‹ Mémoire sur la syphilisChapitre 7 sur 8 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Traitement des affections syphilitiques des parties génitales en particulier.

Après avoir considéré d’une manière générale le traitement de la syphilis, je vais faire, à chaque symptôme primitif en particulier, l’appli-

cation des préceptes généraux développés dans la première partie de ce mémoire, et indiquer dans quelles circonstances on doit avoir recours à l’une ou à l’autre des deux métliodes que j’ai reconnu susceptibles de procurer leur guérison , et qui consistent dans l’emploi: des applica¬

tions locales et des anti[)hlogistiques , 2“ des excitans qui agissent presque toujours comme révulsifs.

La première se compose des saignées générales et locales , de la diète ou d’un régime approprié à l’état du malade, des boissons aqueuses, délayantes ou mucilagineuses , tièdes ou froides suivant la saison , des bains généraux et locaux, des applications tantôt émollientes (comme cataplasmes, fomentations , bains de vapeurs) tantôt sédatives, tantôt stimulantes.

La méthode révulsive se compose de l’emploi méthodique des substances excitantes des trois règnes, qui ont été employées , jusqu’à ce jour, contre les affections vénériennes, telles que les prépaiations mercurielles, d’or, d’iode, les bois sudorifiques, etc.

Nous avons déjà fait remarquer que les antiphlogistiques devaient toujours être employés de préférence dans les plilegmasies aiguës, au moins à leur début; que cette méthode assurait presque toujours le succès des révulsifs; que, si, dans les phlegmasies chroniques, ils ne déployaient pas une efficacité aussi proin-

pte, ils procuraient au médecin qui persévérait dans leur emj>loi des succès inespérés; que leur combinaison avec ces stimulans, favorisait même l’action de ces derniers, lorsque l'indication de ceux-ci était la plus évidente; enfin, que la méthode révulsive devait être dirigée avec beaucoup de prudence, le choix de tel moyen de cette espèce n’étant pas indifférent pour le succès.

1® Traitement des phlegmasies primitives des raembratics muqueuses des parties génitales chez les deux sexes. — (Urétrites.)

L’expérience prouve tons les jours que de tous les symptômes syphilitiques, l’urétrite est celui qui , abandonné à lui-même, guérit avec le plus de facilité, pourvu que, pendant sa durée, le malade mène une vie sobre et régulière. Cette observation est confirmée par les succès que les chirurgiens militaires retirent de l’emploi des seuls antiphlogistiques daîis le traitement des urétrites chez les soldats ; et , bien que très-peu de ceux-ci aient assez de docilité pour se priver des boissons alcooliques, ils suffisent, dans la plupart des cas, pour en procurer la guérison.

Quoique je sois bien éloigné de n’attacher aucune importance aux autres moyens thérapeutiques, je dois déclarer que lorsque les malades sont assez dociles pour observer ce traitement,

que je suis dans l’usage d’employer dès le début, rarement rurétrite se prolonge au-delà de aS à 4o jours.

Si j’étais consulté par un individu jeune, fort, p]élbori(jue et atteint, pour la première fois, d’une urétrite, je conseillerais une saignée générale , une boisson délayante ou mucilagiueuse ^ un régime composé d’alimens végétaux , de viandes blanches peu ou point assaisonnées , l’abstinence des liqueurs fermentées ou stiraulaptes, de petites applications de sangsues le long de la verge ou au péri né, réitérées tous les cinq ou six jours, des bains locaux et généraux, des cataplasmes ou des fomentations émollientes autour du pénis, le repos, l’abstinence des plaisirs de l’amour, les demi-lavemens , etc. Ces moyens suffisent dans la plupart des cas^ cependant, si l’écoulement persévère , s’il est accompagné de symptômes inflammatoires très-prononcés, on insiste sur les antiphlogistiques. Si , au contraire, l’inflammation et les sympathies qu’elle avait éveillées étant calmées , l’écoulement persévère, il faut tenter la révulsion au moyen d’une des nombreuses substances qui ont été proposées.

