnée aux progrès des sciences auxiliaires : celle des vasa-vasorum artériels en est un exemple frap pant. Signalés par les anciens, qui leur donnèrent cette dénomination, constatée par Haller, Sénac et Bichat qui en comprit, toute l'importance, ils n'ont été sérieusement étudiés que dans ce siècle, alors que le microscope est venu suppléer à l'insuffisance de la vue simple.

Leur histoire néanmoins n'est pas encore finie; je puis émettre cette opinion avec d'autant plus d'assurance que j'ai pu examiner plus de cinq cents coupes d'artères injectées ou non, et que si mes résultats confirment beaucoup de points constatés, ils en infirment quelques - uns et me permettent d'en avancer de nouveaux.

Etudier les vasa-vasorum, c'est se poser les questions suivantes : 1° déterminer leur origine ; 2° leur disposition ; 3° leur terminaison; Ix" leur situation exacte; 5° leur structure.

L'origine de ces canaux est très-variable : les gros vaisseaux, tels que la crosse et l'aorte, les iliaques, reçoivent leurs vaisseaux des artères voisines, telles que thymiques, bronchiques, sacrées, latérales; de même les artères des membres en reçoivent beaucoup des artères musculaires. D'autres fois ils naissent du vaisseau môme qu'ils sont destinés à nourrir, mais dans ce cas ils abandonnent le vaisseau d'origine et n'y reviennent qu'après avoir acquis leur indépendance. Bichat croyait que chacun de ces canaux allait se diffuser directement dans les tuniques artérielles, mais aucun auteur n'a vérifié cette assertion.

Cette disposition est fréquente dans les artères parenchyma-

leub«s, telles ([uc la spléniquc et la mésciiléi i(iiiu ; elle .se renconlre également clans les membres, où l'on voit le même vaisseau nourricier se distribuer à la fois à lu veine et à l'artère. Enlin, souvent ils proviennent du tissu cellulaire voisin qui, il faut bien le dire, leur sert plus souvent de support que décentre d'origine. Les vasa-vasorum sont très-abondants dans les artères de la lace, ils le sont moins dans les artères des viscères, de la base du cerveau et du cerveau lui-même, où je n'ai jamais pu les constater. Provenant ainsi des sources les plus diverses, ils pénètrent dans la tunique externe à l'état de capillaires de la deuxième variété ayant de 0'""',017à 0""",018, si ce n'est dans l'aorte où je les ai vus à l'état d'artériolc.

Arrivés dans cette tunique, ils se dirigent soit parallèlement .'i la longueur du vaisseau, soit transversalement, et fournissent dans leur trajet des brandies qui se dirigent vers la face profonde de la tunique externe. Ces brancbes s'anastomosent ensemble, forment pour ainsi dire deux réseaux : un superficiel, constitué par de grosses mailles irrégulièrement quadrilatères ou ovales, et non circulaires, comme le dit Kôlliker, de 0"'"',0/i à 0""",08 de diamètre, c'est-à-dire ayant environ quatre fois le diamètre des capillaires limitants, qui est de 0'"'",017 ; ce qui r.e peut, selon nous, former un réseau très-riche, comme le croit l'auteur précédent. Car dans les réseaux serrés, tels que ceux du poumon, le diamètre des mailles égale ou est h peu près double de celui des vaisseaux limitants. Le réseau profond , qui n'est qu'une dépendance du précédent, est plus serré, les mailles y ont de 0""",027 àO"'"',030 de diamètre; elles sont limitées par des capillaires flexueux ou contournés en hélice.

Cette particularité, je crois, n'a été constatée par personne. Je n'en ai trouvé aucune mention dans les auteurs d'histologie moderne; Muellerle premier a signalé cette disposition pour les corps caverneux de la verge, et n'en a pas trouvé ailleurs. J'ai pu constater cette disposition sur les artères du membre supérieur d'un enfant h l'aide d'une injection très-pénétrante employée par M. Legros, mon collègue du laboratoire, et qui est un mélange de fuchsine et de coUodion. Ce fait, passé inaperçu

jusqu'à présent, a ici sa rair>on d'êlre comme dans le lissii érecliln de la verge; il est en rapport, dans les deux cas, avec les efforts incessants de distension et de retrait que subissent ces lissus. Ces capillaires sont nombreux, ils constituent la moitié de la masse des capillaires profonds. De ces difîérents réseaux partent des veines, mais dans l'artère il est impossible de différencier le plus souvent les artères des veines; car les vaisseaux afférents et efférenls sont presque tous à l'état de capillaires de la deuxième variété. Dans l'aorte néanmoins, j'ai pu surprendre l'origine des veines; elles sont le résultat d'une réunion de capillaires de première et deuxième variété, et rarement elles suivent les artères, elles abandonnent isolément la tunique externe et vont se perdre dans les vaisseaux voisins, en s'anastomosant souvent avec des veinules qui viennent des tissus périphériques.

La structure de ces vaisseaux est déjà connue par ce que j'en ai dit plus haut. Les capillaires de deuxième variété forment des mailles superficielles, quelques vaisseaux hélicoïdes ont cette structure. Les mailles du réseau profond sont surtout formées par des capillaires de première variété de 0'""',005 à 0""",006 de diamètre. J'ai établi cette distinction parce que quelques auteurs paraissent l'avoir négligée.

Dans quelles tuniques se distribuent ces vaisseaux? Ici, les opinions les plus diverses ont été émises : Bichat, Henle, les font pénétrer jusqu'à la face profonde de la tunique moyenne; M. Sappey va plus loin, il fait de la tunique interne une membrane vasculaire. Kôlliker, Morel, répétant d'ailleurs l'opinion de Burdach, auraient constaté leur présence à la partie externe de la tunique moyenne, et déclarent que tous les auteurs sont de cet avis. Cependant Weber déjà, M. Robin ensuite, ont nié la présence des vasa-vasorum dans la tunique moyenne. De nombreuses observations nous conduisent au même résultat, et nous déclarons n'en avoir jamais trouvé, soit sur les pièces ordinaires, soit sur les pièces injectées, au delà de la tunique dite adventice.

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