‹ Mémoire sur le développement du pollen, de l'ovule, et sur la structure des tiges du guiChapitre 6 sur 7 · II. - DES FLEURS FEMELLES · texte numérisé non relu

II. - DES FLEURS FEMELLES

L’ovaire, ainsi que nous l’avons vu pour l’anthère, est soudé au calice dès l’apparition des fleurs.

Il se eompose d’une masse utriculaire verte, homogène, dans laquelle on ne distingue aueune eavité.

Quelque temps avant l’épanouissement des fleurs, on’ voit deux trèspetites lacunes se former vers la cireonférence et au milieu du tissu utrieulaire de l’ovaire; après la féeondation, ces lacunes s’agrandissent et constituent, en se rejoignant, la cavité de l’endocarpe; celui-ci n’existant pas avant l’anthèse , il en résulte que l’ovule se forme après la fécondation.

Dans le principe, les trois ovules se présentent sous la forme de corpuscules renflés au sommet, composés d’une seule ou de plusieurs utricules superposées et partant tous trois d’un même point, la base de l’endoearpe.

Les fleurs du Gui s’épanouissent au mois de mars ou d’avril, tandis

RÉSUMÉ

que l’ovule fécondé ne s’aperçoit qu’à la fin de mai ou au commencement de juin.

A cette époque, c’est un mamelon pulpeux, fixé à la base de l’endocarpe; il est accompagné assez ordinairement par deux filaments extrêmement délicats, qui sont les rudiments des deux ovules avortés.

ÎV’ayant jamais pu constater la présence des membranes tégumentaires primine, secondine, j’en conclus que l’ovule est réduit à son état le plus simple d’organisation , celui du nucelle.

La forme conique de celui-ci, les différents degrés d’avortement des ovules qui accompagnent ordinairement le seul qui est fécondé , viennent à l’appui de cette hypothèse.

Lorsque les graines , à leur état de maturité , renferment plus d’un embryon, ce phénomène est dû à la soudure et au développement de 1 un ou des deux ovules qui avortent ordinairement.

Cet état d’avortement se rencontre plus fréquemment sur certains individus de Gui que chez d’autres; aussi arrive-t-il qu’en étudiant des fruits recueillis sur des individus différents, on peut rencontrer des graines pourvues d’un seul, de deux ou de trois embryons.

Au moment où l’on commence à apercevoir les premiers indices de l’embryon, et lorsque le nucelle est devenu celluleux, celui-ci se déprime légèrement au sommet.

L’enveloppe vasculaire verte, qui est appliquée sur la graine à sa maturité, fait partie du fruit: c’est l’endocarpe. La substance blanche et visqueuse est formée par le sarcocarpe parcouru lui-même par un système vasculaire.

§ lïl. - DE LA STRUCTURE LIGNEUSE DU GUI.

M. Dutrochet admet que chacun des mérithalles de cette singulière plante s’accroît indépendamment des autres, que le système ligneux de chacun d’eux est séparé par une couche de tissu utriculaire médullaire, et que les mérithalles sont seulement continus par l’écorce.

D’après mes observations, les vaisseaux corticaux du Gui ne s’éten-

RÉSUMÉ

(Iraient pas d’un méri thalle à l’autre, et la désarticulation des rameaux de cette plante doit être attribuée à cette circonstance, et non à la séparation des faisceaux ligneux au point de jonction de chacun des rameaux , entre lesquels je n’ai pu reconnaître la couche de tissu utriculaire médullaire, signalée par M. Dutrochet.

Le bois du Gui est dépourvu de vaisseaux, et je n’ai pu constater la présence de tubes annelés que vers la moelle ; les nervures des feuilles sont également dépourvues de trachées ou vaisseaux à tours de spire contigus, libres et déroulables.

Le nombre des faisceaux ligneux paraît constant dans les jeunes rameaux du Gui ; il est de 8, rarement de 7 ou de 9 : dans ce cas, il faut attribuer ces différences à la soudure ou au dédoublement de l’un des faisceaux ligneux.

Chacun de ces faisceaux est accompagné intérieurement et extérieurement par un paquet de fibres de même nature, et présentant tous les caractères du liber ; celui-ci n’augmente pas avec l’âge de la branche.

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EXPLICATION DES PLANCHES

Planche I.

Formation de l’anthère et du pollen dans le gui , /'hibiscus syriacus et le tropoeolum.

A. Fig. I. Coupe verticale d’une inflorescence terminale ou en cime ; les fleurs inférieures sont encore renfermées sous les écailles qui les protègent avant leur épanouissement ; ces écailles doivent être considérées comme bractées à l’aisselle desquelles se trouvent les fleurs.

a. Logettes de l’anthère dans lesquelles s’organisent les utricules polliniques ; le nombre et

la disposition de ces logettes est variable.

b. Faisceaux vasculaires.

Fig. 2. Coupe transversale d’une fleur extrêmement jeune , passant par le milieu des quatre sépales avec lesquels les anthères composent une masse utriculaire homogène , mais de differente coloration. La portion extérieure , plus colorée et remplie de matière verte, appartient au calice. Le système vasculaire n’est pas encore organisé, ou du moins ne se manifeste pas sur les coupes transversales.

a. Les quatre pièces ou folioles du calice colorées en vert, et disposées deux par deux.

b. Portion interne constituant l’étamine et faisant corps avec les folioles du calice dont elle se

distingue par l’absence presque complète de matière verte.

c. Série d’utricules formant l’épiderme , enveloppant non-seulement les folioles herbacées du

calice, mais encore les anthères et sans changer sensiblement de nature.

