‹ Mémoire sur le choléra [microforme]Chapitre 13 sur 17 · N 2 PRÉCAUTIONS HYGIÉNIQUES · texte numérisé non relu

N 2 PRÉCAUTIONS HYGIÉNIQUES

On pourrait, pour l'intelligence du sujet, classer comme suit les mesures hygiéniques à adopter, savoir : Mesures publiques et mesures privées, et subdiviser chacune de ces deux classes en deux catégories : mesures relatives aux personnes et mesures relatives aux choses. Sans s’astreindre rigoureusement à une semblable classification, il est bon, cependant, de n’en point perdre tout-à-fait l’idée, attendu que cela porte l'esprit à plus de clarté.

Nécessairement, les connaissances que peut don-

- ner d’un pareil sujet un simple mémoire, doivent être

limitées à des généralités ; 1l faut prendre ce travail comme un court énoncé des choses qui s'imposent à la sérieuse considération de tous et qui doivent être l’objet d’études approfondies pour plusieurs. Les mesures de salubrité publique, nécessaires partout, le

sont surtout dans les grandes villes ; car, toutes cho-

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raison de l’agglomération de la population dans un Pas donné; de sorte que, de deux populations gales en nombre et autrement semblablement placées, «ou qui occupe le moindre espace est à peu près certaine de souffrir d'avantage dans les temps d’épidémies.

Il est donc important de débarrasser le voisinage immédiat des habitations et l’intérieur des villes et villages de tous objets dangereux de leur nature, tels que contenu des puisards, carcasses ou débris d’animaux, amas de substances végétales, tas de fumiers, en un mot toutes matières actuellement en décomposition

-ou sur le point d'entrer en fermentation.

À propos de l'enlèvement de ces matières putrescibles, lorsqu'elles se présentent en masse un peu “considérables, il est bon de remarquer que, si la chose va pas été faite avant la chaude saison, ou avant l’arrivée d’une épidémie, alors il vaut mieux ne pas remuer ces amas de substances en putréfaction ; mais se contenter de désinfecter la surface et de couvrir le tout de quelques pouces de terre.

Les mares d’eau stagnante, les égouts découverts, les fossés de décharge des établissements industriels, étant encore des causes d’insalubrité, duivent être l’objet de procédés de désinfection et, de plus, doivent être désséchés ou couverts.

Il est un nombre considérable d'établissements d'industrie qui, par la nature insalubre ou incommode des procédés employés ou de leurs produits ne doivent pas être admis à prendre place au milieu des villes ; de ce genre sont les abattoirs, les enclos où l’on rassemble les animaux pour la vente ou la boucherie, les entrepots de guenilles et de débris, les manufactures d'acides, de charbon animal ou végétal, de chandelle, de savon, d'engrais artificiel, les fours à chaux, certaines rafineries, les tanneries et beaucoup d autres établissements, surtout ceux qui ont pour

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Les grandes écuries et étables, mais surtout les porcheries sont nuisibles au milieu des grands centres de population ; comme il serait impossible de faire disparaitre les écuries et les étables des villes, 1l faudrait, toutefois, les soumettre à une inspection régulière et voir à ce que les litières et les fumiers ne s'accumulent pas dans les cours pendant la chaude saison.

Les problèmes difficiles de l’assèchement et des égouts se posent surtout à l’approche des épidémies ; mais on comprend qu’il ne peut pas être ici question de traiter un pareil sujet, attendu que chaque fois qu'une ville se voit en état d'entreprendre des travaux de cette importance, sur une échelle quelque

eu considérable, il est nécessaire de s'adresser à des nn. spéciaux qui doivent chercher la solution du problème sur place. En l'absence de ces grands moyens d'assainissement (si rarement relativement parfaits) il est essentiel d’avoir recours aux fossés ordinaires pour l’assèchement du terrain, à la désinfection et à l'enterrement pour les matières des puigsards et des latrines.

