‹ Mémoire sur le commerce maritime de Rouen, depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du XVIe siècle (volume 2)Chapitre 65 sur 68 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

Ensuict la teneur du mémoire présenté au Roy par lesd. sieurs députez , contenant le nombre de la marchandise et navires depredez sur mer.

(0 Àrch. mun, de Rouen, A. 19, fol. 308 vo et suivants.

Depuis trois mois en ça , )e navire nommé le Jacque%y du port de soixante tonneaulx , venant de Galix , pais d'Ëspaigne , chargé de vins de Gherez , dont estoit maistre Michel Beuzebosc , de Fescamp , fut prins par les pirates, le travers du Douvre et mené au port de l'isle d'Umk, en Angleterre. Valloit le navyre , comprins sa charge et appareilz, huict mil livres , pour le moingz; et en estoient marchandz Guillaume et Jehan Sanguyn , bourgeois de Rouen.

NOTBS ET KEnSBl€]«B|[finTS DIVERI», SURVENUS DEPUIS LA PIÉSENTATION DBS AR- .TICLBS.

Le 28® ^Qur de jantner 1573 , led, Jehan Sougn a déclaré que pour le contenu au présent article , U n*a peu avoir restitution que de la somme de trois mil livres ou environ , quelque diligence qu'il aytpeu faire.

Puis ung mois , ung navyre nommé La Levrette, du port de cinquante cinq tonneaulx , venant de Lislebonne , en Portugal, chargé de sel et espiceryes , dont estoit maistre Guillaume Le Coq, de Fescamp , fut prins à Grenezay et mené par les pirattes à Tisle d'Umk. Val- Joil ledict navyre et mav-

Led, Jehan Souyn a déclaré led. jour et an que y pour le contenu en ce présent article^ il n'a peu recouvrer de sad. marchandise que pour la somme de six cens livres, ou environ.

chandises, sept mil livres.

Et en estoient marehandz les dessusd.

Puis ledict temps d'ung moys , ung navyre nommé La Valimglée^l) du port de trente tonneaulx ou environ , venant de Bayonne en Galice et de Vienne en Portugal, chargé de sucres, de madère , de cotton et de brésil, dont estoit maistre Jehan Chappelain , de Saint- Valleryen-Caux , fui prins venant en la ville de Rouen, et mené au port de Pleume , pays d'Ouest, royaulme d'Angleterre. Valloit, comprins les marchandises , quinze à saize mil livres. Et en estoient marehandz les dessusdictz.

Led. Souyn a par semblable déclaré que pour le contenu aud. article, il n'a peu aucune chose recouvrer neanlmoings toutes les dili^ gences qu'il ayt sceu faire ; mais au contraire a declaré que au mois d'aoust depuis les articles présentez à S. M., luy a esté prins par des pirates et mené en Angleterre, ung navyre chargé de suifz , chanvres et cyre , venant de la Name { ?) dont^ estoit M^ Guion Jumelé' de Feseamp, valant comprins led. navyre y neuf mil livres ou environ^ dont il n'a peu aucune chose recouvrer.

En ce mesme temps, le navire nommé La Bonavanture, du port de cinquante tonneaulx, venant de Lislebonne en Portugal , chargé de sucres , de clou de gyrofle et autres espiceries et drogueries, dont estoit maistre Pierres Hesbert, de Fcscamp, fust prins et mené au port de

Led. jour s'est présenté Ollivier DrieuoOy lequel a déclaré que pour le contenu au présent article, et d'autant qui luy en pouvoit apar tenir, il n'a peu recouvrer que la cinquiesme partie de sad. marchandise, neantmoins , comme dessus^ toutes les diligences qu'il a peu faire.

Hantonne, en Angleterre.

Yalloit vingt cinq mil livre s, comprins la charge ^ et en estoient marchandz , Ollivier de Rieux^ bourgeois de Rouen , pour deux mil escuz , et autres bourgeois de la ville, pour le reste.

En ce mesme temps « deux allèges, Tune nommée La Levrette f du port de quinze tonneaulx , dont estoient W Michel Jolivet , du Havre de Grâce ; et l'autre nommée La Fleur de Lys , du port de saize tonneaulx , ' dont estoit M® Guillaume Le Gras, dud. lieu du Havre, chargées deresinet d'huille d'olyve, ainsy comme ilz tenoient la route du Havre de Grâce à Dunkerque , furent prins et menez en Angleterre , on ne scayt bonnement la part, parce que lesmaistres sont prisonniers et n'a l'en encores nouvelles du lieu , mais se pourra scavoir en bref. Les marchandises et allèges valloient deux mil livres ; et en estoit marchand led.

