PAR HENRI V
Durant cette longue période > c'est à peine si un
peu de bien compense les plus grands désastres. La Normandie est assez tranquille de 4344 à 4346; elle reçoit sa charte et des Etats. Mais ensuite voici la peste noire de 4348, les invasions d'Edouard 111, les grandes Cuaipagnies, la Harelle, ranarchie par toute la France; sous Charles Yl, la prise de Rouen par Henri V, après un siège dont les détails font frémir (4). Au milieu de ces coups redoublés delà mauvaise fortune, les dix bonnes années du règne de Charles-ie-Sage ne semblent se placer que pour
(1) Voyez Hist, de Bouen êous la domination anglaise, au XT* 5., par M. Â. Chéruel.
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raviver le sovTenir des biens que procure la paix,
et qu'on âvait perclus.
A compter des expéditions maritimes de Philippele-Bei contre l'Angleterre, on peut dire que la Normandie est définitivement acquise à la France. Bans ces guerres, le roi n'est plus obligé d'emprunter, comme Philippe-Auguste, un amiral et des navires picaids ou llaiiiands pour combattre les Anglais ; les Normands s*enipressent d ofirir leurs vaisseaux (1). La lutte entre les deux puissances rivales est désormais engagée, et Rouen va prendre tout l'aspect d'un port militaire. L arsenal de marine que saint Louis avait pensé fonder à Couronne (2), le nouveau clos aux Galéts, s'établit en face de notr^ ville, les approvisionnements maritimes deviennent une nouvelle branche de commerce pour les négociants rouennais. Froissart, au sujet de Texpédition que Charles YI méditait contre l'Angleterre en 1386, donne une liste des munitions de bouche de ce temps-là. Je n'y vois rien que notre province ne lut à même de iburnir. « On emplissait les vaisseaux , dit-il , de chairs et de poissons salés, de vins, de cervoise, orge, avoine» seigle, blé, aulx, oignons, pois, fèves,
(1) V. ci-dessus, chap. x.
(2) V. ci-dessus, chap. xi, scct. 2.
foin en baril, chandelles de cire, bouteilles à verjus et à vinaigre, pots, godets, cuillers de bojs et d*estain, chandeliers , bassins, cochons gras , hastiers (broches), outils de cuisine et de bouteillene , sel , biscuits, farine, graisse et moyaux d'œufs battus en tonneaux (4). » Les Rouennais durent se livrer avec ardeur à ce genre de spéculations , parce que la guerre rendait fort difficiles les arrivages de laines pour leurs fabriques , et que d'ailleurs les foires de Champagne et de Brie, qu'ils fréquentaient beaucoup au siècle précédent, déclinaient de plus en plus (âj.
Au commencenient du xiv* siècle , la marine militaire prit donc, à Rouen et dans toute la Normandie, une véritable prépondérance. C'est à cette direction nouvelle des esprits, non moins qu'à l'état de langueur où la guerre avec rAngloterre avait fait tomber les fabriques de draperie, que j'attribue ce qui se passa aux Etats normands en 1338. On sait que la conquête de T Angleterre y fut résolue. L'un des articles de cet acte curieux constate que le roi avait dès lors une marine, puisque
(1) Cité par Le Grand d'Aussy, Fie privée des Françaiê^ t. U, p. 40.
(S) V* ei-teaiH^ chap. x, et Boorquelot, Hiêt, 4« PrùffUu^ 1. 1, p. 4S4.
la province promit cinq ou six nefs, lesquelles,
réunies à ia Navire du Roy, devaient servir à Uans ^ porter 4,000 hommes d'armes en Angleterre (1). Les prépai alifs de celte expédiùuii se iireiU dans les ports d*Harfleur et de Leure, témoin le mandement, du 8 novembre 1338, par lequel l'amiral , Hugues Quieret charge Thomas Fouques, garde du clos aux Galées du roi , à Rouen , de racheter, à quelque prix que ce soit , les armes que les soudoyers de Farmée réunie à Leure et à Harfleur avaient vendues à des marchands, et que ceux-ci se proposaient de porter à Tétranger (2). Mais le document le plus imporlaut sur ces préparatils , c est sans contredit la quittance, du 2 juillet 4338, qui prouve remploi sur la flotte de la poudre à canon , et fixe d'une manière certaine te commencement de 1 arlillerie moderne en France (3J.
