‹ Mémoire sur le classement des médailles qui peuvent appartenir aux treize premièr ArsacidesChapitre 2 sur 5 · Défaite et mort de Phraate · texte numérisé non relu

Défaite et mort de Phraate

(I) Hou» voyons même la confirmation complète de notre manière de voir dan» na* drachme publiée par Visconti dan» le supplément de sou Iconographie grecque. PI. A, *° 9. La légende de cette pièce est MIlALüL MEPAAOl’ APSAKOf La tête qua cette légende accompagne e*l barbue et diadéméc. Vi*couti a proie que cette médaille rtmplittait un* lacune dan* la tutle de* Armcida* , et il l'a donnée à Arsace IV Priapatius, par la raison surtout que la physionomie du portrait irait beaucoup d'analogie arec celle de Phraate I ,T et de Mithridate ï* r , fils de Priapatina, et que la ressemblance était surtout «ensable dans la forme du ne«. Si nous nous en rapportons au dessin donné dans l'Iconographie, cette ressemblance équivaut à une complète analogie, et poisqne nous btods reconnu qua la* pièces rangées précédemment à Phraate l* r , appartenaient en réalité â *eo frère Mithridate. nous o'hésitoBS pas à placer en téta de

CUSSIMBüT OIS MEDAILLES

Après tout cela, il reste encore une difficulté assez grave dont les historiens ne se sont pas préoccupés, et que nous aurions néanmoins grand tort de négliger, si nous voulons arriver à des résultats satisfaisants sur tous les points. Comment <**t-il possible qu'après les trois règnes de Phraate 1 er , de Mii Indra te I" et de Phraate II, il se soit encore trouvé un troisième frère de Phraate I” et de Mithridate I", capable de Mipporter le poids de la couronne, et de mourir en combattant contre les Parthes ? Les Arsacides paraissent avoir joui en général d'une constitution robuste, et les exemples de longévité ne paraissent pas avoir été rares dans leur dynastie. Sanalrcecès, ou plutôt Sinatrocès, ne parvint au troue, suivant Lucien (IJ, qu’à quatre-vingt-un ans, et mourut après six ans de règne. J'ai déjà cité, d'après Justin, la glorieuse virilleste de Mithridate. Le troisième fils de Priapatius, Artaban 11, pouvait être encore enfant à la mort de son père, que nous plaçons par approximation à Lan 187; or, de là jusqu’à la mort de Phraate U , il ne s'était écoulé que soixante ans. Rien ne nous force donc à voir dans Artaban 11 , ce Mnascyrès , roi des Partîtes, qui mourut, selon Lucien, dans les Macrohes, à quatre-vingt-seize ans. Au reste, on cherche inutilement à déterminer la place de ce Mnascyrès parmi les Arsacides des premiers siècles.

Puisque rien ne manque à la probabilité de nos calculs , et puisque ces calculs nous conduisent à reconnaître dans l’Arsace Kpiphane , plutôt Mithridate 1" que son frère Phraate 1*', il nous faut interroger les monuments, et voir s'ils nous démentiront dans nos conjectures. Pour faire cesser toute incertitude, il suffit, je pense, de rapprocher les drachmes qui

<-r ilrrnier règne la drachme et» que» ci-»*; août vovont par 1a qo* Mubndate a» au «l'abord adopté la légende de te* prédêce*tetir», et que ce se fut que poatérieurrmrut qu'il v'arrogra le «uruota d'Kpipliaue. Nouvelle preuve à l'appui de l'obaervatiou qui précédé. que le prince qui prit le mnotn n'avait dû mouler ter U trier qu'um longtrmp» •prêt AetKK-iiu* F.pipbaue. Ou trouvera encore, p. 109. n. I, une pièee «le Millirvdat* I" ave. la rimple legeude : BAXIAEÛX 'H l \ AUÎ AP2UK0V (I) SferruA. XV.

