‹ Mémoire sur le choléra-morbus asiatiqueChapitre 11 sur 40 · SÉCRÉTIONS · texte numérisé non relu

SÉCRÉTIONS

La suppression de la sécrétion urinaire a souvent fixé notre attention.

La plupart de nos malades ont déclaré avoir uriné pendant la période dite prodromique, ou lorsqu’ils n’étaient qu’indisposés , tandis que l’émission et la sécrétion des urines ont toujours été suspendues dans le choléra confirmé. Cette suppression des urines est un des signes les plus importants de cette maladie ; elle joue un grand rôle dans son diagnostic, en y ajoutant toutefois l’abaissement du pouls , le refroidissement , l’altération de la voix , la cyanose, etc. Fidèle à cette manière de voir , je n’ai voulu compter au nombre des cholériques du Bagne , que ceux chez lesquels les urines ont été supprimées pendant douze heures au moins.

Nous avons vu cette suppression persister pendant deux, trois et môme quatre jours. Chez quelques cholériques qui se sont rétablis, une véritable hypersécrétion a succédé à l’état opposé. Le nommé Devaux nous a offert un exemple des plus remarquables à cet égard Au bout de quelques heures , la vessie se distendait , formait une tumeur considérable à l’hypogastre , et il fallait recourir au cathétérisme évacuatif.

Lorsque le rétablissement de la sécrétion avait lieu , l’urine était ordinairement trouble, épaisse, et laissait déposer au fond et sur les parois du vase un sédiment blanchâtre fort abondant.

Dans plusieurs cas, l’acide azotique et la chaleur ont décelé la présence de l’albumine ; mais en général celle-ci a promptement disparu .

Je ne crois pas devoir reproduire ici les conclusions les de Becquerel ; il suffit de dire que je suis arrivé à des résultats presqu’identiques. (Voir, à l’égard de la présence de l’albumine dans l’urine des cholériques, les articles de MM. Rostan , Lévy (Gazette des Hôpitaux \ 849. ), le mémoire de M. Becquerel ( Archives de Médecine , Octobre -1849); les recher-

elles plus récentes encore de MM. Begbie, Parkes , etc. [Archives ) Janvier 1850).

« D'après les recherches de M. Begbie , la présence de l'ai- » humine est loin de constituer le véritable caractère des urines » cholériques. 11 y a en outre une altération matérielle dans » la constitution de ce liquide. Cette altération consiste dans » la présence -d’une très petite quantité d’urée , ou dans i’ab- »> sence complète de ce principe constituant de l’urine et dans » la présence de l’albumine et de la matière colorante de la n bile. Associé uniformément à l’albumine, on trouve encore, » dans l’urine, l’épithélium sous ses différentes formes. Enfin, » on rencontre quelques-uns des dépôts suivans :

» Urate d’ammoniaque amorphe; Acide urique;

» Phosphate ammoniaco-magnésien ;

» Oxalate de chaux, les deux premiers surtout. »

La présence de la matière colorante de la bile, de l’albumine de l’épithélium , et la diminution de la proportion d’urée , constitueraient des caractères que l’on ne trouve dans aucune autre maladie. (Page 86, Archives , Janvier J 850.)

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