septembre
Au Roy.
Sire ,
Encor que les orages de la guerre ayent esté si grandz sur vostre ville d'Harfieur, cy-devant l'un des meilleurs et plus commodes havres de Normandye pour le trafic qu'il ne soit quasi resté aucuns vestiges des murs qui l'entournoient , cela neantmoings n'a en rien peu refroidir la bonne volonté qu'ont tousjours eu au service de Vostre Majesté les habitans, ny le désir de remettre peu à peu leur ville en son anlien estât. C'est pourquoy aïants de tout temps quelques deniers d'octroy dont il a pieu à Vostre Majesté leur faire don , il la supplient très humblement à cette heure ordonner qu'ilz seront emploiez avec quelques aul-
(1) 'irch. municip. d'Harfleur, arni. 1. (Lettre autogr.)
très que de gré à gré ilz lèveront sur eulx à la réparation et réfection des murailles de leur ville , de laquelle j'ay le commandement. Qui me faict joindre à leurs supplications la mienne tres-humble pour supplier Vostre Majesté, comme je fais accorder leur demande , qui les peult estant permisse, garantir des courses, violances et logements ordinaires des gens de guerre qui les travaillent et molestent de telle façon qu'ilz du tout ruinez, s'il ne plaist à Vostre Majesté avoir pitié d'eux. Cependant
Sire, je suppliray le Créateur donner à Vostre Majesté entier accomplissement de ses saintes volontez. A Estelan , ce XXVIII'' septembre 1596.
Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur,
Brissac.
LXXXVlll.
Réparations au Hoc (?) et dans la Lézarde, nécessitées par l'impétuosité de la mer (1).