DES PREMIER» ARSAC.IDF.S.

portent la légende : BA2IAEX12 MErAAOY AP2AROY Enï$ANOY2, du tétradrachme de Payne Kniglit, dont la légende est : BA2IÀEH2 MErAAOY AP2AKOY 4IAEA- AHN02 (I). La divergence des noms ne pourra empêcher qu'on ne soit frappé de l’extrême analogie des portraits : nulle différence dans la disposition des cheveux, dans la manière dont le bandeau royal est posé, dans la longueur de la barbe, dans le caractère du profil, dans la direction du regard. Le travail, plus minutieux dans les drachmes parthiques, a plus de largeur, de vérité et de perfection sur la plus grande pièce. Nous retrouvons encore indubitablement la même tête sur une pièce de bronze, portant au revers une tête de cheval (Mionnet, n* 4), et sur une plus petite monnaie du même métal, dont le type est une Victoire ( Mionnet, suppl. n° 6 ) : ces deux médailles offrent la légende des drachmes mention* nees plus haut. La différence qui existe dans les surnoms ne saurait être objectée raisonnablement contre 'l'identité du personnage. C'est la première fois qu'il arrive à un roi parthe d'accroître d'un surnom la formule ordinaire, et le protocole qui varia pendant les règnes suivants, ne peut avoir atteint du premier coup une fixité officielle. Si le prince est Èpipftane pour les Parthes, ses sujets directs, il est PhileUène, l'ami des Grecs , pour la ville grecque de Séleucie , qui lui a pro-

(1) #’<«•. ïeojutgr. gr. Suppl, pl. A, a“ 10. — Je publie (a* 3) no intrr ruopliire de U même pitw donc U provenance m>«t inconnue et que je ne connais que par unr empreinte ; j*y joint (n* 4} aiuti un troisième exemplaire du cabinet de M. Stewart , et qui ne diffère du précèdent que par le monogramme. Le tétradrachme n* X porte, tar le fAù , nn monogramme qui parait composé dea lettes <t»lATA : fur rekti de M. Stewart, te monogramme ni a lViergut H consiste dan» 1a réunion dea lettre» XAP La date 173 mauque à cet deux pièce*. Seatini a publié dan tua .Vuteo HtJervanana. tome III, p. 134, üv. suit, fig. 8, une drachme dont la légende c*t BAIIAIQS MErAAOT APXAKOT. H le type au refera, Jupiter attis trnmu urne yutnire. A l'rarrgue on lit la date TOP, 173. Cette pièce, qui appartient aujourd'hui à M. Stewart et que noua reproduisons wui notre n ft 2, e»t évidemment de la même époque et du même prince que le* dent tétradrarlime* n° 3 et 4. J avertir qu'un peut voir dan» lea lettres TOP les initiale* du nom macédonien GotpLem* , conformément à l'usage suivi plu» urd d'indiquer sur lea monnaie» artacidct le mon» de leur fabricanon; mai» quand bien même on adopterait cette opinion, il resterait encore ann de preure* ponr qu'on restituât ce* pièces à Mithridate 1“

bâillement dédié ce monument numismatique. Or, à qui peut convenir un tel honneur, si ce n’est à Mithridate, le premier des rois parthes qui ait étendu sa domination sur les bords de l'Euphrate P Quel Arsacide jusqu'à lui a eu vraiment interet à se décorer du titre tout politique de PAtMlène , si ce n'est celui qui a opéré à son profit le démembrement de l'empire grec des Séleucides? Tout se réunit donc pour faire donner à Mithridate 1* les médailles que nous venons de citer, et la conviction déjà produite trouve encore à s'appuyer sur la date que porte le tétradrachme de Payne Knight. Cette date, 173 de lere des Séleucides, répond à l’an 140 avant J. C. , époque à laquelle nous savons que Mithridate 1" vivait encore et qu’il venait de mettre le comble à sa puissance en faisant prisonnier Démétrius II, roi de Syrie. Tous ces rappocheinents concourent à accroître l’importance du tétradrachme de Payne Knight; ils nous font voir dans ce monument comme un gage public d’alliance entre le vainqueur de Déinétrius et ses nouveaux sujets. Les Grecs de la capitale fondée par Séleucus Nicator substituent À 1‘ effigie des princes Séleucides , celle du roi barbare qui les a subjugués. Mais la conduite modérée et intelligente du conquérant a triomphé de la répugnance des vaincus, et le titre de Phiiellène que ceux-ci lui défèrent, est à la fois un hommage mérité et une habile flatterie. Le type du revers de cette médaillé, ['Hercule Biùax, ne me paraît pas , comme à Visconti, une allusion à 1 origine macédonienne de la ville de Séleucie. Au moment de la victoire de Mithridate, ce n était pas le cas, je pense, de se vanter de cette origine. Les Grecs regardaient les Parthes comme des Scythes , et on se rappelle que, chez Hérodote (IV, 10), Hercule est le père de la nation scythique. I«a comparaison de Mithridate et d’Herculeest donc naturelle, ci toute dans les habitudes de la pensée des Hellènes. 11 est à remarquer que la domination des rois parthes sur les bords de l'Euphrate, ébranlée après la mort de Mithridate I", ne redevint solide et incontestée quaprès la victoire d’Orode sur Crassus; et, en effet, on ne connaît pas jusqu à ce jour