Drieux , et autres de lad.

ville.

Pour le contenu aud. article^ led. Drieux a déclaré qu'il n'en a peu recouvrer que pour cent cinquante livres ou environ^ et ce avecq grans fraiz*

Puis trois sepmaines , deux navires, Pung nommé La Guet Berry , du port de quatre vingt tonneaulx ou environ, dont estoit maistre Nicolas Hermen , du Havre de Grâce ; et l'autre nommé La Tournelle . du port de quatre vingtzdix tonneaulx, dont estoit maistre Robert Bellinguet, dud. lieu du Havre, chargez de morues, venantz de la Terre-Neufve, furent prins, depredez et menez au port de Pfeume , en Angleterre. Valloient les navires et marchandises, quinze mil livres tournois.Et en estoient marchandz lesd.

Drieux, et Guill. et Jehan Berry, du Havre de Grâce.

Led* Drieux et Richard Grisel , mareliand, antdeclarè que pour le contenu aupresent article, Hz n*ont peu recouvrer que ung tiers desd, marchandises.

Ce mesme temps , ung navire, nommé l'Espérance , du port de quatrevingtz tonneaulx, dont estoit H"" Mathieu Hestre, du Havre de Grâce, venant de la coste de Barbarie , chargé de sucres , fust prins et mené en Pleume. Valoit, comprins les marchandises, xiii à xiiii mil livres ; et en estoit marchand Eustache Trenache, bourgeois de Rouen.

Les dessusd. Drieux et Grisel , asseureurs pour lesd. marchandises, ont déclaré qu*il n*a peu estre recouvré, pour le contenu au présent article , que une tierce partie.

Ge mësnié lenips, ung navire nomiiié lu Conûèsè, du port de quatre Tlflj^tz tonneàulx i àmi esMt M* Ookivien Le Noir, de la ville de Dieppe^ venarlt du Cap de Vert, chargé de cuirs et de morfil, fust prins et mené en Tisle d'Umk , en Angleterre. Valloit, comprins les marchandises , XVII à XVIII mil livres. Et en estoient marchans , Nicolas Pigne, Jehan Coquerel et autres bourgeois de Dieppe.

Ce temps mesme, ung navy re nommé V Espérance^ du port de quatre vingtz tonneaulx» dont estoit M^ led. Hestre , demourant au Havre de Grâce » venant de la Barbarye , chargé de sucres et de massis, fut prins et ses marchandises deschargées par les pirates et rechargées en leur bort, qui feirentvoilleen Angleterre.

L'on ne scait le lieu de la descente , pour ce qu'il n'y eut que les marchandises prinses ; et sy ne pourroilon quand à présent estimer les marchandises, parce que

L^^d, Dritudc et Grml mt éeclaN ijue ie navire et mafehcmiiêU iamtéHi^z au pYe'Éétit article^ mit esté rachâptèz au pâïé d' Angleterre , poù/r VI ou vit mil lii)ré$; et depuys, reprenant kd. natyrë la routte dé Dieppe pour s'enrétenît, à esté dé reehèf prins par le^d. pirattes et nmté au pay s d* Angleterre j dont Von est eneorès à la pùùrsuicte , pour en avoit resiitulion , avècq graftdz fraiz et déspehs.

Led, Fernandès deQuintanadpynes^ s^ de Bretigny, adedaré que pour le coà^ tenu au presefU afiide , et aprez grandz fraiz et poursuides qu'il a faietz aud.

pats , il n'en a peu recouvrer que pour îasomme^de cinq mil livres ou envyron.

les marchands n'en ont encores réceu les comptes de leurs facteurs , et que les congnoissennens et charteparties ont esté geetez en mer par les pirattes. Et appartenoit led. nayyre à Fernande de Quintanadoynés, s' de Bretigny , pour moictié , laquelle il estime à XII" v*^ livres , pour le moings , et autre moictié à autres bourgeois de lad.

ville de Rouen.

Depuis deux mois , ung aiutre navire, du port de quarante tonneaulx , dont estoit it Jehan du Pont , venant de Lislebonne, en Portugal , chargé de massis, fbst prins et mené en risle d'Umk, vallant dix à douze mil livres, et appartenant en partie aud. s' de Bretigny, partie à autres marchans de Rouen.