Les substances excitantes qui ont été préconisées pour obtenir la guérison de l’urétrite sont très-variées et en grand nombre. Je vais rapidement passer en revue les plus communément employées. i° Les diurétiques y tels que le ni-

traie de potasse, les racines de fraisier, d asperge, etc., exercent sur l’estomac une action stimulante qui a souvent pour résultat une augmentation dans la secrétion des urines. Ce moyen ne convient pas pendant la période d’acuité, il faut alors éviter tout ce qui peut exciter l’appareil génito-urinaire.

2° Dans les mêmes circonstances, les purgatifs doivent être proscrits. On donne la préférence aux sels neutres, qui produisent une irritation passagère sur le tube intestinal. Pour obtenir de cette médication tous les avantages possibles, on ne doit la mettre en pratique qu’autant que les voies digestives sont dans l’état physiologique.

3° Uopnim, cju’on a proposé à titre de calmant, est loin d’agir toujours comme tel; ou peut en dire autant du camphre, qu’on regarde assez généralement comme un excellent moyen d’apaiser les érections; les expériences de M. Or- , FILA ont prouvé que cette dernière substance était un puissant excitant de l'estomac. Aussi, je ne considère l’action calmante qu’on lui attribue que comme indirecte et consécutive à 1 irritation qu’elle développe dans les premières voies.

4“ Parmi les substances résineuses, le baume de copahiL et la térébenthine sont celles qui ont été le plus préconisées. Bell, Ribes , Ansiaux, Delpech , etc. , ont prodigue de grands éloges au copabu, administré à hautes doses, dès le début

derurétrite, et même pendant toute la force de rinflaramalion. Si cette résine réussit souvent , quelcpiefois elle n’a aucune influence sur l’urétrite, et dans beaucoup de circonstances elle l’exaspère.

Le copahu , auquel on ne peut contester des propriétés très-puissantes, n’offre pas les mêmes avantages dans Ions les cas. Si cette substance procure souvent la guérison des urétrites chroniques, chez des sujets dont les organes sont sains ou peu imju’essionnables , nous avons eu de fréquentes occasions d’observer les accidens qui résultaient de son emploi intempestif, et nous nous sommes fait une règle de ne la conseiller que dans les nuances chroniques, ou qu’après avoir appaisé par un traitement antiphlogistique trèsactif, l’inflammation locale et les sympathies quecelle-ci avait dévéloppées. On trouved’ailleurs un grand nombre de malades très-excitables ou doués d’une grande prédominance sanguine, chez lesquels les moindres doses de copahu produisent des accidens tels qu’on est forcé d’en suspendre l’usage. Au reste, dans le commerce, on le trouve souvent sophistiqué, ce qui doit encore rendre plus réservé dans son emploi lorsqu’on n’a pas les moyens de s’assurer de sa fidélité.

M. Delpech a tracé de la manière la plus lumineuse, la conduite qu’on devait tenir dans ces circonstances.

Les potions de Choppart, de Delpech, la

mixture brésilienne de Lepère , etc. , dont le copahu forme la base, rentrent dans ce que nous venons de dire de cette résine.

Nous administrons ordinairement le copahu à la dose d’un gros à deux gros dans une émulsion , en bols, etc. S’il se manifeste de la sensibilité à l’épigastre, de la soif, des coliques ou tout autre symptôme indicatif d’une irritation gastro-intestinale, nous en suspendons ou en cessons l’usage suivant la gravité des accidens qui en ont été le l'ésultat.

Nous devons, d’ailleurs, faire remarquer que l’on n’obtient des succès marqués de son usage, que chez les sujets anémiques, peu irritables, et dans les urétrites chroniques.

