‹ Mémoire sur le Port Recife (Pernambuco-Brésil) = Verhandeling over de Haven van het ReciefChapitre 2 sur 5 · M. VICTOR FOURNI É · texte numérisé non relu

M. VICTOR FOURNI É

A la date du ler Juin 1874 j’ai publié un mémoire en français, intitulé: „Etude sur les travaux nécessaires pour le développement du port de Pernambuco.” Le même travail, traduit en portugais, a été inséré plus tard au recueil de l’Institut polytechnique de Rio de Janeiro.

Dans cet ouvrage je dressais le programme des études qui devaient logiquement précéder l’adoption d'un ensemble de travaux. Dans le court espace de temps que mes collaborateurs européens et moi avons passé au Brésil, trois ans environ, nous avons été assez heureux pour mener à bonne fin plusieurs des articles de notre programme.

M. Béringer, mon principal collaborateur français, a fait insérer déjà à l’Annuaire de la Société météorologique de France pour 1878 un important mémoire sur le climat et la mortalité au Recife.

Nous venons maintenant demander l’hospitalité de la Société neérlandaise de géographie pour des recherches nouvelles et inédites qui appartiennent au domaine géographique. Ces recherches portent sur l’état du port du Recife au XVIIe siècle d’après les documents hollandais, et par extension sur l’état à la même époque de la ville même du Recife et de sa banlieue. C’est l’objet de la 2e partie du présent mémoire, la plus importante, rédigée par M. Béringer.

Le plan annexé au mémoire a été levé à la planchette, à ^/looo > par M. Gustave Mermoud, géomètre suisse trèssoigneux, et vérifié par une triangulation de précision due à M. Émile Béringer. Ce plan de la ville et des faubourgs, réduit à Vioooo et gravé en 1876 aux frais de la province de Pernambuco, est beaucoup plus exact que le plan à même échelle lithographié à Londres par les soins de M. Mamede Alves Ferreira, l’un de mes prédécesseurs à la direction des travaux publics de la province; plan que M. l’Amiral Mouchez a eu à sa disposition dans sa campagne hydrographique au Brésil.

Toutefois les exigences des services publics n’ont pas permis d’attendre pour publier ce plan que l’on ait pu le compléter par le levé du récif et de l’île de Nogueira. C’est seulement au cours de la gravure qu’on a fait ce travail complémentaire. La carte ci-jointe est rectifiée.

La variation de l’aiguille aimantée a été l’objet de déterminations concordantes de la part de M. Émile Béringer: elle était, en Juin 1876, de ii"’ 55' Ouest.

Avant de laisser la parole à M. Béringer, je crois devoir consigner ici des données originales sur l’état actuel du port du Recife d’après mes travaux propres (1874 — 76).

Je suppose que le lecteur a sous les yeux la description des côtes du Brésil, du cap San Roque à Bahia, par M.

ETUDES HYDROGRAPHIQUES SUR LE PORT DU RECIFE

Mouchez (1874. — No. 524 des publications du dépôt général de la Marine française) et le plan de la rade de Pernambuco (No. 3009 des cartes et plans du même dépôt, dressé en 1871 et corrigé en 1873).

Marées.

Du II août au 15 octobre 1874, M. l’Ingénieur anglais Sir John Hawkshaw, consulté par le Gouvernement brésilien sur l’amélioration des ports de l’Empire, fit observer régulièrement de demi-heure en demi-heure, sous la direction de son adjoint M. John Gamble, les hauteurs d’eau à six échelles verticales divisées en décimètres et centimètres.

A partir du 15 Octobre 1874, chargé de la direction du service technique du port du Recife, je fis continuer ces observations de demi-heure en demi-heure de six heures du matin à six heures du soir, et je fis observer en outre trois autres échelles pendant quelques mois à titre de comparaison.

Je discutai d’abord les observations faites à l’échelle de l’Arsenal de marine à l’entrée du port : échelle en bois placée par Sir John Hawkshaw, dont le zéro est très-différent du zéro d’une ancienne échelle gravée sur le mur de quai du bassin sud de l’Arsenal. J’établis une loi empirique qui s’est constamment vérifiée et qui m’a permis de calculer à l’avance les hauteurs journalières des marées pour les besoins des travaux de mon service qui dépendaient des marées. J’ai pu même insérer dans une feuille périodique un tableau indiquant d’avance pour une période de six semaines, du 15 novembre au 31 décembre 1875, les liauteurs et les heures de toutes les pleines mers et de toutes les basses mers soit du matin, soit du soir. Ces prévisions se sont trouvées absolument vérifiées quant aux hauteurs, et les erreurs sur les heures ont été généralement faibles, et n’ont atteint que dans quelques cas quinze minutes.