Led, sieur de Bretigny a déclaré que pour ce qui lui pouvait appartenir ou con^ tenu au présent article, il n'a peu aucune chose recou^ vrery quelque diligence qu'il ait sceu faire , mais tant s'en fault que puis led.

tempSy a esté mys en arrest ung navyre nommé Laron* délie , dont estoit Jtf^ Jac-ques Martel , du Havre. Et aprez plmieurs poursuictes , luy a cousté plus de quinze cens escuz pour rorvoir led. navyre et marchandises.

Au mois de mars dernier, Anthoyne Touque , bour-

ung navire nommé La Cha- geois de Rouen, a déclaré

rite, du port de soixante cinq tonneaulx • dont estoil M» Jehan Lye , du Havre de Grâce , venant du cap de Gay et CaiFy , chargé de sucres, fut prins et mené en Angleterre , en ung des portz dessusdictz. Et en estoit marchand Berthelemy Halle , de Rouen • lequel ne scayt la valleur des marchandises qui sont en icelluy « pour autant que les pirates ont prins les chartesparties , comptes et escriptures qui estoient en icelluy navire.

que des marchandises contentMs au présent article, appartenans à Berthelemy , il ne s*en estait peu aucune chose recouvrer des mains despirattes anglais {nean-moins tautes diligences faictes) queenvyronlamaictié, en ce camprins les fraix et mises. Et davantage a dict et attesté qm d'ung atUre navyre , nammé La Loïse , de Saint-Valery-en-Caux f dans leqtMl avait bien pour XXX mil livres de sucres, cuirs et autres marchandi-sesj appartenant aud. Hatley, lequel a esté pillé par ung navyre anglais de liresta , et icelles marchandises deschargées aud.lieu, nen avait par semblablepeu aucune chase recouvrer. Et les facteurs sant encares à la poursuicte aud. lieu d'Angleterre , ^ans en pouvoir avoir aucune raison.

Depuis ung mois, ont esté prins plusieurs autres navires , sy comme :

Le navire de Jehan d'Evreux , venant de Barbarie, chargé de sucre , de valleur de XXX mil livres.

Lesd. Drieux et Grisel ant déclaré que pour les deux navyres et marchant dises cantenuz esd. articles, il n'apeuestre recouvré que la moictié.

Le navire de Nicolas Durant, venant diidict lieu, chargé jde sucres , de valleur de XX mil livres.

Le navyre nommé Le Nicolas , de Saint-Valery , du port de XX tonneaux « duquel estoit M^" Jehan d'Asnieres , dit du Flo , fut prins par les pirattes , ainsi que led. navyre venoit de Bordeaulx chargé de quarante, trois tonneaux de vin ; et iceluy navyre et marchandises mené par lesd. pirattes , en risle de Wich »

païs d'Angleterre , icelluy navyre aparlenant à Denys Chouard , marchand de Paris.

Led, Chùuard a déclaré que du contenu au présent article y il n*apeu aucune chose recouvrer quelque diligence qu'il ayt sceu faire ; et luy a esté attesté par le maistre dud. navyre , que sond. navyre y auroit esté perdu. Et sy a déclaré led.

Chouard , luy avoir esté pillé encores, depuis lesd.

, articles présentez au roy , en deux ou trois navyres , jusques à vingt tonneaux de vin^ dont il n'a sceu^ par semblable , avoir aucune restitution.

Le navyre nommé La Marie , dont estoit M" Jehan du Mont , appartenant h Romain Caltot , fut depredé en mer par ung nommé Eloy Le Conte , de présent demourant en Angleterre , lequel navyre estoit chargé de sucres , confitures et autres marchandises, de la valeur de vingt mil livres ou envyroii.

Le x*" jour de février n V^ LXXIIII, s'est présenté led.

Caltot y lequel a déclaré que du contenu au présent article , il n'a peu avoir aucune restitution , quelque diligence qu'il ayt peu faine et grans dépens qu'ilafaictz à ladicte poursuitte. En outre a dict que ung navyre chargé de sucres, confitures et melasqueSf dans lequel y

avait quelque argent comptant, et vàloit le tout jusques à la somme de xn mil livres, dont estait maistre Emand Pitresson Base , luy avait esté depredé par lesd.

Anglais , en la caste dud.

pats, dont il y a longtemps qu'il est à là paursUiciéy et néanmoins qu'il y ayt de^ pendu plus de ii mil escus, il n'en a peu avoir aucune raison.