Mais si l’administration du copahu , par la voie de l’estomac, a quelquefois des suites fâcheuses, son introduction par l’anus en laveveraent ne pourrait - elle pas conserver à cette résine tous ses avantages sans risquer de produire les mêmes accidens? Des essais ont été tentés dernièrement par M. Velpeau. Il rapporte dans un journal de médecine ‘ 22 observations dont voici les résultats généraux. Le baume de copahu , administré par l’anus, diminue , à-peu-près constamment, les écoulemens de l’urètre, soit chez l’homme, soit chez la femme. H produit cet effet les 4, 5, 6, 7, ou 8"’® jours ; plus souvent il les réduit au tiers seulement de leur abondance ;

^ Archives générales de médecine, toni. XIH, pag. 53

quelquefois il ne les fait cesser qu’à moitié; et, règle générale, après la 8'^® ou la lo'"® prise, son action devient nulle s’il n’a pas réussi completteraent. On commence par deux gros qu’on porte progressivement jusqii’à 4 ^ 6 et même 8 , suivant les individus. On le fait délayer dans un jaune d’oeuf et on l’étend dans la décoction de racines de guimauve Quelquefois il est bon d’v ajouter un grain ou un demi-grain d’opium. Il est important que le lavement soit absorbé en grande partie.

* Nous avons employé, nous-même, deux fois le copahu en lavement, avec les précautions indiquées par M. Velpeau, sans avoir obtenu de succès.

powre cuhèbe a, avec le copahu , quelques rapports d’action. Il est moins actif et n’a pas une efficacité plus certaine. J’ai traité un certain nombre d’individus par ce moyen : les observations en ont été insérées, dans le tems, dans un recueil périodique. Mais depuis, je me suis assuré que le cubèbe n’avait pas sur les autres moyens de sujîériorité marquée. On guérit avec lui comme avec le copahu , les sangsues, etc. On doit se conformer, pour son administration, aux mêmes préceptes que ])oar le copahu. « Injecté dans le gros intestin , dit M. Velpeau, «son usage a, à-peu-près, les mêmes résultats (( que la résine de copahu. »

6® L'extrait de genièvre , d’une action encore

plus faible que le copabii et le cubèbe, peut utilement remplacer ces deux substances lorscju’on est consulté pour un individu très-impressionnable. On l'administre ordinairement depuis une demi-once jusqu'à une once en pilules, etc.

yo Malgré la bonne opinion que M. Richond a de l’efficacité de Viode , je ne puis la partager entièrement. J’ai employé quelquefois cette substance, et toujours sans succès marqués. Mes ex- ])ériences, à ce sujet , sont parfaitement conformes à celles qui ont été faites à l’bôpital militaire de Metz, par le chef du service des vénériens. D’ailleurs, son administration doit être soumise aux mômes règles et précautions que le baume de copabu. MM. Henry et Richond prescrivent la leinture alcoolique d’iode à la dose de i5 à 20 gouttes et augmentent graduellement jusqu’à 3o , 40 et même 5o gouttes , matin et soir, dans une potion gommeuse.

8° Les 'vésicatoires et la pommade stibiée du docteur Autenrieth ont à-peu-près la même action. Le premier de ces moyens a quelquefois l’inconvénient crave de réveiller l’irritation de la

muqueuse de l’urètre, et de la propager à la vessie et aux reins; il ne peut donc convenir cpie dans les urétrites ebroniques. J’en ai obtenu, dans un cas, la cessation d’un écoulement qui avait résisté aux antiphlogistiques et au copabu. La pommade stibiée a une action plus faible que le vésicatoire, et n’a pas l’inconvénient de porter

son influence sur l’appareil «astro - urinaire.

9® Si les excitaiis, employés sur une partie éloignée du siège de la [)lilegmasie , ont donné lieu à des accidens, leur application sur la surface enflammée ne de\Mait pas avoir de plus heureux succès; cependant, il se trouve des praticiens assez hardis ])Our l’exécuter, et le succès a couronné quelquefois cette tentative. Bell est celui qui a le plus préconisé cette méthode , appelée, par M. Jourdan, perturbatrice. Il prétend qu’elle réussit à toutes les périodes de l’urétrite, mais qu’elle agit avec plus de promptitude au début que dans les derniers teras de la phlegmasie. Il jirescrit néanmoins de s’en abstenir, lorque l’inflammation s’étend à plus d’un pouce de profondeur; qu’il y a fièvre, etc.

