MESURES DE PRÉCAUTION
En temps d'épidémie de choléra, il y a une tendance génerale aux dérangements des voies digestives ; 1l faut avoir soin de rémédier sans retard à tout tel dérangement, sans pour cela s’imaginer qu’on a le choléra et se laisser aller à la peur.
Quelquefois, comme il a déjà été dit, le choléra est précédé de cette affection appelée choléri ine, OU symptômes avant-coureurs, et quelquefois il arrive brusquement, sans même passer par les phases qui distinguent d'ordinaire la période d’invasion de la maladie + quelque soit l’affection qui se montre, quels que soient les symptômes, il faut de suite recourir au médecin. Dans le cas ou il serait impossible d'obtenir le secours du médecin, ou dans le cas de retards inévitables, il y a une espèce de traitement qui peut ètre entrepris par le malade lui-même ou par ceux
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qui l'entourent et qu'il importe, par conséquent, à tout le monde de bien connaître.
À la moindre attaque de douleurs dans la région de l’estomac ou des intestins, de coliques, de diarrhée, quelque légère que cette diarrhée puisse être, il faut se mettre à la diète et même s'abstenir entièrement d'aliments solides, éviter toute fatigue, se prémunir contre le froid et l'humidité, se vêtir chaudement et faire un usage modéré de breuvages aromatiques, tels que café, infusions de thé, de camomille, de gingembre ou de menthe.
Si les symptômes augmentent, ou même à leur première apparition s'ils sont tant soit peu graves et s’accompagnent de frisson et d’envies de vomir, le malade doit se mettre au lit, chaudement enveloppé de couvertures de laine. On doit continuer l'usage modéré de breuvages aromatiques et recourir aux frictions sur la peau et autres moyens de réchauffer la surface, en ayant soin de ne pas découvrir le malade pendant ces opérations qui doivent se faire sous les couvertures.
On croit sage de s'abstenir ici de suggérer l’usage d'aucune substance médicamenteuse, à cause du danger qu'il y a pour toute personne étrangère à la médecine de se servir de drogues ou de médicaments.
Il vient ici l’idée d’un devoir à remplir envers les malades, devoir surtout urgent envers les personnes attaquées de choléra, à cause de l’effrayante rapidité de la maladie, celui de ne point cacher au malade, quand il y a lieu, la menace du danger de mort: sans doute qu'on doit entretenir chez le patient l’espoir de sa guérison ; mais ce serait un acte aussi cruel que criminel de ne pas lui donner connaissance de son état, alors que les moments de mettre ordre aux affaires de son éternité sont si précieux, et peut être si courts. |
Il y a des mesures de prophylaxie générale qu'il est du devoir des bureaux locaux de santé d'adopter ; les unes dépendent des circonstances locales et toutes exigent l’action constante de l’autorité.
Un des meilleurs moyens d'arriver à ce but consiste à se procurer les services de médecins inspecteurs chargés de veiller à la salubrité des lieux compris dans leur jurisdiction et à l'exécution des lois et des ordonnances de santé, de donner au besoin des conseils aux gens afin de les mettre en garde contre certaines pratiques dangereuses ou de les rassurer contre de folles terreurs, de visiter les demeures pour y découvrir les cas de maladie commençante, les malades délaissés ou négligés et pour veiller à ce que les soins et le traitement interviennent à temps pour sauver les malades où empêcher la maladie de se propager autant que faire se peut. Ce genre de service à été d’une immense utilité dans certaines villes européennes, où il a été établi d’une façon régulière sous le titre d’/nspection domiciliaire.
Une chose excellente encore est l'établissement de dispensaires en divers endroits des grandes villes, où tous puissent (les personnes en moyens à des prix raisonnables et les pauvres gratuitement) se procurer promptement les médicaments prescrits par les médecins : aux médicaments devraient être ajoutés des
dépôts de hardes, de flanelles et autres objets de vête-
ment ou de literie à distribuer aux pauvres sur billet des autorités. Il serait bon d’avoir aussi des voitures d'ambulance, pour transporter les malades et les convalescents pauvres, des logements qu’on croit devoir faire évacuer aux hôpitaux et refuges établis pour ces deux classes de personnes.