Celte belle armée navale , composée de navires normands , bretons, picards et génois , eut une fm des plus tristes. Elle prit la mer, au mois d*octobre,
(1) A. Cane), BêchtrchM^ittr les Etats iVormmttfte, au viT« iièch, p. 7.
(2) Bibl. imp. , Invent, des titres ûes ducs d'Orléans et de
Blois^ stippî. franc,., iio2658, 1.
(5) Voyez le Mémoire de M L. Lacabane sur la poudre à canon et son introduction en France. (Bibliothèque de rE€oi« des chartes, t. 1 , ti« série, p. 2S et suiv.)
suus le couiuiaudemenl de Tamirai Hugues QuiereL Après avoir incendié les vaisseaux anglais devant llabliugâ » livre aux Uauiiues la ville de ilanlonne (Southampton), puis déposé son butin à Dieppe, elle fut surprise le 24 juin 1340 cl complèlciiicnl défaite par Edouard Ili , dans une anse près de !'£cluse. La Normandie ressentit profondément ce grand dé&aslre , car tous ses ports de mer avaient des navires à la bataille de TEcluse. Il était sorti de Leure 34 nefs» dont :â au roi, el 3 galères ; d iiarlleur, 9 nefs \ de Honfleur, 6 nefs ; de Caudebec, % nefs ; de Fiquefleur, 1 nef; du quief de Caux, 3 nefs ; d'Etretat, 6 nefs ; de Fécamp , 2 nefs ; de Saint- Valéry (en Cau.\?j, 4 nefs; de Dieppe, 21 nefs et 7 barges portant de 28 à 200 hommes chacune; Touque fournit 5 nefs ; Caen , 1 4 nefs ; la baie de Vire, 8 neb ; Saint Waast de la Hougue, 1 0 nefs ; BarfLeur, 9 nefs ; Cherbourg , 4 nefs (I). Ce fut une nef du port de Leure, nommée la Riche et commandée par Guillaume de. GrosméniU qui commença cette funeste bataille. La Riche eut TavaiUage sur sa rivale. Le Jacques f de Dieppe, soutint toute la nuit un combat
(1) Voyez le Compt$ Ftançoiê de ùospUûl, â cûuse de ia grande armée déconfite detant VEeluee , publié poar k première fois par M. Tratillé dam VJMgi des annales du commerce de mer , p. 51 et suIt. Cette pièce a été de nour veau éditée par 31. L. Guérin, Hisi. marU. de f)ranee^ t. U P* 91^*
acharné coalre plusieurs navires anglais^ et m de- Tint leur proie que lorsqu'il ii*y eut plus un seul
être Vivant pour le défendre (4 ).
La mariiie normande ne devait se relever de cet échec qu'en 4 21% devant La Rochelle, sous la conduite de l'amiral castillan , Ambroisc i^occanegra (â). Notre ville et toute la Normandie reprirent alors leur activité iiiaiitime. Charles V fit faire, en 4376, des coupes dans les forêts de Rouniare et du Rouvray pour construire des vaisseaux au clos des Galées (3), et» en 4378, il vint examiner les travaux, accompagné de Tamiral génois Regnierde Grimault. C'est dans ce clos , qui n'était pas exposé aux surprises des Anglais, comm^ Harfleur et Ronfleur, que durent être construilâ quelques-uns des navires qu'Owen , prince de Galles, mena à la conquête de Guernesey en 1272, et avec lesquels le fameux Jean de Vienne , amiral de France , ravagea toutes les côtes du sud de TAngleterre én 4377 (4).
(I) L. Ctuéna, HUi. moril. Fr.^Ul^p.%4%i luiv.
(S) Th. Le Fèvre, escuyer, du Grand-flainel^ tHÊcmurs mmmainée Uintnigation , Avant-dbcoiin.