Le navyre nommé La Bonadvanture , de Quillebeuf, dont estoit M« Pierres Laigle,chargéde trente deux tonneaux , fut prins par les pirattes au travers de Grenezey , et mené en Angleterre, et lequel Aigle auroit esté contrainct le faire rachapter aud. lieu. Pour le rachapt duquel il païa trois cens trente escus sol . et deux tonneaux de vin ; et depuys ayant rechargé le mesme navyre , tant de bled, fourmaiges que maquereaulx, montant le tout à la somme de ni mil v*^ livres d*achapt, estant parti ledict navyre de Calais y fust' chassé par lespiraltes, ensemble plu-

Led. Chauard a déclaré que du nombre desd. xxxn tonneaux, appartenans à Jehan Menant ^ de Paris , n'en avait esté aucune chose recouvrée, néanmoins les poursuictes et fraiz qu'il en avait faict faire.

sieurs autres navyres, au Hourdel. Et estant parti duquel lieu , feust prins par les pirattes , qui ont iceluy menéen Angleterre. Depuys n'en a eu aucune nouvelle , Lesquelles niarchandisesap- ^ partenoient à Jehan Menant , marchand de Paris.

Et plusieurs autres. Tous lesquels ont esté mene^ 4ux portz et havres d'Angleterre » et les niarchandizes vendues et distribuées aud. pais , ainsy que plus amplement on en fera aparoir cy aprez.

Et depuis se sont présentez plusieurs bourgeois» marchands de lad. vjUe , qui se sont plainctz de plusieurs déprédations a eulx faictes sur la mer par lesd. Anglois, comme il ensuit :

Robert Le Bourg, bourgeois marchand de lad. ville, a déclaré qu'il y a quelque temps que Icsd. Anglois luy prin rent ung navyre chargé de hajrenc , quMIz menèrent en Angleterre , dans lequel il y avoit vingt quatre letz de harenc de Flandres ; et neanlmoins toutes les poursuictes qu'il auroit sceu faire pout le recouvrement d'iceulx , n'en a peu avoir aucune restitution ; mais bien luy a cousté trois ou quatre cens ezcuz à lad. poursuicte.

Pierres Lacherey , aussi bourgeois de lad. ville, a déclaré que le Vendredy-Saint dernier , fut prins ung navyre venant d'Espaigne , chargé de fruictz, à luy appartenant , mené et vendu en Angleterre , au port d'Ouesmue , néanmoins les protestations et remonstrances faictes par le facteur dud. Lacherey , au maire dud. port d'Ouesmue. Et pouvoit valoir led. navyre un ou v mil livres , dont il n'a sceu avoir aucune restitution. Et le mois de mai ensuivant, dernier, led. Lacherey auroit envoyé ung heuz de ceste ville de Rouen au Neuf-Chaslol , coste d'Angleterre , pour

charger du charbon de terre, dont estoitM^ JebaD Othon, dict Dix-Solz ; lequel, en faisant son retour, fut rencontré par les Anglois , et le pillèrent et ruynerènt du tout. Et le xini« jour de janvier , led. Lacherey ayant envoyé ung sien navyre de ceste ville de Rouen , en Espaigne , faisant son retour chargé de vins et autres marchandizes, de valeur de Yi à VII mil livres , a esté prins et depredé par ung navyre anglois. Lesquelz ont mis de maistre dud. navyre aux Dunes , coste d'Angleterre ; et ont enlevé led. navyre où ilz ont advisé bien estre.

Plus led. Le Bourg a de rechef déclaré que depuis Pasques dernier , luy et ses compaignons ont perdu deux navyres chargez de sel et d'espiceryes , lesquelz ont esté menez en Angleterre. Et aprez avoir poursuivy la restitution desd, navyres et marchandises , avecq granz frais , leur avoient esté rcnduz , lesd. deux navyres et le sel seulement, et toute Tespicerye perdue ; et ce moyennant iiii^ escuz chacun navyre. Dans Tung d'iceulx a esté prins de rechef par lesd. pirattes et iceluy mené aud. païs, qui a esté perdu. Et pouvoit valoir le tout dix ou douze mil livres tournois.

Nicolas deBauquemare , bourgeois de lad. ville , déclare que le x® jour de janvier dernier, il luy a esté pillé dans ung navyre venant de la Biscaye , païs d'Espaigne , dont estoit M^ Guill. Legras, comme led. navyre estoit relâché à la coste d'Angleterre, au havre de Torbaye (?) prez d'Artheume , tant en marchandise que en deniers comptans , par le frère du maistre Haquin et autres emploies , pour la somme de un mil vi*^ livres. Dont il n'avoit peu avoir aucune restitution.