C’est en injections que consiste cette méthode. Les principales substances dont on les compose sont; les sels mercuriels, l’acétate de plomb, les astringens en décoction , etc.

Je considère les injections comme un moyen infidelle et souvent dangereux. En les employant dans l’état aigu, on court le risque ou d’augmenter l’inflammation en l’étendant à une plus grande profondeur, ou, ce qui est plus fâcheux encore, de donner lieu à des métastases fâcheuses sur d’autres organes. M. Charmeil, à qui je les ai vu employer, à l’hôpital militaire de Metz, en a retiré très-peu d’avantages. Il réussissait souvent à faire cesser momentanément l’écoulement de l’u’

rètre, mais celui - ci ne tardait pas à reparaître, au bout de peu de jours, avec plus d’abondance, et accompagné d’un surcroît d’inflammation.

Dans l’état chronique, les injections ont moins d’inconvénient; cependant leur usage expose au rétablissement de l’état aigu. J’ai employé avec avantage, en injection , une décoction de roses de provins ou d’écorce de grenadiers, avec addition d’une forte dose d’extrait d’opium, pour combattre des écoulemens anciens, sans lésion de tissu , et qui avaient résisté à tous les autres moyens. Quoiqu’en pareil cas ma conduite ait été couronnée de succès, je suis bien loin de la pi’oposer pour exemple

io° Lorsqu’on considérait le mercure comme le seul remède efficace de la syphilis, on convenait qu’il ne procurait aucun avantage dans les inflammations du canal de l’urètre; il avait même été proscrit de leur trallement pir quelques praticiens, tandis que d’autres conseillaient encore de l’employer, par précaution , pour ))révenir le développement possible des accidens secondaires. Aujourd’hui qu’on est moins convaincu de la spécificité du mercure, on regarde son. usage comme tout-à-fait superflu dans le traitement de l’urétrite. Ce|)endant, ]M. Lagneaü donne le précepte de toujours faire subir au malade, dans ce cas, par précaution, un court traitement mercuriel, ce qui , à notre avis, ne rend la cure ni plus solide, ni plus courte.

On peut , je crois , des considérations précédentes, tirer les conséquences pratiques suivan tes :

1° L’expérience ayant prouvé que l’urétrite cédait souvent aux seuls efforts de la nature, secondés d’un bon régime et de précautions hygiéniques, on doit toujours la combattre, à son. début ou lorsque l’inflammation est manifestée, par la saignée, les sangsues, les applications émollientes et les autres anti|)hlogistiques.

2® Ces moyens n’ayant pas suffi pour tarir l’écoulement urétral, les excitans, à titre de révulsifs, se tro^uvent indiqués, pourvu que l’inflammation soit calmée et qu’il n’existe aucune contre indication.

3® Quelque soit celui dont on aura fait choix, on devra l’administrer avec prudence, en suspendre l’usage s’il détermine des accidens, et, dans le cas contraire, insister assez long-tems pour s’opposer au retour de la maladie.

4® L’application des stiraidans sur la surface enflammée offre moins d’avantages que les autres médicamens. Leur emploi dans l’urétrite aiguë peut avoir de graves inconvéniens, que ne balance pas l’utilité qui peut en résulter dans quelques cas; une saine doctrine s’oppose à leur emploi à cette période de la maladie. Dans les nuances chroniques, sans lésion de tissu, l’application des excitans a moins d’inconvéniens ; l’art offre néanmoins d’autres ressources qu’on doit

toujours préférer, et dont on doit faire l’essai avant d’en venir à ce moyen.

Les accidens qu’on observe le plus souvent pendant le cours de l’urétrite aiguë , sont; 1° la suppi’ession ou la diminution de l’écoulement, aceornj'.agnée de \ orchite , d’une métastase sur la membrai>e muqueuse oculaire (conjoiictn’ite')^ du nez ou de l’oreille ; 2" l’urétrite cordée; 3® le phimosis ou le parapbimosis,

1° L’écoulement urétral peut diminuer ou cesser tout-à-fait, soit par la manifestation d’une irritation dans un point éloigné du siège du mal , soit parce que la pbleginasie de l’urètre aura reçu, par une cause quelconque un surcroît d’inflammation. La conduite à tenir, dans ces deux cas, n’est pas absolument la même.