(3) Ordonnances, f. VI , p. 218. Secousse ne s*esl pas rendu compte de ce que c elait que le Maître du Clos (des Galt'es} dont it est question dans Tordonnance. il le prend pour ua sergent ou
/ garde d'un canton de forêt.
(4) Léoo Guérin, HiH, mortl. de ftanee^ t. I, p. 96 etiuiv*
Mais entre la batailie de ^'Ëciuse et ces succès, couronnés par une dernière victoire de Thabile Jean de Vienne, en 4387, il faut placer vingUciaq années de troubles et de misère. Je ne fais que rappeler cette triste époque, qui commence au débarquement é*Edouard III dans le Cotentin, en 4346. VHisioire de Rouen de M. Chéruel en trace le plus fidèle tableau (4). Une fois le pied en Normandie, les Anglais ne cessèrent de piller celte riche contrée et d'en emporter tapis, draps, bijoux , meubles , précieux; 40,000 pièces de riches étoffes furent la proie du vainqueur dans la seule ville de Gaen. Uouen , entouré de bonnes fortifications, fut encore une des cités normandes qui souffrirent le moins; toutefois, de 4357 à 1359, le désordre était tel , que Texercice de la justice municipale y fut à peu près complètement suspendu (2). Quant au commerce avec Paris par la Seiue, il ne faut pas s'en prendre aux Rouennais s*il fut interrompu ; on sait leur vigoureuse expédition contre les Compagnies navarraises établies à RoUeboise (3).
Cependant la population de notre ville s'était accrue de tous les fugitifs des villes et des campagnes dévastées. Le calme n'était pas encore
(1 ) f/ist. de Uouen pend, l'époque communale^i, 11, p. ISd et s.
(•2) ./rc/i, mun. de /îouen^ reg. DD, fol 30.
(SV) Chéruel, iHst, de Jioum, précitée, t. II, p. 202 et suiv.
réiabli au dehors, que déjà la discorde régnait dans Rouen entre ces nouveaux venus et les anciens bourgeois, en sorte que la révolution démocratique qui avait enlevé au maire ^ en 43^, la gestion de presque tous les deniers communaux [i }, continua son œuvre de nivellement avec d^autant plus de force. En 1330, les petits marchands s'étant plaints que les riches bourgeois monopolisaient le commerce , le maire avait ordonné de porter Vlorénavant sui* la place pubUque, et de vendre la cargaison des navires le jour même de leur arrivée. En même temps, défense avait été faite aux négociants de loger les étrangers chez eux, dans la crainte de transactions frauduleuses. En 1359, cette ordonnance fut renouvelée (2); mais elle était devenue insuffisante pour ramener l'ordre dans notre ville. Déjà la lutte n'était plus entre les anciens pairs de ta commune et les bourgeois nouvellement enrichis : elle était entre les corporations et les ouvriers forains, assez nombreux pour demander Texercice libre de rinduslne. Rouen invoqua son titre de ville de loi, autrement dit son droit de juridiction et de surveillance sur les métiers (3). C'était
[i) Chémei , Hist. de Bovm^ précitée, t. I,.p. SSO et suiv. (S) /d., I. II, pp. 91 et 870.
(3) V. la défloilion donnée pur de laurière dans le Hee. des Ordoniutneet^ l. lU, p. 411, note c.
lûpuiidre à la quesUoQ par ia question; louleiois» le droU l'emporta, k celte époque les diverses indus- U'ieâ d'une ville étaient considérées avec raison coimneuneparUedesonpatrimoioe; aussilesma^ gistrals municipaux avaient-ils l'œil à ce qu'aucune ûraudene s introduisît, àceque la ville restât toujours digne de la réputation qu'elle s'était acquise. A Ab-jbeviiie, par exeaipie, toute pièce de drap défectueuse était brûlée à l'échevinage» au son des cloches, et Touvrier qui l'avail faite, banni pour un an et un jour. « Que le drap fait pout les Espagnols soit bon et loyal, dit un règlement du XIV* siècle , et qu il ne soit mie de trop grosse laine
de cuisse , car s'il estoit ainsi fait la lisière
lui seroit ostée d'un bout à l'autre. » Et pour prévenir le dol« les statuts de la draperie furent, en 1362, remis scellés du scel aux causes de la corn-
mune ,.auz négociants d'Ëspagne et de Portugal (4 ).