Il existe, dans les rues et dans les cours de presque toutes nos villes, de vieux pavés et autres débris de bois saturés d'humidité et d’ordures qu’il importe de brûler, ou de transporter à la campagne, si on les Croit encore bon à quelqu'usage dans les champs. O

Il semblera peut-être que des recommandations de ce genre, portant sur des mesures d’une utilité aussi évidente, ne constituent rien autre chose qu'une suite de lieux communs; mais l’on néglige à un tel point les règles les plus élémentaires de l'hygiène, qu'il devient nécessaire de les répéter souvent, afin

qu’on né finisse pas par les oublier tout-à-fait, après les avoir longtemps négligé.

Un des objets les plus nécessaires à l'existence et un de ceux qu’il importe par-dessus tous de se procurer à l’état de plus grande pureté possible, l’eau, doit être le sujet d’une surveillance particulière en temps d’épidémie. Les autorités municipales des villes doivent faire tout en leur pouvoir pour fournir à la population de leurs administrés des eaux saines

et abondantes. (*)

* M. le Dr. Thomson, parlant de l'influence de l'eau sur les progrès et l'intensité du choléra à Londres, dit :

Le plus terrible exemple des effets pernicieux produits par l'inpureté de l’eau s'est montré en 1854. Je découvris que les eaux fournies aux habitants par la Compagnie Southwark différaient des eaux fournies par la Compagnie Lam- Leth. En adaptant un morceau de mousseline au tuyau de la Compagnie Southwark qui arrivait à mon laboratoire de l'Hôpital St. Thomas, il s'y accumula une grande quantité d’excréments humains, de plus les impuretés tenues en solution étaient aussi en beaucoup plus grande quantité que dans les eaux de la Compagnie Lambeth, celles-ci ne contenant que peu ou point de matière en suspension. La Compagnie Lambeth avait sa prise d’eau à Hampton, tandis que la Compagnie Southwark pompait l’eau de la rivière près de Vauxhall- Bridge. Ces deux compagnies avaient des tuyaux de distribution dans les mêmes rues et fournissaient les maisons de çes rues indistinctement. L'analyse me suffisait pour distinguer quelle était la compagnie qui fournissait l’eau à telle ou telle maison, les habitants ne pouvant, sans consulter leur reçus, me dire laquelle des deux compagnies leur donnait de l’eau. Malgré l'identité des cirçonstances de cètte population pour toutes les choses de la vie excepté l’eau, le choléra n’enlèva que 37 personnes par chaque 10,000 des habitants ayant fait usage des eaux Zambeth, tandis que la proportion fut de 130 par chaque 10,000 des habitants ayant fait usage des eaux de Southwark, c'était un rapport de un à trois et demi. Je conclus, des chiffres fournis, que 2,500 personnes sont mortes pour avoir bu des eaux Southwark, lesquelles auraient été sauvées si elles eussent bu des eaux de ZLambeth. C'est un fait remarquable que les eaux de Lambeth, pendant l'épidémie de 1848-49, avaient un effet plus pernicieux que celles de Southwark. La compagnie Lambeth ayant alors sa prise d’eau plus en aval dans la rivière. La mortalité fut alors de 125 sur

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La plupart des mesures d'hygiène, surtout spé. cialement requises en temps d’épidémies, peuvent se résumer en quelque sorte sous les titres de Propreté et Ventilation. La première condition de propreté, c'est l'absence de toute substance susceptible de fermentation, de l’intérieur ou du voisinage des demeures de l’homme. Toutes les matières végétales ou animales en dehors des conditions de la vie sont : SUKCEp= tibles de fermentation et deviennent, par conséquent, une cause d'insalubrité quand elles sont hors de place ; hors de place voulant dire 1à où elles ne sont pas requises pour les besoins de a culture ou de l'industrie: par exemple, les collections de peaux, re cornes et d’ossements d'animaux sont hors de place, partout ailleurs que dans les établissements où on les transforme en produits usuels, et ces établissements eux-mêmes sont hors de place au milieu des centres de population ; encore, les engrais de diverses sortes sont hors de place partout ailleurs que sur la terre qu'ils doivent fertiliser.