<1 autres tétradrachme* des premières époques que celui de Mithridate : ces pièces reparaissent sous Orode, et se continuent dès lors sans interruption jusqu'à l'anéantissement de la puissance des Parthes.

Les résultats que je viens d’exposer sont d'une telle évidence qu’il y a lieu d'étre surpris que l’esprit si supérieur de Visconti n'en ait pas été frappé. On s'étonnera donc avec juste raison que, loin de s'apercevoir qu’il fallait rendre à Mithridate I” les drachmes attribuées jusqu’alors à Phraate 1", il ait fait redescendre jusqu'à Phraate il , fils et successeur de Mithridate I", le beau tétradrachme de Payne Knight. Le leoleur va juger de la valeur des motifs sur lesquels Visconti fonde cette étrange attribution.

■ Le j*oi auquel cette pièce, dit ce grand archéologue, a été dédiée, porte le surnom de Philetlène , et Phraate U est le premier des Arsaecs qui se soit décoré de cette épithète de bienveillance. » — Nous donnerons bientôt la preuve qu’aucune des quatre médailles, portant, avec d'autres surnoms, celui de Philellène , que Visconti a rangées parmi celles de Phraate , ne peut légitimement appartenir à ce prince. Mais quand bien môme une ou deux de ces pièces resteraient classées à son règne , le tétradrachme de Payne Knight ne prouverait-il pas qu’avant Phraate II le surnom de Philellene avait été porté par un autre A rsa ce?

- A la vérité, ajoute Vis<‘onti , Mithridate 1" était encore «* vivant , lorsque ce tétradrachme a été frappé. Mais je vais

- exposer les raisons qui me déterminent à l’attribuer plutôt

- a son fils , qu'il avait associé au trône , qu’à lui-môme.

■ Mithridate 1" ne paraît sur les médailles qu’avec l’épithète « fastueuse de roi des rois. . . Son fils a pu se contenter du

- titre de grand roi.

« Ou ne peut douter que Phraate 11 n'ait régné avec son

- père l'an 173 de l’ère des Séleucides. Cette année fut la « dernière ou tout au plus l'avant-dernière de la vie de Mi-

- thridate ; et les médailles de Phraate II, qui portent tantôt • le titre de Philopator , et tantôt celui de Thêopator , sera-

* blent prouver que ce prince a régné quelque temps conjoin- « tement avec son père. Les premières de ces médailles ajou-

• tenta l'épithète de Philopator celle d'j4utocrator, et nous - font sentir que Mithridate, accablé par l'àge, avait mis son > fils à la tête de ses armées. •

A tout cela je réponds :

l w La pièce en question aurait dû démontrer à Visconti que Mithridate n avait pas toujours porté le titre de rois des rois. Nous aurons à examiner tout à l’heure si jamais Mithridate s'est arrogé ce titre fastueux de roi des rois . Mais s'il l'a fait , ou laissé faire, ce n’est à coup sûr qua la fin de son règne, et dans les provinces héréditaires. Un tel orgueil nous semble contraire au caractère que l'histoire lui attribut*. L'antiquité a célébré la modestie dont il usa dans la victoire , et c'est de lui surtout qu'on peut dire qu'il a pu se contenter du titre de grand roi.

