V. le Mémoire de M. Barth (déjà cité
Je ne puis avoir ici pour objet de passer en revue les formes diverses admises parles médecins. C’est ainsi que M. Chomel en admet 4 principales : phlegmasique , nerveuse , gastro-intestinale, cyanique;
M. Bartii , trois: 1° colliquative. 2° spasmodique, 3° adynamique.
J’avoue (pie dans l’épidémie du Bagne, j’ai plutôt observé des nuances que des formes bien distinctes.
Fiat chloroanëmique.
Scorbut chez les convalescents»
Période de réaction.
Forme comatotyphoïde.
jours , par l’état comato-typhoïde , ou une grande susceptibilité ou irritabilité des organes disgestifs : ( Douleurs épigastriques , nausées , quelquefois vomissements, digestions difficiles, diarrhée ou constipation, etc.) Au mois de février 1850, j’avais encore, dans ma salle, trois hommes dont le rétablissement n’était pas complet.
Enfin , chez presque tous les individus dont la convalescence a marché lentement, le scorbut s’est manifesté, sous forme de piqueté ecchymotique aux membres inférieurs , avec gonflement des gencives , après avoir été annoncé le plus souvent par un état chloro-anémique , et dans plusieurs cas, par un bruit carotidien à double courant. Ajoutons que le scorbut règne , au Bagne , d’une manière pour ainsi dire endémique. (Voir à la fin, le tableau des scorbutiques).
On la trouve décrite partout. La réaction peut être franche ou renfermée dans de justes limites, et le devoir du médecin est de laisser agir la nature; ou elle dépasse les bornes , et il faut la modérer , la contenir en quelque sorte.
Des congestions s’établissent alors sur divers organes , sur l’encéphale , les poumons , etc.; ou l’irritation des voies digestives prédomine et appelle l’attention du praticien : de là différentes formes admises par les auteurs classiques auxquels nous devons renvoyer , pour éviter de fastidieuses répétitions.
Disons , toutefois , que nous avons surtout observé la congestion vers l’encéphale, et la forme comato-typhoïde. (I) On notait alors les symptômes suivants : — Céphalalgie surtout frontale , face rouge , vultueuse , conjonctive injectée, ayant souvent offert des deux côtés , quelquefois d’un seul , une sécrétion puriforme ; stupeur plus ou moins prononcée ou seulement somnolence (on parvenait alors à retirer momentanément le malade de cet état , et à obtenir de lui des
(1) Voir annuaire de Waiiu, 1850. p, 58. « Moyen de déterminer y d’une manière positive, d’après M. Waiiu, si Ton a affaire à cet y état comateux particulier, terminant la période algide ou à une y véritable fièvre typhoïde remplaçant les phénomènes cholériques.))
j < ponscs justes , mais lentement exprimées) ; quelquefois rêvasseries plutôt que délire véritable; langue sèche, rouge, se couvrant , comme les lèvres , d’un enduit fuligineux ; persistance de la soif ; le plus souvent, constipation succédant a la diarrhée (j ai été fréquemment forcé d’administrer des
purgatifs ou des lavements de môme nature pour provoquer des garde-robes ) ; pouls plutôt rare que fréquent ; j’ai trouvé plusieurs fois 55 , et même 50 pulsations par minute , avec persistance de cette rareté pendant la convalescence , et d’un certain degré de plénitude de l’artère.
J ai observé deux fois un érythème papuleux fort bien caractérisé , occupant surtout la face dorsale des mains et les avant-bras. ( I ) (Voir Rayer , maladies de la peau , roséole cholérique; Duplay , Gazette Médicale ^ 852 ; Le Goupils, lie vue Médico-Chirurgicale et Gazette Médicale , 9 mars 1850. p. 182. Érythème cholérique.)
Lorsque la mort survenait, l’état comateux faisait des progrès jusqu’au dernier moment.
Disons pour terminer ce qui a trait à l’état comato-typhoïde, que je n’ai vu ni pétéchies , ni taches (ou mieux papules rosées lenticulaires) , ni parotides. (Voir Gazette des Hôpitaux , -19 Mai J 849. (2)
Lorsque l’irritation des organes digestifs prédominait , la langue était fort rouge et sèche , la soif vive ; des douleurs épigastriques ou abdominales intenses , des nausées , des
(1) Note relatives. l’érythème papuleux. Comme onl’a dit bien avant nous, l’érythème cholérique termine ordinairement la période de réaction. La période d’éruption a duré, dans le premier cas , trois jours; dans le second, cinq ; une fois , la desquamation a été peu sensible, et s’est faite par écailles furfuracées ; l’autre fois au contraire, j’ai observé sur les mains, des plaques fort larges, comme dans la scarlatine. Je puis affirmer cependant, qu’il n’y avait pas eu la moindre analogie entre l’érythème papuleux primitivement observé, et la rougeur framboisée de l’exanthème que je viens de nommer.
(2) Note relative aux parotides. Dans l’épidémie de typhus, ou si l’on veut de fièvres typhoïdes graves, qui a régné au Bagne, pendant le printemps et l’été de 1849, quatre malades ont ôté atteints de parotides, avec gonflement énorme et suppuration abondante chez trois d’entre eux: un seul a succombé.
Constipation.
Rareté et dureté du pouls.
Érythème
papuleux.
Congestion ou irritation des organes digestifs.
Congestion
pulmonaire.
vomissements, en général peu abondants, mais fréquents, jaunes ou verdâtres, des éructations, des hoquets (observés aussi dans la forme comato-typhoïde ) tourmentaient ou fatiguaient nos cholériques. On notait , en outre, des alternatives de constipation ou de diarrhée, la fréquence et la petitesse du pouls , de T amaigrissement , sensible surtout à la face qui restait grippée, etc.
Congestion pulmonaire : je Fai observée deux fois seulement dans l’épidémie du Bagne , une fois entre autres , sur un vieillard , avec complication d’état typhoïde. À l’autopsie , je trouvai les poumons splénisés. Cette affection avait marché d’une manière insidieuse, et l’auscultation seule m’avait révélé la présence de la pneumonie.
Anatomie îatMogi^ne .