‹ Mémoire sur le choléra [microforme]Chapitre 16 sur 17 · TRAITEMENT DU CHOLÉRA · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU CHOLÉRA

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plus délicates et les plus difficiles qui puissent échoir à un médecin dans l'exercice de sa profession: c’est assez dire que nul autre qu'un praticien n’est propre à entreprendre une pareille besogne. Combattre les symptômes, à mesures et selon qu'ils se présentent, d'après les principes fondés sur les lois de l'organisme et sur la connaissance préalablement acquise des agents thérapeutiques est un problème fort embarrassant, même pour le médecin le plus instruit et le plus

expert.

Il découle de là que le meilleur conseil à donner aux familles et aux amis d’un malade pris de choléra est de se procurer sans retard les secours d’un homme de l’art.

Mais il est beaucoup de personnes, placées dans des endroits éloignés ou même autrement situées qui ne peuvent se procurer de pareils secours ; pour ces personnes quelques avis, donnés à l'avance ct d un façon générale, peuvent devenir d’une grande utilité, quand ils n’iraient qu’à leur indiquer ce dont ils doivent s'abstenir ; car il est aussi important de connaitre ce qu’on doit ne pas faire que de savoir bien exécuter ce qu’il y a à faire au besoin.

Dans le chapitre précédent on a donné la description des soins qui peuvent être administrés par tout garde-malade intelligent, à une personne menacée d’une attaque de choléra, en l’absence ou avant l’arrivée du médecin ; mais il s’agit ici du choléra confirmé, alors que la maladie passe rapidement d'une période à l’autre (caractérisées par les symptômes décrits dans un autre endroit de ce mémoire); alors, conséquemment, que ces phases de la maladie et que ces symptômes variables demandent une succession de moyens, différant les uns des autres, selon l’âge, les conditions d’être générales du malade, le carac-

tère actuel du mal, et une foule d’autres circonstances souvent assez difliciles à bien analyser.

En l'absence inévitable d’un médecin, voici donc ce qu'il conviendrait de faire, à chacune des périodes du choléra. Aux deux périodes dites d’invasion et d'état, il convient de continuer les mêmes moyens extérieurs recommandés précédemment, savoir : tenir le

malade au lit, chaudement enveloppé de couvertures de laine, les frictions en évitant l'introduction d’air froid sous les couvertures, l’usage des briques ds des et des bouteilles pleines d'eau chaude, l’us: ge la moutarde ou de la térébenthine en frictions sur la peau, en évitant, toutefois de produire des plaies, en un mot tâcher de appeler à la peau la chaleur disparue.

On pourrait faire encore usage à cette époque de la maladie de quelques stimulants ordinaires pour ranimer l’action vitale.

La période de réaction, quand elle est caractérisée par un retour graduel à l’état normal, sans signes alarmants de congestion, ne demande aucun traitement particulier.

Dans le cas de signes de congestion et quand les fonctions urinaires ne reviennent pas ou sont lentes à revenir, les seuls remèdes que puisse tenter quelqu'un d’étranger à la médecine sont: les bains chauds de pieds, des frictions avec la moutarde ou quelqu’autre rubéfiant aux gras-de-jambe et aux pieds, de larges cataplasmes sur la région des reins (le creux du dos), et l’usage de breuvages diluants, tels que la tisane claire de graine de lin, pour favoriser le retour des urines.

Les personnes qui n’ont point d’études médicales peuvent découvrir la présence de congestion chez le malade, par la turgescence et la rougeur de la face et l'injection des yeux, si c’est le cerveau qui est me-

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ss gêne accusée par le malade si c'est un autre organe oici donc qui est compromis et, dans les deux cas, par un sentipériodes ment de malaise et d'inquiétude plus qu'ordinaires.

ivasion et % Dans la période de terminaison qui ne s’accom- OYEnNS EK- 7 pagne d'aucun symptôme défavorable, et alors que les : tenir le # fonctions urinaires sont tout-à-fait rétablies, 1l imuvertures M porte de n’interposer aucune espèce de traitement ; tion d'air 8 seulement, il faut commencer à faire revenir et à souues Chau- tenir les forces du malade, en lui donnant graduellede, l’usa- M ment à prendre lesaliments qu’on administre d'ordinaire C&IONS SUT EM aux malades en convalescence, Mais s’il survient des es plaies, 4 complications qui ressemblent aux fièvres typhoïdes, x chaleur 1 Jesquelles sont caractérisées par quelques uns ou tous les

symptômes suivants, savoir: malaise, inquiétude, exépoque de +"! pression d’anxiété, mouvements d’impatience, quelque

ires pour " chose de hagard et d’hébété dans le regard, le tout ac-

“ compagné ou suivi de délire, alors on peut donner au malade des stimulants ordinaires, à doses proportionnées à ses forces et à son Âge, et on doit lui faire prendre du bouillon, parceque la cause de cette complication est le manque d’action et d'énergie du système.

Qu'il soit bien entendu, toujours, que tout cela n'est pas dit pour qu’on se croit en droit de commettre l’imprudence de se passer de médecin. Se permettre plus que ce simple traitement, en l’absence de l’homme de l’art, serait, pour le moins, faire courir au malade de très grands risques.

On doit adopter pour maxime invariable d’abandonner le malade aux seules ressources de la nature,

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retour des plutôt que de tenter une médication dont on ne connait point le résultat probable et cela, à des périodes de s médica- À la maladie qu’on ne saurait déterminer.

tion chez Avant de finir ce chapitre, on a cru devoir de la face dire un mot d’un sujet aussi délicat qu’il est impor-

ul " me- tant, il s’agit de la pratique de l'opération césarienne,

dans le cas de mort d’une femme enceinte. C’est un devoir pour le médecin de faire cette opération, à moins qu’il n’en soit absolument empêché, et c’est un devoir pour les familles de la permettre, malgré le peu de chances qu’on dit exister de sauver l'enfant, pour la raison bien concluante ue, d’un côté, on ne risque rien et que, de l’autre, on peut obtenir un résultat qui se traduit par un bienfait inappréciable.

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