2° Non-seulement on peut douter que Phraate II ait régné conjointement avec son père , mais on s'étonne que , dans le silence de l'histoire, Visconti se soit permis une telle supposition. L’illustre antiquaire avait à expliquer comment , dans son système, le même prince avait pu prendre successivement les titres de Philopator et de Théopator. Il établit alors , sous forme de coujecture, que Phraate II , associé à l'empire par Mithridate , avait porté, du vivant de son père, le surnom de Philopator , et quaprès la mort de ce dernier, son premier surnom s’était changé en celui de Théopator. On verra plus bas, s’il est vrai que Phraate II ait porté tour à tour les titres de Philopator et de Théopator. Le troisième argument tirédu surnom ü Autocmtor joint à celui de Philopator, n "est pas plus solide que les précédents; et la conséquence que Visconti tire du surnom d'yfutocrator est évidemment des plus forcées. En attendant, ce qui d'abord n'avait été pour Visconti qu'une conjecture, devint ensuite à ses yeux un fait établi. Cette conviction se consolida à un tel degré dans son esprit, qu'il ne put y renoncer en présence de deux faits d une certitude toute matérielle :

1° La date du tétradrachme de Payne Kniglu, qui répond au règne de Mithridate I" ; 2° b divergence absolue des portraits donnés ordinairement a Phraate II, et du portrait gravé sur les médailles de Payne Knight et de M. Stewart.

C'est donc en vain que Visconti s’efforce d'expliquer cette dissemblance par des différences de style et de fabrique. Ces dernières nuances dont on doit toujours tenir compte , ne vont pas toutefois jusqu a un tel degré, et c’est précisément b comparaison des drachmes et du tétradrachme de Mithridate I” qui nous permet d en apprécier b mesure (I).

(I) foc belle drachme d'argent , qui m'a été communiqué* par M. Millragen . et qui lui appartient, présente, avec de» singularité» de fabrique, uu surnom entièrement nouveau. En raid la description :

Buste de roi barbu et diadème, tourné à gauche, revêtu de la rendes, et portant uu collier à trois spirale». Derrière la tète le monogramme PA..

S- BASIAEQS METAAOr APlAKOr <MA tAKAtOr. en quatre ligue»

drus devant, deux derrière la figure aaiiae. Le roi revêtu du costume national, coiffé de la titre, assis sur l'omphaloa, tenant l'arc dans la main, tourne a droite. AE b (pl. A, u“ I).

Le surnom de PhilaJelphe . parmi les rois parthe» de la première époque, peut avoir été porté par trois princes : 1° Tiridate (Arsace If), frère et successeur d'Ar- »ace l*î 1" Mithridate I" (Arsace Vf), qui succéda également à Phraate l* r . mm frère; 3° Artaban II (Arsace VIII). frère des deux précédents, mais qui ne monta sur le trAoe qu'âpres la mort de Phraate II, sou neveu. On verra plus bas les usotif* qui me portent à croire que Tiridate n’a point fait frapper de monnaie» à sa propre effigie. La pièce me parait d'une trop belle fabrique , et la légende en est trop simple, pour qu'au s'arrête à Artaban II. Resterait encore Mithridate I w , qui doit être eu effet le roi PkilaJcip ke par excellence, puisque Phraate I**, son frère, lui avait Ugtié sa couronne à l'exclusion de ses propres enfants. Le rsnsrfére iconographique de Is pièce ne s'oppose pua n cette attribution. Les traits rappellent ceux de Mithridate arec un aspect frappant de jeunesse. Or, à quelle -époque Mithridate I" a-t-il pu se prévaloir du surnom de PbiUtJelphr, si ce u'est au commencement de sou règne . et pnnr rappeler qu’il tenait la couronne de La générosité de son frère ? Ce serait doue une cariante de plus à ajouter aux variante* déjà nombreuses du règne de Mithndate l fr : mais ce règne a dû être nécessairement on de» plus féconda eu monument» numismatique*. Le portrait gravé au droit de cette médaille est reodn avec quelqur dureté : les «-baveux surtout manquent de naturel et de souplesaa. La figure du revers, comme sur toute» les médailles des Arxacsdee, est très-inférieure au portrait les lettres de la légende «ont pointillé*» et d’une forme médiocre. La disposition insolite de la légende indique un autre atelier moaétaire que râtelier royal dont le siège devait être placé à Hecatompylos. Le monogramme gravé derrière la têic désigne peut-être /tAagur , datas U Media orientale. L'imperfection de travail de ce monument empêcha qa'no songe à quelque ville grecque soumise à la domination des Partîtes.