Cristofle Ludom (?) aussi bourgeois de lad. ville, a déclaré que depuys quelque temps, il luy a esté prins ung navyre par les piralles et mené en Angleterre , au havre de FanM^ich. Lequel csloit chargé de sel , du port de cinquante cinq tonneaux , ou environ , dont estoit M« Pierres Marcscot de Jumicges , qui venait de Brouaige en ccstc

ville. Lequel navyre est encores de présent aud. havre , tout rompu , brizé , et la marchandise vendue par le Yysadmiral d'Angleterre. Et pour autant qu'il a entendu de plusieurs bourgeois de ceste dicte ville , qu'ilz n'ont peu avoir restitution de leurs marchandises aud. païs d'Angleterre , neantmoings les granz fraiz et poursuictes qu'ilz en ontfaictes , il n'a point voulu envoyer à ladicte poursuicle , de peur de perdre les fraiz qu'il feroit. Et valoit le tout , tant pour luy que pour ses compaignons , envyron m mil livres.

cxxvu.

Réclamations des Roueiinais relatives au

commerce (1).

Extrait des articles délibérez et arrestez en Vhostel commun de la ville de Rouen ^^ pour es tre présentez par Messieurs les députez de ladicte ville en la convocation des Estatz Generaulx de ce royaulme , termez à tenir à Blois , le quinziesme du mois présent.

Le fermier de l'imposition foraine travaille les marchands pour les acquitz encores qu'il soit question de peu de chose.

Les forestz de Normandie et principalement celles du bailliage de Rouen , sont presque dépeuplées de hault boys,

[i) Dciibcra fions, A. 10, fol. ^126 r" k 428 r".

au inoïçn d«s gran4ûs et excessives cpuppes , tant ordinaires qi|e extraordinaires qui y ont eisté faictes et se fppt epcores dei présent , suyvant l'ordonnance de la centie^me partie.

Le trafficq de la marchandise n*s^ plus de cours , par le moyen des grandes depred^cions qui se font sur la mer , tant par les François mesmesiqMe par \^ e^tr^ngers. Pour à quay ren)çdier , que le pWJsir de S. M. soit ne donner plus congez pu permissions à aucunes personnes de sortir hors des havres ny mectre navyres en mer, que premiereip^nt lesd. navyres, victuailles et tout Tesquipage n'ayt esté visité , et qu'il n'ayt esté satisfaict de point en point aux ordonnances de la marine. Et où par importunité telz congez seroient donnez , que les admiraulx et visadmiraulx , lieutenanset officiers n'y aient aucun esgard.

Les François estantz en Angleterre , Hespaigne et aultres païs estrangers , ne sont permis faire achaptz d'aucunes marchandises en foires ny marchez , et sont cpntrainctzde les prendre par les mains des bourgeois et habitantz des lieux ; et neantmoings lesd. Anglois et aultres estrangers estansen France , traficquent, tant pour l'achapt que pour la vente , avecq aultant de liberté que les François naturelz. A quoy il plaira à S. M y pourveoîr, et reigler les estrangiers , en son royaume , en la façon que ses subjectz sont reiglez aux pays estrangers.

Plusieurs estrangers , sy tost qu'ilz sont arrivez en ce royaulme , ont obtenu lettres de naturallité, pour negolier et trafficquer soubz la faveur d'icelles, et neantmoins après s'estre enrichiz , se sont retirez en leurs païs , et tirent par ce moîen hors de France , grande quantité d'or et d'argent, pour à quoy obvier à l'advenir S. M. sera suppliée de n'octroyer lettres de naturallité aux estrangers , sinon qu'ilz aient esté habitans en villes de ce royaulme , par le temps et espace de dix ans , ayantz femmes et enfFants naiz en loyal mariage ; et qu'ilz n'ayent acquiz en fondz jusques à

cinq centz livres tournois de rente ; et à ceste fin addresser commission aux juges ordinaires, avecq congnoissance de cause.

Que [de] toutes marchandises, quand elles auront esté acquictées une fois en l'un des bureaulx de ce royaulme pour les droictz deubz au roy , les marchandz ne seront plus tenuz d'en faire aultre ne second payement , icelluy garnir , ny bailler cauxtion , ains en seront tenuz quictes et deschargez , en représentant aux fermiers lesdictz acquictz, sauf ausdictz fermiers à disputter entre eulx les droictz de leurs bureaux.

Modérer le prix du sel , qui est aujourd'huy hors de raison , et à ceste fin renvoïer les marchandz par devers les juges de la police , où y a grenier , pour leur estre miz prix par les commissaires de lad. pollice.

Etaf du Commerce à Rouen (i).

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