Lorsque celte suppression est due à la première cause, les topiques émolliens, quelques sangsues le long du pénis, des bains locaux^ des boissons adoucissantes, etc., suffisent presque toujours pour ramener l’inflammation dans les conditions favorables au rélablissement de la secrétion muqueuse.

On devrait se conduire différemment si une irritation fixée sur un autre organe était la cause de cette sup]>ression.

Lorsque la suppression de l’écoidement de l’urètre reconnaît pour cause l’engorgement inflammatoire des testicules, la première indication à remplir consiste à combattre cette pblegmasie

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pal’ les saignées locales ou générales , suivant les circonstances, les applications émollientes, les bains, les deini-laveinens , et un régime approprié à l’état du malade. Lorsque l’inllammation est nolabiement diminuée, que le malade n’éprouve plus de douleurs, l’écoulement se rétablit le plus souvent; on peut alors, pour (’avol’iser la lésolulion de l’engorgement testiculaire, substituer aux émolliens, les a|)plications froides d’oxicrat, de sous-acétate de plomb , l’usage d’un léger révulsif sur le tube intestinal , etc. On a proposé d’introduire alors une sonde dans la vessie , afin de rappeler l’irritation à son siège primitif. MM. Swediaur et Ribes proposent, dans la même Intention, l’inoculation de la matière provenant d’une urétrite aiguë ; mais nous avons déjà fait remarquer que ce dernier moyen serait presque toujours insuffisant. Quant à l’introduction d’un corps étranger dans le canal de l’urètre , cette manœuvre est plus nuisible qu’utile , et ne produit guère le résultat qu’on se propose en l’employant. L’expérience ayant démontré que le moyen le plus efficace de rétablir l’écoulement était d’obtenir la guérison de l’inflammation testiculaire , c’est à combattre cette phlegmasie qu’on doit toujours s’attacher.

L’opbthalmle qui succède à la diminution ou à la suppression de l’urétrite, qu’elle soit bornée à la membrane muqueuse ou qu’elle attaque les parties profondes de l’œil, réclame l’emploi des

antiplilogistîqnes les pins actifs. Lorsque l’inflammalion a cédé à ces moyens, on relire quelcpies avantages des révulsifs, tels que les pédiluves sinapisés , l’application d’un vésicatoire ou de la pommade slihiée aux tempes ou à la nuque. Un vomitif me procura, dans un cas pareil que j’eus à soigner avec M. Güilué , un succès marqué. Ce mo^en pourrait convenir lorsqu’il n’existe aucune contre indication.

Ce que nous venons de dire s’applique au traitement de l’inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse les fosses nazales et l’oreille. D’ailleurs, le traitement des accidens sympathiques ou métastatiques survenus pendant une urétrite, ne réclame pas des moyens thérapeutiques différens de ceux employés dans les cas ordinaires.

2'’ \2ardtrlte cordée réclame impérieusement l’emploi de la méthode antiphlogistique. Bell donne le précepte des applications de sangsues sur le lieu même où s’opère la flexion du pénis. C’est , en effet , le moyen le yjlus efficace de remédier à cet accident.

3'^ Le phimosis et le peu^aphimosis compliquent souvent l’urétrite. S’ils sont caractérisés par des symptômes inflammatoires manifestes, ils doivent être combattus de bonne heure par les antiphlogistiques; s’ils sont accompagnés d’oedème, on doit employer de préférence de légers stimulans. Dans les cas extrêmes, l’inci-

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sion (lu prépuce devient nécessaire, et on l’opère de suite par les procédés connus et dont la description ne peut trouver ici sa place.

On doit, je crois, attribuer la frécpience des urétrites cbroniques aux erreurs de régime, commises par les malades , et souvent aussi , à la médication employée dans leur état aigu.