J’ai établi les faits suivants pour l’échelle de l’Arsenal de marine du Recife:

Les courbes des marées sont parfaitement symétriques à gauche et a droite des ordonnées de basse mer et de pleine mer. L’oscillation est celle d’une onde se propageant librement dans l’Océan, sans complication résultant de la présence des rios Capibaribe et Beberibe, hors le cas des grandes crues. On jieut par conséquent admettre que la loi d’oscillation à l’échelle de l’Arsenal s’applique sensiblement à toute la rade et aux bancs qui l’entourent.

En comparant les heures des marées en divers points de l’Océan atlantique, on voit que l’onde-marée générale de

l’Océan met ii heures (lou 55 minutes selon M. Mouchez) pour se propager du Recife jusqu’au port de Brest.

Dans toutes les marées, de vive eau ou de morte eau, le niveau moyen entre la basse mer et la pleine mer se trouve à i™3o de hauteur au-dessus du zéro de l’échelle de l’Arsenal: ce point donne donc le niveau moyen vrai de la mer au port du Recite. J’ai en conséquence adopté ce niveau comme zéro pour les altitudes dans le nivellement général de la ville et de la Province. Dans le cas où cette échelle de l’Arsenal viendrait à être déplacée, le niveau moyen de la mer serait toujours facilement retrouvé au moyen des repères de ce nivellement général, ou au moyen du seuil de la porte d’entrée de l’observatoire de la marine, qui est à au-dessus du niveau moyen de la mer, ou

à 4“ 2 O au-dessus du zéro de l’échelle actuelle de l’Arsenal (zéro Hawkshaw).

L’importance de la marée se mesure pour les pleines mers du Recife par le coefficient de marée calculé aux annuaires français des marées (annuaires Chazallon), à la condition de prendre dans la table de l’annuaire français le nombre répondant à la marée immédiatement suivante, à raison du retard de ii'’ indiqué ci-dessus. Soit G ce coefficient, ou, s’il s’agit d’une basse mer, soit G la demi-somme des coefficients répondant aux pleines mer antérieure et suivante ; soit P la hauteur de la pleine mer, B la hauteur de la basse mer au-dessus du zéro de l’échelle de l’Arsenal. On a les relations empiriques suivantes:

Ces formules donnent, pour les cas particuliers les plus intéressants •.

plus petites

mortes eaux . . C = 0,26 P — i”“,55 B = i™,o5 oscillation totale: o”',5o marées moyennes

de vive eau' C r= 1,00 P = 2“,47 B = o™,i2 „ 2“, 3 5

plus grandes

vives eaux . . C = 1.17 P = 2“, 69 B = ( — 0“,O9) „ 2™, 78

Le hauteur calculée ainsi peut se trouver augmentée, par l’effet des vents de mer, de o™,3o à o“,35.

Les nombres que je viens de faire connaître permettent de déterminer le niveau des quais, des murs sur le récif, des seuils des bassins projetés.

J’ai calculé les heures de la haute mer pour chaque jour en prenant dans les almanachs l’heure du passage de la lune au méridien supérieur, et y ajoutant, pour obtenir l’heure de la pleine mer suivante, une quantité variable suivant l’âge de la lune, quantité que des essais empiriques m’ont conduit à évaluer comme il suit:

ETUDES HYDROGRAPHIQUES SUR LE PORT DU RECIFE

Nombres à ajouter a l’heure du passage Jours de la lune. de la lune au méridien pour obtenir

- l’heure de la pleine

mer suivante.

Nouvelle Lune

Pleine Lune

35min.

Cette table donne des résultats plus approchés que celle nsérée par Vital d’Oliveira dans son ,,Roteiro das Costas

,^do Brazir, qui ne tient pas compte de l’heure exacte du passage de la lune au méridien, heure qui n’est pas la même dans toutes les lunaisons pour un même jour de la lune.

Ayant calculé par la table ci-dessus une des pleines mers de chaque jour, j’ai réparti en quatre parties égales l’intervalle entre les pleines mers des jours consécutifs, et obtenu ainsi approximativement l’autre pleine mer et les deux basses mers de chaque jour.

Le cabotage local conservera d’ailleurs de préférence sa règle empirique très-simple, suffisamment exacte pour ses besoins, et qui le dispense de connaître le temps moyen; Voici cette règle : au moment où l’on observe soit le lever, soit le coucher de la lune, la mer baisse déjà depuis une heure et demie.

J’ai discuté personnellement les hauteurs de marée aux neuf échelles observées. Je transcris ci-dessous les résultats empiriques relatifs aux cinq emplacements les plus nettement retrouvables sur le plan ou sur les lieux.

Emplacement

Hauteur du zéro de l’échelle au-dessus.

Hauteur de la pleine mer dans une marée de coefficient C au-dessus du zéro de l’échelle.

Hauteur de la basse mer dans une marée de coefficient C au-dessus du zéro de l’échelle.

de

du niveau moyen de la mer.

l’échelle.

du zéro Hawkshaw

du lieu.

Hawkshaw.

du lieu.

Hawkshaw.

Arsenal de marine

Om^OO

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