Dans les opérations du nettoyage des logements malpropres, il est bon de faire usage d’un peu de chlorure de chaux dans l’eau de lavage. La remarque faite ailleurs, à propos des masses de matières en putréfaction qu’il ne faut pas remuer durant les chaleurs de l'été ou la prévalence des épidémies, peut aussi s'appliquer aux mesures de salubrité à prendre par rapport aux murailles, cloisons et autres surfaces d'habitations excessivement sales: dans ces circonstances il vaudrait mieux se contenter de couvrir ces surfaces d’une épaisse couche de peinture ou de chaux que de tenter des lavages considérables à l’eau chaude, lesquels seraient aptes, par l'effet d’une grande humidité accompagnée de chaleur, à donner lieu à la for-

mation et à la volatilisation de miasmes délétères.

Comme on a parlé déjà plusieurs fois des désiu-

fectants il est essentiel de se bien expliquer sur le sujet. Premièrement : toutes les substances qui sont données vulgairement pour des désinfectants n’ont pas toutes, à beaucoup près, les propriétés qui leur sont ainsi attribuées; deuxièmement : l’usage des déinfectants véritables, bien que d’une utilité incontestable, comme mesure de précaution, ne constitue pas cependant une ressource infaillible, c’est tout simplement, comme une foule d’autres, un moyen auxiliaire qu’il ne serait pas sage de rejeter; car le problème de la salubrité publique n’est pas une question simple, mais une question complexe dont la solution demande le concours de forces diverses convergeant vers le même point.

On ne fera ici mention que d’un petit nombre de désinfectants choisis parmi les plus simples, afin de ne pas créer d’embarras ou d’hésitation dans l'esprit des personnes peu au fait du sujet, et dans les opérations des négociants qui se chargeront d’en approvisionner le marché, et aussi pour empêcher que la spéculation ne se joue de la crédulité publique.

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cause de son bon marché, de la facilité qu'il y a à s’en procurer partout et de l’habitude qu’ont les gens d’en faire usage. Il est bon aussi de rappeler que le charbon de bois possède de précieuses qualités désinfectantes.

On recommande le chlorure de chaux, les sulfates de fer et de cuivre et les manganates de potasse (connus dans le commerce anglaiïs sous le nom de Condy's fluids), et 1l est à espérer que l’importation de ces substances sera faite dans des conditions à pouvoir les fournir au public en quantité suffisante et à des prix modérés.

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cupés ; c’est surtout pour lu désinfection des égouts, des amas d’'ordures, des latrines et des vases de nuit, qu'on doit s'en servir. Dans le cas où il serait nécessaire de les employer à d’autres usages que ceux qu’on indique dans ce mémoire, il faudrait alors s’éclairer des conseils et de la direction de personnes compétentes.

On emploie le chlorure de chaux dans la proportion d’une livre par gallon d’eau, et on dit qu'une livre ainsi diluée peut désinfecter à peu près mille gallons des matières qui coulent dans un égout,. Quand on se sert du chlorure de chaux pour le lavage des effets, il faut l’employer en bien plus petite quantité, comme par exemple une once pour chaque gallon d’eau et, dans ce cas, les effets ainsi désinfoetés doivent être rincés à grande eau immédiatement après, bien nettoyés et bien exposés pour sécher. Il faut avoir soin de toujours bien mêler le chlorure à l’eau avec laquelle on l’emploie.

La proportion adoptée pour les solutions des sulfates de cuivre (couperose bleue) et de fer (couperose verte) est aussi d'environ une livre par gallon d’eau pour la désinfection des égouts et latrines. Les manganates de potasse, ou Fluides de Condy s'emploient, le f{uide rouge dans la proportion d’un gallon de fluide pour cinquante gallons d’eau, le fluide

vert dans la proportion d’un gallon pour trente gallons d’eau.

Quelque soit la confiance qu’on ait dans les désinfectants, en dépit de ce qu’on peut alléguer à leur encontre, il ne faut pas que cette confiance aille jusqu’à faire négliger les mesures plus certaines de

salubrité; la propreté et une bonne ventilation, par exemple.

Une bonne ventilation suppose, premièrement : une grande propreté ; deuxièmement : l'absence d’en-

combrement, accompagnée d’un renouvellement constant d'air pur.