Nous avons pour Rouen , à la date du 0 août 4 360,
une déclaration du maire, Antheaume deMaromme, dont quelques dispositions ont peut-être servi de modèle au règlement d'Abbeville. La décision du maire de Rouen fut prise après une délibération à laquelle assistaient plus de 4,000 personnes du
(1) F.-C. Louaudre, //Ml. el fmUhieu^ U II «
lîjélier de diaperie. On y arrêta que lu» draps de Rouen » qui avaient alors la réputation d'être extrêmement fins et très souples, seraieiil visités par les gardes du métier, dits boujanneurs^ et scellés d'un sceau aux armetf de la TÎIIe (1). Hais à Rouen, comme je l'ai déjà fait pressentir, les questions d'industrie se compliquaient de la concurrence des ouvriers torains que la guerre avait poussés dans la Tille. Ces étrangers , établis avec lautorisation du roi, d'abord provisoireaient, puis délinilivemeut dans les faubourgs dé notre ville , faisaient beaucoup de tort aux anciens fabricants. De là une lutte, qui se termina par la réunion, en une seule corporation, des maîtres do la grande draperie dellouen et de ceux de la draperie foraine. Cette transaction, ratifiée par l'Echiquier, devant lequel avait été porté le débat, fut contirmée, en i 4i4 , par Henri VI , roi d'Angleterre. J'y remarque cet article , qui est le dernier : « Au scel de lad. drapperie [nommée la drapperie de Rouen] y aura un aignel, d'un costé, et, à l'autre costé, une S et uneK, et une couronne dessus, et deux fleurs de lys, costoïans le S et le R, en signe de conjonction des deux drapperies (2).
On sent mieux encore Tinqjorlance que la iabri-
(J) Chéruel, Hi$t, de Houtn, précitée, t. Il, p. 27t et suiv. (2) Arch, munie, de itouen^ U a, fol. 25 et suiv.
cation des étoffes de laine avait déjà acquise dans notre province , lorsqu'on voit les rois s'en préoccuper. J'ai déjà rappelé les privilèges que Charles V
accorda aux Castillaiis , en 136i, à la deiuaiide de
Henri de ïranstamare , mais aussi, évidemment» dans Vinlérèt du commerce et de la fabrication des draps du royaume (4). Je trouve un nouvel indice des intentions du sage prince dans une ordonnance de la Chambre des comptes adressée au visiteur des ports et passages des bailliages d'Amiens, de Lille , de Douai el de Tournaisis. Dans celte pièce, du 4 août 4364 , relative aux exportations et aux impôts qui s'y rapportent, il y est déjà beaucoup parlé de laines et de teintures venant d'Espagne (2). Charles V se proposait donc , dès ce moment, d'atlirér les Castillans à Uarfleur et à Rouen, pour diriger ensuite sur la Flandre le surplus de leurs marchandises. Si l'on rapproche de cette observation celte autre, précédemment faile, que la France eut toujours l'Ecosse pour alliée (3) , on en conclura que c*est avec les laines de ce dernier pays et celles de la Castille que se fabriquaient, au xiv° et au xv"" siècle, les plus beaux draps de Rouen et de la Normandie.
(1) CMeasuSf chap. xii.
(SJ Ordonnances^ t. III, p. 463, note b.
iJS) Ci'dcsiius, chap. xii.