Fig. 3. Coupe transversale semblable à la précédente , mais faite sur une fleur plus âgée. Le tissu utriculaire du calice s’est accru , et semble avoir envoyé des prolongements dans la masse utriculaire de l’anthère, de manière à la diviser en plusieurs portions ou logettes distinctes.

a. b. c. Correspondant aux organes indiqués sur la /î^. 2. ,

d. Prolongement parenchymateux vert, provenant de la partie externe , ou résultant d'un tra¬

vail organique local.

EXPLICATION DES PLANCHES

Fig. 4. Une des logettes remplie d’ulricules polliniques. On voit le tissu parenchymateux vert du calice se décolorer à mesure qu’il tend à constituer les parois de ces logettes ; on voit encore qu’il est de même nature et ne forme aucune membrane autour de la masse d’utricules polliniques. En contact avec l’épiderme à l’époque de l’épanouissement, elles ne présenteront point de couche utriculaire réticulée.

a. Tissu parenchymateux rempli de matière verte ; on rencontre dans ce tissu une grande quantité d’utricules remplies d’agglomération de cristaux d’oxalate de chaux? et de grains amylacés.

h. Tissu utriculaire formant la paroi de la logette contenant les utricules polliniques; en général elles renferment seulement un phacocyste, tandis que les autres contiennent en outre des granules.

c. Utricules polliniques. On en remarque {d) dans lesquelles la substance organisatrice se mon¬

tre sous la forme d’une petite masse granuleuse, tandis que, sur d’autres, cette substance tend à se partager en deux ou quatre parties distinctes.

F. 5. Portion de la masse d’utricules polliniques retirée d’une logette appartenant à une anthère de même âge que la précédente : les parois de ces utricules , entourées d’un fluide mucilagineux , sont complètement transparentes, et d’une extrême ténuité.

a. Phacocyste observé dans les utricules polliniques plus âgées , et sur lequel on distingue une sorte de granulation et un point lumineux central.

d. Correspond à une utricule de même âge observée sur la figure précédente.

e. Utricule montrant les éléments des quatre grains de pollen , sous la forme de petites masses

granuleuses.

Fig. 6. Quatre utricules séparées de la masse générale, au centre desquelles on voit distinctement la substance (a) qui s’est réunie pour donner naissance aux jeunes grains de pollen {b).

Fig. 7. Utricules plus âgées, dans lesquelles la substance interne s’est encore plus circonscrite autour des jeunes grains de pollen ; les parois en sont toujours transparentes.

Fig. 8. Utricules dont les parois se sont épaissies ; la substance interne semble renfermée dans une cavité centrale quelle ne remplit pas exactement, ainsi que le montrent les intervalles (a) compris entre elle et la paroi de la cavité.

Fig. 9. Utricules sur lesquelles on ne distingue plus de substance mucilagineuse , mais où les jeunes grains de pollen se sont accrus et oflrent un point lumineux central , que je suis porté à considérer comme les premiers indices d’une cavité.

Les parois des utricules jusque là transparentes, quoique assez épaisses, n’offraient cependant pas encore les zones d’accroissement ou de densité différentes qu’on remarque maintenant à leur surface de la manière la plus nette.

Fig. 10. Autre utricule , au sein de laquelle les jeunes grains de pollen, au lieu de se trouver réunis au milieu, se sont formés vers la circonférence. Cette utricule présente au centre une légère dépression , accompagnée de lignes de démarcation entre chacun des jeunes grains de pollen.

Fig. 11 — 12. Utricules retirées d’une même cavité. Sur les deux premières on voit

EXPLICATION DES PLANCHES

les jeunes grains de pollen renfermés dans une cavité centrale de l’utricule pollinique. On remarque déjà sur certains d’entre eux des granulations à leur surface, granulations appartenant à la membrane externe papilleuse {v. fig. 15).

Fig. 13. Jeunes grains de pollen retirés de quelques-unes des utricules précédentes ; leur surface externe est lisse; on remarque une partie plus lumineuse au centre.

Fig, 14. Jeune grain de pollen plus âgé, observé après la destruction de l’utricule pollinique qui le renfermait, et sur lequel on distingue déjà nettement la membrane externe papilleuse et colorée en jaune.

Fig. 15. Grains de pollen observés, au mois de novembre, dans des anthères qui s’ouvriront trois à quatre mois plus tard. A cette première époque , les acides, les pressions graduées et plus ou moins fortes, le frottement entre deux lames de verre , ne contribuent pas à démontrer la présence des membranes polliniques. Le grain de pollen , soumis à ces différentes expériences, ne laisse échapper qu’un phacocyste accompagné de granules.

fl. Grain de pollen d’où s’échappe le phacocyste. b. Phacocyste accompagné de granules (c) excessivement ténus.

Fig. 16. Pollen arrivé à maturité, observé au mois de mars. Au moyen de la plus légère pression, on sépare les deux membranes; l’une externe, papilleuse, colorée, l’autre interne, blanchâtre, opaque, contenant des granules mais sans phacocyste.

Pollen de Thibiscus svriacus.

B. Ces utricules polliniques ont été observées au mois de juillet sur des boutons de 7 à 9 millimètres en longueur.

Fig. 17. Utricule sur laquelle on voit les quatre cavités au milieu desquelles se formeront les jeunes grains de pollen ; ces cavités se sont organisées indépendamment les unes des autres, comme semble le démontrer leur épaississement, ainsi que la dépression centrale correspondant à chacune d’elles.

fl. Utricule pollinique épaissie sur laquelle se dessinent à peine les zones concentriques.

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