Elle peut tenir à un point phlegmasique limité du canal de l’urètre : dans ce cas, son traitement rentre dans ce que nous avons dit précédemment. L’emploi des antiphlogistiques , dont l’utilité ne saurait alors être contestée doit cependant être associé à celui des stimulans. Les révulsifs externes offrent aussi des ressources précieuses. Du reste , un régime approprié à l’état du malade, l’abstinence du coït , doivent toujours seconder l’action de ces moyens.

Il arrive quelquefois que les urétrites cbronicjues sont entretenues par une pblegmasie des organes digestifs. Il est inutile de faire remarquer que, dans cette nuance, les stimulans doivent être sévèrement proscrits.

Avant d’entreprendre la guérison d’une urétrite chronique, on doit avoir la précaution , comme le prescri t Bell , d’in t rod u ire une sonde da ns la vessie, pour s’assurer de l’état du canal de furèlre.

Le traitement de la pblegmasie de la membrane muqueuse génito-urinaire, chez la femme, présente les mêmes indications thérapeutiques que celui de l’urétrite chez l’homme.

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2® Traitement des ulcc'rations primitives des parties

ge'nitales.

Dansrélal actuel de nos connaissances, peut-on établir rigoureusement le cas où l’on doit se borner à l’emploi des topiques pour combattre les ulcérations s}'pbilitiques, et ceux où il y a nécessité de recourir aux rnercuriaux ? En traçant, pour cette question pratique, des préceptes basés sur notre faible ex|)érience, on serait en droit de nous taxer de présomption ; quoi qu’il en soit nous allons faire connoUre la conduite que nous tenons dans cette circonstance.

Ene ulcération syphilitique récente doit être combattue d’abord par la méthode antiphlogistique et les topiques; si, après s’être progressivement améliorée , elle diminue et disparaît insensiblement, on doit être aussi tranquille sur les résultats ultérieurs ([ue si elle avait été combattue par la méthode ordinaire ; il serait même alors, à notre avis, inutile et même nuisible de soumettre, par précaution, le malade à un traitement mercuriel.

Ainsi , si nous étions appelé à traiter un individu jeune , sanguin , jouissant de l’intégrité de toutes les fonctions , atteint pour la première fois d’ulcères vénériens au pénis, nous débuterions, si les circonstances étaient favorables, par une saignée générale. Le malade serait mis à l’u-!-

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sage d’nn régime composé cl’alimens légers, de facile digestion; on lui prescrirait, tons les deux ou ti'ois jours, iin hain tiède; pour boisson, à ses repas, l’eau tiède; et pour tisane, une décoction de cbien-dent , édulcorée r vec le sucre ou un sirop quelcoiupie. On entretiendrait la liberté du ventre par des lavemens rendus éinolliens, suivant l’opportunité , en siibctituant cà l’eau la décdction de graines de lin. La partie malade serait bassinée, plusieurs fois par jour, avec la décoction de racine de guimauve. Si rinflaramation était trèsintense, on ferait une application de quelques sangsues le long du pénis, qui serait réitérée aussi souvent que la même indication se présenterait. Si, au contraire, l’ulcère prenait un aspect pâle, il serait pansé avec une pommade composée avec le cérat récent dans lequel on ajouterait, suivant les circonstances, l’oxide de fer, le calomelas ou l’onguent mercuriel. Par l’usagé de ces seuls moyens, on parvient souvent à obtenir la cicatrisation des ulcères primitifs.

La gastro-entérite vient quelquefois entraver la nuM’cbe des ulcères vénériens, et leur communiquer un caractère inflammatoire qui retarde singulièrement leur guérison. Cette complication doit faire modifier le traitement; mais elle s’observe rarement lors([u’on suit les précautions que nous venons d’indiquer.

Lorsque le traitement local et antiphlogistique ne réussit pas à procurer, en peu de jours, la

guérison des ulcères primitifs , il favorise toujours »• l’action des révulsifs dont on ne doit pas retarder davantage l’application , si rien ne s’oppose à leur emploi.