Il suit de l'énoncé de ce principe général que, dans les temps d’épidémie surtout, on doit éviter les rassemblements nombreux et de longue durée, autant que peuvent le permettre les devoirs religieux, civils et militaires et les besoins de l éducation: c’est surtout le soir que les réunions prolongées sont dangereuses, non seulement dans l’intérieur des édifices, mais encore en plein air. Sensément, on ne doit pas porter ce précepte jusqu'à l'absurde, dans ses conséquences et son application pratiques. Ainsi, les temps d’épidémie ne sont pas des temps pendant lesquels il faille cesser d’aller adorer et prier Dieu dans ses églises et ne sont pas des temps qui puissent dispenser de l’accomplissement d’autres devoirs importants ; mais ce sont des temps pendant lesquels ceux qui sont constitués en autorité doivent user de prudence, et pendant lesquels la masse des citoyens doit se conformer aux ordonnances de ceux qui ont pour mission de commander. Il serait désirable, en cas de choléra, que les colléges et les pensionnats fussent fermées.

On devrait se faire une règle de tenir ouvertes pendant l'été les fenêtres des églises, des salles publiques et des appartements, non actuellement occupés, afin d'y provoquer des courants assez forts et assez longtemps en action pour en renouveler complètement l’atmosphère. Il ne faut pas, cependant, entendre cette règle comme s'appliquant aux intérieurs actuellement habités, surtout pendant la nuit; car il importe de ne pas être soumis à l’action directe des courants d'air, le renouvellement devant s’opérer alors d’une manière regulière et constante en évitant les changements subits : l'air frais est une chose dont on peut ‘abuser comme de toute autre chose.

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quel espace est nécessaire pour chaque individu dans les logements de l’homme, cela dépend des circonstances et suit de plus les lois de la nécessité ; il est également impossible de déterminer d’une manière absolue quel est le meilleur moyen à adopter pour la ventilation des édifices et des habitations, pour la raison Lien simple que la solution de ce problème dépend d’une multitude de causes, variant presqu’à l'infini avec les conditions de l’air ambiant, des localités, avec les habitudes de vivre et l’état de santé des personnes, et le reste.

On peut respirer à l'aise dans un espace très étroit bien conditionné d’ailleurs, comme on peut respirer un air mauvais et délétère dans des appartements très vastes. Il appartient aux personnes immédiatement chargées de ce soin de choisir leurs mesures et, en temps d’épidémie, il est du devoir des bureaux locaux de veiller à ce que la santé publique ne soit pas compromise de ce chef.

Il est bon de faire ici mention des dangers que peut occasionner en temps d’épidémie, l’encombrement des chars des chemins de fer et des chambres des bateaux-à-vapeur. On ne devrait pas permettre, en pareilles circonstances, de placer plus d’une personne par lit dans les chars-dortoirs, ni plus de personnes

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voir les voyageurs commodément. Une fois sur le compte des chemins de fer, il importe de signaler aux autorités l’état horrible habituel des lieux d’aisance de chacune des stations de nos voies ferrées, et l’abominable coutume contractée de souiller les approches des embarcadères et débarcadères.

Les lieux d’aisance des chars et des bateaux-àvapeurs devraient être soumis à une surveillance

très sévère.

Sans faire étalage d’une grande science, 1l est

d'ordinaire assez facile de découvrir si l'air intérieur d’un lieu habité est chargé de gaz délétères, sil est trop chaud ou trop froid, trop humide ou trop sec. Au reste, la chose fut-elle même d’une nécessité relative, il serait impossible d'obtenir, ni de suite ni dans le cours de plusieurs années, un changement complet dans les conditions permanentes des édifices publics et des habitations privées. Il vaut donc mieux laisser de côté toute discussion ou dissertation sur de pareils sujets et s’en tenir aux mesures de la plus stricte propreté, en faisant usage des portes, fenêtres et guichets et, au besoin, de larges éventails promenés au milieu des logements, pour agiter l’air intérieur quand l'air ambiant est lourd et stagnant. Un moyen assez sûr de juger de la salubrité relative des babitations est de s’enquérir de l’état général de santé de ceux qui | 8 q les ont habitées pendant un temps assez long ; si ces personnes offrent l’aspect de gens se portant comparativement bien (toutes choses étant égales d’ailleurs), il est raisonnable de conclure qu'il n’y a pas grand danger à habiter les logements qu’ils occupent, alors même que tout n’y serait pas au mieux. Ce ne serait pas une raison, sans doute, d'abandonner toute idée d'amélioration ; mais ce serait "ne raison suffisante de ne pas adopter contre les propriétaires ou occupants de ces résidences des mesures rigoureuses, encore moins vexatoires.