La révolte de la Harelle , en 1382, et l'amende énorme que les conseillers de Charles Vf imposèrent ensuite à notre ville, commencèrent la ruine de son commerce et de son industrie (4). La décadence continua avec les dépenses qu'il lui fallut faire pour défendre ses franchises attaquées de toutes parts; avec les pirateries, qui prirent, durant la confusion et Tanarchie du royaume, un développement inimagînahte (2) ; avec les expéditions malheureuses des ilotles de Normandie et de Bretagne contre l'Angleterre, en U03 (3). Dès U06 , il n*est plus guère question de ces congés que la ville délivrait auparavant en grand nombre aux Flamands qui allaient chercher des vins en France ; le port de Rouen devient absolument désert. Ses derniers hôtes furent probablement trois galères espagnoles qui vinrent hiverner en 1405, et qui étaient pleines, dit le greffier de la ville, « de moult merveilleuses gens (4). »
Pendant que la France , en armes , est partagée entre les deux factions d'Orléans et de Bourgogne,
(1) Chéruel, Hiët. de Jtouen^ précitée, t. II, p. 459 et suîv.
(2) Je renvoie dans la seconde partie de ce mémoire lee détails relatifs aux pirateries, parce quUls sont très considérables.
(5) L. Gnérin , Hût, marii, de Frmet^ <• 1 1 p. ISl et saiv.
(4) .irch» munie, de liouen^ 5, fol. 51 et «9 v«.
la misère s appesantit de plus en plus sur nos viltes, sur Rouen principalement ; car il semble que cette cité , création du cormnerce , ne puisse subsister que par lui. C'est un désolant tableau que l'état de
Kouen raconté dans une ordonnance de Charles YI, de U08: « Des bourgeois» conseillers et autres notables de nosire ville .de Rouen , nous a esté représenté que nostre dite ville soulloit estre moult grandement peuplée et habitée de plusieurs marchands et autres personnes, et les maisons et héritages d'icelles repparez , soustenus et de grand valleur ; néantmoins, puis aucun temps ença, icelle ville a esté et encores est moult diminuée et dépeuplée, les maisons d'icelle démolies et la
marchandise comme de tout déchue , tant pour
roccasiondes guerres^ des mortalités comme
aussi pour le fait des grandes charges de réparations , fortifications et autres, qui ont esté en nostre dite ville , desquelles les demeurants en icelle ont esté si grevés, que les aucuns se sont fuis et absentés (4) » La désertion continuant, il fallut autoriser les Rouennais , en 1411 , à tendre des chaînes en travers des rues et carrefours de leur ville, « parce qu'ils ne la pourroient autrement garder, qu'elle est de grand circuit , très petitement peu-
(i) /érch. munie, de Rouen, A M, fol. i23 v<» et suiv.
plée el en la plus grande parlie comme vuide , vague et inhabitée (i). » Le pauvre peuple, affamé, s'attroupait dans les rues en demandant du pain ; il -fallut, pour le disperser, menacer les plus turbulents de la hart. Mais les conseillers de ville furent aulorisés à défendre, de par le roi, de transporter du blé hors du duché (2). Aussi, lorsqu'en 1408 Jacques de Waguemere , de Bruges , voulut faire descendre sous le pont de Rouen son navire chargé de froment, sa cargaison lut arrêtée, .« attendu la défense du roi et la voix et cri du peuple. » Et malgré une lettre du tout-puissant duc de Bourgogne , malgré les réclamations du bourgmestre de Bruges, Jacques de Waguemere fut forcé d'abandonner son blé au prix fixé par les conseillers (3). Pareillement, lorsque Michel Bertrand, familier d'Ohvier de Mauny, capitaine de Saint-Halo , passa par Rouen , en 1410, avec les approvisionnements (ju'il avait faits à Paris, lesRouennais rarrètèrenletlui achetèrent, bon gré mal gré , les cinquante muids de grains qu'il conduisait en Bretagne (4).
Le reste de l'histoire de Rouen jusqu'en 1419, époque où celte ville tomba au pouvoir de Henri V,
(1) Arch. munie, de Houen^ A 58, fol. 81 v».
(2) /rf., A 6, fol. 89 v».
(3} /d., A 5 , fol. 172 , 475 \o el 181 v».
(4) /d., A. 6, fol. 90 et suiv.
n'apparlieoi pas à notre sujel. Durant ces neuf années , le commerce est anéanti dans notre ville ; on n'y vit plus que sous la crainte incessante de Henri Y, qiûépiaitroccasion d'intervenir dans nos sanglants
débats.