Si au lieu d’un individu affecté pour la première fois, on était consulté par un malade ayant déjà eu une ou plusieurs maladies vénériennes , traitées efficacement par le mercure, et que ce traitement n’eût laissé à sa suite aucune ti ace de plîlegmasie dans les viscères, on devrait avoir recours à la même méthode, après avoir toutefois commencé le traitement par les antiphlogistiques; et, quoique ces derniers moyens eussent procuré seuls la cicatrisation des ulcères, peutêtre serait-il convenable de recourir au traitemen t mercuriel comme à un puissant moyen révulsif, propre à prévenir la récidive de la maladie.

Quoique je considère le mercure comme celui de tous les moyens anti-vénériens dont l’action énergique offre le plus de chances favorables , il est cependant des circonstances où l’on doit lui préférer les préparations d’or, les sudorifiques, etc.

Si le malade était très-impressionnable , ou qu’il fût actuellement en proie à une plîlegmasie organique quelconque, et si , surtout, les antiphlogistiques et les mercuriaux lui avaient déjà été administrés sans succès, avant de recommencer un autre traitement, il faudrait, par un régime convenable, chercher à modifier lu suscep-

tibilité de ses organes, ou, par des moyens tbérapeiitiqnes , détruire les foyers d’irritation dont ils seraient le siège. Après avoir ainsi paré à la contre indication des stimulans , on tente l’essai de l’im d’eux , eji dirigeant son choix sur celui qui paraît le mieux adapté aux circonstances. Quelle que soit la substance qu’on aura préférée, son action, devra être surveillée attentivement, pour en suspendre l’usage à la moindre commotion artérielle ; et si, après plusieurs tentatives, on remarquait une stimulation trop forte, plutôt que de s’opiniâtrer à combattre , par le même moyen , un mal toujours renaissant,^ une saine doctrine prescrit d’en abandonner l’usage, pour essayer d’un autre moyen énergique.

On ne saurait disconvenir qu’en pareil cas il faut que le médecin soit doué de beaucoup de pénétration et d’un tact particulier, pour distinguer la méthode de traitement la mieux appropriée à chaque espèce de maladie: il faut bien se pénétrer d’une vérité trop méconnue en médecine, c’est que pour la syphilis, comme pour un grand nombre demaiadies,onne saurait tracer de méthode thérapeutique absolue : les moyens doivent varier en raison des individus et de mille circonstances; car rien n’a peut-être plus nui aux progrès de l’art que la médecine des formules.

Chez les malades doués d’un tempérament avec prédorainence lymphatique, peu ou point impressionnables, anémiques, je n’hésiterais pas à

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Irailer, de prime abord , les ulcérations par les mercuriaux. .En effet, chez ces sujets ce métal produit rarement les désordres qu’on observe si souvent lorsqu’on l’administre cbez les individus sanguins ou irritables. S’il existait alors des motifs pour ne pas l’employer, on pourrait lui substituer toute autre substance, les préparations d’or, par exemple.

Un individu d’un tempérament éminemment lymphatique, ayant déjà eu plusieurs maladies vénériennes, qui avaient cédé avec facilité aux préparations mercurielles, contracta des ulcères au pénis à la suite d’un coït impur. Après quelques jours de régime, la liqueur de Van Swieten lui fut administrée. Après quel([ues prises, on fut obligé d’en cesser l’usage, par suite de douleurs de poitrine qu’elle développa. Les frictions que nous employâmes avec beaucoup de ménagement n’ayant pas mieux réussi , nous essayâmes tourà-tour des antiphlogistiques seuls , des sudorifiques, etc. , sans obtenir pbis de succès. Enfin , après quelques jours de repos , le chlorure d’or et de sodium fut administré en frictions sur la langue à là dose d’un dixième de grain qui fut porté progressivement jusqu’à un quart. On employa de celte manière sept grains de ce sel qui suffirent pour procurer une guérison solide au bout de 55 jouis. '

Depuis, nous avons eu plusieurs occasions d’employer le même moyen dans tles circonstan-

ces à-peu-près semblables, et presque toujours avec efficacité.