La conséquence rigoureuse de la double attribution que nous avons fixée, est de restreindre les monuments numismatiques des cinq premiers Arsaces aux deux drachmes d’argent, et aux deux pièces de bronze que nous avons précedemment décrites ; et d’obliger à trouver une place entre Mithridate I w et Orode à presque toutes les autres drachmes que l'on possède. Le premier point n’a rien d’étonnant si l’on réfléchit à ce qu’eut de restreint, de chancelant et de barbare l’empire des Parthes , jusqu a ce qu'enfin Mithridate I" eût dépouillé les Séleucides de la plu* belle moitié de leur royaume. Pendant ce premier intervalle, les progrès des Arsacides furent toujours lents et contestés, et leur domination 11e s’étendit que sur un petit nombre de villes d’origine hellénique. On comprend donc qu’ils n'aient frappé que très-peu de monnaies grecques; d’ailleurs le siège de leur premier empire ne compte point aujourd'hui parmi les contrées que les voyageurs visitent souvent ou qu’exploite le commerce européen, et la quantité de monnaies des rois de la Bactriane et de l’Inde que des circonstances nouvelles ont fait découvrir, peut nous faire espérer qu'il en serait de même des monnaies arsacides, si les intérêts de la civilisation moderne se trouvaient engagés sur le sol de l’ancienne Parthie.

Il n'est pas même nécessaire, dans l'état actuel des choses, de destituer de toutes médailles les règnes d’Artaban I”, de Priapatius, et de Phraate I' r , et rien ne prouve invinciblement que les deux drachmes que l'on connaît appartiennent à Tiridate. Je ferai remarquer à ce sujet qu’on s’est trop hâté peut-être de reconnaître dans la tête qui décore les pièces, le portrait du prince qui les a fait frapper. Si l’on considère, en effet, la forme particulière de la tiare dont cette tète est couverte, on s’aperçoit que la même coiffure se reproduit sur celle du roi assis au revers, non-seulement de ces deux drachmes, mais encore de toutes les médailles des règnes suivants , bien que la coiffure et le costume desArsacides , à partir de Mithridate I er , soient singulièrement modifiés sur leurs bustes. La figure du revers des drachmes, au moins dès Mithridate I", n’est donc pas

relie du roi dan* son costume habituel, soit la tète ceinte du bandeau grec, soit coiffé «le la tiare sphérique des anciens monarques de la Perse. Le prince se voit ici dans le costume national des Parthes , porté par eux dans certaines occasions solennelles, comme on peut l'inférer du récit que Dion lait «le l'audience donnée par Phraate IV aux envoyés de Marc- Antoine. « Le prince, dit l'historien., était sur un troue d'or, et il faisait résonner avec ses doigts la corde de son arc(I). * Or I habii grec exclut la présence de cette arme. Mous savons d'ailleurs , par la célèbre mosaïque de Pompéj, représentant la bataille d'Arbelles, que 1 habit de guerre des roi* de Perse ne différait point de ce costume national «les Parthes.

Mais je vais plus loin : la figure du revers des drachmes ne doit point être celle «lu prince régnant en costume militaire et national, niais celle d'Arsace lui-rnême, le fondateur divinisé de la monarchie , lequel , pendant son règne, n'avait jamais porté d'autre costume. Cette fidélité à reproduire la figure du premier Arsace, que j'attribue aux rois parthes , répond exactement aux soins qu'ils prirent de ne jamais se décorer officiellement d‘un autre nom que de celui d‘ Arsace, quels que fussent les inconvénients et la confusion qui «levaient résulter de cet usage. Dans les premiers temps, le scrupule fut sans doute porté plus loin encore, et le portrait d'Arsace fut seul à prendre place au droit de la monnaie d'argent. Si cette dernière observation est fondée, il en resuite que la tête figurée sur les deux plus anciennes drachmes d'argent que l'on ait connu»** jusqu à ce jour, est celle non «h? Tiridate, mais «f Arsace 1". L'absence de la barbe sur cette tête ne provient pas, comme l'a pensé Visconti , de ce que Tiridat«*, élevé parmi les Grecs , en avait conservé les usages : car, pounjuoi , dans ce cas, n'en aurait-il pas aussi gardé le costume ? La jeunesse du portrait répond à l'âge d'Arsace , qui n'occupa qqe deux ans le tr«me , et qui devait être en-

(1) F.si n xp\i<5Vj Zizpvj x*i t ry xvj ( Dion

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