HABITUDE EXTÉRIEURE
Toutes les nécropsies faites sous ma direction ont trait à des cholériques morts dans la période algide : elles sont au nombre de 72.
Je ne répéterai pas ce que j'ai dit sous le même titre , lors de la description de la maladie , à propos de l’amaigrissement, de la cyanose , et des différences que nous ont présentées ces deux phénomènes , en 1852 et 1849. Je m'abstiens également de parler du faciès, de l’état du globe oculaire, etc....
J’ai remarqué que plusieurs cadavres offraient , peu de temps après la mort, une élévation manifeste de température, surtout si on la comparait avec la sensation de froid que le contact de la peau faisait éprouver pendant la vie. Il s’agit seulement ici de sensations, car je n’ai point fait, à ce sujet, d’observations thermométriques ( I ). On peut dire enfin , d’une manière générale , que la chaleur du cadavre se perdait lentement.
(1) MM. Briquet et Mignot ont perçu quelquefois une augmentation de température , non seulement apparente et appréciable par le toucher, mais susceptible d’être déterminé^par le thermomètre.
Chaleur après le décès»
Mouvements
musculaires.
Rigidité.
Putréfaction.
Langue.
Œsophage.
J’ai été deux fois témoin des contractions musculaires , déjà” signalées par plusieurs médecins ; une fois aux membres supérieurs, avec soubresauts et mouvements d’adduction , une heure environ après la mort ; la seconde fois, aux pieds et surtout aux orteils , une heure \ \2 après le décès. Dans le premier cas , le drap étendu sur le cadavre fut un peu déplacé et soulevé, ce qui effraya beaucoup la sœur hospitalière qui était à très petite distance, et suivait en ce moment ma visite du matin.
La rigidité existait presque constamment à un degré prononcé ; elle survenait quelquefois avec une grande rapidité (2 ou 5 heures après le décès) , alors que le refroidissement était à peine sensible.
J’ai gardé pendant 5, 6 et même 7 jours , des cadavres de cholériques (J) ; la putréfaction m’a semblé retardée; toutefois il aurait fallu faire des expériences comparatives, ce qui m’a été impossible à cette époque.
En effet , pendant que le choléra régnait au Bagne , nous n’avons perdu, par suite d’autres affections, qu’un trop petit nombre de condamnés pour permettre d’arriver à des résultats positifs ; et d’un autre côté , les sujets provenant de l’Hôpital Maritime , dont les salles sont consacrées aux hommes libres, étaient tous ^ réclamés. Il tfaut aussi tenir compte du peu d’élévation de la température ( Octobre , Novembre et Décembre). Cependant je crois pouvoir invoquer à cette occasion des souvenirs trop récents pour être suspects : je dirai donc qu’ayant conservé pendant 4 ou 5 jours , dans les premiers mois de -1849 , des hommes morts de fièvre typhoïde , la putréfaction pétait beaucoup plus avancée chez eux, après ce laps de temps , que chez les cholériques.