Si l’on rencontre quelquefois des sujets sur lesquels les mercuriaux et les autres stinuilans produisent une impression peu manifeste, il en est qui sont doués d’une si grande susceptibilité que chez eux les modificateurs les plus fai})les dévelojipent des phlegmasies. L’opium , combiné aux émolliens et aux anti|)blogKstiques , à un régime végétal et lacté, aux bains, etc. , modifie (juelquefois cet état d’érétliisme , et peut même permettre, au bout d’un certain laps de tems, l’emploi de la méthode révulsive.

Un officier du 56"^® régiment de ligne, M. M... , doué d’une grande irritabilité nerveuse , ancien militaire quoiqiie jeune encore, contracta , pour la première fois , en iSsS , une affection syphilititjue caractérisée par des ulcères au pénis. Il fut admis à l’hôpital militaire de Metz, où on lui administra, à un jour d’intervalle, douze frictions mercurielles d’un demi gros chacune. Ce traitement fut secondé d’un régime sévère, des bains et des boissons délayantes. Malgré toutes les précautions, il se manifesta une gastro-entérite qui nécessita la suspension de tout traitement. Cependant , l’ulcère qui avait disparu dès les premières frictions, reparut et s’étendit rapidement. On le traita par les topiques émolliens, et en peu de jours il reprit les dimensions et tous les caractères qu’il avait présentés lors de l’entrée du malade à

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riiôpital. TiOrsque la gastro-entérite eut cédé, oa administra la liqueur de Van Swieten, à la dose d’un huitième de grain. L’ulcère diminua insensiblement et fut bientôt cicatrisé. Cependant, cette médication ne tarde pas à développer des douleurs au thorax, cjui se propagent aux os du crâne et des extrémités ; cjuelques pustules rares se manifestent sur la poitrine et sur le front. On cesse alors l’usage de la liqueur, et , après un mois environ de repos et d’un régime tempérant, on administre en frictions sur la langue, le chlorure d’or et de sodium, qu’on est bientôt obligé de suspendre , parce que son usage développe des troubles dans la circulation. On revient au régime et aux bains, et le calme renaît. Au bout de cjuelque tems, on administre les sudorifiques combinés à l’opium, et néanmoins les douleurs persistent encore. Cependant, la persévérance du régime, des bains et des opiacés ayant produit un peu de rémission , M. M. . . , après onze mois de séjour à l’hôpital, réclame sa sortie cjui lui est accordée L’usage du lait, des bains, quelques distractions ,et un mois de séjour à la campagne, ayant produit une amélioration notable dans sa santé, cet officier obtient une convalescence de trois mois qu’il a passés dans sa famille, dans un département méridional , d’où il est revenu bien portant.

Il est probable que la plupart des accidens éprouvés par M. M. . . doivent être attribués aux

diverses médications excitantes auxquelles on l’a soumis. L’interruption de tout traitement, l’abandon du malade aux seuls efforts de 1?» nature, secondés par un bon régime, auraient vraisemblablement suffi pour lui procurer, en moins de tems, une guérison qu’il a achetée par tant de souffrances.

Le traitement local a , dans les ulcères , une importance moindre que dans l’urétrite ou l’adénite, mais ne doit cependant pas être négligé. Quelques chirurgiens, en Angleterre surtout^ lui accordent trop de valeur tandis que bien d’autres prescrivent , fort mal-à-propos, de s'abstenir de toute espèce de topique. Si un pansement méthodique est, la plupart du tems, impraticable pour les ulcères du pénis , on peut y suppléer par des soins de projireté, des lotions réitérées, des bains, cjuelquefois des cataplasmes émolliens ou narcotiques , suivant les circonstances, des saignées locales. C’est en cela rpie consiste le traitement le plus judicieux des ulcères vénériens des membranes muqueuses. (Y>ux c[ui ont leur siège à la peau , lorsqu’ils sont susceptibles d’être pensés, ne réclament pas des moyens différens de toutes les lésions de continuité.

Dans la période inflammatoire des ulcères, les applications de corps gras doivent être proscrites. Mais dans les ulcères blafards , indolens , une pommade composée avec le cérat, dans lequel on incorpore le précipité rouge, le calomel ou l’oxide

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