Il importe essentiellement de tenir constamment en parfait état de service les appareils de chauffage des habitations, pour être en mesure de parer aux inconvénients et aux dangers qui résultent des refroidissement subits de l’atmosphère et des développements excessifs d'humidité qui s’opèrent dans toutes les saisons et qui ont souvent un effet très pernicieux sur les personnes en santé, mais surtout sur les malades. Les appareils de chauffage sont en outre un ex-

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cellent moyen de ventilation. Il est bon de remarquer qu’il n’en est pas de l’action d’un refroidissement subit et passager de l'atmosphère, pendant l'été, comme de l’action continue du froid de la saison d’hiver et des saisons qui le précèdent ou le suivent immédiatement ; celui-ci tempère et neutralise même les effets des émanations miasmatiques qui agissent avec une énergie si fatale dans les temps d’épidémie, tandis que l’autre, par le fait de sa soudaineté et de sa courte durée, exerce, au contraire, sur l’organisme humain une action affaiblissante, en même temps qu’il sert d’excitant à la décomposition miasmatique, en donnant lieu à une espèce de réaction.

Un important devoir des autorités municipales est de tenir l’œil sur la vente des articles de consoms mation alimentaire, Une grande ville devrait toujours avoir un médecin inspecteur des aliments, chargé de prévenir, autant que possible, l’adultération des sub stances vendues pour la nourriture de l’homme, en s’ai« dant des moyens que la chimie et la microscopie four« nissent pour découvrir la fraude.

Les règles d'hygiène qui ont trait au régime alimentaire, en temps de choléra, ne diffèrent guère des règles qui s'appliquent aux temps ordinaires. Répétons-le encore, l’ivrognerie, les excès de table, le vice et la débauche sont de soi des causes prédisposantes et une complication fâcheuse de toute maladie, du choléra surtout. Il n’y a point lieu de changer son régime, en temps d’ épidémie, si ce régime est bon; loin de là, en ce cas 1] serait mauvais d'y apporter des changements notables.

Mais si les habitudes et le régime sont mauvais, il est important de les changer au plutôt; et ce chan sement devrait avoir lieu avant l’arrivée de l’épidémie redoutée, afin que lorganisme shabitue à Ce

changement et que les fonctions s’harmonisent avant qu'arrive l’heure du danger.

On doit éviter de faire usage de tout aliment et de tout breuvage qu’on sait avoir pour eflet, chez soi, de causer la diarrhée ou la constipation ; parceque le premier de ces effets est un danger en temps

de choléra et parceque le second est apte à produire les

mêmes conséquences secondairement, soit en nécessitant l'emploi de laxatifs, soit en amenant une réaction équivalente. On doit encore éviter les longs jeûnes, surtout lorsque l’on est tenu de fréquenter les malades.

On doit, en temps d’épidémie, éviter Les réunions nombreuses et prolongées dans les maisons privées ; ainsi que tout espèce de chose qu’on sait avoir pour effet d'apporter quelque malaise dans l'exercice des fonctions de l’organisme, et surtout la trop grande application de l'esprit et la fatigue excessive du COrps.

- Il est bon de faire un usage modéré des bains; mais on doit éviter Les bains trop fréquents et surtout trop prolongés.

Il convient de porter, durant les épidémies de choléra des habits un peu plus chauds que d'ordinaire et de la flanelle sur la peau, afin d’être prémunis contre les refroidissements ; on à encore recommendé l’usage de ceintures de flanelle sur le ventre et on doit avoir grand soin de ne pas s’exposer à l’humidité et au froid des pieds, surtout quand on n’est pas actuellement dans l'exercice de la marche.

On voit, par ce qui précède, que les règles de l'hygiène sont, après tout, assez simples; cependant, il est bien difficile d’obtenir qu’on s# y soumette scrupuleusement,

Quant aux mesures de salubrité publique, comme l4 loi en confie l'exécution aux bureaux locaux de

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